‹ Du froid en thérapeutique (volume 2)Chapitre 3 sur 41 · A MARSEILLE · texte numérisé non relu

A MARSEILLE

M, Monfalcon s'est rendu à Marseille, le 29 juillet, d'après un appel de Fautorité, avec vingt autres Lyonnais , médecins, pharmaciens et élèves, pour y partager les. nobles et périlleux travaux des médecins et des pharmaciens de celte ville désolée, haletants sous le poids des calamités publiques,

Marseille , accueillant avec distinction les amis que lui amenaient ses malheurs , se plut à leur confier d*honorables emplois, et M' M. fut mis à la tétç d'un service considérable , dont il dis-

tribua les diverses ambulances à son grë. Ses confrères de Lyon, jusqu'aux plus jeunes, en furent tous pourvus.

Dans le même temps , trois liomœopathes se trouvaient à Marseille , et ne cessaient de faire des démarches pour qu'une ambulance fût octroyée à la méthode qu'ils tâchaient d'utiliser et de propager; apibulànce qui eût été spécialement confiée à M. Jal , envoyé par le ministère du commerce. Le docteur Jal , d'une belle réputation à Lyon comme à Paris , a fait ses études médicales avec le docteur Monfalcon luimême, et par conséquent à la meilleure école.

Mais un corps municipal où siègent avec distinction les Robert, les Cauvières et d'autres allopathes , des plus influents du pays , devait avoir assez peu de propension à favoriser l'épanouissement d'une doctrine dont l'académie médicale avait tout récemment refusé de vérifier les titres et formellement déconseillé les essais.

On répondait donc toujours , avec les plus grands égards , aux homœopathes de Marseille, mais on ne pouvait manquer de raisons polies pour éloigner d'eux l'ambulance tant désirée , pour écarter même leur définitive et modeste demande de six lits. Sur ces entrefaites, M' M., surchargé de malades , ainsi que tous ses amis de Lyon , eut l'obligeance d'offrir de lui-même à nos homœopathes , une des deux ambulances

qu'il s'était réservées jusque là, une ambulance, c est-à-dire un service médical complet de trente à quarante lits , où les malades étaient admis sans distincliou , à toute heure et tels qu'ils se présenlaicnt.

Les homœopathes durent à Tinstant même et nécessairement accueillir avec reconnaissance une telle ofifre; mais, le lendemain, lorsqu'on en vint au fait , M. Monfalcon , se ravisant , donna par écrit une clause restrictive qui parut ' aux homœopathes dénaturer entièrement la proposition de la veille et n'être point acceptable.

Cette clause tardive portait qu'au lieu d'avoir une ambulance comme elles étaient toutes, ils n'auraient à soigner que des cholériques choisis par M'^ M. , c'est-à-dire , d'après sa lettre , frappés du mal au plus haut degré , et tels que l'ai* lopathie n'en a jamais pu guérir un seul.

Les homœophthcs refusèrent, et la chose en resta là.

Tels sont les faits que nous avions besoin de rappeler.

Maintenant il arrive que M. Monfalcon s'avance, dans son histoirç ^ un peu improvisée , du choléra de Marseille , pour établir que la proposition par lui faite aux homœopathes, était, à tous égards, la seule convenable , la seule nécessaire , la seule possible.

Si l'auteur, après avoir bien constaté ce que

rhomœopathie pouvait promettre d'une part, et, de l'autre, ce qui lui était nécessaire pour remplir ses promesses dans une ambulance; démontrait que son offre correspondait exactement à ces promesses, et à ces conditions de leur accomplissement, la position de l'historien serait inattaquable; ni nos amis de Marseille, ni personne n*aurait à y toucher.

Mais voilà qu'au lieu de s'établir sur de pareilles prémisses, il se met à férailler de tous côtés, les yeux clos , se tourmente à embrouiller la question', et se plaît i Tobscurcir d'une grêle de traits lancés contre Thomoeopathie et les homœopathes, à pleines mains, sans mesure et avec une agilité vraiment merveilleuse.

Désorienté par un tel vacarme, le lecteur sans méfiance est ainsi entraîné, tambour battant, dans la nasse des conclusions les plus baroquei, et c'est alors seulement qu'étourdi de la chute, il se demande par où il ^ passé pour en venir là.

