Lettre de Bossuet au docteur Dirois
prit de modération qui avait animé les évêques en cette circonstance : « Nous ne proposons pas, disait-1l, ces choses comme indubitables, nous ne les rejetons pas aussi comme des opinions erronées ou contraires à la foi, et nous sommes persuadés que c'est le cas où il faut user d’une sage condescendance, à l’exemple des hommes apostoliques qui nous ont précédés : quant à nous, nous rendons grâces de ce que vous avez fait pour conserver en leur entier les droits de quelques églises, mais nous ne souhaitons pas que quelques intérêts divisent le monde chrétien et troublent la paix de l'Eglise : c’est pourquoi nous nous sommes départis de tout le droit qui pouvait nous appartenir pour le céder à un roi de qui nous recevons tant de bien. »
« On devait s'attendre, dit le cardinal de Bausset, qu’une lettre aussi modérée ferait quelque impression sur l'esprit du Pape! » ;: mais Innocent XI la garda trois jours sans l’ouvrir:; 1l n’y répondit qu’au bout de trois mois, et ce fut pour déclarer par des reproches amers qu’il condamnait et cassait tout ce qui avait été fait par l’assemblée. Ces dernières protestations restèrent d’ailleurs sans écho : l'affaire de la régale était en effet terminée, grâce à la complaisance des cours séculières et à la faiblesse de lépiscopat.