‹ Du Foie InfectieuxChapitre 35 sur 69 · PÉRIODE DE DÉBUT (MORT PRÉCOCE · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE DÉBUT (MORT PRÉCOCE

L'hépatite infectieuse est diffuse d'emblée, inflammatoire, irritative à son début.

Étude des coupes. — W. 2/0, — L'aspect du foie est à peu près uniforme, coloration intense et marquée des lobules, plus foncés à la périphérie et autour de la veine centrale.

Dilatation des vaisseaux portes et sus-hépatiques. L'aspect trabéculaire est conservé, mais les travées sont écartées l’une de l’autre et les cellules légèrement disjointes.

Par places, dans les veines, thrombus de globules rouges ; en un mot : congestion intense généralisée.

W. 2/2. — Le lobule est moins net, la fusion périphérique tend à se faire entre les différents lobules, et d'autre part l'ordination des travées n’existant plus, le lobule n'est plus visible.

En allant du centre à la périphérie on voit :

Veine centrale. — Cavité élargie, pleine de sang ou de débris granuleux, la zone cellulaire directement en contact avec la veine est plus foncée que les zones suivantes.

Zone intermédiaire. — Forme par sa moindre coloration une démarcation assez nette entre la zone centrale et périphérique.

Elle est souvent sillonnée de tractus d’une coloration rosée intense qui réunissent les deux zones. Le tissu compris entre les tractus est jaunâtre. Il s'y trouve parfois en des points indéterminés des nodules dont le diamètre occupe la largeur de la zone intermédiaire ou bien la moitié, le tiers et même le quart.

Zone périphérique. — Coloration rosée intense. On y voit

NT ee de fines granulations qui semblent couvrir les cellules et espaces inter-trabéculaires dilatés. Ces fines granulations se continuent avec celles de l’espace porte.

Espace porte. — Élargi, ses dimensions sont accrues dans tous les sens et il pousse des prolongements dans les fissures de Kiernan.

On aperçoit dans l’intérieur de l’espace une quantité de petits noyaux se continuant dans les fissures de Kiernan, et d'autre part allant disséquer la zône cellulaire périphérique des lobules pour se continuer dans la lumière des capillaires qu'ils dilatent et inondent de novaux embryonnaires.

La veine porte a son endothélium épaissi, boursouflé. Dans l'artère et le canal biliaire il en est de même : les noyaux endothéliaux sont beaucoup plus apparents que normalement. La lumière de ces organes est libre ou bien dans la veine il y à des globules rouges et dans le canal biliaire des débris granuleux, jaunâtres.

Les Iymphatiques sont dilatés, on voit dans quelques-uns de fines granulations et des cellules embryonnaires.

Grossissement. — W. 2/6. — La veine centrale du lobule contient dans sa cavité des débris granulo-graisseux ou d’apparence vitreuse ou bien un thrombus de globules rouges et blancs.

Les cellules qui entourent la lumière de ce vaisseau sont opaques, et renferment de fines granulations graisseuses ou de grosses vésicules.

D’autrefois les cellules sont hyalines, vitreuses.

Dans la zone intermédiaire, il existe une multiplication des noyaux des cellules et en certains points seulement de la

surcharge ou dégénérescence graisseuse.

ni

La disposition trabéculaire à disparu, les cellules sont disjointes, fécartées dans {ous les sens par les capillaires remplis de noyaux embryonnaires ou d’amas granuleux.

Entre les cellules, dans la longueur de la trabécule, se voient également ces amas et ces noyaux.

Dans cette zone les cellules paraissent pâles, les noyaux se colorent bien et sont peu abondants.

Zone périphérique. — Cellules très écartées les unes des autres, par une infiltration embryonnaire. La plupart des cellules contiennent trois ou quatre noyaux et même davantage, quelques-unes sonten dégénérescence granulo-graisseuse et ne contiennent plus de noyaux. Suivant que les noyaux embryonnaires ou la graisse prédominent, la zone périphérique paraît ou plus foncée ou plus claire.

Les capillaires sont dilatés par une quantité de noyaux embryonnaires. En certains points les dilatations forment de petits diverticules, probablement dus à l'effet d’une pression des cellules embryonnaires sur une paroi insuffisamment soutenue par des cellules dégénérées. C’est un véritable anévrysme capillaire infectieux lorsqu'il est plein de cellules embryonnaires ou ressemblant à des varices capillaires ou à un angiome caverneux S'il est rempli de globules rouges.

Si la paroi du capillaire est malade, comme cela est si fréquent, deux diverticules voisins se mettent en contact, leur paroi cède, il en résulte une cavité siégeant en un point quelconque du lobule, de préférence dans la partie moyenne, occupant le tiers, le quart du lobule, et qui se remplissant de cellules embryonnaires constitue le nodule infectieux, décrit par Hanot et Legris.

L'espace porte est aussi comblé de noyaux embryonnaires

qui infiltrent les parois de tous les organes qu'il contient. Quelques-uns de ces noyaux s’allongent et ébauchent une formation conjonctive.

La veine porte a son endothélium épaissi, boursouflé, desquamé ou chargé de granulations graisseuses. Sa paroi est épaissie et contient des noyaux embryonnaires.

L'endothélium des canalicules biliaires est desquamé, boursouflé, tombé dans la cavité. Les parois sont épaissies, infiltrées de cellules embryonnaires et dans certains points forment des bourgeonnements embryonnaires, ébauche de néo-canalicules. Ce qu'il y à de plus constant à celte période c'est la lésion des capillaires qui est très marquée.

Les /issures de Kiernan sont augmentées d'épaisseur, et présentent les mêmes caractères que les espaces portes.

Grossissement. — \WN. 2/8. — À ce grossissement, la paroi des capillaires paraît boursouflée, tuméfiée, leur cavité remphie de globules rouges et blancs.

La cellule présente une multiplication des noyaux et quelquefois une tendance à l’hypertrophie vésiculeuse du noyau. D’autres fois elle est complètement atrophiée par la dilatation capillaire et surchargée de pigment brun ou jaune.

RÉSUMÉ DE LA PÉRIODE pu DÉBUT. — Hépatite diffuse interstitielle et parenchymateuse : infiltration embryonnaire des espaces portes, de la partie périphérique et centrale du lobule. Endopériphlébites et thromboses biveineuses, léger degré d’endartérite, péri-angiocholite. Endocapillarite. Nodules infectieux. Tuméfaction des cellules et multiplication de leurs

noyaux.

Page 1