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Collections latines jusqu'au sixième siècle

Au témoignage du pape Innocent I, des conciles d'Orient ‘celui de Nicée était le seul qui ett été reçu en Occident (1).

Mai, Spicilegium, tom. VII, p. 77 sqq.— Dans la Collect. nova seript. vet., de Mai on trouve aussi les Quæstiones Amphilochianæ (tom. I, p. 193 sqq.), et les Responsa canonica de Photius (p- 362 sqq.).

(22) C’est pourquoi nous renvoyons aux ouvrages d’Assemani , Heimbach , Biener, Zachariæ et Walters Kirchenrecht, § 74-83. Canonensammlungen im. Bonner Kirchenlexikon, Bd. 1, p. 901 syq. — J. W. Bickell, Zur Frage über die Aechtheit des Laodicenischen Bibelcanons (Theol. Stud. und Kritiken, Jahrg. 1830, Bd. 2, p. 591 sqq.).

(23) Voyez Berardi, Gratiani canones genuini, tom. I, p. 324 sqq.

(1) Innoc. I P., Epist. 5, ad Theoph. Ep. Alex. (dans Coustant, Epist. Rom. Pontif., col. 790) : Tu igitur, si judicio confidis, siste te ad synodum, quæ secundum Christum fuerit, et ibi expositis criminationibus sub testibus Nicæni concilii canonibus (alium enim canonem Romana non admittit Ecclesia) securitatem habebis contradictionis expertem. — Ep. 7, ad Cler. et pop. Constant., -n. 3, col. 899 : Quod autem ad canonum observationem attinet, solis illis parendum esse dicimus, qui Nicææ defuiti sunt; quos solos sectari et agnoscere ; 2

On y avait annexé les canons de Sardique dans l'original latin (2).

La plus ancienne traduction du concile de Nicée ne s’est point conservée (3); on n’en retrouve la trace que dans quelques fragments épars (4). Ces débris suffisent néanmoins pour faire présumer qu’elle était conforme à celle rapportée en Afrique par Cécilien, évéque de Carthage, à son retour de Nicée (5).

Le concile de Sardique avait poursuivi l’œuvre de la condamnation de l'arianisme (6); de là son annexion à celui de Nicée et l’usage de le considérer comme une partie intégrante de ce dernier (7), circonstance qui rend parfaitement raison du titre de concile œcuménique qui lui est donné quelquefois (8). Cette réunion, qui se retrouve postérieurement jusque dans des recueils grecs (9), s'explique done de la manière la plus naturelle, et ce n’est qu’en repoussant toutes les indications de l’histoire, que l’on peut prétendre voir dans ce fait un moyen imaginé par les papes dans le but d’accroitre leur puissance (10). IL est bien vrai que le synode de Sardique rend un éclatant témoignage à la primauté du pontife romain ; mais que conclure de là? C’est que, déjà à cette époque, l'Église avait pleinement conscience de cette primauté et la proclamait solennellement. Et il ne faut pas

debet Ecclesia catholica.+ Voy. Ballerini, De antiquis collection. et collector. canonum, p. IL, cap. 1,$ i, n. 1 (dans Gallandi, Sylloge, tom. I, p. 304). — Cavallari, Instit. jur. can., Prol., cap. 4, § 1 (tom. I, p. 30). — Devoti, Jus canon. univ., Prol., cap. 18, § 7 (tom. I, p. 344).

(2) Ballerini, loco citato, cap. 5, n. 2, p. 275.

(3) On peut mettre en question s’il n’en a pas existé un original latin. M, Aimerich, Specimen vet. Romanæ literaturæ deperditæ vel adhuc latentis, p. 102 (dans de la Serna Santander, Præfatio in veram collectionem canon, Eccles. Hisp., p. 43, not. 46).

(4) Ballerini, loco cilato, cap. 2, $ 1, n. 2, p. 323.

(5) Ballerini, loco citato, n. 3, p. 324; cap. 3, $ 1, n. 6, p. 336.

