CHAPITRE IV
COMBIEN BENRI IV EXCELLAIT DAMS L*ART D^AGCiMMODER LU QUEIKLLB
]>*HOIQrElIR.
Le parlement de Toulouse déclare ne pas approuver Tédit de 1009 en ce qui touche la demande du combat, — Discours de Tavocat général de Belioy. — Quelle pouvait être la portée de la concenioi faite par Henri iv.— Ses soins patemelfl pour rétablir Taeconi otre sa noblesse. — Querelle de du Pleasis Mornay avee SaintrPlnUe. Lettres écrites par le roi à Toccasion de cette querelle. — Formulaire de réparation. — Arrêt du tribunal d*honneur sur un démêlé du marquis de Gœuvres avec le vidame d'Amiens . — Protoeole drwié par le roi pour Tarrangement d'une querelle entre le prince de Joinville et le grand écuyer. — Griefe du comte de Soîmod» eOBlre Sully. — Lettre de Henri iv au comte de Soissons.
UiDiT de 1609 avait été enregistré au parlement de Paris sans autre réserve que « celle des » droits et hypothèques des créauciers. »
Le parlement de Toulouse déclara, en outre, ne pas approuver < la demande du combat portée par le cinquième article. » La conscience des magistrats s'alarma sans doute des conséquences que Ton pourrait tirer de cet article pour justifier &ï principe les combats singuliers; mais la pensée du législateur me semble avoir été mieux comprise par l'avocat général de Belioy, lorsqu'il disait:
c Qui en notre cdit regardera de près quelle » est l'intention et volonté de Sa Majesté jugera »fort aisément que le roi a voulu savoir, par lui- » môme ou par ses principaux officiers des armes,
TAOlSliMB EPOQUE. 161
» les occasions et les motifs des querelles de tous » ses sujets enclins et résolus à les décider par le » couteau, afin de s'employer, comme père com- » mun et tuteur de leur sang, à les accorder et » composer, si faire se peut, ou punir et cMtier » ceux qui se trouveront être en faute, toutes in- » tentions saintes , justes, et dignes d'un roi très » chrétien , amateur de son peuple et haineux de
• reflfusion du sang d'icelui, comme vrai père, » protecteur , patron , gouverneur et pasteur de
• ses sujets*. »
N'est-il pas sensible en eflTet que la demande du combat était une satisfaction donnée à l'opinion de ceux qui regrettaient la législation dePhilippe-le-Bel , et rien de plus? Le roi Teût-il voulu, il n'était pas en sa puissance d'évoquer le vieux combat judiciaire de son tombeau , et quelle que fût, aux yeux des jurisconsultes, la différence entre le «jugement par voye de gaige » et le duel privé, ils se ressemblaient trop par leur côté sanglant pour que le vulgaire supportât le spectacle d'un duelliste traîné au gibet pendant qu'on aurait décoré, comme autrefois, de toutes les pompes royales la lice d'une bataille en champ clos. Aussi ne voit-on pas que jamais un seul combat ait été autorisé en vertu de l'article 5 de l'édit. Mais qui
^ Voir le discours prononcé, le 4 août 1609, au parlement de Toulouse, par Fâvocat général de Belloy, dans \e$ Questions notables (|# droit écrit, tom. II, p. 466 et 470.
pourrait dire combien de querelles furent apaisées par la inédiation du roi ?
Les mémoires du temps renferment à cet égard une foule de détails du plus touchant intérêt
J'ai retrouvé dans des manuscrits les procès^ verbaux de plus de vingt satisfactions données et reçues devant les maréchaux de France par Tordre exprès de Henri iv , qui voulait servir lui-même de négociateur dans les plus délicates de ces af-r faires, ne pensant pas qu'il y eût une. occupation plus paternelle et plus royale que de rétablir l'accord dans sa noblesse K
Je cite au hasard quelques faits qui me paraissent plus propres que tous les discours à montrer combien il excellait dans l'art difficile de trouver, dirai-je le remède, ou plutôt le charme propre à engourdir les plaies si sensibles de Thonneur.
