C. Hépatite parenchymateuse nodulaire
Anatomie macroscopique, — Volume : 2 à 4 kilos. — Couleur : nodules miliaires ou fusiformes blanc jaune d'or, ou verdâlre sur fond rose. — Consistance : molle. — Coupe : lisse, sèche, exsangue.
Anatomie microscopique. — Lobule : nodules d'hyperplasie nodulaire à centre porto-biliaire, infiltrations de pigment jaune or, calculs de biliverdine. Nécrose centrale avec fonte graisseuse, granulo-graisseuse, colloïde. — Espace porte : stase biliaire, angiocholile. — Capillaires : stase capillaire leucocy tique. — Cellules : dans nodule, cellules hypertrophiées à noyaux multiples, atrophie des cellules périphériques : foie interverti.
Variétés. — Transformation adénomateuse ou cirrhose portobiliaire : plaques étoilées d'où partent des tractus circonscrivant de grands îlots. Transformation scléreuse des nodules hyperplasiés, enkystemeut dans des zones brunâtres d'induration péri-nodulaire, occupant tout le territoire des veines sus-hépatiques voisines.
D. Hépatite nodulaire diffuse.
Anatomie macroscopique. — Le foie est plutôt petit, très granuleux au début, moins à mesure que la sclérose prédomine.
Anatomie microscopique. — Cellules : trabécules élargies, se touchant presque. Ordination rayonnante conservée. Peu ou pas de tendance à l'évolution nodulaire; çà et là dégénérescence graisseuse, les noyaux restent colorables, pas de nécrobiose cellulaire. — Noyaux : inégalité de volume et de distribution dans les trabécules hépatiques. Noyaux moyens, noyaux géants occupant presque le volume de la cellule hépatique, avec un ou deux nucléoles égaux à des noyaux ordinaires, ou noyaux petits, groupés au nombre de quatre ou cinq. — Plaques de sclérose, avec tissu conjonctif riche en cellules rondes et grains pigmentaires. — Capillaires à parois embryonnaires, formant des réseaux sinueux et anastomosés. — Pseudo-canalicides biliaires^ par transformation directe des cellules hépatiques.
Fièvre rémittente. — Fièvre ictéro-hématurique.
On retrouve dans toute la série des fièvres des pays chauds, généralement à prédominance biliaire, les altérations de l'hépatite parenchymateuse avec les modifications si variées
des cellules qui se rencontrent dans les fièvres graves infec tieuses (variole, fièvre typhoïde, érysipèle, etc., etc.). La pigmentation est de toutes les altérations la plus fréquente. La congestion avec hypersécrétion bilaire est constante et à la coupe le foie est uniformément rouge, laisse écouler du sang en abondance et présente des ecchymoses sous-capsulaires. Cette congestion est suivie de diapédèse et d'altérations cellulaires qui aboutissent à la tuméfaction trouble et à la dégénérescence graisseuse. Dans certains cas le foie en même temps qu'il est gras prend les caractères du foie muscade, de l'hépatite nodulaire et peut même aller jusqu'à l'hépatite purulente. Le développement des néo-canalicules est de règle.