(6) Ballerini, loco citato, p. IE, cap. 1, § 1, n. 1, p. 303.

(7) Ballerini, loco citato, cap. 3, $ 1, n. 11, p. 311.

(8) Ballerini, loco citato, p. I, cap. 7, n. 6, p. 300.

(9) Ballerini, loco cilato, p. 1, cap. 6, n. 15, p. 289; p.Il, cap. 1, 3, n. 20, p. 318.

{ (10) Ballerini, loco citato, n, 13, p. 313; cap. 8, n. 1, p. 402,

chercher ailleurs l’obstination des Grecs, coutumiers, de longue date, de falsifications en matière de sources canoniques (11), à ne vouloir pas entendre parler du concile de Sardique, obstination qui leur valut, à juste titre, les remontrances de Nicolas I** (12).

La plus ancienne traduction latine de la collection grecque originelle considère déjà le concile de Sardique comme une annexe de celui de Nicée (13). Cette traduction, dont on ne peut désigner la patrie avec une pleine certitude, et dont on peut dire seulement qu'elle devait le jour à l'Italie (14), ou à l'Espagne (15), a servi de base, tant dans les deux Péninsules que dans les Gaules, à plusieurs traductions subséquentes. Quant à la date de son apparition, elle ne saurait être de beaucoup postérieure à celle de l'original ; car on la voit déjà invoquée par le premier concile de Tolède (16), ce qui suppose au moins qu'elle était connue en Espagne dès avant l'année 400. En Gaule également on en faisait usage dès l’année 439(17), peut-être même plus tôt, attendu que l’on peut mettre en question si la citation faite par le concile de Valence (374), du synode de Nicée (18), est empruntée à la traduction importée de Rome, ou bien à celle dont nous parlons (19).

(11) Anastas. Biblioth., Histor., præf., ad Conc. Const, IV, ann. 869 (Hardouin, Concil,, tom. Y, col. 760). Sic igitur Græci, accepta occasione celebratorum universalium conciliorum, frequenter egisse clarescunt; et nunc minuendo, nunc addendo vel mutando, nunc in absentia sociorum, nunc in abscondito angulorum, nunc extra synodum, nunc post synodum, astutia sua, immo fraude, communibus sanctionibus abutuntur, et ad suos libitus cuncta que sibi visa fuerint, etiam violenter inflectunt.— Voy. Lupus, Schol. ad Conc. Truil., can. 2 (Opp., tom. HE, p. 56). — Isid. Hispal., Sent., lib. I, cap. 12.

(12) Can. Quod dicitis, 14, D. 16.

(13) Ballerini, loco citato, cap. 2, § 2, n. 12, p. 328.

(14) Richter, Kirchenrecht, § 66.

(t5) Walter, Kirchenrecht, § 66, 88, opine pour l'Espagne; Bickell, über die Aechtheit des Laodicenischen Bibelcanons (Theol. Stud. und Krit. Jahrg. 1830, S. 603), ne regarde pas comme impossible qu’elle appartienne à l'Afrique.

(16) Cone. Tolet. 1, ann. 400, init, (Hardouin, loco citato, tom. I, col. 890).

(17) Conc. Rej., ann. 439, can. 3 (Hardouin, loco citato, tom. I, col. 1749).

(18) Conc. Valent. I, ann. 374, can. 3 (Hardouin, loc. cit,, tom. I, col, 796),

(19) Vid, Ballerini, loco citato, n. 14, p. 328 sq. à

Malgré le doute qui plane sur l’origine précise de cette traduction, il est passé en usage de l’intituler : Version espagnole ou isidorienne (20). Ce titre lui vient de son incorporation dans une collection qui a fourni les éléments d’un autre ouvrage du mème genre attribué à Isidore de Séville. Elle fut suivie, peu après le;concile de Chalcédoine, d’une seconde composée en Italie, et désignée sous le titre de Prisca translatio, ou simplement Prisca (21), d’une expression de Denys le Petit. Cette traduction a pris pour base la collection qui commence au concile d’Ancyre et classe après celui de Gangra ceux d’Antioche, de Chalcédoine et de Constantinople.

