LUCHAIRE, op. cit
Enfin, le Dauphiné et la Provence, réunis à la France en 1549 et en 1401, n'étaient pas soumis à cette servitude. Arles, dépendant de Raymond de Toulouse, avait été exemptée avec le Languedoc. Aix, Embrun, Vienne, possédés par le comte de Provence et les dauphins du Viennois comme fiefs de l'empire, avaient conservé leur liberté par la réconciliation de l’empereur Frédéric avec l'Eglise romaine. Etaient aussi exonérés les trois évêchés de Metz, Toul, Verdun, suffragants de l’archevêché de Trèves et principautés germaniques jusqu’à la conquête d'Henri I.
Dans les pays contigus au domaine capétien, quelques barons, tels que les comtes de Nevers, émirent aussi des prétentions aboutissant parfois à une satisfaction momentanée, grâce à la mauvaise politique ou à l'impuissance des princes!. Henri Le eut aussi la faiblesse de donner l'évêché du Mans à Geoffroy, comte d'Anjou, et cette concession, faite originairement à titre viager, devint ensuite héréditaire; de même les comtes de Blois disputèrent longtemps à la couronne la régale de l’évèché de Chartres; mais sur tous ces points la royauté sut mieux se défendre que sur d’autres.
Cependant, malgré ces exceptions, l'autorité des souverains n’en était pas moins alors localisée et concentrée sur le domaine particulier de la dynastie; plus tard, les victoires successives de la monarchie sur la féodalité devaient entrainer l’extension de leurs droits, et enfin, les rois de France, après avoir reconstitué à leur profit l'unité et la souveraineté nationale, devaient posséder exclusivement l'exercice de cette puissante prérogative.
1. De Marc, 1. VIIL ch. xv. ImBarr DE LA Tour, p. 233 et suiv.