‹ Du droit ecclésiastiqueChapitre 21 sur 80 · JESUS^HRIST ET SON ROYAUME · texte numérisé non relu

JESUS^HRIST ET SON ROYAUME

que Jésus-Christ lui-même a institués ; de même que ce royaume ne [)eut être régi que d'après la forme qu'il a déterminée luimême (1). Maintenant, écoutez.

ff Je vous envoie comme le Père m'a envoyé. Allez et enseignez ff tous les peuples, et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du c Saint-Esprit (2). » Ce sont les paroles du Sauveur à ses apôtres. Le divin Sauveur avait dit : « Tout pouvoir m'a été donné dans le <r ciel et sur la terre, j» Ce pouvoir, qui ne peut être que l'attribut de la divinité, Jésus-Christ le confère à ses apôtres, et par là il les investit, vis-à-vis du getu*e humain, d*une souveraineté qui ne pouvait émaner que du Très-Haut, du roi des rois (3). Le Christ est envoyé; les apôtres, comme le nom même le porte, sont envoyés (4) ; tout pouvoir, toute autorité dans l'Église, repose sur la mission (5), le mandat, la délégation.

Cependant, parmi ses apôtres, le Christ en choisit un, Simon, fils de Jean, qu'il revêt spécialement du pouvoir souverain, et dont il fait la pierre fondamentale de l'Église, le centre de l'unité (6). Il lui dit: « Tu es PieiTe, et sur cette pierre je bâtirai tf mon Église.» Cette promesse prophétique s'accomplit alors que les apôtres rassemblés à Jérusalem reçoivent l'infusion de l'esprit consolateur qui leur avait été promis (7). Dès cet instant leur mission commence. Pierre, le premier, comme chef de l'Église, promulgue l'Évangile, et trois mille personnes, suivies bientôt de cinq ihille autres, font leur entrée, par le baptême, dans le royaume du Christ. Dans la même année ou dans la suivante, les apôtres voient entrer dans leurs rangs Tun des plus acharnés ennemis de l'Église naissante, Paul, nommé Saul auparavant.

(1) Gerdiîf De sacri regiminis ac pontif. prim. jure, t. II, p. 220.

(2) Evang. Joann., c. XX, 21. Pax vobis, sicul miait me Pater, et ego mitto vos. — GbryBOstom., Homil. 86 in cap. 20 Joan. — Y. Cœffcteau^ Sacra monarch. Eccl. cath., t. I, p. 42.

(3) Bolgeniy TEpiscopato, part 1, n. 2, p. 3.

(4) Augwt.y Tract, in Joan., 168. — V. aussi CoêffeteaUf p. 39.

(5) F. Hist. pol., Blaetter, bd. 8, s. 129.

(6) Hieron. Âdv. Jovin., I, c. 26. Propterea inter duodecim unus eligiiur, at, capite constituio, schismalis toUatur occasio.

(7)Act.n,41.

appelé par un prodige de la puissance divine et placé dans TÉglise comme vase d'élection (1). Bientôt ils se répandent sur la surface de la terre ; ils établissent partout des églises ; ils leur donnent des chefs, des évêques et des prêtres, auxquels ils confèrent; de leurs plénitudes, les pouvoirs nécessaires à l'accomplissement de leurs fonctions. Et TÉglise est fondée, et à jamais inébranlable. Les apôtres peuvent consommer leur course ; lorsque le martyre viendra les appeler à opposer de leur sang le sceau suprême à leur témoignage, leurs pouvoirs leur survivront dans la personne des évêques.

L'épiscopat dérive donc de Taposlolat, ainsi institué immédiatement par le Christ; mais comme l'apostolat, disons mieux, comme TÉglise entière, il est fondé sur Pierre, le représentant, le vicaire de Jésus-Christ, institué par lui. Les apôtres étaient su^ bordonnés à Pierre, leurs successeurs sont subordoimés aux siens' sur le siège de Rome. {Vide infra, chap. lY.)

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