‹ Du Droit de RégaleChapitre 52 sur 76 · Mémoires du Clergé, p · texte numérisé non relu

Mémoires du Clergé, p

2. Voir Histoire du différend entre Boniface VIIT et Philippe le Bel, par Adrien BAILLET. ;

république chrétienne dont le Pape était le chef suprème : Grégoire VII avait inauguré cette ère de domination universelle, et son œuvre fut continuée tout particulièrement par Honorius II et Innocent IV, mais les progrès toujours croissants du pouvoir monarchique dans chacun des États européens vinrent mettre un obstacle à ces prétentions. Philippe-Auguste et saint Louis résistèrent plus d’une fois et revendiquèrent leur indépendance: les caractères altiers et dominateurs de Boniface et de Philippe le Bel devaient finir par se choquer violemment.

Pendant quelques années, la meilleure intelligence régna entre les deux adversaires : puis, la prise de Saint-Jeand’Acre, en 1291, ayant eu un douloureux retentissement en France, Boniface voulut porter secours à la Terre-Sainte: or, la guerre entre la France d’un côté et l'Angleterre et la Flandre de l’autre, vint traverser ses projets. Il fit ses efforts pour y mettre un terme et se proposa comme médiateur: une trêve fut conclue par ses soins. Au moment où elle allait expirer, 1l la renouvela de sa propre autorité, mais le roi refusa d'entendre la bulle pontificale avant d’avoir fait la protestation suivante « que le gouvernement temporel de son royaume n'appartenait qu'à lui seul; qu'il ne reconnaissait en cette matière aucun supérieur; qu'il ne se soumettrait Jamais à âme qui vive à cet égard ; qu'il voulait exercer sa juridiction dans ses fiefs, défendre son royaume et poursuivre son droit. Quant au spirituel, il était, à l'exemple de ses prédécesseurs, disposé à recevoir humblement les avertissements du Saint-Siège comme un vrai fils de l’Église. »

1. Dupuy, Histoire du différend entre Boniface VII et Philippe le Bel, p. 27.

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