‹ Du foie infectieuxChapitre 24 sur 50 · Urée · texte numérisé non relu

Urée

La diarrhée continue, c'est elle qui explique les variations brusques de la quantité des urines, on ne pouvait en eCfet les recueillir en totalité.

L'ascite varie d'un jour à l'autre, elle oscille de deux à trois travers de doigt au niveau de l'ombilic.

19. — Depuis deux ou trois jours la température s'est sensiblement élevée et elle atteint aujourd'hui 39°.

Le pouls atteint 104.

Cette élévation de la température coïncide avec une diminution très notable de la quantité d'urine qui de deuxlitres n'est plus que de 300 gr. Urée 26s'-,900 par litre. Urée totale 13e'-,4b0.

La langue est un peu sale, pas de diarrhée. La malade se plaint de violents maux de tète. Pas de toux, pas d'expectoration.

La percussion de la poitrine ne dénote nulle part de la submatité.

A l'auscultation aux deux bases, surtout à droite, des râles crépitants, fins, plus nombreux à l'inspiration. Pas de souffle, pas d'égophonie, pas de pectoriloquie.

Le premier bruit de cœur est un peu sourd.

Le liquide ascitique dépasse l'ombilic. Le ventre n'est pas] douloureux à la percussion.

20. — La malade a été prise hier d'une diarrhée assez abondante = 10 selles. Cette nuit elle a fait au lit sans s'en apercevoir.

La nuit a été très agitée, la malade a parlé toute la nuit, ses rêves n'avaient rien d'effrayants.

Tempérât. 39°. — Pouls 118.

21. — A l'auscultalion de la poitrine râles fins sous-crépitants dans l'étendue des deux poumons, surtout aux deux bases.

Le ventre esl très ballonné. L'ascile remonte à trois travers de doigt au-dessous de l'ombilic.

La diarrhée a diminué. = 2 selles. = Antipyrine 2 grammes.

Du 22 au 30 la température oscille entre 38» et- 39*2, le pouls entre 80 et 115.

Les râles sous-crépitants fins sont mélangés de gros râles, humides, ils ont diminué de nombre.

Tempérât. : 38°,2. — Pouls : 1 10.

Ventre très ballonné, ascite remonte à l'ombilic.

L'examen microscopique des crachats n'a pas décelé la présence du bacille de Koch.

4 avril. — État stationnaire. Urine est toujours rare, 1/2 lilre par jour. Urée par litre, 25.620. Urée totale 15.372.

5. — L'écart brusque de la température est encore explicable comme précédemment le 19 mars, il n'y aurait pas eu de descente de température, d'ailleurs la courbe du pouls a toujours oscillé entre 115 et 120.

11. — On donne 200 grammes de sucre à la malade et le lendemain les urines réduisent la liqueur de Fehling.

10. — Il est survenu une polyurie relativement abondante avec laquelle a coïncidé un mieux sensible dans l'état de la malade.

Les signes stéLhoscopiques ne se modifient pas.

l'"" mai. — Depuis deux septénaires l'état général a subi une amélioration notable, les forces reviennent. Les râles sous-crépitants deviennent moins abondants, la fièvre tombe, l'appétit est meilleur.

L'ascite diminue de plus en plus.

2 juillet. — La malade n'a rien éprouvé depuis le mai digne d'être signalé, au contraire elle s'est bien alimentée, dormait bien et demandait sans cesse son départ pour le Vésinet.

L'auscultation de la malade fait toujours enlemlre en arrière aux deux bases, surtout à droite, des râles sous-crépitants fins très superficiels, ils ne se modifient pas.

Tempérât. : 37''2. — Pouls : 78. — Urée par litre : 7.565 ; urée totale : 158''876. — Urine : 2 litres 100.

La malade va en convalescence au Vésinet.

La malade après être sortie du Vésinet resta bien portante sans aucun symptôme morbide. Elle se remit à travailler quand elle s'aperçut que son ventre grossissait de nouveau en septembre dernier. Elle quitta son travail, car elle ne digérait plus et avait des épistaxis fréquentes qui durèrent quinze jours. Depuis lors la malade remarque que lorsqu'elle se mouche, son mouchoir renferme des filets de sang. Elle alla voir un médecin qui la mit au régime lacté avec eau de Vichy. Ce régime la soulagea. Cependant le ventre grossissait toujours. Elle avait en outre des points de côté disparaissant par moments au côté gauche du thorax.

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Actuellement ia malade ressent encore ce point de côté. Celui-ci est fixe avec irradiation dans l'aisselle.

11 y a huit jours la malade remarqua que ses pieds et ses jambes étaient gros aussi bien le matin que dans la journée, ce qui l'empêchait, dit- elle, de mettre ses bas.

