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A l’exécution de ce projet hasardeux, Macari, plein du désir de se venger, prêta volontiers main forte ; un nommé Pétroff, l’âme damnéc du doc .ur, et Thérèse, la vieille domestique qui, pour obéir au maître, aurait commis n'importe quel crime, se joignirent à Macari. Les papiers nécessaires pouvaient être obtenus ou fabriqués. Le tout était de trouver un moyen de faire venir Anthony à la maison de la rue Horace ; une fcis là, il n’en sortirait que comme aliéné, et sous l’escorte de son médecin et de vigoureux gardiens qui l’emmèneraicnt en Italie.
Ceneri invita son neveu à venir le soir. C'eluici répondit en demardant que le docteur vint plutôt le trouver chez lui. Alors,inconscier”ament, sur un conseil de Macari, la pauvre Pauline servit d’instrument innocent pour attirer son frère dans la maisqn fatale. L’oncle écrivit au neveu que peu lui importait l’endroit où leur entrevue aurait lieu, mais qu’étant très occupé il serait forcé de l’ajourner. I] dit ensuite à Pauline que comme des affaires le retiendraient le soir dehors, très tard, c'était pour elle une bonne occasion de passer quelques heures en tête-à-tête avec son frère.
Pauline qui ne soupçonnait rien, se fit conduire par Anthony au théâtre. Minuit sonnait quand il la ramena rue Horace. Comme il lui disait adieu, Ceneri et secs deux acolytes se présentèrent. Anthony parut contrarié de cette rencontre, mais il fit bonne contenance et salua son oncle en tournant le dos à Macari.
I n’entrait pas dans le dessein de C'eneri de se livrer à aucun acte de violence à l'égard du jeune March en présence de sa sœur. C’était au moment où il quitterait la maison qu'on devait se
saisir de lui, et le porter à la cave en étouffant ses cris.
‘* Pauline, dit Ceneri, vous devriez aller vous reposer. Anthony et moi, nous avons à causer d'affaires.
— J'attendrai qu’il parte, répondit-elle mais si vous désirez causer, j'irai dans la chambre à côté.”’
Et elle aila s'asseoir au piano, où elle se mit à chanter.
“Il est trop tard ce soir pour parler d’affai. res, dit Anthony.
— Vous feriez bien de saisir l’occasion, répliqua Ceneri. Je suis forcé de quitter l’Angleterre demain.
— Soit, mais est-il donc nécessaire que des étrangers soient présents ?
— Ce ne sont pas des étrangers, g ils pourront témoigner de la vérité de ce que je vais vous dire.
— Je ne veux pas qu’on parle de ce qui me re garde devant ce drôle.’ dit Anthony, avec un geste hautain, à l’adresse de Macari.
Ceneri et son neveu discutaient à voix hasse. Pauline n’était pas loin, et ni l’un ni l’autre ne voulaient l’alarmer par l'apparence d’une querelle. Mais Macari avait entendu la phrase et vu le geste. Son regard brilla de colère ct il se pencha vers le jeune homme.
“©Tse peut, dit-il, que dans quelques jours vous soyez aisc de m’accorder le don que vous m'avez récemment refusé.”
Cencri remarqua que Macari tenait la main droite plongée dans son gilet, mais cette aititude lui étant habituelle, il n'y prit point garde autrement. :
Anthony dédaigna de répondre.
Fa
Lee ect