Qu'un allopathe de beaucoup d'esprit ait fait à Marseille une grande sottise, l'homoeopathie n'attendait mieux ; elle en a vu bien d'autres , et si peu ne saurait la mettre en émoi '• Nos

' Malgré Topinioi^ du journaliste 9 qui nous crut un certain jour à demi-mort de peur au bruit de ses gambades. C'est le même (car il est goguenard) qui a trouvé, dans Juvénal, que nous étions des Crispins: Ecce iterum

honorables confrères MM. Jal , Duplat et Perrussel, que regarde la chose, n'en, feront d'ailleurs justice que trop aisément. Quel autre a besoin de s'en mêler ?

Mais que cet aliopathe vienne à Lyon demander des couronnes pour son équipée de Marseille j s'en faire un titre pour assurçr très sérieusement que Thomœopathie n'est rien !

n'est-ce pas dépasser toutes les borpes de nos prévisions et de notre mansuétude? n'est-ce pas inviter tout homœopathe a repousser cette agression sans exemple ?

Il n'est du moins plus permis à la société homœopathique de Lyon , qui voit le scandale

Crispînus. Il aurait pu y trouver aussi dans le ye^f suivant 9 l'appréciation de son article entier:

^oDstrum nulla virtute redemptum.

C'est de Tarticle, bien entendu, qu'il s'agit; quant a l'auteur, nous savons , comme tout le monde , que c'est un fort galant homme 9 écrivant très bien sur toutes les choses qu'il connaît. Nous le disons sans rancunière arrière-pensée, quoique, au mépris de nos statuts , il nous ait , d'un trait de plume , enlevé notre place de secrétaire général de la société, pour la donner h un négociant en soie, de ses amis sans doute, et quoique, dans un moment de giiîlé un peu vive, il nous ait appelés les adorateurs deBual etduVeau d'or; ce qui prouve au moins que , pour lui , il est un bon Israélite.

de près, d'en rester impassible témoin. Honore de sa confiance et guidé par ses conseils , nous tâcherons d'y répondre en acceptant pour champ de bataille le terrain que nous a préparé M. Monfalcon , lui-même , c'est-à-dire en expliquant à notre tour ses explications bisarres de la conduite qu'il a tenue à Marseille envers nos confrères Jal , Duplat et Perrussel.

Notre intention est donc d'établir que le chapitre de l'homœopathie, dans V Histoire du Choléra de Marseille , est écrit sous l'influence de deux principes opposés : l'un, caractérisant un homœopathe modéré, judicieux et loyal, comme ceux que notre école révère le plus , l'autre un allopathe fougueux et intraitable , tel qu'on en trouverait probablement fort peu dans le camp de nos adversaires.

C'est du conflit de ces deux principes que résulte , selon nous , Tcntortillage et l'imbroglio du chapitre malencontreux; c'est de ce conflit que vient l'embarras du lecteur , sans cesse aux prises avec des assertions dont il n'a que faire , des notes accidentelles, sans dignité, et sans rapports avec la question , des conséquences étrangères à leurs prémisses , des prémisses dont on cherche en vain les conséquences , car M' M. a eu le talent de mettre de tout cela, et à profusion même, dans dix pages. Voyons :

M. MONFALGO]^, HOMCOPATHE.

« Aucun des membres de la Commission lyonnaise nai>ait de préjugés contre thomœo^ pathiei tous désiraient la voir appliquée au traitement d'une maladie que les méthodes ordinaires ne pouvaient combattre avec succès ; et il était de notre devoir d'essayer tout ce qui nous était présenté comme mojende guérison. »

Dans ce langage où rien n*est altéré quand au sens , et où les mots italiques sont textuels , M' M. nous révèle des dispositions auxquelles étaient loin de s'attendre les homœopathes de Marseille» dans une ville où deux d*entr*eux ne se sont jetés qu'en enfants perdus , et avec la presque assurance d*y être suspects à la population, et pris au moins pour des insensés par les allopathes les plus bienveillants. Loin de là , ils vont être accueillis par une réunion médicale qui , sous la présidence d'tiu savant distingué ^ leur compatriote , imposante par les lumières et le nombre des hommes qui la composent , est toute prête à donner aux médecins des écoles en faveur, le premier signal d'une généreuse indépendance; prête à fouler aux pieds et les

décrets de racadémie de médecine , et les mille feaiiletons, où , d'accord une fois, tant d*alIopathes français déclarent , sans appel , qu'il n'y a, qu'il ne peut y avoir dans l'homœopathie qu'absurdité , néant et déceptions , rien dont on doive désirer l'essai dans aucun cas , rien qu'on puisse examiner sans délire.