Actuellement ses deux membres inférieurs sont œdéniatiés. La malade n'est pas essoufflée quand elle monte les escaliers ou lorsqu'elle fait un etfort.

L'abdomen est très volumineux, la cicatrice ombilicale déplissée est saillante. On constate une ascite dont la ligne supérieure de matité se trouve à 1 centimètre au-dessous de l'ombilic. La matité se déplace lorsque la malade change de position. Les veines sous-cutanées abdominales sont très visibles et dilatées. Le bord inférieur du foie ne peut être perçu.

Depuis huit jours les conjonctives présentent une teinte subictérique. Le faciès est un peu altéré, d'aspect terreux. Il existe une teinte subictérique des téguments.

La malade a de l'appétit. La langue est bonne. La malade digère bien, cependant la nuit dernière, elle a eu, dit-elle, des crampes d'estomac pendant dix minutes. Les selles sont régulières, jaunes, non décolorées. Il }' a de l'î/isomnie, mais pas de cauchemars. La malade dit ne pas avoir beaucoup maigri ces derniers temps. Elle n'a pas de coliques, pas d'alternatives de diarrhée et de constipation.

La soif est presque toujours vive, elle n'éprouve pas de dégoût pour la viande, il n'y a pas d'évasement des parties latérales du ventre ; audessus de la ligne de matité on constate un tympanisme exagéré. Il y a de la fluctuation.

A la palpation, qui n'est pas ou très peu douloureuse, on sent une paroi abdominale souple, mobile, non empâtée. La malade a vomi une seule fois, il y a cinq jours.

Appareil circulatoire. — 11 n'y a pas de souffle orificiel. La pointe du cœur est difficile à déterminer. La température marque 28°, le pouls 96.

Appareil respiratoire. — La malade ne crache pas. En avant des deux côtés la percussion est normale.

En avant; à droite l'inspiration est rude; l'expiration un peu prolongée ; à gauche l'inspiration est humée.

En arrière, ia percussion est normale partout. 11 y a un peu de matité pourtant à la base droite. Dans les deux poumons l'inspiration est diminuée et l'expiration est prolongée. A gauche dans le tiers supérieur l'inspiration est faible, moelleuse; dans les deux tiers inférieurs existent des râles sous-crépitants lins aux deux temps de la respiration qui

•augmentent par la toux. A droite, dans le tiers supérieur existent des râles muqueux aux deux temps; dans les deux tiers inférieurs on a une auscultation identique à celle du poumon gauche. Il y a vingt-quatre respirations par minute.

Appareil urinaire. — Les urines sont rouge brique, elles tachent le linge. Leur densité est de 1010. Elles ne renferment ni sucre, ni albumine, ni pigments biliaires, mais elles contiennent de l'urobiline.

% janvier. — Le pouls marque 92°. Il y a 24 respirations par minute.

14. — L'état général reste le même. L'ascite a presque disparu; 24 respirations par minute et 92 pulsations.

18. — L'état général s'améliore. La coloration subictérique des téguments a diminué. Moins de râles dans la poitrine. La malade urine environ un litre et demi par jour. Pouls 108°. 24 respirations par minute.

30. — Depuis quelques jours la mafade souffre d'une douleur assez vive à la base du thorax à gauche. Pas d'autres changements. Vésicatoire sur la partie douloureuse.

10 février. — La douleur persiste. Application de pointes de feu.

19. — La température a monté jusqu'à 40° 2/10. Sur la face et surtout sur le nez on aperçoit de la rougeur avec exsudation séreuse.

La malade commence un érysipèle de la face.

20. — L'érysipèle envahit toute la face. La malade est envoyée à l'isolement. Elle en sort quelque temps après. Pendant son érysipèle délire violent. Depuis lors elle se porte bien, son ventre est resté normal.

Obs. 124. — (Servicedu docteur Hanot). — Hépatite chronique. ■ — Pas d'alcoolisme. — Ictère persistant. — Douleurs abdominales. — Œdème du pied gauche. — Palpitations. — Purpura. — Pas d'ascite. — Albuminurie. — Légère urobilinurie.

G..., marchande au panier, trente-six ans, entrée le 26 mai 1891.

Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante-quinze ans, a toujours été bien portant. Mère morte à quarante-cinq ans d'une alTection hydropiquç. Deux sœurs, un frère. Une sœur est morte on ne sait pas de quoi. Les deux autres sont bien portants.

Antécédents personnels. — Elle n'a pas présenté dans son enfance de manifestations strumeuses. Elle n'a pas eu la rougeole.

