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Actuellement la malade ressent encore ce point de côté. Celui-ci est fixe avec irradiation dans l’aisselle.
Il y a huit jours la malade remarqua que ses pieds el ses jambes étaient gros aussi bien le matin que dans la journée, ce qui l’'empêchait, dit-elle, de mettre ses bas.
Actuellement ses deux membres inférieurs sont œdématiés. La malade n’est pas essoufflée quand elle monte les escaliers ou lorsqu'elle fait un effort,
L'abdomen est très volumineux, la cicatrice ombilicale déplissée est saillante. On constate une ascite dont la ligne supérieure de matité se trouve à { centimètre au-dessous de l’ombilic. La matité se déplace lorsque la malade change de position. Les veines sous-cutanées abdominales sont très visibles et dilatées. Le bord inférieur du foie ne peut ètre perçu.
Depuis huit jours les conjonctives présentent une teinte subictérique. Le facies est un peu altéré, d'aspect terreux. Il existe une teinte subictérique des téguments.
La malade à de l'appétit. La langue est bonne. La malade digère bien, cependant la nuit dernière, elle a eu, dit-elle, des crampes d'estomac pendant dix minutes, Les selles sont régulières, jaunes, non décolorées. Il y a de l'insomnie, mais pas de cauchemars. La malade dit ne pas avoir beaucoup maigri ces derniers temps. Elle n’a pas de coliques, pas d'alternatives de diarrhée et de constipation.
La soif est presque toujours vive, elle n’éprouve pas de dégoût pour la viande, il n’y a pas d'évasement des parties latérale du ventre ; audessus de la ligne de matité on constate un tympanisme exagéré. Il y a de la fluctuation.
A la palpation, qui n’est pas ou très peu douloureux, on sent une paroi abdominale souple, mobile, non empâtée. La malade a vomi une seule fois, il y a cinq jours.
Appareil circulatoire. — I n'y a pas de souffle orificiel. La pointe du cœur est difficile à déterminer. La température marque 28°, le pouls 96.
Appareil respiratoire. — La malade ne crache pas. En avant des deux côtés la percussion est normale.
En avant: à droite l'inspiration est rude; l'expiration un peu prolongée ; à gauche l'inspiration est humée.
En arrière, la percussion est normale partout. Il y a un peu de matité pourtant à la base droite. Dans les deux poumons l'inspiration est diminuée et l'expiration est prolongée. A gauche dans le tiers supérieur l'inspiration est faible, moelleuse; dans les deux tiers inférieurs existent des râles sous-crépitants fins aux deux temps de la respiration qui
augmentent par la toux. A droite, dans le tiers supérieur existent des râles muqueux aux deux temps; dans les deux tiers inférieurs on a une auscultation identique à celle du poumon gauche.
Il y a vingt-quatre respirations par minute.
Appareil wrinaire. — Les urines sont rouge brique, elles tachent le linge. Leur densité est de 1010, Elles ne renferment ni sucre, ni albumine, ni pigments biliaires, mais elles contiennent de l'urobiline.
8 janvier. — Le pouls marque 92°. Il y a 24 respirations par minute.
14. — L'état général reste le mème. L'ascite a presque disparu; 24 respirations par minute et 92 pulsations.
18. — L'état général s'améliore. La coloration subictérique des téguments a diminué. Moins de ràles dans la poitrine. La malade urine environ un litre et demi par jour. Pouls 108°. 24 respirations par minute.
30. — Depuis quelques jours la malade souffre d’une douleur assez vive à la base du thorax à gauche. Pas d’autres changements. Vésicatoire sur la partie douloureuse.
10 février. — La douleur persiste. Application de pointes de feu.
19. — La température a monté jusqu’à 40° 2/10 sur la face et surtout sur le nez on aperçoit de la rougeur avec exsudation séreuse.
La malade semble avoir un érysipèle de la face.
20. — L'érysipèle envahit toute la face. La malade est envoyée à l'isolement. Elle en sort quelque temps après. Pendant son érysipèle
délire violent. Depuis lors elle se porte bien, son ventre est resté normal.
Obs. 124. — (Service du docteur Hanot). — Hépatite chronique. — Pas d'alcoolisme. — Ictère persistant. — Douleurs abdominales. — OŒEdème du pied gauche. — Palpitations. — Purpura, — Pas d'ascite. — Albuminerie. — Légère urobilinurie.
G..., marchande au panier, trente-six ans, entrée le 26 mai 1891.
Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante-quinze ans, a toujours été bien portant. Mère morte à quarante-cinq ans d’une affection hydropique. Deux sœurs, un frère. Une sœur est morte on ne sait pas de quoi. Les deux autres sont bien portants.
