Mémoires du Clergé, t. XI, p
aux engagements qu'elle avait pris en 1673. Par son édit, Louis XIV avait déclaré ne pas vouloir exercer son privilège sur les évèchés exempts à titre onéreux; néanmoins, quelques années plus tard, par suite des théories envahissantes du pouvoir, on arriva à priver de leur indépendance les églises qui n'avaient pas été atteintes par l'acte royal ; c’est ainsi qu'en 1689 et en 1727 les diocèses d'Arras, d'Amiens. d'Auxerre, se trouvèrent soumis à la régale.
Après toutes les controverses antérieures à 1673, on s’attendait de la part du clergé à quelques protestations énergiques et courageuses : on se trompait. Deux prélats seulement élevèrent la voix : Nicolas Pavillon, évêque d’Alet, et François Caulet, évèque de Pamiers; et quand leur opposition eut attiré sur eux toutes les rigueurs, pas un des cent trente évêques de France ne se porta leur défenseur !.
Pavillon essaya d’abord d’entrainer ses collègues à la résistance : dans ce but, il adressa en 1675. à l'assemblée générale du clergé, une lettre vigoureuse dans laquelle 1l adjurait ses collègues de ne pas délaisser les intérêts de l'Eglise : mais le président s’opposa à ce qu’on donnàt suite à cette utile remontrance; d’ailleurs, Pavillon mourut le 8 décembre 1677, peu de temps après avoir engagé la lutte. Caulet tint alors tête, malgré son isolement et son âge, aux officiers royaux, et surtout à l'archevêque de Toulouse, qui suivait aveuglément les ordres de la cour.
Un arrêt du conseil ayant enjoint à l’évêque de Pamiers de faire enregistrer dans les deux mois son serment de fidé-