L'homœopathie n'ayant jamais demandé ni pu demander autre chose que de ne pas être jugée a priori^ il est évident que les dispositions de la commission lyonnaise vont admirablement se prêter aux vœux de nos homœopathes de Marseille , utiliser leur zèle et payer ainsi leur dévoûment.

Mais voici qui vaut mieux: l'homœopathie est, pour M'^ M., bien plus que chose possible, et d'un essai désirable en cas extrême , in extremis ; elle est décidément une réalité, un pas en avant; elle repose sur une donnée neuve et peut-être féconde ; quelles que soient les révolutions qui l'attendent , elle laissera toujours , entr autres vérités, la démonstration du pouvoir très réelle^ quoiqu'on en dise, de certains médicaments donnés à très petites doses.

Pas immense ! riche conquête ! nous ne connaissons guère jusqu'ici , parmi les allopathes , que l'illustre Brera qui ait jugé l'homœopathie d'une manière aussi favorable , et nous sommés vraiment fiers de voir un savant français se pla-*

'7 cer aussi noblement que le grand praticien d'Italie, au dessus des opinions communes, et marcher ainsi, tête levée, avec ce qui marche en avant.

N'est-il pas certain que, dans de telles idées, bien qu'il ne les ait pas rendues publiques à Marseille , le docteur M. doit y être on ne peut plus disposé à favoriser , dans ses ambulances > tous les essais de rhomœopathie , à les solliciter de toutes ses forces , ou plutôt à s'y dévouer lui-même, à s'y cramponner avec cette perséyéranle sagacité qui le rend heureux dans toutes ses entreprises ?

Il sait, comme nous, qu'à leur coutumière allure, les anciennes écoles ne doivent aucunement s'étonner des dix-huit années qu'elles ont perdues à faire chercher au hasard ', p^r tous les médecins du globe, un remède contre le choléra; et, jugeant avec sagesse de l'avenir par le passé, pour des écoles éternellement captives dans les

' Voici ce que dit M. Monfalcon au sujet îles tentatives de l'allopathie , les seules qu'il connaisse.

ce Bornons-nous h dire qu'il n'est pas peut-être un ce seul médicament connu en matière mëJicale dont ce on n'ait tenté l'emploi , pas une seule médication ce empirique à laquelle^ on n'ait eu recours ,pa0 un seul ce agent de perturbation des forces vitales et de l'orgacc nisme, rationnel ou non, qui n'aît-été expérimenté ; ce tout a été essayé, rien n*a réussi, w Histoire du Choléra de Marseille , p. 65.

mêmes ornières , il reconforte de son mieux la médecine des académies , en lui promettant la défaite du choléra pour peu qu'avant de mourir de lui - même , il veuille bien attendre son maître autant de siècles que la variole en a mis à attendre patiemment la vaccine. Réduit à débiter ainsi , et presque a Tégal d'une bonne nouvelle , ces désespérantes consolations , avec quelle ardeur ce médecin philantrope ne va*t-il pas questionner , torturer , épuiser par Texpérimentation , une doctrine toute nouvelle , qui vient comme à point nommé frapper à sa porte» et dont les vérités fondamentales sont déjà démontrées pour lui ; une doctrine qui lui promet et des spécifiques contre le choléra , et une boussole pour servir à la recherche de tout autre spécifique; une doctrine enfin qui est la seule dont il n'ait pas vu le choléra triompher.

Sous sa direction méthodique et lumineuse, les expériences , faites à l'occasion du choléra » devront servir , il nous le dit lui - même , à éclairer une question qui présente un grand intérêt d'actualité y et qui, déjà claire pour lui» ne Test encore que pour lui seul, entre les aU lopathes français ; elles serviront à éprouver une doctrine et une méthode nouvelle , à en déterminer positivement le degré de puissance^ et à les comparer à d'autres doctrines el d'autres méthodes.

'9 En vue de tant de résultats, il donnera aux

épreuves le champ le plus large et le plus découvert , il mettra l'expérience de la nouvelle et des anciennes méthodes aux prises avec le choléra sous toutes les formes et dans toutes les phases. Ne craignez même pas qu'il néglige de comparer le traitement homœopathique au traitement le plus expectant possible : Il sait que rhomœopathie, fût-elle inférieure, même sous tous les rapports, à l'allopathie, n'en serait pas moins une puissance constatée, si ell^ prouvait un degré , un seul degré d'avantage sur les forces de la nature livrée à elle-même ; la question du grand intérêt d'actualité serait décidée, et rhomœopathie, livrée dès lors aux perfectionnements des doctes qui lui dénient encore l'existence , que ne deviendrait -elle pas bientôt entre leurs mains habiles ! Les homœopathes vont donc être mis en possession d'une ambulance telle qu'ils peuvent la désirer , et M, Monfalcon se fera un devoir d'aller au devant de toutes leurs demandes; car il y a tout à gagner, s'ils ont le moindre succès, et rien à hasarder, rien à perdre, quand même ils ne réussiraient en rien.