Pierre de l'Esloile raconte qu'en novembre 1597 « M. du Plessis Mornay , gouverneur de Sau- »mur, fut traîtreusement attaqué d'une querelle »d'Alemant, à Angers, par un nommé Saint- »Phalle, gentilhomme, qui indignement le bas-
^ Lors d*une querelle entre le comte de Soissonsetleconoted'Auverguc, Henri iv écrivait au connétable de Montmorency : « J*ai es- » limé devoir passer encore toute cette semaine en ce lieu (à Saint- » Germain-en-Laye) pour donner loisir au comte d*Âuvergne de s*y » rendre et de m*y trouver , afin de le réconcilier avec mon cousia » io comte de Soissons devant que je m'éloigne davantage de Paris. » (28 juin i GO l.)
TROISIÈME JÎPOQUE. 153
» tona en pleine rue , de telle façon quMl le laissa » sur le pavé pour mort. »
Cet outrage avait pour cause Tarrestation d*un ami de Saint-Phalle, que du Plessis Mornay avait fait mettre sous bonne garde comme suspect de trahison.
Mornay, s' étant adressé au roi pour obtenir satisfaction, reçut de lui la lettre suivante :
• Monsieur du Plessis, j'ai un extrême desplai- » sir de l'outrage que vous avez reçu , auquel je » participe et comme roy et comme vostre amy. » Pour le premier, je vous en ferai justice et me la 9 ferai aussi. Si je ne portois que le second tiltre, » vous n'en avés nul de qui l'espée fût plus preste » à desgaîner ni qui y apportast sa vie plus gaie- » ment que moi. Tenés cela pour constant qu'en » effect je vous rendrai office de roy, de maistre et
• d'amy. Sur cette vérité, je finis, priant Dieu 9 VOUS tenir en sa garde. »
Heïiri iv écrivait en même temps au maréchal de la Rochepot :
« Monsieur de la Rochepot, l'injure que le sieur 9 du Plessis Mornay a naguères reçue du sieur de 9 Saint-Phalle me touche trop avant pour n'en ti- 9 rer point de raison, et n'en montrer le ressenti- 9 ment que je dois; car je prétends être offensé en 9 la personne dudit sieur du Plessis , lequel étant
• constitué en charge publique, employé notoi- » rement pour mon service et qui n'a été indigne- 9 ment traité que pour avoir fait son devoir et n'a-
ihk DU DUBL.
» voir manqué à sa charge , ne peut être intéressé » en son honneur qu'au mépris de mon autorité. » C'çst pourquoi, désirant m'assurer de la personne » premièrement dudit Saint-Phalle , j'envoye ex- » près le capitaine Dauphin , exempt de mes gar- » des , pour le retirer des mains de mon cousin le 9 maréchal de Brissac^, et le faire mettre dedsyas » mon chasteau d'Angers ; en quoi j'attends devons 1 ce service que je me suis toujoiirs promis de votre » affection , et désire que vous vous y employiez » comme pour chose que j'ai très à cœur. Je sais »que la proximité dont le sieur de Saint-Phalle » vous attouche ^ vous y fait penser. Mais je crois 1 que cette considération n'aura pas tant de puis- 9 sance sur vous qu'elle vous puisse éloigner de » l'obligation que vous avez d'obéir à mes coomian- » démens ; et partant, je vous prie de tenir la main » à l'eflFet de mon intention, et d'assister ledit Dauj» phin dans tout ce qui sera possible pour lui don- » ner moyen de s'acquitter de la charge que je lui » ai commise ; et vous me ferez service très agréa- » ble et duquel je vous saurai très bon gré. »
L'affaire ayant été soumise au tribunal des maréchaux, il fut résolu qu'attendu la gravité de l'outrage, réparation en serait faite par Saint- Phalle devant le roi.
* Saint-Phalle était beau-frère du maréchal de Brissac qui IVait néanmoins fait arrêter sur la clameur publique et le détenait en sen logis.
> Saint-Phalle avait dtné chez le maréchal de la Rochepoi le jour même de réyènement.
