CHAPITRE IV
Arbitrage et Commune
L’arbitrage, que nous avons rencontré dans les marchés au comptant, peut aussi se présenter dans les marchés à terme. C’est une opération qui consiste à échanger des titres contre d’autres titres, au lieu de céder ses titres contre des espèces (1). Cette opération présente un intérêt, lorsque des valeurs de même nature ne sont pas à un même taux. Supposons que la rente 3 °/, soit à 95 fr. et le 4 1/2 °/, à 100 ir. Comparativement au cours du 4 1/2 le 3 °/0 est très élevé. Un spéculateur qui veut profiter des avantages que présente le 4 1/2 peut échanger ses titres de 3 °/, Contre des titres de rente de 4 1/2 : il fera un arbitrage. Le résultat de son opération est de lui donner un intérêt aussi fort pour un plus faible capital employé et de lui permettre d'utiliser le surplus de son capital, pour d’autres opérations; ou bien, s’il emploie la totalité de son Capital, le résultat de cet arbitrage sera d'augmenter son revenu.
(1) Lyon-Caen et Renault, n° 1513. — Buchère, n° 604 et suiv. — Bozérian, t times:
La commune (1) est, dans les marchés à terme, de même que dans les marchés au comptant, une opération qui consiste à atténuer ou même à faire disparaître les mauvais résultats d’une opération malheureuse, par de nouveaux achats ou ventes formant compensation. Un exemple pourra faire comprendre toute l'utilité que l’on peut retirer de cette modalité. Si je suis acheteur de 3.000 Îr. de rente 3 °/, à 90 et que la rente vienne à tomber à 88, je suis en perte d'une différence de 2. Si je rachète, à ce taux de 88, une égale quantité des mêmes valeurs : le taux moyen de mes acquisitions est 89. Si donc la rente remonte à 89, je n'aurai subi ancune perte, ma première opération malheureuse est compensée par la seconde; si la rente remonte à 89.50, je réalise un gain de 0.50 par titre, alors que j'aurais dû, par ma première opération, payer une diftérence; enfin, si la rente n'’atteint pas 89, je resterai en déficit, mais ce déficit sera atténué.
(1) Bozérian, t. 1, n° 86 et suiv.