Voilà qui est juste , conséquent, mais si M' M. doit nécessairement agir ainsi dans le chapitre que nous terminons , nous allons voir que dans le suivant , il doit nécessairement agir de toute autre manière.

M. MOIiFALCON ÂLLOPATHE.

M' M. vient de se présenter au public , lui et toute la commission lyonnaise , comme sans préjugés contre rhomœopathie, comme désintéressé dans la question. Hier, assis en juge., et rendant compte aujourd'hui de ses arrêts , il sent Tobligation de protester avant tout de son impartialité j nous acceptons cet hommage rendu à un principe universellement admis; nous Tacceptons sans retour , et nous en faisons notre appui. M^ M. vient de proclamer lui-même l'illégitimité de ses décisions contre nous , M^ M. est intéressé.

Le docteur M. peut ignorer , comme tout le monde 9 qu'un de ses confrères de la commission a publicTannée dernière, contre l'homœopathie et les homœopathes , une brochure que nous trouvâmes, dans le temps, assez curieuse; mais le docteur M. ne peut ignorer qu'il a lui-même déposé dans le Journal de Clinique de Lyon , un fort loDg mémoire contre l'homoeopathie et les homœopathes.

Chacun a raison sans doute et grandement

raison de s'intéresser à la cause qu'il croit juste » et ce mot intéressé ne peut avoir ici que Tacception la plus honorable. Tout médecin qui , ayant examiné ou cru examiner Thomœopathie , ou qui , même l'ayant cru véritablement indigne d*examen, a pris parti contre elle, doit défendre ses convictions avec toutes les ressources légitimes de ses talents , mais il ne peut plus se présenter comme juge du camp , ses jugements sont d'avance frappés de mort.

Forcé par sa position toute spéciale à décider sans appel une question dans laquelle il est partie, M'' M. ne devait-il pas faire largement droit à la demande des liornœopathes de Marseille , puisque cette décision sauvait sa délicatesse sans compromettre aucun genre d'intérêt. Pourquoi , par une offre dérisoire, écarter l'homœopathie , si elle est quelque chose , comme vous le croyez? pourquoi l'écarter, si elle n'est rien, comme vous le croyez aussi? Pourquoi ne pas l'admettre alors au moins comme la plus inoffensive des innombrables méthodes dont tout le monde a partout et vainement fait l'essai, contre le choléra? M, Monfalcon avocat, pouvait s'y opposer, M^ M. juge ne le pouvait plus.

Mais n'anticipons point, et dès que l'impartialité chez les hommes ne saurait jamais se trouver absolue et complète, il est jiiste d'examiner s'il en reste du moins assez à M' M, pour ap-

prochcr un peu de celle qui suffit ordinairement dans les transactions de la vie.

Cherchons donc l'impartialité de M' M. dans ce qu'il va nous dire de Thomoeopathie , soit en parlant des hommes qui la cultivent, soit qu'il ait à s'occuper de leur pratique ou de leurs écrits : sorte de cadre général que nous suivrons^ sans trop nous y astreindre , la nature de cet écrit ne le permettant pas , et ne lexigeant point.

I. Les horaœopathes ne sont jamais pour lui que des guérisseurs, des Esculapcs, des illuminés ; sa bienveillance va plus loin, elle va jusqu'à les mettre au ban de la médecine en leur déniant le nom même de médecin, et en accolant toujours , h plaisir, ces deux mots par opposition , les médecins et leshomœopathes^ la médecine et Vhomœopathie. Sans doute, il est trop bien né pour avoir tout de bon lenvie de nous dépouiller de nos diplômes, mission dont au reste les facultés et les lois ont oublié jusqu'ici de le charger. 11 est trop galant homme pour enlever à Gastier son hôpital horaœopathique de Thpissey; pour destituer Mollin de sa place de médecin inspecteur des eaux de Luxeuil; enlever à Roth sou professorat à la faculté de Munich; expulser Mabit de sa belle clinique homœopathique de l'hôpital Saint- André, luiôter sa chaire de pathologie interne à l'école secon-