TfiOlSIÈMB JÎPOQUE. 155
Le formulaire dressé à cette occasion porte que « ledit Saint-Phalle se présentera devant Sa Ma- •jesté en mettant un genouil en terre, la sup- » pliant très humblement de luy pardonner la • faute qu'il a faite , et de trouver bon qu'en sa » présence il satisfasse M. du Plessis. »
Suit un long discours * que le sieur Saint-
* Voici ce discours, où Ton peut apprendre ce que Ton entendait alors par des Toies de fait commises avec auetnbléet de pertannet:
< Monsieur, ayant cru que vous aviez fait quelque rapport au roy » qui pût révoquer en doute la fidélité que je lui dois comme son » très fidèle sujet, cela a esté occasion qu*estant à Angers, ayant » dtné ensemble au logis de monsieur de la Roebepot , vous voyant » sortir du logis avec quatre hommes, je sortit ui peu aprèivous» » plus accompagné que vous , et en trouvay eieore d*autres qui se » joignirent avec moy. Vous ayant réatteint, je voulus m*éclaircir de » ce fait avec vous ; sur quoi me tîntes d*h<mBète8 langages , m*of- » frant de m'en faire raison telle qu'on a aecoustumé entre gens » d'honneur, chose suffisante pour me oontMiter ; mais h cruauté » de cette offense avoit pu tellement sur moy qu*elle m'osta la rai- » son, et me fit passer à l'injure que j'avois délibéré de vous faire ; » prenant un bâton que j'avois derrière mon dos sans que vous le » pussiez prévoir , et vous en donnay un coup qui vous porta par » terre. Soudain j'allai au cheval, quoique les miens eussent l'espée » à la main, et donnèrent quelques coups aux vôtres qui vous vou • » loient garantir des injures. Je reoonnois vous avoir fait cette of- I fense, de propos d^ibéré, avec tel avantage qu'il n'y a homme » d'honneur à qui on puisse faire le semblable. Qui me fait vous » supplier me le pardonner, et me soumettre à recevoir de vos mains » un pareil coup que vous reçûtes ; -vous suppliant intercéder en- » vers le roy, à ce qu'il fasse arrêter le cours de la justice, pour les » punitions que je mérite, d'avoir si indignement offensé un gentil- » homme de vostre qualité, conseiller d'État, et qui exerçoit une » commission de si grande importance ; et je demeurerai en récom- » pense, toute ma vie, vostre amy et serviteur, vous assurant que si
Plialle devait adresser au sieur de Mornay en lui faisant le récit le plus détaillé de toutes les circonstances de l'outrage, et à la fin duquel il devait le supplier d'intercéder auprès du roi pour que 8a Majesté daignât arrêter le cours de sa justice. Le formulaire contient également la prière que le sieur de Mornay devait adresser au roi.
• Le roy, est-il ajouté, fera lors cet honneur audit sieur du Plessis de lui dire qu'il reconnolt la satisfaction suffisante pour réparer l'injure qu'il a reçue; et qu'il s'en doit contenter, même pour ce qu'il y va du service de Sa Majesté, de voir assoupir les querelles de ses serviteurs et qu'elle lui commande de le faire. >
• Le sieur du Plessis dira lors audit sieur de » Saint-Phalle que puisqu'il plaist à Sa Majesté , »et que messieurs les connétable et marécliaux » de France trouvent qu'il y a occasion de satis- » faction, qu'il lui pardonne par son commande- • ment^. »
Lorsque la satisfaction n'était pas donnée devant le roi , elle l'était ordinairement en présence du connétable et de plusieurs maréchaux.
Quelquefois le connétable prenait seul la parole pour réconcilier les parties.
Ainsi le marquis de Cœuvres ayant eu quel-
V pareille chose m'estoit arrivée, je me contenterois d^une telle la-
» lisfaclion. »
* Voir le Ilecueil de pièces conçernani le tribunal det maréehawr^ toiu. 1, p. 3 il.
