TITRE III
D'après M. Leroy, rapporteur de la Commission de la Chambre et d'après le Syndicat des Théâtres, il est émis annuellement à Paris 2.890.000 billets de faveur. On a constaté que dans les théâires de premier ordre, il entre chaque soir deux payants pour deux non-payants; dans les théâtres de genre trois payants pour un nonpayant et dans les théâtres populaires 14 payants pour un non-payant. Ges billels, ou, pour mieux dire, les spectateurs qui en useni, doivent-ils payer le droit des pauvres ? Les chiffres que nous venons de citer montrent suffisamment l'importance de la question pour Ja caisse de l’Assistance publique.
Il est impossible de donner une solution générale ; ces billets ne sont pas tous identiques et il en existe un grand nombre de catégories.
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Voici les principales :
Les billets d'auteurs.
Les billets de service délivrés aux acteurs ou employés d'un théâlre.
Les billets d'administration destinés aux person: nes en relations constantes avec l’enireprise : journalistes, médecins, autorités civiles ou militaires.
Les billets d'acteurs que ies artistes se réservent de donner en y apposant leurs signatures.
Enfin, les billets de faveur proprement dits.
Au point de vue du droit des pauvres, on peut faire rentrer tous ces billets dans lrois catégories bien distinctes. -
1) Les billets dont la graluité n’est qu'apparente et qui ne sont en réalilé qu'une rémunération indirecte accordée soil aux auteurs, soit aux acteurs ou à d'aulres personnes (actionnaires, propriétaire de la salle, elc.).
2) Les billets de fiveur vérilablement gratuits qui ne donneront lieu, directement ou indirectement, à aucun payémenl: tel est le billel du critique théàälral ou d’un invité queiconque du directeur.
3) Les billets à droits qui permeltent au publie d'entrer au théàlre moyennant une réduction plus ou moins forle sur les prix affichés au bureau.
Billets non gratuits.
Pendant longtemps les directeurs de théâtre accordèrent aux auteurs dont ils représentaient les pièces, un certain nombre d’entrées véritablement gratuites que ceux-ci distribuaient à leur guise. Mais les entrepreneurs de spectacle ne tardèrent pas à voir dans l'allocation de billets, un moyen très pratique de se libérer d’une partie de la rémunération à laquelle les auteurs avaient droit. Ces derniers furent dès lors payés partie en argent, parte en billets. Il fallut en tirer parti et ce fut l’origine d'un commerce tout nouveau qui a pris à Paris une extension considérable.
Ce commerce s'exerce officiellement sous le contrôle de l'Association des auteurs dramatiques. Les billets passent des auteurs à des induslriels qui les revendent au public. Il ya donc bien là un prix payé, car ces places constituent de véritables recettes pour les caisses théâtrales en leur permettant la compensation de dépenses qu’elles évitent.
Ces billets servent actuellement à acquitter les sommes dues à un grand nombre de personnes autres que les auteurs. C’est grâce à eux, que sont rémunérés en partie les acteurs, les employés, les agents de publicité et les décorateurs. Les specta-
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leurs qui s'en servent doivent certainement payer Ja {axe ; la loi en effet a entendu atteindre le droit d'assister aux représentalions (héâtrales, quelle que fût la forme du paiement que ce fût une somme d'argent ou lacquit d’une dette.
Sur quelle somme sera acquitlé le droit dans ce cas ? Sur la somme réellement payée par celui qui utilise le billet ou sur le prix de la place au bureau? Sans aucun doute, sur le prix réellement payé, puisque le spectateur doit l’impôt proportionnellement à ce qu’il débourse Mais la difficulté est de connaître ce prix puisque le payement est fait ailleurs qu'à la caisse du théâtre. L’Assistance publique n'a aucun moyen de le contrôler et c’est ce qui explique qu'en pralique le droit est perçu sur le prix de la place au bureau.