L'ÉCHELLE PÉNALE
L'infraction que les lois punisseni d'une peine afflictive ou infamante est on crime.
Cette échelle a pour échelons les peines qui suivent :
§ 1"^^ — Peines ajjlictives et infamantes.
La mort;
Les travaux forcés à perpétuité ;
La déportation ;
Les travaux forcés à temps ;
La détention;
La réclusion.
§ IL — Peines infamantes.
Le bannissement ;
La dégradation civique.
§ IIL — Peines correctionnelles.
• L'emprisonnement à temps dans un lieu de correction ;
L'interdiction en tout ou en partie des droits civiques , civils et de famille ^
L'amende.
§ IV. — Peines de police.
L'emprisonnement ;
L'amende ;
La confiscation de certains objets saisis.
Ces échelons constituent-ils une véritable échelle pénale? — C'est ce quil serait difficile d'admettre lorsqu'on a recueilli les témoignages qui suivent de trois inspecteurs généraux des prisons de France.
La parole est à M. Moreau Christophe :
L*échelle pénale est renversée à ce point que la peine que la loi avait faite la plus lourde, Tadministration Ta faite la plus légère. Ce système antisocial pousse le délit au crime et place par lui au faîte de la pénalité une prime d'encouragement et de récompense.
La parole est maintenant à M. Charles Lucas:
Tandis que le correctionnel des prisons départementales aspire à la maison centrale, attiré par Tappât du travail salarié, le détenu de la maison centrale, du sein de sa me captive et monotone, ambitionne la vie extérieure du forçat, Tair pur qu'il respire, l'arsenal oii il circule, la mer qu'il sillonne et le soleil qui étale à ses regards l'imposant spectacle que présentent l'activité de l'homme et l'agitation des flots. J'ai vu des condamnés me supplier de les faire transférer de la maison centrale au bagne; qu'autrement ils feraient un mauvais coup pour y parvenir.
On est mieux aux bagnes que dans nos maisons centrales, à ce point que nos septuagénaires ne veulent plus user des dispositions de la loi qui leur permet d'aller dans ces dernières maisons. L'ordre de la répression dans nos établissements de détention en France est en sens inverse de la criminalité.
Enfin la parole est à M. Léon Vidal :
La peine cellulaire, l'emprisonnement individuel, l'isolement continu du prisonnier, renversent toute l'économie