TaOlSIÈME ÉPOQUE. 157
qiies démêlés avec le sieur de Pompignan et le vldame d'Amiens, le connétable de Montmorency rendit en ces termes Tarrêt du tribunal d'honneur ^ : • Messieurs, nous avons ouï votre différend, le- » quel nous n'avons cru suffisant d*estre décidé » par les armes , parce que nous croyons que ce » que vous , monsieur le marquis , dites » est véri- » table et n'en doutons pas : et croyons aussi que » messieurs de Pompignan et le vidame sont as* » sures de ce qu'ils maintiennent , n'ayant nulle «souvenance des choses dites : pouvant arriver » souvent que plusieurs propos qui se tiennent ir entre amis ne doivent être redits nirammentés, » et ne s'observent de si près que l'on s'en puisse » particulièrement souvenir. ,
» Ainsi , ayant pesé tout ce qoA peut toucher à » vos honneurs, nous jugeons qu'il n'y a rien qui » vous empêche de demeurer amis : ce que nous » vous commandons au nom et de l'autorité du » roy , que nul à l'avenir n'en puisse parler : ce » qu'advenant autrement , l'offense en demeurera » à Sa Majesté et à nous. »
Henri iv avait écrit de sa propre main le protocole suivant pour l'arrangement d'une querelle entre le prince de Joinville et le sieur de Bellegarde, grand écuyer de France :
« Monsieur le prince de Joinville dira à mon- * sieur le Grand^ qu'il l'a blessé mal à propos et
* Le 10 juillet 1598.
• M. le grand écuyer.
158 Dtl DtlËL.
9 avec avantage ; s'il eût eu une épée , il s^en fût » empêché et lui eût fait contre autant de for*-* » tune qtf il eût pu faire à luy ; que , s'il étoit » à sa place » il se contenteroit de pareille satis- » faction, et que si la compagnie^ lui ordonnait d*en » faire davantage , il le feroit ; lui priant de luy » remettre sa faute ou offense , dePoublier et qu'ils » demeurent amis.
» Monsieur le Grand dira, se tournant vers mes* » sieurs les connétable et maréchaux : Messieurs^ » trouvez-vous que je sois satisfait , car f aimerais mieux » mourir que de préjudicier à mon lumneur ?
» Monsieur le connétable et messieurs les ma« » réchaux de France diront : Ouy, puisque vous le » trouvez ainsi»
n Se tournant alors vers monsieur le prince de » Joinville, il dira : Puisque vous m^en priez^youbUe^ » rat cette offense , et demeurerai votre semMeur^. »
Je ne puis mieux terminer ces citations qu'en rappelant ce que fit Henri iv dans une affaire où le comte de Soissons (Charles de Bourbon) était l'offensé et Sully l'offepseur.
Les griefs du comte de Soissons étaient ainsi exposés dans sa plainte :
« Comme le sieur de Rosny étoit dans son cabinet, quelqu'un des siens étant venu lui dire que madame la marquise de VerneuiP voulait
^ Des maréchaux de France.
* Cet arrangement eut lieu en 1599.
' Henriette de Balsac d*Entragues, maîtresse de Henri ir.
TKOISliMfi ipùQvn. 159
lui parler, il répondit : « Il n'y a que trop de » maîtresses et de parens du roy ; s'il y en avoit » moins, tout s'en pôrteroit mieux. » Après, étant arrivé en la ehambre , il dit assez haut que le roy étoit trop importuné de mauvaises affaires comme par le comte de Soissons. Il fut répliqué « que ledit sieur comte , ayant cet honneur
• d'être proche parent du roy et nécessiteux. Sa
• Majesté étoit obligée de lui subvenin » Lors, ledit sieur de fiosny demanda et répéta plusieurs fois « Pourquoi le roy y étoit obligé? quelle obli-
• gationî Je le voudrois bien connoître et ap- » prendre. » '
» Le sieur de Rosny dit encore « qu'ancienne- » ment on ne donnoit aux enfants de France que » 100,000 livres de pension et que ledit sieur » comte en avoit bien davantage. » Et, comme on lui repartit derechef « qu'il étoit proche parent D du roy , » il répondit en ces termes : « Parent ! »I1 n'y a de parens du roy que ceux qu'il lui D plaît. »
» De plus, ledit sieur de Rosny a dit « que le »bien que le roy avoit fait audit sieur comte n'é- » toit pour service qu'il lui eust fait ni qu'il espé- » rât à l'avenir ; qu'il étoit un mauvais nàénager » et que le roy et luy n'étoient obligés à relever » son mauvais ménage, ce qui étoit cause qu'on ne » pouvoit avoir paix avec lui. »
Le chancelier et le marquis de Sillery avaient été chargés par le roi d'apaiser le ressentiment
du comte de Soissons en lui promettant qu'il obtiendrait satisraction de ses ofienses ; mais leurs démarches n'avaient fait que Faigrir davantage.
