‹ Du foie infectieuxChapitre 5 sur 50 · PREMIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÉRIODE

DUALITÉ DES CIRRHOSES (dE IAENNEC A OLLIVIEr).

Cette première période est faite tout entière de tâtonnements.

Laënuec avait établi d'une façon si nette l'existence des cirrhoses comme produit de nouvelle formation qu'il fallait de l'audace à Boulland pour s'élever contre cette opinion et dire que la cirrhose consistait dans l'atrophie d'une ou des deux substances du parenchyme hépatique, la substance rouge ou vasculaire, d'où, par conséquent, une forme plus saillante de la substance blanche ou jaune.

Becquerel et Andral partagèrent cette opinion, et pour

Becquerel, qui le premier émit l'idée que le foie pouvait être hypertrophié au début de la cirrhose, l'hypertrophie était due à rinfiltration de la substance jaune par une matière plastique albumino-fibrineuse se contractant plus tard après avoir perdu son eau.

Requin (1846) se rallia à cette manière de voir et publia une observation, point de départ d'une évolution nouvelle de la pathologie hépatique. Il conclut « qu'il peut se faire que le nombre des granulations qui s'hypertrophient soit tout de suite assez considérable pour constituer une hypertrophie générale ». 3Iesnet, qui publia un deuxième cas de cirrhose hépatique appartenant au service de Requin, ajoute que : « la cirrhose n'entraîne pas nécessairement l'atrophie du foie, que les deux lésions, hypertrophie du foie et cirrhose, loin de s'exclure mutuellement, peuvent parfaitement exister ensemble » ; il s'élève contre Cruveilhier qui reste dans la conception primitive que partage Monneret quand il dit que : « les cas d'hypertrophie hépatique sont des cas de congestion active ou d'autres lésions ».

La réaction contre les unicistes prend un point d'appui solide dans la thèse d'agrégation de Gubler (1853) qui distingue cliniquement deux cirrhoses.

Lacaze, Millard, Genouville, Charcot et Luys (1859), Jaccoud (1866), séparent nettement les deux cirrhoses en montrant que la cirrhose hypertrophique est intralobulaire, et donnent à la cirrhose hypertrophique une autonomie de plus en plus réelle.

C'est alors que paraît le mémoire de Paul Ollivier (1871) qui attire l'attention sur la cirrhose hypertrophique, qu'Hanot le premier devait décrire en 1873.

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