CHAPITRE PREMIER
DU MJEL C0IIS1DÉU& kV POIMT DE TCB DBS IDÉBS NOimCLLM QOE i EVO- LUTION DE 1789 A FAIT PRÉVALOIR « ET PENDANT LES PHASES DIVERSES DE CETTE lUËVOLUTION.
CSomment il se fiit qve le pf^î«géda dod a snrvéeii la dettnietion de la noblesse et de ses privilèges. — Résumé des vœux exprimés dans les cahiers des députés aux Ëtats généraux.^}uatre-viogtdix-huit bailliages réclament la suppres^n des lors sur les duels, se coniant an progrès de la civilisation et des Icmièrai. •— Le duel reprend qud<{ue8 instants une couleur politiqaa, •— Duel de M. Charles deLameth avec M. de Gastries. — Émeute, députatiens et harangues. — UÂssemblée nattonalè enjoîïit li sei$ comités de lui présenter «ne Idi sur le duel. — Poisrquoi celte iiqoncûxm resta sans effet. — DifficuHé de réprimer le duel salkis sortir du droit eommun. — Propositions étranges. — Opi&ioB de Laiir juinais. — Gode pénal de 1791. — Son silence sur le duel.— Quel sens l^ut^À donner & ce silence?
Le pr^ugé dn duel n^est pas sans doote une de œs midjwttes natîTOS ëkmt rhumaBilé t *eBt trafis-
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mis/de siècle en siècle, le triste héritage; ce n'est pas un de ces crimes qui , depuis qu'il existe au monde des législateurs, ont eu leur définition et leur supplice : mais qu'importe , si , sorti du même berceau que la civilisation moderne, il doit régaler en durée! Au milieu de ce mélange de bien et de mal dont se compose l'atmosphère morale où vivent nos âmes , qui expliquera jamais la filiation monstrueuse par laquelle nos vices s'engendrent quelquefois de nos vertus ? La nature physique elle-même nous en offre une image. Il n'est pas de métal si précieux qui ne laisse au fond du creuset quelques scories grossières ; pourquoi donc l'honneur , cet or si pur, aflCmé au feu des passions les plus nobles du cœur humain , n'aurait-il pas aussi son écume ?
Il fut pourtant une époque où , avec quelque apparence de raison , on put espérer que l'empire du duel allait finir ; car , en supprimant la noblesse et ses privilèges, la révolution de 1789 semblait avoir englouti le terrain même où il avait planté son drapeau. « Assez longtemps , di- » sait-on alors , l'autorité des rois s'est fatiguée à » combattre ce préjugé de noblesse qui reprenait » de nouvelles forces de vitalité dans le caractère irnême des lois privilégiées par lesquelles on » s'efforçait de le détruire. Abaissons les barrières » qui séparent le peuple français en plusieurs clas- »ses, et le duel disparaîu-a de lui-même, avec
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» tant d'antres abus que le gouvernement monar- » chique proscrivait dans leurs conséquences, mais » fomentait dans leur principe. Le triomphe des > idées nouvelles doit être plus efficace à cet égard 9 que ne l'ont été tous les édits des derniers siècles. 9 A quoi bon armer encore les lois de sévérités 9 exceptionnelles pour punir un crime qui n'exis- 9 tera plus demain *? »
Jamais enfant, déçu par les illusions d'un rêve, ne fut plus surpris, à son réveil, de se retrouver dans le monde des réalités, que ne le furent certains esprits, trop crédules à ces promesses des novateurs, lorsqu'ils virent le préjugé du duel resté debout sûr les ruines de l'ancienne aristocratie. La féodalité française a passé sans retour ; la politique des rois l'avait fait disparaître de l'histoire : la colère du peuple l'a effacée de nos lois et de nos mœurs. Mais, à titre de proscrit de l'ancienne monarchie, le duel, en dépit de son origine suspecte, a conquis pour ainsi
^ On peut consulter à cet égard divers écrits publiés dans le cours de la révolution, et entre autres un ouvrage intitulé : Moyens de détruire radicalement les duels , et dédié à TÂssemblée nationale par le citoyeti Gorguereau, électeur et juge au département de Paris (août 1791). On y lit ce qui suit : a Jamais les circopstances ne furent 9 plus favorables : le peuple français rougit de ses vieilles er- » reurs et renonce à ses vieilles habitudes. Qui peut douter que le » duel ne repose essentiellement sur Tantique démarcation des trois » ordres et sur toutes les impertinences du régime féodal ? Anra- » cbons de nos mœurs le dernier titre de l'aristocratie et brûlons-le » sur Tautel de la patrie* (Pages 160, 164, dÛÛ.)