‹ Du fond de la nuit [microforme]Chapitre 6 sur 33 · SES · texte numérisé non relu

SES

Je ne fis donc aucun effort pour me lever et je restai inerte, immobile autant que le mort sur lequel j'étais tonibé, Chaque minute me semblait longue comme une heure.

Figurez vous ma position : un aveugle dan:

LAPS tp oo Mi Ce NE

une maison inconnue, terrassé sur le corps d'un ?

homme qui vient d'exhaler son dernier soupir, à la merci de ceux qui ont commis l'horrible at. tentat ; ne pouvant voir les assassins qui l’entourent et deviner à leur attitude le sort qui l'attend, croyant à chaque instant sentir le froid d'un couteau où la morsure brûlante d'une balle ; Sans autre sensation que celle des mains qui l'étranglent sur un cadavre ; n'entendant rien qu'un gémissement qui s'éteint. L'imagination peut-elle évoquer une situation plus terrifiante ?

Depuis cette nuit-là, je ne crois plus aux che. veux qui blanchissent en un instant. Autrement J'aurais quitté cette chambre d'horreur avec la tête d'un vicillard.

Ce que je puis dire, c'est qu'en écrivant ces pa œ6s longtemps après, maintenant que le calme règne autour de moi, entouré que je suis de ceux que J'aime, ma plume tremble, une faiblesse m'envahit : je revois, presque avec la netteté de la sensation présente, l'heure la plus affreuse de ma vie,

Heureusement le sus garder mon calme en ré pétant : ‘Je suis aveugle : regardez et voyez!" L'accent de ma voix convainquit sans doute CCUX Qui m'entouraient, Bientôt la vive clarté d'une lampe devint perceptible à ma vision ohs cureie, Cette lampe fui placée tellement près de MOI, Que je pouvais on sentir la chaleur sur ma foure, Je compris que quelqu'un était penché ou axenouillé, evaminant mes veux, car je senti:

son souffle sur ma joue, — un souffle court, pre-

"et ja t sur cipité. Les iblait À Enfin mon juge se leva. Un moment après, cs mains qui m ‘étreignaient mé lâchèrent et je comdr: mençai d'espérer que ma vie serait épargnée. dl Jusque-là aucun de ceux qui m'entouraient ir, à À n'avait parlé. Alors j'entendis des voix, mais ETS chuchotant si bas que mes orcilles attentives ne dan purent saisir le sens d'un seul mot, bien que ; qui j'eusse constaté et reconnu que trois personnes had étaient engagées dans cet entretien à voix basse. Fr Et, tout le temps, persistait ce faible gémisses qui ment —— le gémissement d’ une femme — triste acee compagnement de cette scène sinistre ! J'aurais Fu donné tout ce que je possédais, tout, sauf la vie, ite ? pour pouvoir recouvrer la vue une seule minute, afin de saisir ce qui s était passé, ce qui se passait encore autour de moi. | | ce la Cependant les chuchotements continuaient. Îls devenaient vifs, rapides, s'entrechoquant et s’inpa terrompant ; ils indiquaient une discussion ani- FR «ce et pourtant contenue. Ine fallait pas beaucoup d'intelligence pour deviner le sujet de ce ns débat ! Bientôt il cessa tout à fait ; le seul ane bruit qui m'arrivât encore était cet affreux vé- 4 missement étouffé….

Ts. Un pied me toucha, ‘ Vous pouvez vous lene ver, me dit quelqu'un.

Quand je m'étais précipité si témérairement

É: + dans la chambre, j'avais cru que l'exclamation

ue à qui m'accueillait était partie de la bouche d'un

. # Ctranger. Maintenant celui qui parlait avait le

ne © plus pur accent anelais : je notai ce fait dans ma de % mémoire.

1e ; Marchez tout droit, — quatre pas,” dit la

où voix.

ati x

J'obéis. Au troisième pas je me heurtai contre

agit 2 7

ur

Page 1