A quinze ans elle a eu une pleurésie du côté gauche qui l'a retenue trois mois au lit,

La menstruation s'est établie à dix-sept ans sans s'accompagner d'aucun phénomène chloroti(iue. Elle a toujours été régulière.

Elle s'est mariée à vingt ans. Elle a eu trois grossesses qui ont évolué normalement.

De ses trois enfants deux sont morts en bas âge de méningite, le troisième âgé de sept ans est bien portant.

Sa santé générale a toujours été excellente. Ses conditions d'existence assez bonnes. On ne relève chez elle aucun signe d'intoxication éthylique: ni tremblement des mains, ni cauchemars, ni pituites matinales.

La maladie actuelle a débuté il y a un an a la suite d'une vive émotion. Elle fut prise de perte d'appétit. Trois semaines après apparaissait \a. jaunisse. La perte d'appétit devint alors complète, mais il n'y eut pas de vomissement, pas de diarrhée, pas de constipation. En même temps les urines devenaient foncées, tachaient le linge. Des démangeaisons apparaissaient fréquentes surtout la nuit.

Durant quatre mois cet état resta stationnaire, alors apparaissaient au creux épigastrique des douleurs assez violentes, s irradiant dans les deux hypocondres droit et gauche et dans les épaules. Ces douleurs ne s'accompagnent jamais de vomissement, elles survenaient indistinctement après les repas ou dans leur intervalle. Pendant deux mois elles ont été presque quotidiennes. A ce moment le manque d'appétit a été absolu, le dégoût de la viande a surtout été très marqué. L'ictère ne s'est pas modifié.

La malade aurait eu à ce moment pendant deux jours quelques vomissements noirs avec melsena.

Les douleurs ont été s'alténuant et ont Uni par disparaître complètement.

Mais depuis un mois des douleurs assez vagues sans localisation précise sont survenues dans les membres inférieurs surtout dans le droit.

Depuis quinze jours, le cou-de-pied gauche est même légèrement œdématié ; mai? l'œdème est un peu douloureux, surtout unilatéral gauche, la peau à ce niveau est un peu rouge.

Enfin des palpitations sont fréquentes, puis la perte des forces s'est accusée; enflure augmentant, l'amaigrissement peu sensible jusqu'alors fait des progrès rapides.

État actuel. — La malade présente un amaigrissement marqué. Les téguments ont une teinte ictérique, jaune brun. Le visage est un peu amaigri, les conjonctives sont complètement jaunes, aux membres inférieurs se trouvent des taches de purpura surtout confluenles à la racine du membre.

Appareil digestif. — L'appétit est assez bon. La langue est humide, moins à sa partie médiane.

Les digeslions sont assez bonnes.

Il n'y a pas de diarrhée. Pas de constipation. Les selles sont décolorées, sans toutefois l'être bien franchement. Le creax épigastrique est soulevé par une tumeur douloureuse à la palpation.

Le foie déborde les fausses côtes droites et gauches de quatre travers de doigt.

L'abdomen est légèrement ballonné, un léger degré de tympanisme. Pas d'ascite. Un peu de développement de la circulation collatérale. La rate est un peu hypertrophiée.

Appareil circulatoire. — La pointe du cœur est dans le cinquième espace intercostal.

, Percussion : diamètre vertical 10 centimètres; transversal 9 centimètres.

L'auscultation est normale. Pas de bruit anormal. Le jMuls est régulier, petit, bat 80 pulsations.

Appareil respiratoire. — Pas de toux. Pas de dyspnée (24 respirations). Pas d'expectoration. Rien à la percussion et à l'auscultation.

Aux deux bases, quelques frottements.

Urines. — Quantité un peu au-dessus de la normale (2 liLres) Coloration non foncée.

La réaction des pigments biliaires n'a pas lieu.

Un peu A.'urohiline.

Un peu d'albumine (le jour de son entrée, un demi-gramme). Pas de sucre.

Tcmp.: 38", 2. Trait. : Salol: 3 grammes. Calomel : 0 gr. 40 centigrammes

5 juin. — Le calomel ayant produit de la salivation et de la gingivite on s'est vu dans l'obligation de le supprimer.

La malade sort hier, améliorée; plus de teinte ictérique; les urines ne contiennent plus d'urobiline.

A la palpation du foie on le sent encore déborder les fausses côtes de deux travers de doigt.

Obs. 125. — (Service du docteur Hanot). — Poussée d'hépatite d'origine grippale probable chez un malade ancien paludéen ayant eu la dysenterie, — Alcoolisme. — Gros foie. — Vrobilinurie. — Ascite légère. — Guérison rapide.

A..., garçon marchand devins, trente et un ans, entréle 30 janvier 1891.