Antécédents personnels. — Elle n’a pas présenté dans son enfance de manifestations strumeuses. Elle n’a pas eu la rougeole.
À quinze ans elle a eu une pleurésie du côté gauche qui l’a retenue trois mois au lit.
La menstruation s’est établie à dix-sept ans sans s'accompagner d’aucun phénomène chlorotique. Elle a toujours été régulière.
Elle s’est mariée à vingt ans. Elle a eu trois grossesses qui ont évolué normalement.
De ses trois enfants deux sont morts en bas âge de méningite, le troisième âgé de sept ans est bien portant,
Sa santé générale a toujours été excellente. Ses conditions d'existence assez bonnes, On ne relève chez elle aucun signe d'intoxication éthylique: ni tremblement des mains, ni cauchemars, ni pituites matinales.
La maladie actuelle a débuté il y a un an à la suite d’une vive émotion. Elle fut prise de perte d'appétit. Trois semaines après apparaissait la jaunisse. La perte d’appétit devint alors complète, mais il n’y eut pas de vomissement, pas de diarrhée, pas de constipation. En même temps les urines devenaient foncées, tachaient le linge. Des démangeaisons apparaissaient fréquentes surtout la nuit.
Durant quatre mois cet état resta stationnaire, alors apparaissaient au creux épigastrique des douleurs assez violentes, s'irradiant dans les deux hypocondres droit et gauche et dans les épaules. Ces douleurs ne s'accompagnent jamais de vomissement, elles survenaient indistinctement après les repas ou dans leur intervalle. Pendant deux mois elles ont été presque quotidiennes. À ce moment le manque d’appétit a été absolu, le dégoût de la viande a surtout été très marqué. L'ictère ne s'est pas modifié.
La malade aurait eu à ce moment pendant deux jours quelques vomissements noirs avec mélæna.
Les douleurs ont été s’atténuant et ont fini par disparaitre complètement.
Mais depuis un mois des douleurs assez vagues sans localisation précise sont survenues dans les membres inférieurs surtout dans le droit.
Depuis quinze jours, le cou-de-pied gauche est même légèrement œdématié; mais l’æœdème est un peu douloureux, surtout unilatéral gauche, la peau à ce niveau est un peu rouge.
Enfin des palpitations sont fréquentes, puis la perte des forces s'est accusée ; enflure augmentant, l'amaigrissement peu sensible jusqu'alors fait des progrès rapides.
Élat actuel. — La malade présente un amaigrissement marqué. Les téguments ont une teinte ictérique, jaune brun. Le visage est un peu amaigri, les conjonctives sont complètement jaunes, aux membres inférieurs se trouvent des taches de purpura surtout coinfluentes à la racine du membre.
Appareil digestif. — L'appétit est assez bon. La langue est humide, moins à sa partie médiane.
Les digestions sont assez bonnes.
Il n'y a pas de diarrhée, Pas de constipation.
Les selles sont décolorées, sans toutefois l'être bien franchement,
Le creux épigastrique est soulevé par une tumeur douloureuse à la palpation.
Le foie déborde les fausses côtes droites et gauches de quatre travers de doigt.
L'abdomen est légèrement ballonné, un léger degré de tympanisme. Pas d’ascite. Un peu de développement de la circulation collatérale, La rate est un peu hypertrophiée.
Appareil circulatoire. — La pointe du cœur est dans le cinquième espace intercostal.
Percussion : diamètre vertical 140 centimètres; transversal 9 centimètres.
L'auscultation est normale. Pas de bruit anormal. Le pouls est régulier, pelit, bat 80 pulsations.
Appareil respiratoire. — Pas de toux. Pas de dyspnée (24respirations). Pas d’expectoration. Rien à la percussion et à l’auscultation.
Aux deux bases, quelques frottements.
Urines. — Quantité un peu au-dessus de la normale (2 litres).
Coloration non foncée.
La réaction des pigments biliaires n’a pas lieu.
Un peu d'urobiline.
Un peu d’albumine (le jour de son entrée, un demi-gramme).
Pas de sucre.
Temp.: 38°,2. Trait. : Salol: 3 grammes. Calomel: 0 gr. 40 centigrammes.
5 juin. — Le calomel ayant produit de la salivation et de la gingivite on s’est vu dans l’obligation de le supprimer.
La malade sort hier, améliorée; plus de teinte ictérique; les urines ne contiennent plus d'urobiline.
A la palpation du foie on le sent encore déborder les fausses côtes de deux travers de doigt.
Obs. 125. — (Service du docteur Hanot). — Poussée d'hépatite d'origine grippale probable chez un malade ancien paludéen ayant eu la dysenterie.
— Alcoolisme. — Gros foie. — Urobilinurie. — Ascile légère. — Guérison rapide.