daire de Bordeaux , son titre de médecin consultant de l'intendance sanitaire dé la Gironde « sa qualité de membre des sociétés médicales de Montpellier, de Louvain , etc. Il ne défendra pas absolument de donner encore à Stapf le titre de médecifi , au moins dans la lettre qui appelle ce guérisseur à Londres , où il guérit eu effet la reine d'Angleterre; il n*a pas non plus la moindre intention d'empécber que Quin ne soit médecin de S. M. Léopold , membre de Tinstilut royal de Londres, de la société royale de médecine d'Edimbourg , de l'académie de médecine et de l'institut royal de Naples , etc. La pensée de notre honorable confrère ne va pas si loin , et nous l'en remercions. Mais enfin, quand les disciples des écoles les plus opposées dans la théorie comme dans la pratique de l'art , se sont toujours assez bien possédés pour se conserver réciproquement à tous le titre de médecin, même en se renvoyant avec largesse les dénominations que vous savez (chose , il est vrai, sans conséquence par l'usage immémorial de l'ancienne école, où il n'est pas prêt à s'éteindre), ne devons-nous pas admirer l'idée vraiment neuve de M. J. B. Monfalcon : les Médecins et les Homœopathes ! Cette affectation puérile et de mauvais goût s'expliquera- 1 -elle autrement, dans un tel écrivain , que par la prévention la plus offensive?

Les médecins et les homœopathes ! Pourquoi donc toujours feindre d'ignorer que Thomœopathie, ?i peine au sortir du berceau déjà possède un grand nombre d'hommes qui sont au moins vos égaux dans toutes les connaissances de l'ancienne médecine, et qui ne craignent aucun des vôtres sur aucun de ses plateaux solides , ni même dans aucun de ses défilés glissants et ténébreux ?.Sachez donc une bonne fois que les homœopathes sont , comme vous, les enfants de la maison, et ^u ils ne cherchent à s'y distinguer qu'en agrandissant, en faisant mieux valoir que vous le domaine patrimonial. Une telle différence ne sera jamais pour eux le titre d'une exclusion dont ils sauront bien, d'ailleurs, se défendre,

La médecine et Thomoeopathie ! Qu'est-ce à dire ? Veut-on que le vieil art de guérir perde son nom le jour même oii il vient guérir plus sûrement, plus souvent et mieux? Comme la sciencequi, laissant tomber avec mépris le nom de sa laborieuse et pauvre mère , s'est montrée opulente et féconde sous l'appellation nouvelle de chimie, veut-on que l'art salutaire se nomme désormais l'homœopathie , et que le mot de médecine, abandonné aux outrages de l'avenir s'efface dans les ténèbresà côtédu nom de l'alchimie?

Allopathes imprudents , ce n'est pas nous , du moins , c'est vous seuls qui l'auriez ouverte cette voie d'impiété.

Si Hahneniann vient fonder enfin Tère de rexpëriehce en médecine , comme un autire grand homme, son égal , y avait, vingt-cinq siècles auparavant, fondé Tère de l'observation, Hahnemann en est-il moins le fils légitime, le glorieux élève de tous les grands maîtres, de toutes les grandes écoles qui l'ont devancé ? Et siHippocrate a respecté son informe berceau , et s est honoré du nom de médecin qu'avaient porté ses obscurs aïeux , Hahnemann , malgré vos provocations insensées,. désavouerai t*il jamais un nom qu Hippocrate a déjà rendu si beau ?

Mais revenons à notre auteur , et , aux belles choses qu'il nous réserve, reconnaissons avec franchise que c est par un sentiment de convenance fort délicat et fort louable qu'il s'est donné la peine de nous dégrader, à peu près comme, pout rhonneur de l'uniforme , on en dépouille les malheureux condamnés au boulet.

La tactique de nos adversaires a changé; pendant les premières années, c'est surtout à Thomœopathie qu'ils s'en prenaient, et ilétait du bon ton de la condamner a priori: heureux temps où faisaient si belle fortune et le lac de Genève et la poussière du caillou venant d'assommer un passant , et la fleur de violette égarée derrière un meuble, d'où, mauvais génie , elle conjurait toutes les puissances du millionième ^ etc. Par malheur ces armes , rouillées depuis vingt ans

en Allemagne , se sont également bientôt Touillées chez nous; le ]u^ement a priori n'ose plus guère se produire que dans quelques bourgades obscures , et Tacadémie, en faisant usage de cet ordre d'arguments , lui a porté le dernier coup , commd peut-être à elle aussi ; c'est donc sur les* honiœopathes que Tinstinct des passions va désormais diriger ses morsures. N'en soyons pas trop inquiets pour eux, la lime est bonne. Ecoutons.

