‹ Du droit de familleChapitre 212 sur 386 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

DROITS ET OBLIGATIONS DE FAMILLE QUANT A LA DIRECTION DE CERTAINS ACTES IMPORTANTS DE LA VIE DES MINEURS ET DES MAJEURS.

Ce livre IV va être le complément du livre III. Dans le livre 111, nous n'avons traité que de l’éducation et de l’instruction proprement dites, c’est-à-dire de la préparation générale donnée au cœur et à l’intelligence, dans le jeune âge.

Mais, que la minorité existe encore, ou que la majorité soit déjà accomplie, il se présente, dans la vie de l’homme, des occasions où il faut prendre un parti dont les conséquences sont graves et peuvent influer sur la destinée tout entière.

La famille va-t-elle être privée de toute influence sur la direction des actes importants dont l’accomplissement demande de sérieuses réflexions? Cela ne peut être.

Le malheur irréparable suit trop souvent un mariage imprudemment contracté.

Les regrets dévorent, dans l’ombre du cloître, celui qui s’est laissé entraîner, par une prétendue vocation trompeuse, au choix de la vie contemplative.

Les années les plus belles, les plus fécondes, peuvent être perdues, sans direction utile vers un autre avenir, pour le jeune homme qui, par un coup de tête, s’engage dans l’armée.

Les spéculations commerciales peuvent ruiner en peu de temps celui qui les entreprend, sans avoir les qualités nécessaires pour y réussir.

Quitter la famille où l’on est né pour porter des affections rivales dans la famille d’un tuteur officieux, ou dans celle d’un père adoptif, c’est prendre un parti bien grave, que les jdus mûres réflexions peuvent seules justifier.

Le partage des biens d'un ascendant entre des descendants est

CONSENTEMENT AU MARIAGE. 435

souvent une occasion de débats. N’est-il pas souhaitable que l'ascendant lui-méme puisse en détruire le germe?

Enfin, la vigilance d’un père ou d’un oncle ne serait-elle pas utilement appelée à assurer, par quelques précautions de prudence, le sort de ses petits-enfants ou de ses neveux contre les chances de la prodigalité ou de la profession périlleuse de leur père?

Nous allons, dans ce livre IV, voir la famille intervenir utilement pour garantir ces grands intérêts.

Cherchons ce qu’elle est chargée de faire dans les cas suivants :

Titre I. Consentement au mariage;

Titre II. Consentement à l’entrée en religion;

Titre lll. Choix do la profession, soit militaire, soit commerciale, soit industrielle;

Titre IV. Entrée dans une nouvelle famille par l’adoption ou par la tutelle officieuse;

Titre V. Partage des biens d’un ascendant entre ses descendants ;

Titre VI. Précautions prises en faveur des descendants ou des neveux. par l’emploi des substitutions.

Enfin, dans un Titre VII, nous verrons les conséquences du respect dû, pendant toute la vie. aux ascendants.

TITRE PREMIER. Consentement au mariage.

Distinguons les diverses familles.

Page 1