A... garcon marchand de vins, trente et un ans, entré le 30 janvier 1891. Antécédents héréditaires. — Les parents du malade sont vivants et en
bonne santé. La sœur a succombé, le malade ne sait à queile affection. Marié depuis deux ans et demi, il a eu un enfant, qui a été pris de convulsions en très bonne santé apparente; l'enfant est mort, quarantehuit heures de maladie.
GASTOu. 21
Antécédents personnels. — Personnellement le malade n'a pas d'antécédents scrofuleux, ni syphilitiques.
Eu 1883, il va au Tonkin où il fait un séjour de trois ans. Dès la première année, il y contracte, la dysenterie avee selles sanglantes et affaiblissement consécutif. Pour cette dysenterie, il rentre deux fois à l'hôpital militaire, où il fait en tout un séjour de deux mois et demi. En 1885, il est pris d'accès de frissons et de sueurs ; ces accès de fièvre semblent avoir eu peu d'importance; le malade n’en a pas moins conlinué de travailler tout en les traitant par le sulfate de quinine. Le malade n’a eu qu'une dizaine d'accès qui ne se sont pas manifestés périodiquement. A sa rentrée en France, il a eu deux légers accès, le dernier y a environ {rois ans.
En 1886, époque de son retour, le malade dit qu'il était affaibli, mais non anémié ; il avait pu faire son service jusqu’au bout.
Si le malade semble avoir été peu touché par l’intoxication palustre, il s’avoue nettement alcoolique et depuis longtemps. Au Tonkin il buvait en moyenne un litre de vin par jour, et deux grands verres d'absinthe.
Depuis 1886, il a été employé dans les métaux, comme garcon de magasin, et il absorbait environ deux litres de vin par jour, en moyennne. Le malade était buveur de vin; il a usé très peu d'alcools et d’essences.
Cependant le malade ne présentait pas de symptômes d'éthylisme. Sauf des pituites matinales, il ne présentait pas de tremblement des membres; sa force musculaire était conservée et les nuits étaient bonnes, rarement agitées par des cauchemars. Il y a trois ans le malade a été pris de grippe à forme thoracique. Le malade ne sait à quelle époque remonte le début de son affection. Il y a trois mois environ, qu'il a commencé à souffrir de malaises vagues, etil y a trois semaines il a été forcé d'abandonner son travail; il avait alors de la céphalalgie, des douleurs dans le bas-ventre, surtout, il avait perdu l'appétit, et souffrait d’une soif intense. En même temps que le malade perdait ses forces et maigrissait, il remarquait que son ventre augmentait rapidement de volume. Depuis trois semaines ce volume serait resté le même. Il n'y avait pas d’ictère, pas de vomissements, mais une constipation continue.
A son entrée à l'hôpital, le malade est amaigri; le facies grippé et inquiet, sans teinte cachectique. L'abdomen est volumineux; les téguments ne présentent pas de vergetures, mais une circulation collatérale à peine appréciable. A la palpation, on trouve tous les signes d’une ascite de moyenne abondance. La fluctuation transversale est très nette. A la percussion, il existe une zone de matité autour de l'abdomen; au milieu il existe la Sonorité intestinale, La ligne de séparation des deux
zones est une courbe à concavité supérieure passant en bas, à trois travèrs de doigt au-dessous de l'ombilic. A la partie supérieure, la sonorité stomacale atteint le cinquième espace intercostal., Du côté de l'hypocondre droit, la sonorité intestinale empêche de limiter le bord inférieur du foie. Les intestins sont très mobiles au milieu du liquide ; aux changements de position du malade, correspondent des déplacements de la sonorité intestinale, IL n'existe pas de signes de compression ; la dyspnée qui avait apparu, il y a trois semaines, au début des accidents à rapidement disparu. Les membres inférieurs ne présentent ni œdème, ni varices, Il n'existe pas d'hémorrhoïdes.
Le foie est sensible à la percussion. On ne peut apprécier son volume,
La rale est appréciable ; elle mesure 79 (cents) verticalement. L'exa-. men du cœur et des poumons ne présente rien d’anormal.
Les urines sont rares, peu abondantes, depuis le début de l'affection. - Le médecin qui soignait le malade a pratiqué le cathétérisme de l'urèthre et ne découvrit pas de lésions. Au moment de son entrée le malade urine environ 200 grammes par vingt-quatre heures. Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. Il y a de l’urobiline.
Aux testicules, on trouve une légère hydrocèle à droite, une varicocèle à gauche.
Depuis son entrée à l'hôpital le malade a de la température 39°, les deux premiers jours ; 38° le troisième jour.
5 fevrier. — Il est atteint de bronchite aiguë : ràles ronflants et sibilants