I. Voy. Delvincourl, /oc. cil. — Déniante
duction résultant de l’art. 878 du Code de procédure, qui, dans le cas de procès en séparation de corps, remet au président le soin d’autoriser « la femme à procéder. » sans distinguer si elle est demanderesse ou défenderesse. N'est-ce pas là une conséquence spéciale du principe qui défend que le consentement des époux puisse aucunement intervenir dans le procès en séparation de corps? Et ne laut-il pas décider, a contrario, que, dans tout autre procès, le mari, actionnant sa femme, l’autorise, par cela même, sutlisamment à plaider1?
Parmi les actes que la femme fait directement avec le mari dans l’intérêt de celui-ci, se place notamment le mandat qu'elle accepterait île lui; et il y a utilité à développer ce point, surtout parce qu’il faut distinguer avec soin ces deux choses fort différentes : autorisation donnée par le mari et mandat donné par le mari.
Par l'autorisation, le mari habilite la femme à faire un «acte qui concerne la fortune personnelle de celle-ci, qui aura pour résultat d'en augmenter ou d’en diminuer l’étendue.
Par le mandat, le mari confie à la femme le soin de faire un acte qui intéresse la fortune personnelle du mari, et dont le résultat sera d'augmenter ou de diminuer cette fortune.
On voit que le point de départ des deux idées est entièrement différent.
Il n’y a pas de raison, en général, d’empêcher une femme de rendre service à son mari en le représentant. On conçoit que le mari, tenu à protéger la fortune de la femme suivant les règles de l’autorisation, ne doit pas être tenu, par des règles restrictives semblables, à protéger sa propre fortune. Il doit être le maître de hasarder son bien en en confiant le maniement à qui bon lui semble.
Toutefois, discutons les détails. Voyons d’abord leselTels résultant du mandat en ce qui concerne les tiers, puis les effets obligatoires qui résultent, contre la femme, vis à vis de son mari, de l acceptation de ce mandat.
En ce qui concerne les tiers, les effets sont complets. Que le mandat soit spécial ou général, qu'il comprenne au besoin le pouvoir d'aliéner tous les immeubles, comme tous les meubles du mari, tout ce qui aura été fait, en vertu de ce mandat, pour mettre en rapport le mari et les tiers, aura été bien fait, et les obligera réciproquement.