‹ Du Droit de RégaleChapitre 70 sur 76 · Mémoires de Foucault, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Foucault, p

2. Voir ces brefs dans le Pelit Traité sur la régale de l'évèque de Pamiers, p. 385 et suiv.

seconde lettre, datée du 5 avril de la même année, et à laquelle le monarque répondit d’une façon si hautaine que le Souverain Pontife crut devoir justifier sa conduite dans un bref du 21 septembre, qui commençait par ces termes : « Nous apprenons par vos lettres qu’on vous a fait passer deux choses comme constantes et indubitables : l’une, que le droit de régale appartient à Votre Majesté, dans toutes les églises de son royaume, comme étant inséparable de sa couronne ; l’autre, que vos illustres prédécesseurs en ont joui de cette sorte, et vous l’ont transmis comme une partie de leur succession; étant persuadé de ces choses, il n’est pas étonnant que vous vous soyez engagé dans ce qui était une suite de ces maximes ; mais il ne se peut rien concevoir de plus éloigné de la vérité... » Enfin, par un troisième bref, en date du 27 décembre 1679, Innocent XI confirmait la même doctrine, et en outre faisait entendre directement des menaces si le roi ne revenait pas sur sa déclaration.

Ce dernier avis irrita Louis XIV; il réunitaussitôt le conseil de ses ministres, et, après avoir écouté plusieurs propositions, il s’arrêta à la moins violente, espérant qu’en prenant l'apparence de la modération, il entrainerait plus facilement le clergé à la soumission. Le prince écrivit donc au pape une lettre pleine de civilités, mais en termes vagues, sans un mot concernant la régale ; il disait seulement au Souverain Pontife que son ambassadeur l’informerait des motifs qui l'avaient obligé à prononcer l’édit de 1673. En effet, la Gazette de France, du 29 juin 1680, annonçait que le cardinal d’Estrées se préparait pour aller à Rome, et le lendemain, 30 juin, Mn de Sévigné écrivait à sa fille : « Vous savez que le cardinal d’Estrées va à Rome pour la régale. »

Que pensaient cependant les évêques de ce confit? Il existe dans les Archives nationales de Paris une série de pièces curieuses sur ce sujet : l’une d’elles mérite d’être citée : c’est un mémoire de l’archevêque de Reims, Le Tellier, qui, six mois après, courbait la tête devant les prétentions de son souverain, mais qui, dans le silence de son cabinet, écrivait alors : « La régale n’est pas un droit de la couronne, car si cela était, on en verrait la pratique dans tous les autres royaumes chrétiens ; ou il faudrait trouver quelque chose de particulier à la couronne de France qui put lui attirer privativement à celle de tous les autres princes cette disposition absolue des bénéfices et revenus des évêchés vacants. Gette prétention ne peut avoir aucun fondement ; il faut done convenir que la régale s’est établie par la coutume : tout ceci prouve que le rot, par sa déclaration du 10 février 1673, a étendu la régale sur des églises qui n’y étaient pas sujettes ».

En 1680, l'assemblée générale du clergé était réunie à Saint-Germain-en-Laye, au Château-Neuf, sous la présidence de M. de Harlay, archevèque de Paris. M. de Harlay avait à satisfaire son ressentiment contre le Pape, qui l'avait elairement désigné dans un dé ses brefs au roi, où il disait que « Sa Majesté était trompée par des hommes sans foi, qui n'avaient que des vues et des affections terrestres, quoique leur dignité, leur charge et la bonté singulière dont le prince les honorait, les obligeñt à une conduite tout opposée! ». L’archevêque de Paris était trop bien dessiné par ces traits pour ne pas s’y reconnaître : aussi se

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