Peu à peu, de ces traductions et de l’adjonction de divers documents, notamment de décrétales de papes, l’on voit éclore une génération continue de nouvelles collections, qui viennent successivement se compléter les unes les autres. Ces compilations augmentées sont de fort peu postérieures à la Prisca, et contiennent en même temps diverses décrétales. Elle doivent toutes le jour à l’Italie, à l'exception d’une seule qui semble appartenir à la Gaule.

Les premières sont les trois minutieusement décrites par les Ballerini, et figurent dans le Cod. Vatic. 1995 (22), dans le Cod. Lucan. 88 et Colbert. 784 (23), et dans le Cod. Barber. 2888 et Vatic. 1342 (24). La plus ancienne de toutes se distingue par une traduction particulière, d’une haute antiquité, du concile de Nicée (25).

(20) Ballerini, a. a. O., n. 12, p. 327. Hic ipse codex Hispanica cellectione fortassis antiquior, puram Isidorianam (hoc enim notiori ac pervulgato nomine distinctionis causa utemur) versionem continet.

(21) Imprimée par Justeau dans la Bibliotheca, tom. 11, p. 275 sqq.; ensuite par les Ballerini, Leon. M., Opp., tom. III, p. 473 sqq. Elle se trouve aussi dans Mansi, Concil., tom. VI, pag. 1005 sqq. — Ballerini, de Antiq. collect., p. 11, cap. 2, § 3, n. 15 sqq., p. 330.

(22) Ballerini, loco citato, p. IT, cap. 4, p. 379.

(23) Ballerini, loco citato, cap. 6, cap. 389.

(24) Ballerini, loco citato, cap. 7, p. 392.

(25) Leon. M., Opp. edd. Ballerini, tom: I, p. 567 sqq:'

La compilation gauloise, éditée pour la première fois par Pasquier Quesnel (26), est presque intégralement calquée sur la traduction primitive, et n’emprunte à la Prisca que les canons de Chalcédoine. La raison de cette prédilection de l'éditeur pour cette traduction, c’est qu’à ses yeux elle avait le caractère d’un recueil officiel des canons de l’Église romaine : Codex canonum Écclesiæ Romane. Or, cette supposition est tout aussi dénuée de fondement que celle que nous avons vue se produire au sujet de la collection publiée après le concile de Chalcédoine (27). A cette époque reculée, Rome ne faisait usage d’aucun code officiel ; la source où elle puisait ses doctrines était d’abord le droit divin et la:tradition; puis, à dater de la réception du concile de Nicée, les actes de cette assemblée et ceux de Sardique, qui y avaient été annexés (28). Le besoin d’une nouvelle règle se faisait-il sentir, le pape la décrétait, et le décret, rendu habituellement sous forme de lettre, était déposé aux archives de Rome.

Mais cette aberration a donné naissance à une autre non moins grave. Nous voulons parler de l’opinion qui prétend dépouiller de toute autorité tout ce qui ne figure pas dans ce recueil (29). De cette manière d'envisager la chose, il résulterait que des décrétales rendues par les papes, en vertu de leur pouvoir supréme, celles-là seules, en petit nombre, qui occupent une place dans cette compilation, auraient eu caractère et force de loi (30). Mais, indépendamment de l’absurdité de cette conséquence, pour mettre à néant l’hypothèse

(26) Dans son édition de Leon. M., Opp.; puis, considérablement augmentée, par les Ballerini, a. a. O., tom. III, p. 5 sqq.

(27) Vid. sur cette collection : Ballerini, de Antiq. collect., part. II, cap. 8, p. 400. — Observat. in Diss, XII. Paschas. Quesnelli (Leon. M., Opp., t. Ill, p. 752; dans Gallandi, Sylloge, tom. 1, p. 783 sqq.). — Coustant, Epist. Rom. Pontif., præf., § 3, n. 60. — Waller, a. a. O., § 80, n. h. — Lichhorn, Kirchenrecht, Bd. 1, S. 113, tient aussi cette collection d’origine italienne.