Ces pauvres bomœopathes , comme on le dit à l'académie , quand on veut leur donner des, parégoriques, ces pauvres bomœopathes ne semblent jamais, à M' M., dignes delà moindre confiance ; toute la rectitude, toute la probité, toute la science humaine appartiennent de droit exclusif à M' M. et à ses amis. Ainsi, M. Dalmas vient-il , contradictoirement à nos mille déclarations , lui révéler que Fhomœopatbie est , en Allemagne , en tel discrédit que c'est pitié de s'en occuper î M^ Dalmas à l'inslant même devient une autorité décisive pour notre auteur, et ce n est plus que par un effort d'humilité qu'il daigne nous honorer de sa froide colère.

Que l'homœopathie soit fondée. M' M. le permet, sur une donnée neuve et peut-être féconde, quelle lègue à l'avenir d'importantes vérités, des démonstrations inattaquables, quoi qu'on en dise, cela n'empêche point que tous les bomœopathes

ne soient des rêveurs , tous , sans en excepter Hahnemann lui-même , car 1 écrivain ne dit pas tels ou tels bomœopathcs^ il est plus large : pour faire quelque chose de pass^le de Thomœopathie, il ne s'agit plus, selon lui, que de \ isoler des restes des homœopathes .

Malheureusement la tâche n'^st point lusée ; les rêves des homœopathes, c'est toute rhomœo-* pathie^ c^est la loi des semblables, c'est le pouvoir des petites doses, rien de plus, rien de moins , c'est tout ce que M' M* nous concéda comme réalité * c*est ce quil nommait rêve , ^il y a quelques années , et c'est ce. qu'il réye aujourd'hui lui-même i au dire de tous les aIlopa« thés, scandalisés de ses progrès «

Que fait donc de. sa logique Un auteur qui admet une science, et n'y voit qu'un rêve..., qui admet une science, et se réserve le droit de lui' dire : tu iras jusque-là , avec plus de connais^ sanee de cause que l'iïiventeur même de cette science , et l'école entière qui en fait une étude spéciale et constante?

Patience pourtant, il est possible que M' M.

ait fait quelque découverte précieuse à cet égard; elle sera accueillie avec empressement de tous les homœopathes et du vénérable Hahneniann avant tous. M' M. admetle pouvoir de très petites doses pour certaines substances : il y a peut-être dans ces troit mots un progrès important , et

tlont nous sommes tous avides. Aurait-il eu le bonlieur de constater au plus juste l'espèce et le nombre des substances qui obéissent à cette loi , et de signaler exactement celles qui s'y dérobent? Aurait- il détermine le minimum des très petites doses qui agissent , quoi qu'en dise toute Tallopathie? Est-ce à un centième , h un millième, qu'il faudra désormais nous arrêter? 'Nous ne demandons qu'à le savoir; s'il ne fallait pas dépasser le millionièmel» par exemple , ce serait déjà pour nous une découverte sans prix , par la seule économie de l'alkool et du temps employés à nos dynamisations.

Le docteur M. parle aussi du régime stimulant deThomoeopathie; pour nous, le régime hoûoœopathique est simplement nourrissant, et doit, •autant que possible, exclure toute propriété médicamenteuse , stimulante ou autre. Ainsi, dans ses conseils d'hygiène contre le choléra , « l'hocc mœopathie ne prescrit point, comme l'aca- « diémie , le laitage et les fruits qui sont la prince cipale nourriture de nombreuses populations. « La doctrine des semblables dit d'nser dé tout « et de n'abuser de rien ; elle n'exige d'autres <c • privations que celle des substances qui pourk raient neutraliser l'action des remèdes qu'elle « Sidmimsire.^yMkBlT^ Étude sur le Choléra; page 91.

Si M' M. qui connaît notre régime autrement

que nous le connaissons tous, veut nous éclairer à cet égard, qu'il soit le très bien venu ! Quandj, par des services de ce genre, il aura pris rang parmi nos maîtres dans la théorie et la pratique de rhomœopathie , à lui le droit de nous refaire la science en la délivrant de ce que les homœopathes y ont mis de trop ; mais tant qu'il en aura moins fait et moins vu que nous, en cette ma*< tière, qu'il nous permette de le croire incompétent pour déterminer le point précis où doivent s'arrêter nos croyances » le point où commencent nos rêves.

