UN ENFER SUR TERRE
(C’est au milieu de l’été que je quittai Saint- Pétersbourg. La chaleur était accablante. Inutile
de raconter mon voyage jusqu’à Tobolsk, par le chemin de fer jusqu’à Nijni-Novgorod, puis en bateau sur la Yolga, puis en tarantass, par les monts Ourals.
Sur la rive orientale de l’Irtuish, la Sibérie commence.
La vue de mes passeports met le gouverneur de Tobolsk à ma disposition. Ses archives m’apprennent tout ce que je désire savoir. Ceneri a été envoyé à l’extrémité de l’empire ; mais, comme il doit faire la plus grande partie de la route à pied, et qu’il n’y a qu’une seule route, je le rejoindrai fatalement, bien qu’il ait quitté Tobolsk depuis plusieurs mois. L’escorte, qui accompagne la bare de prisonniers dont il fait partie, est placée sous le commandement du capitaine Varlamoff, auquel Son Excellence écrira quelques lignes que je joindrai à mon passeport.
‘© Où pensez-vous que je rattrape le convoi ? ‘’ demandai-je.
Le gouverneur, après un court calcul, me rtpondit :
‘ Ce sera quelque part aux environs d’lrkutsk.””
Je pris congé en exprimant ma reconnaissance à ce haut fonctionnaire, et je partis, poussar: notre course d’une vitesse telle que mon interprête lui-même, si bon enfant qu’il fût, en murmuraiït.
Nous franchîmes ainsi de vastes steppes, de:
marais sauvages, des forêts de pins et de bou. leaux : à l’aide de bacs, nous traversions de lar ges rivières. Quand la nature vaincue nous forçait au repos, il fallait nous contenter du plus misérable logement. Sauf dans les localités de quelque importance, il n’y avait pas d’auberges. Peu à peu l’habitude vint et je réussis à
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