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L'Eglise, impérissable, infaillible et nécessaire

C'est Jésus-Christ qui a fondé l'Église, en lui promettant l'assistance du Saint-Esprit et sa propre présence jusqu'à la fin des

(1) Athan., tom. I, P. I, p. 203. KwvtrravTÎvoç Kawap tû Xaû tyI; x«- OoXixTJ; É)exXif)9iaç ttôkttùç ÀÀsÇav^psia;.

(2) LupoUt loc. cit., p. 67 sqq.

(3) Joann., XVII, 20.

(4) Klee, loc. cit., S. 108. ^ Rothe, loc. cit., S. 604, u. ff.

(5) Supra, g 23, noie 25, u. g 25, note 2.

(6) Comme fit la secte des apo<«loliques au moyen âge. — Klee, loc. cit., S. iil.

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jours; l'Église ne peut périr (i). L'Église peut être oppiiméo; elle peut voir la violence et la ruse déchaînées contre elle, la persécuter avec acharnement ; elle peut inême voir ses propres pasleurs devenir ses plus dangereux ennemis, et recevoir de leurs mains des coups terribles ; elle ne peut succomber, elle est impérissable (2) . a 11 est plus facile d'éteindre le soleil, s'écrie saint Chrysostome (5), que d'anpantir TÉglise. » Saint Augustin, répondant aux donastistes (4), qui renfermaient toute l'Eglise dans une poignée de justes de leur façon, cojisignés dans un coin de l'Afrique, et ne voyaient plus qu'une tombe à la place de l'Église de tous les peuples, leur disait : a 0 imprudente parole! l'Eglise n'est plus ! Sans doute parce que tu n'y es pas ! Vois plutôt si ce ne serait pas toi qui aurais cessé d'être, par cela même que tu t'es séparé d'elle. Quant à elle, elle n'a pas besoin d,e loi pour exister ! » Cette perpétuité de l'Eglise, qui a converti pour elle toutes les persécutions auxquelles elle n'a cessé d'être en butte, en une chaîne continue de triomphes éclatants ; qui, au moment même où ses ennemis croyaient l'avoir anéantie à jamais, enfantait à la fois des légions plus nombreuses de disciples dévoués (5), cette perpétuité ne se renferme pas dans son existence seulement ; elle s'étend encore aux institutions dont elle a été enrichie par la main de Dieu. Cependant, elle a, sans rien perdre de ce caractère, son côté muable, soumis aux modifications du temps et de l'histoire; et, sous ce rapport, on peut dire que l'Eglise, toujours guidée par l'esprit /l'en haut, s'est constamment prêtée avec une sage condescendance à tout ce que les conjonctures pouvaient solliciter de sa tendresse pour ses enfants. Mais, si

(i) LupoH, Jur. eccl. priel., vol. 1, p. 39. — Klee, Dogmatik, Bd. I, S. 131, u. ff.

(2) Augustin., Epist. 30 : Ipsa est,qu8e aliquando obscuratur et tanquam

obnubilatur multitudine scandalonim sed etiam tnnc in suis firmissîmis

eminet. >

(5) Chrytoêt., Homil. 4, in Isaiam VI.

(4) Augwtin.f inPsalm. CI, Serm. 2.

(5) Tertull., Apoiog., c. 37 : Externi sumus et vestra omnia implevimus: urbes, insulas, castella, municipia, conciliabula, castra ipsa, tribus, decurias, palatium, senatum, forum. Stapïetofiy Vere admiranda, p. 13. — Hist. pol. Blœtter, Bd. XI, S. 155.

ce qu'il y a d'humain dans sa législation est susceptible de variation (i) et peut se modifier selon le temps et les lieux (2), en tant qu'émanée en partie des apôtres, en partie du pape et des conciles, cette portion môme de sa discipline doit être Tobjet d'une yénération profonde, et il ne doit y être touché qu'avec une extrême réserve. Ce point de vue, à lui seul, est impérieux et décisif; mais, si Ton considère que les canons ont une connexion intime avec le dogme ; que la discipline de TÉglise est comme la voix du dogme; que c'est par sa discipline que l'Église fait Féducalkm des hommes, en la calquant sur l'idée et les conséquences pratiques du dogme, ou reconnaîtra que la ligne de démarcation qui sépare les points dogmatiques des points disciplinaires n'est pas tellement profonde, que Ton puisse ne voir, dans tout ce qui touche aux derniers, que des prescriptions et des formes variables à volonté, et dont on pourrait, au besoin, faire table rase (5).

A plus forte raison, l'Église est-elle immuable dans sa doctrine; Payant reçue de Dieu avec le don de Y infaillibilité (4), elle ne pourrait faillir sans cesser d'être; et sur qui retomberait Terreur, sinon sur son divin fondateur (5)? Or, il lui a promis solennellement Tassbtance de TEsprit- Saint, en accompagnant cette promesse de celle de lui faire enseigner par lui toute vérité (6), de ne la laisser jamais dévier de la vérité (7-8). L'Eglise est dont infaillible, et son infaillibilité repose, non pas seulement sur Finterprétation fidèle de la sainte Écriture, mais sur renseignement du Saint-Esprit. C'est donc à TÉglise, colonne et fondement de la vérité (9), que doit aller quiconque a

(1) G. Sicut qusedam. 2, D. 14.

(2) C. nia autem. 11, D. 12. — BalUrini, Vindici», p. 160.

(3) MuzzarelHt II baon senso délia logica in materia di religione. Opusc., c. 3, p. 99.

(4) Lupoli, loc. cit., p. 27. — KUe, loc. cit., S. 437. — V. Infra, c, 8.

(5) Gotti, Yera Eccl. Ghristi, vol. Il, p. 106.

(6) Et. Joann., XIV, 16.

(7) Et. fdem, i6t<l., 26.

(8) Et. Idêtn, 13.

(9) I Tim. III, 5.

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