‹ Du droit ecclésiastiqueChapitre 36 sur 80 · ROYAUME DU CHRIST SUR LA TERHK · texte numérisé non relu

ROYAUME DU CHRIST SUR LA TERHK

haptifier (unité de sacrements), leur prepcriro de garder tout co que le Christ leur a donné mission d'enseigner et d'instituer ( unité de gouvernement) .

Les hommes doivent être sanctifiés dans TÉglise; c'est là le but de leur union avec elle, le but de leur entrée dans son sein, et rÉglise seule peut les y conduire par l'action de l'Esprit-Sainl qui opère au milieu d'elle. Sainte, à raison de cette vertu d'enhaut, sainte dans sa mission sanctificatrice, elle l'est encore dans les moyens dont elle est pourvue pour la remplir ; elle est sainte dans les sacrements, sainte dans sa doctrine (1), qui est la parole de Dieu, sainte par le sacerdoce institué dans son sein. Sans doute, eUe n'est pas sainte dans tous ses membres ; grand nombre d'entre eux, marchant en sens inverse de la fin pour laquelle elle existe, pour laquelle ils y ont été appelés, sont dans une situation spirituelle (2) qui, s'ils n'en sortent pas, les rendra indignes de figurer dans la construction de la cité céleste que Dieu élève à la gloire de ses élus, et dont ils sont appelés à devenir eux-mêmes les assises vivantes (5) ; tous «ême, comme hommes imparfaits et fragiles, ont un besoin incessant de sanctification ; mais la sainteté même de TÉglise n'en souffre nullement, elle n'en reste pas moins l'épouse immaculée du Christ et le temple de Dieu (4). Une ville peut être riche, encore qu'elle compte de> pauvres parmi ses habitants; ime armée peut justifier le tilie de brove, encore qu'elle voie des lâches dans ses rangs. Chaque fidèle peut donc toujours dire : 4e suis saint! car il a reçu la grâce du baptême (§ 2) et la rémission des péchés (5) ; il appartient à la race choisie, au sacerdoce royal, au peuple saint (6). Il

(1) August., de Civil. Dci, lib.II,c. 28: Nibil in ciiristianis ecclesiis turpe et flagitiosum spectandum imitandumquc proponitur, ubi vera Det prœcepla insinuantur, aut miracula narrantur, aut dona landantur^ aut bénéficia postulantur.

(2) Bellarmin, de Eocles. milit., III, 9. — Kîee, loc. cit., S. 118, u. tf. - Walterf Lebrbuch des Kircbenrechts, S. 29.

(3) Hermas, lib. 1, vis. 3, c. 60. — Rothe, loc. cit., S. 600, u. tt.

(4) Ephes. V, 23 sqq. — Tî, 21, 22.

(5) Augustin., in Psalm. LXXXV. ,

(6) 1 Petr., lï, 9.

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est ici-bas comme le pèlerin sur mie terre étrangère; mais il a (levant les yeux la troupe sacrée de ceux qui Font précédé dans le royaimie de Dieu et qui partagent ayec le Christ ^éternelle royauté du ciel ; et, en les prenant pour modèles et pour guides, il vit, en vertu de Tunion intime qui rattache étroitement T Église militante à FÉglise triomphante, dans la communion des saints, associés par leurs prières à ses labeurs et à ses combats.

Par la fondation de son Église une et sainte, Jésus-Christ a effacé la ligne de séparation qui existait avant lui. Juifs et païens, il a tout appelé à une sanctification commune. La synagogue ne renfermait que les juifs à Texclusion de tout autre ; TËglise veut voir entrer dans son giron tous lès hommes, elle les invite tous, elle les appelle totis à s'unir à eUe et au Seigneur, au Kupic; (§ 2). Établie pour réunir dans son sein tous les habitants de la terre, elle est donc, par le fait seul de sa destination^ de tous les temps, de toutes les générations ; elle est universelle, elle est catholique (i). C'est avec ce caractère qu'elle a été annoncée dans les oracles prophétiques de TAncieti Testament (2), avec ce caractère qu'dle a été fondée par Jésus-Christ ; car il veut que TÉ vangîle soit annoncé à toute créature (S] , il a envoyé ses apôtres pour enseigner et baptiser tous les peuples, et c'est pourquoi leur voix a retenti jusqu'aux extrémités de la terre (4). Ce que l'Église une et sainte a enseigné depuis sa fondation est catholique (5); celui qui le professe, sur quelque point de ce vaste globe qu'il se trouve, est catholique. « Mon nom, dit Pacien de Barcelone^ est chrétien, mon surnom catholique; le premier dit qui je suis; le second, ceque je suis (6). j»

(4) Ùotti, loc. cit., p. 8. — Lupoli, loc. cit., p. 52. — Devotiy loc. cit., p. 445. — iCJw, loc. cit., S. 95, u. ff. —Rothe, loc. cit., S. 554, u. ff. S. 576.