D'autres seigneurs furent députés pour lui présenter, de la part de Sully, un écrit ainsi conçu:
c Monsieur, j'ai sçû les trois choses que Ton
• vous a rapportées que j'avois dit de vous. Je vous
• supplie très humblement croire que je n'ai ja- » mais tenu tel langage, le reconnoissant si faux » que si j'avois ouï quelqu'un le dire, comme votre » serviteur je me couperois la gorge avec lui pour 9 Y en faire dédire : et tiens pour très méchans, » non-seulement ceux qui l'ontdit , mais tous ceux » qui en auroient la pensée et qui, par telles faus- »ses inventions, seroient si oubliez de vouloir » mettre les princes de votre qualité mal avec le > roy. Et si je sçavois celui qui m'a preste cette » charité, pour me rendre haï de vous par une si » injurieuse et fausse calomnie, il me coùteroit la » vie ou j'aurois la sienne, et lui ferois avouer et » connottre à tout le monde sa méchante mente- »rie. »
» Le comte de Soissons répondit t qu'il n'étoit >en sa puissance , non plus que d'aucun autre
• homme que ce soit, de forcer son esprit à ne con- »noîtrece que certainement il sçait et connott;
• qu'il seroit indigne de l'honneur qu'il avoit d'ê- »tre proche parent d'un si grand et courageux
• roy, s'il ne conservoitdu ressentiment des mé-
• chancetez et calomnies inventées contre lui, et
TROISIÈME lÎPOQLE. 161
ï) des injures qui lui étoient faites de gayoté de » cœur : qu'enfin , pour vérifier les calomnies du » sieur de Rosny, il avoit des preuves qui , en cas » de déni, lui seroîent maintenues par la voye des » armes, s'en remettant au surplus sur le tout au •jugement du roy. »
On voit par la lettre suivante comment la majesté royale peut allier l'autorité du commandement avec le mérite de la prière.
Lettre de Henri IV au comte de Soissons.
« Mon cousin , j'ai vu l'écrit que m'avez en- » voyé par les comte de Saint-Paul , maréchal de » Brissac et comte de La Rochepot , et les langa- » ges que l'on vous a rapportez avoir été tenus de j> vous par M. de Rosny , desquels vous vous plai- » gnez ; et l'ofire que vous faites de prouver qu'ils » ont été dits par lui. Mais je n'ai pas jugé à propos » d'entrer en telles preuves, tant pour ce que je ne y révoque en doute que le rapport ne vous ait été » fait, que pour avoir été bien assuré que M. de » Rosny n'a jamais eu intention de dire chose » qui vous pust offenser , estant votre serviteur » comme il est, et désire que les choses s'adou- Dcissent et terminent avec la satisfaction qui » vous est dëue. Je vous prie de recevoir de M. de » Rosny celle qu'il offre de vous faire, et en demeuj> rer satisfait. »
Sully déclarait, dans cette satisfaction, «qu'il
T. Il
» n'avoit jamais eu volonté de dire chose qui pût » offenser le comte de Soissons, et que pour mou- » rir il ne se voudroit tant oublier. » « Que si bien, • ajoutait-il, «j'ai dit quelques propos qui vous aient » pu offenser en la forme qu'ils vous ont été rap- » portez de moi par ceux qui, les ayant ouis, ont » fait jugement contre mon intention, je voussup- » plie très humblement de me les pardonner et »me tenir pour vostre très humble serviteur^. »
^ Voir le supplément au journal de Pierre de TEIstoile. (CoUecUon Petitot, 1" série, tom. XLVU, p. 399.)