‹ Du droit ecclésiastiqueChapitre 38 sur 80 · ROYAUME DU CHRIST SUR LA TEÇIRE · texte numérisé non relu

ROYAUME DU CHRIST SUR LA TEÇIRE

à cœur de tnmver cette vérité, qui peut seule ie conduire au salut (i).

Mais, par cela même que Ton ne peut trouver ]a vérité que dans rÉglise uue et universelle, fondée par Jésus-Christ, cette Église est nécessaire au salut des hommes ; eHe est seule la voie du salut, Ëclose de l'amour du Christ pour les hommes, elle a droit de voir tous les hommes amenés dans son sein par leur amour pour le Christ, de les voir tous devenir membres du corps mystique du Christ (§2). Le divin Sauveur a proclamé cette nécessité de rÉglise en termes formels et dans une foule de paraboles (2); il a envoyé ses apôtres à tous, et dans leur langage (5), ainsi que dans celui des saints Pères (4), nous voyons la conviction que l'Église a eue constamment de son indispensable nécessité. Yis-à-vis de l'erreur, donc, de quelque côté qu'elle vînt, sous quelque bannière qu'elle se présentât, qu'avait à fairo l'Église? Rien autre chose qu'à se montrer en face, à se présenter elle-même comme seule et unique dépositaire de la vérité, comme le seul temple où le véritable sacrifice fût offert à Dieu; elle était eu droit de se comparer à l'arche qui Hotte sente audessus des eaux, menaçant quiconque ne se réfugierait pas dans sou seia du sort funeste de tous ceux qui ne s'étaient pas trouvés dans l'arche au moment du déhige (5).

En parlant ainsi, l'Église non-seulement usait d'un droit, mais accomplissait le plus sacré de ses devoirs. 4111e ne pourrait, sans blasphémer contre le Christ, elle, son épouse bien-aimée, elle ne pourrait, sans se rendre coupable envers lui du plus san-

(1) Iren., Adr. hser. III, c. 4 : Non oportet adhuc quœrere apud alio8 verttatem, qiiam facile est ab Ecclesia sumere : quam Apostoli, quasi in depositorium dives, plenlssime in eam contulerint omnia, quic sunt veritatis. ut omnis qaicumque velit samat ex ea potum vitœ.

(2) Ev. Mallh., X, 14, 15; XVI, i8, 19; XVIil, 17-19. — Ev. Luc, X, 16. — Ev. Joann., III, 18;. VI, 54; X, 9; XV, 1 sqq.

(3) I Cor. V, 5. — 1 Tim. 1, 20.

(4) Ignatiuif Ëpist. ad Trall., c. 7 : Ô Ivrbç 6utfMtffTy,pioo tov xa6apô;

éffTtv 6 ^à «î^Toç wv, eu xaOapb; fotiv tout* sotm, ô X^P^^ *• "^ • ^ *^'«.

loc. cit., S. 143. — • Rothe, Anf. d. €hr. Kirch., S. 578.

(5) Hieron.t Epiât, ad Damasum, c. 25, c. 24, q. 1. -^Grtq.^ Moral., lib. XXXV, c. (c. 22, ibid.), cap. I, § 3, X, de Summ. Trin.

"laiit outrage, rccounaitre que le salut peut être donné par une autre doctrine que la sienne.

Toutefois, qu*on ne confonde pas : ce point de doctrine si célèbre : Extra flcclesiamnvUa salus, n'est nullement la réponse à cette question non moins célèbre : Quis salviis erit (i)? Cette dernière question ne relève que du tribunal de Dieu. La proposition : Extra, etc,, n'est donc pas une sentence prononcée contre tel ou tel homntey mais un jugement exprimé sur toute doctrine différente de celle de V Église [2), une confession du dogme révélé de Dieu, une reconnaissance du droit de la vérité et une protestation contre ce qui y est opposé (5).

g XXIX.

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