(2) Gènes. Xn, 3; XV, 5. — Psalm. II, 8; LXXI, et passim. — -ï/e«, loc. cit., S. 404, notes 3 et 4. — Th. Stapletonj Vere admiranda, seu de magnitudine Rom. Eccl., p. 3 et 4.

(3) Marc, XVI, 5. - Matth., XXIV, 44.

(4) Psalm. XVIII, 5. — Rom. X, i8.

(5» Vincent. Imn., Gommonit., c. 3.

(6) Pacdan.f Epist. 4, ad Sympron.

ROYAUME DU CHRIST SUR Là TERRE. 154

 quelle époque TÉglise a-t-elle commencé à prendre ellemême ou à recevoir des écrÎTains la dénomination de catholique? Cette question est complètement oiseuse et dénuée de toute importance. Ce nom signale la tendimce, la missicHi, la nature de FËglisû, .et non une situation actuellement réalisée. Ouverte à tous les hommes, TÉglise est catholique, quoique tous les hommes ne soient pas entrés dans son sein (1). Il est donc au fond d'un médiocre intérêt de prouver que le symbole des apôtres, et Texpression d'Église catholique (2) qui y figure, viennent des apôtres ; les apôtres avaient mission de fonder l'Église, appelée à être catholique; tout est là. Ainsi donc encore, alors même que nous ne pourrions pas invoquer le témoignage si ancien de saint Ignace (5), qui, ainsi que le fait peu à près lui l'Église de Smyrne dans sa leitre à celle! de Pbilomélium (4), se sert de cette expression, la catholicité n'en, serait pas moins l'un des caractères essentiels à la nature de l'Église, et dont le sentijOQent a vécu-, dès son origine, dans sa conscience, comme on le voit par cette parole de saint Paul aux Romains : « Votre foi est annoncée dans le monde entier (5). » Encore moins était-il nécessaire qu'un décret impérial vint obliger ceux qui avaient embrassé cette foi des Romains à prendre le nom de catholiques (6) ; en le leur impo* saut, rint^ntion de Tempereur Gratien était d'opposer à Thérésie (7), considérée, dès les temps des apôtres, comme ce qu'il y a de plus contraire à l'essence même iu chritianisme, une dénomination qui en est la négation directe, radicale (8).

(1) Augustin., Epist. i99, ad Hesychium : in quibus ergo gentibus nondum est Ecclesia, oportet ut sit, non ut omnes, qui ibi fuerint, credant; omnes enim gentes promis sunt, non omnes bomines onmiiun gentium. Non enim omnium est fides.

(â) Symb. Apost. Hiartùa xrn a^iav È/oùrtaicet xaOcXixinv.

(3) Ignat.j Epist. ad Smyrn., c. 8. Ôttou àv H Xpioroç îïiaouç, exeî r, McéoXtKV) ÉxxXTiotoe.

(4) Euseb.f Hist. eccl., lY, 15. À ÉxxXviaia tcû Bsoû ^ irapotxouaa S{AU(ivav Tf irapotxou<T?i 6v «tHXcpkViXitt xat irao^tÇ ratç xara woWTa towov t^ç a^ictç KoAoXixiiç ÊxxXvioia; Tcapoixîatç.

(5) Rom. I, 8, comparez avec Matth., XXIV, 14.

(6) L. 2. Cod., de Sumnia TriniUte.

(7) Rothe, loc.cit., S. 563, u. ff.

(8) I Cor., XI, 49. — 2 Petr., H. 1. - Gai. V, 20,

152 1)U DHOIT ECCLÉSIASTIQUE.

Celte ([iialificalion de TËglise ne perd rien de sa ^âgniftcatioii ni de son importance, pour être appliquée à telle ou telle Église particulière (1). Si chaque diocèse peut, comme membre de rÉglise, prendre le titre d'église , comme membre de la grande Église catholique, il peut également prendre celui d'Église catholique. Si autrefois cette honorable qualification a été plus spécialement affectée aux cathédrales, c'est qu'étant non-seulement sièges épiscopaux, mais encore églises baptismales, en leur ap> ptiquant ce nom, on y rattachait Tidée de l'entrée des hommes dans l'Église par le sacrement de la régénération spirituelle (2).

Fondée, propagée sur toute la terre par les apôtres, mise par les apôtres en possession de la . foi qu'elle professe , et en vue de laquelle le Christ a prié pour tous ses disciples fidèles (3), dotée par les apôtres des institutions qui font sa vie et sa force, gouvernée par ses évêques, successeurs des apôtres, et par l'évèque lie Rome, héiilier de la primauté du prince des apôtres, l'Église est apostolique (4). C'est là un de ses caractères essentiels, distinctifs. Aussi tous les saints Pères, surtout saint Irénée et Ter luilien (5), Tont-ils opposé victorieusement aux hérétiques, qui sentaient si bien la puissance irrésistible de l'attaque, que plusieurs «l'entre eux we voyaient d'antres moyens d'y échapper qu'en essayant de s'emparer de I arme, tl en revendiquant pour eiixiiièmes rapostolicité (6).

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