(28) Vid. Devoti, Jus canon. univ., Proleg., cap. 18, § 7, tom. 1, p. 344.

(29) Ballerini, de Antiqnor. collect. — Devoti, Instit. canon., tom. 1, § 58. Pp. 58 sqq.

(30) Ballerini, loco citato, part. II, cap. 1,§ 2, n. 6, p. 477.— ad Diss. XII, Pasch, Quesn., c. 2, p. 697 (dans Gallandi, Syll., tom. 1, p. 735).

d’où elle découle, il suffit de rappeler que ce prétendu code officiel contient également les canons des deux conciles de Constantinople, si favorables aux prétentions exorbitantes des patriarches de cette dernière ville, et qui, par cette raison, n’ont jamais obtenu la reconnaissance du pape. D’an autre côté, il ne serait pas moins contraire à la vérité de se refuser à recennaitre que la propagation en Occident de la traduction des collections grecques a puissamment contribué à la pleine réception, dans cette partie de la catholicité, des canons des autres conciles, qu'elles renferment conjointement avec ceux de Nicée (31).

Parmi les conciles dont les travaux ont largement participé au développement du droit canon de l'Église d'Occident, il faut placer également les synodes africains, et tout spécialement ceux de Carthage (32). Mais dans cette partie du monde catholique, pas plus que dans aucune autre, il n’y avait de collection officielle proprement dite; car on ne saurait considérer comme telle la reproduction partielle, par Chr. Justeau, sous le titre de Codex canonum Ecclesiæ Africanæ, de la compilation de Denys le Petit (33). Toutefois, à ce caractère près, comme chaque concile de Carthage, en faisant de nouveaux décrets, renouvelait ceux des précédents, on peut dire, dans un certain sens, que l'Église d'Afrique possédait un corps de droit revétu de toutes les conditions d’une collection authentique. Le plus important des conciles de Carthage est celui tenu l’an 419, sous la présidence d’Aurélius.

A ces monuments canoniques vinrent se joindre des collections distinctes entre elles par leur objet, et parfaitement complètes à ce point de vue. Il y en a trois principales, La première contient, outre les décrets de Nicée, dans l’ancienne

(31) Ballerini, de Antiq. collect., p. I, cap. 1, n. 11, p. 247.

(32) Voyez sur les conciles d'Afrique : Ballerini, loc. cit., part. 11, cap. 3, Pp. 334 sqq. — Waller, a. a. O., § 87. — Devoti, loco citato, § 14, p. 853 sq.

(33) Luts Par. 1615, 8. — Bibliotheca, tom. I, p. 305 sqq. — Mansi, Concil., tom, IT, col. 699, — Bruns, Bibliotheca eccles., vol. I, p. I, p. 15.

version (34), les conciles antérieurs à Aurélius; la seconde, les conciles tenus sous cet évèque; la troisième, huit conciles d'Afrique, si tant est que l’on doive considérer comme faisant nombre la division qui figure sous le titre de quatrième concile de Carthage, et qui n’est autre chose qu’un extrait fort restreint de certains canons africains. La plus grande partie de ce sommaire de discipline ecclésiastique, destiné à l’usage des évèques, au moment de leur ordination (35), est, selon toute apparence, tirée d'anciens conciles espagnols (§ VI, note 49), ce qui explique le titre de Statuta Ecclesiæ antiquæ, sous lequel on le trouve assez fréquemment (36). Nous mentionnerons encore, en finissant, la collection de Fulgence Ferrandus, diacre de l’Église de Carthage (547). Cette œuvre, qui se distingue des autres par une ordonnance systématique de la matière, est distribuée en deux cent trentedeux numéros, et porte le titre de Breviatio canonum (37). L'auteur a puisé dans les conciles grecs et africains, en faisant usage pour les premiers de la version espagnole (38).

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