S80 1)0 DROIT ECCLÉSIASTIQUE
il ne faut pas les confondre dans le sens où on les prend aujom^ d*hni, avec les anciennes lettres dimissoriales, et pas davantage avec les liUer» testimoniales, prescrites dans certains cas particuliers.
L'usage consacré, parmi les évéques, de délivrer à ceux de leurs ecclésiastiques (1) qui sortaient de leur diocèse des titres de nature diiférente, suivant la diversité des circonstances, est de toute antiquité dans TÉglise ; mais ils n'observaient pas toujours dans rémission de ces titres une bien grande technicité de termes, d'autant moins , qu'il leur arrivait souvent de faire servir à plusieurs fins une seule et même lettre. C'est ainsi qu'ils appelaient uniformément les litteraR dimissorix (2) (àicoXuTucaî) , pacificx (3) (tipviyucat), et commendotiti» (4) (ouoraTtxat), du nom de litters^ canmicx (5) ou formatx (6), tandis que cette dernière dénomination n'indique actuellement que les attestations d'ordination.
Par dimissoireSy on entendait plus spécialement les lettres dimissoriales que les évéques délivraient aux élèves de leur église qui se démettaient d'un oiBce ecclésiastique et voulaient passer dans un au(re diocèse (7). Les dimissoires étaient donc toujours, en définitive, des lettres de recommandation ; mais les lettres de recommandation délivrées aux laïques n'étaient pas des dimissoires (8). Pour obvier à toute fraude , ces documents devaient être revêtus de divers signes déterminés, apposés par la main
(i) Ballier, loc. cit. g 5, p. 402. — Devoti^ Inslit. canon., 1. 1, p. 291.— Gomment, in jus can. univ., tom. II, p. 177.
(2) Can. Quoniam dhertaruniy 1, c. 21, q. 2 (Syn. TruH., ann. 692).— Can. Episcopui aubjtoto, 1, d. 72 (Syn. Rom., ann. 826, not. 17, 19).
(3) Voir une autre explication d'après laqudle les lUiir» pacifie» étaient délivrées aux pénitents réconciliés, dans Devo<t, Gomment., p. 179.— Cane. Chaîced.t c. 11.
(4) Gan. Eœtramo^ 7 (Gonc. Ghalc). — Gan. Hortamwr, 8 (iujftuftii., d.71).
(5) Eincm. Jtam. Ballier, loc. cit., p. 408, §5, p. 403. — Ca6aMii(ti(i, Notit. Gonc, diss. 7, p. 35 sqq.
(6) Nullum abiquê, 9, d. 71 (Gonc. Ântioch., ann. 332, c. 7). — Dist. 73.
(7) Thonuutinf Yetus et nova ecdes. discipl., p. Il, lib. I, c. 5, n. 4 (tom. IV, p. 24), c. 20, n. 2, p. 108.
(8) HalKêr, loc. cit., g 5, p. 405. -* Dsooft, loc. cit., p. 178.
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même de Tévêque ; c*étaient ordinairement certaii^es lettres grecques et la signature de Févéque (i).
On exigeait même pour condition d'admissibilité de ces titres, alors qu'ils étaient produits par des clercs venus d'au delà des mers, d'Afrique par exemple, que leur authenticité fût certifiée par cinq évêques (2).
Du reste , les pasteurs diocésains se montraient généralement très-peu prodigues de ces lettres dimissoriales, dont une plus fréquente émission aurait pu produire le vagabondage des clercs (3). Semblables, en cela, à un bon père qui ne laisse pas son fils s'éloigner de lui dans un entier dénûment avec le seul espoir d'une adoption encore incertaine, mais s'assure, avant son départ, qu'il sera réellement accueilli pr un père adoptif (4), ils ne les accordaient le plus souvent que sur Tinstante prière de Tévêquc qiK désirait adq)ter un clerc dans son diocèse (5).
Telle était la signification des dimissoires dans les temps andens ; mais depuis que l'usage de conférer Tordination en vue d'un emploi déterminé est tombé en désuétude , on désigne indHTéremment sous ce nom et sous les dénominations empruntées au concile de Trente, de litters^ commendatitia^ (6) et de rêverend» (7), Fautorisation aulhentique, délivrée par les évêques à leurs diocésains , d'aller recevoir d'un autre prélat la tonsure et les ordres, sans intention de les affranchir en rien des liens qui les attachent au diocèse (8) .
(1) Hallitr, loc. cit., §5, p. 400; g 4, p. 401. — (7aWand», de Vetust. canon. coUect., tom. I, p. 385.
(2) Dist. 98. — Laymafij Jus canon., ad cap. 7iia, 1, de Gler. peregr., tom. I, p. 570. — Hallier, ioc. cit., p. 374.
(3) Gan. Bpiscopui tubjecio^ cit.: Ëpiscopus subjecto sibi sacerdoti vel aKi derico, niai ab ipso postulatus, dimissorias non faciat, ne ovis quasi pefdita sire errans inveniatur.
(4) Hallier, loc. cit., §7, p. 407.
(5) Can. De aliéna, 2, d. 71 (Innoc. /), precibus exoratus. — Can. Episcopui eubjecto (note 17) .
(6) Cane. Trid., sess. 14, deReform., c. 2.
(7) Jdem.f sess. 7, de Reform., c. 10. — Barbosoj de Oflic. vi potest. Episc., p. Il, alleg. 7, n. 2 (tom. II, p. 193).
(8) Sehmekl Inatit. canon., g 421 (vol. II, p. 17).