Mais voici qui est plus sérieux, qu'un rêve.

L'auteur trouve k Marseille le docteur Duplat qui s'oflfre à lui lire un choix d'observations, nom* breuses de cholériques guéris par l'homœapathie; M. Monfalcon.ne peut se prêter à cette lecture parce que M, Duplat est homœopathe, et que des médeci^ns n'ont pas constaté les f4its qu'il a re« cueillis.

Chargé de combattre le choléra , M' M, engagé , perdu dans une lutte sans espoir, n'eût pas eu la pensée, sous aucun prétexte, de refuser quelque attention à rincjou ,.au Tartare , qui seraient venus lui proposer une méthode nouvelle de traitement;, et cette attention, il la refuse sans hésiter à M. Duplat.

M. Duplat, pourtant, est un praticien instruit ^ plein de vigueur et d'activité , qui a ti'a-

yerêé toute la première ëpidëmie , qui a vu de la seconde toutes les horreurs que M' M. n'a pas vues : rude filière pour éprouver des prétentions systématiques et des rêves! M. Duplat a résisté avec ses convictions à toutes ces filières, et il persiste plus que jamais à ne compter, pour le salut de ses malades , et à ne fonder son propre avenir , que sur Thomoeopathie.

Sous tous les rapports , les offres et l'insistance de M. Duplat méritaient donc la plus sérieuse attention, lexamen le plus scrupuleux, et Ion ne daigne pas même lui permettre de lire des observations, tant elles sont , par elles-mêmes , et de plein droit, au dessous .de toute valeur. Vous voyez bien qu'après nous avoir mis au ban de la médecine. M' M. nous met au ban de Thumanité: un homœopathe! peut-on écouter cela?

Un moment» toutefois , s'il vous plaît : quand le docteur Des Guidi était , en France , le seul homœopathe connu , quand plus lard nous n'étions encore que trois ou quatre à Lyon , et cinq ou six dans tout le royaume , on noqs demandait des médecins pour caution de nos moindres paroles , et aujourd'hui que les homœopathes français se comptent par centaines , on persiste à nous demander toujours et toujours d'autres médecins , sans vouloir faire attention que c'est exi^* ger deu^ conditions dont la co-existence est impossible : Être des nôtres , ^t ne pas en être.

Voud savez assez que tout mëdecin qui^dëpose en notre faveur est par là même récusé par vous, à l'instant 9 il nest plus médecin. De la sorte nous n'aurons jamais aucun titre à être comptés pour quelque chose qu'après avoir tout conquis; et 9 raisonnant comme vous, le dernier allopathe qui resterait sur la terre pour ensevelir ses doctrines avec lui, aurait les mêmes droits que vous à nous dire: Montrez -moi des allopathes qui aient vu les choses que vous voyez , alors j examinerai , je chercherai ; jusque-là , rien.

Cette exigence, impliquant cohtradiction , et fondée sur une étrange façon de mesurer la capacité , de jauger la conscience, est si largement employée contre nous , que nous devons , en toute hâte nous prévaloir de l'adhésion dont Til-^ lustre professeur Brera vient d'entourer les hases fondamentales de nos doctrines ; suspect dès aujourd'hui , demain convaincu peut-être d'ho-^ mœopathie , il sera nul à son tour dans la ba^ lance , et l'on viendra lui demander , comme à nous cbétifs , d'autres sufirages pour garant du sien. Pourquoi pas? n'avons- nous pas vu déjà l'un des plus fervents élàve$ de Broussais, le traiter de cerveau faiblissant, le jour où ce mâle et puissant génie écrivit quelques mots favorables à notre cause ? Encore un pas vers nous , çt le premier des médecins français n'est plus médecin.

Rassurons-nous pourtant; étouffer une vérité en lui imposant, à son entrée dans le monde, des conditions incompatibles entr elles, est un pouvoir que la Providence n'a donné à personne : Toute grande découverte n'a guère été proclaniée et soutenue d'abord que par un seul homme ; son admission a justifié plus tard lacompétence de ceux qui Tacceptèrent, malgré lesdénis de compétence de leurs antagonistes. Point d^omœopathie , nous dites-vous, sans le suffrage des alIopathesL et que nous importe que des dialecticiens de la même force aient dit autrefois: On ne fera point d'enclume sans marteau , point de marteau sans enclume ? Enclumes et marteaux n'en ont pas moins été faits; la terre en abonde : vous-même en possédez un très bon , et vous en forgez , quand .vous le voulez , d'excellents ouvrages. Si seulement il vous plaisait de ne plus nous choisir pour enclume !

a. Nous en avons assez vu sur la manière dont se comporte M' M. au sujet des homœopathes , quand il daigne parler d'eux ; suivons maintenant leur pratique à Marseille et voyons con^ment l'auteur l'aura observée lui-même , soit pour l'utiliser, en sa qualité de chef de service , soit , comme historien , pour en rendre compte à la postérité.