Antécédents héréditaires. — Les parents du malade sont vivants et en bonne santé. La sœur a succombé, le malade ne sait à quelle affection. Marié depuis deux ans et demi, il a eu un enfant, qui a été pris de convulsions en très bonne santé apparente; l'enfant est mort, quarantehuit heures de maladie.

Gastou. h

Antécédente peraonnels. — Personnellement le malade n'a pas d'antécédents scrofuleux, ni syphilitiques.

En 1883, il va au Tonkin oii il fait un séjour de trois ans. Dès la première année, il y contracte, la dysenterie avec selles sanglantes et affaiblissement consécutif. Pour cette dysenterie, il rentre deux fois à l'hôpital militaire, ofi il fait en lout un séjour de deux mois et demi. En 1885, il est pris d'accès de frissons et de sueurs; ces accès de fièvre semblent avoir eu peu d'importance; le malade n'en a pas moins continué de travailler tout en les ti'aitant par le sulfate de quinine. Le malade n'a eu qu'une dizaine d'accès qui ne se sont pas manifestés périodiquement. A sa rentrée en France, il a eu deux légers accès, le dernier y a environ trois ans.

En 1886, époque de son retour, le malade dit qu'il était affaibli, mais non anémié ; il avait pu faire son service jusqu'au bout.

Si le malade semble avoir été peu touché par l'intoxication palustre, il s'avoue nettement alcoolique et depuis longtemps. Au Tonkin il buvait en moyenne un litre de vin par jour, et deux grands verres d'absinthe.

Depuis 1886, il a été employé dans les métaux, comme garçon de magasin, et il absorbait environ deux litres devin par jour, en moyennne. Le malade était buveur de vin; il a usé très peu d'alcools et d'essences.

Cependant le malade ne présentait pas de symptômes à'éthylisme. Sauf des pituites matinales, il ne présentait pas de tremblement des membres; sa force musculaire était conservée et les nuits étaient bonnes, rarement agitées par des cauchemars. Il y a trois ans le malade a été pris de grippe à forme tlioracique. Le malade ne sait à quelle époque remonte le début de son affection. 11 y a trois mois environ, qu'il a commencé à souffrir de malaises vagues, et il y a trois semaines il a été forcé d'abandonner son travail ; il avait alors de la céphalalgie, des douleurs dans le bas-ventre, surtout, il avait perdu l'appétit, et souffrait d'une soif intense. En même temps que le malade perdait ses forces et maigrissait, il remarquait que son ventre augmentait rapidement de volume. Depuis trois semaines ce volume serait resté le même. Il n'y avait cas d'ictère, pas de vomissements, mais une constipation continue.

A son entrée à l'hôpital, le malade est amaigri; le faciès grippé et inquiet, sans teinte cachectique. L'abdomen est volumineux ; les téguments ne présentent pas de vergetures, mais une circulation collatérale à peine appréciable. A la palpation, on trouve tous les signes d'une ascite de moyenne abondance. La Iluctuation transversale est Irès nette. A la percussion, il existe une zone de niatité autour de l'abdomen; au milieu il existe de la sonorité intestinale. La ligne de séparation des deux

zones est une courbe à concavité supérieure passant en bas, à trois Iravers de doigt au-dessous de ronibilic. A la partie supérieure, la sonorité stomacale atteint le cinquième espace intercostal. Du côté de l'hypocondre droit, la sonorité intestinale empêche de limiter le bord inférieur du foie. Les inlestins sont très mobiles au milieu du liquide ; aux changements de position du malade, correspondent des déplacements de la sonorité intestinale. 11 n'existe pas de signes de compression ; la dyspnée, qui avait apparu, il y a trois semaines, au début des accidents, a rapidement disparu. Les membres inférieurs ne présentent ni œdème, ni varices. Il n'existe pas d'hémorrhoides.

Le foie est sensible à la percussion. On ne peut apprécier son volume.

La raie est appréciable; elle mesure 7 (cenl^) verticalement. L'examen du cœur et des poumons ne présente rien d'anormal.

Les urines sont rares, peu abondantes, depuis le début de l'affection. Le médecin qui soignait le malade a pratiqué le cathétérisme del'urèthre et ne découvrit pas de lésions. Au moment de son entrée le malade urine environ 200 grammes par vingt-quatre heures. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. Il y a de Vurobiline.

Aux testicules, on trouve une légère hydrocélc à droite, un varicocèle à gauche.

Depuis son entrée à l'hôpital le malade a de la fièvre, 39° les deux premiers jours ; 38° le troisième jour.

5 février. — Il est atteint de bronchite aiguë : râles ronflants et sibilants

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