Chapitre III. Nullité des actes faits par le faible d'esprit
Chapitre IV. Incapacité du faible d’esprit de rendre sa condition meilleure.
CHAPITRE PREMIER. Description de l’incapacité du faible d’esprit de rendre sa condition pire.
«En rejetant la demande en interdiction, dit l'art, iüü, le tri- «bunal pourra néanmoins, si les circonstances l’exigent, ordonner «que le défendeur ne pourra désormais plaider, transiger, em- «prunter, recevoir un capital mobilier ni en donner décharge, «aliéner ni grever ses biens d’hypothèques, sans l'assistance d’un «conseil qui lui sera nommé par le même jugement.»
Les deux mots les plus importants des art. 499 et 513 sont : aliéner et emprunter. — On ne veut pas, en lui défendant d’aliéner, que le faible d’esprit puisse convertir ses biens mal à propos; en lui défendant d’emprunter, qu’il puisse se ruiner indirectement aux termes des art. 2092 et 2093.
Vhi se ruine en empruntant. Voyez le traité tout exprès que Plutarque a tait sur ce point, pour prouver qu'il ne faut pas emprunter : « ...Si tu as de quoi, n’emprunte pas, puisque tu n'en as «pas de besoin; et si -tu n’as rien, n’emprunte pas. puisque tu «n’auras pas moyen de payer.»
11 cite Platon, qui ne voulait pas qu'on allât chercher de l’eau chez son voisin, avant d’avoir creusé chez soi jusqu'à l’argile, etc.
Le faible d’esprit ne peut aliéner, ni à titre onéreux, ni à titre gratuit. 11 ne peut pas même aliéner à titre gratuit les biens à venir: on sc prive, sous certains rapports, actuellement.