Trois homœopathes , avons-nous dit , sont à Marseille : M. Duplat seul y réside depuis quel-

ques mois , et commence à y çlre avantageusement connu; deux autres homœopathes viennent dy arriver, Tun quelques jours avant, l'autre quelques jours après la commission lyonnaise , et pour se mettre , comme elle » à la disposition de la ville.

Honneur et reconnaissance à tous ceux de nos compatriotes qui sont allés offrir leurs services à Marseille ! Tous , en courant de pieux dangers , ont resserré les liens fraternels de deux cités généreuses ; tous ont des droits à nos bénédictions.

Toutefois, dans ce commun dévoùment , n'y a-t-il pas encore quelque différence à faire ?

Nous ne rappellerons pas que les allopathes , en nombreuse réunion d'amis , arrivant à Marseille sous les auspices du pouvoir, et avec les faveurs de la faculté, sont certains d y être accueillis par la plus haute bienveillance , et rassassiés d'égards etde bon procédés en tout genre; tout cela est peu de chose , en matière si grave; mais ils arrivent à Marseille avec l'assurance d'en remporter des couronnes déjà conquises par le seul fait de leur voyage. S'ils ont la certitude de ne sauver aucun malade , ils peuvent la suppor* ter avec courage; car ils ne durent jamais prétendre à faire mieux que n'ont fait depuis dixhuit aïK tous leurs maîtres; ils ont l'assurance que Jiul n'exigera d'eux la gnérison, que nul ne

IcUr imputera la mort d'un seul cholérique ; poiut de réputation personnelle à exposer au moindre danger , plus de doctrines qu'il soit possible de compromettre, point de vérilés h faire triompher , en pâlissant à l'œuvre et en soutenant de rudes combats. Être à Marseille « c'est tout ce qu'ils ont à y faire , et s'ils doivent y rester au champ d'honneur, ils savent que des palmes y verdiront pour eux.

Comparez cette situation à celle des homœopathes , et surtout à celle des deux nouveaux venus : délaissés , solitaires au milieu des médecins de Marseille y et plus encore a,u milieu des médecins de Lyon , ils se voient exposés chaque j'our au sourire dédaigneux des élèves même les plus jeunes; accueillis sans doute avec une bienveillance entière par les autorités , ils n'en sont pas moins» devant elles » dans cet état de gêne et de souffrance qu'entraîne toujours , pour un homme de cœur, la réprobation de tous ses confrères , quelque valeur qu'il sache lui donner. Ils ne sauveront rien de Marseille s'ils n'en sauvent que leur vi«, et ils y auront tout perdu. Ne pensez pas même à leur trouver un asile dans cette double chance qui fait tout supporter, la chance de vaincre et celle de mourir.

Pour eux il faut absolument vaincre; mourir sans avoir vaincu, c'est mille morts, c'est le mépris et la honte. Condamnés sans alternative

à guérir des cholériques , il faut qu'ils en gué^ rissent beaucoup , il faut que leurs succès dé* bordent, pour n'être pas ignorés, entièrement méconnus ; et pourtant, ils ne peuvent avoir de malades. Étrangers et sans caution médicale indigène , aucune porte ne les connaît , aucun hôpital ne s ouvre pour eux. Les relations de M. Duplat, dans le pays, seront leur unique ressource; et quelques rares occasions pourront les favoriser dans les bureaux où ils seront admis. combien de fois , dans la détresse d'un tel délaissement , n'ont-ils pas dû se reprocher d'avoir trop présumé de leur courage , de la loyauté des hommes, du pouvoir de la vérité! Vrais médecins de toutes les écoles, vous que l'angoisse accompagne au chevet du malade, dont la vie ou la mçrt dépend de la formule que vous allez écrire , c'est à vous de comprendre tout ce qu'il y a de cruel dans la situation de nos deux amis Jal et Perrus- ^el ; ce n'est pas vous ^ du moins « qui vous étonnerez , comme d'autres l'ont fait, de ce que, malgré leur régime sévère et leurs globules préservatifs , on les ait vus plus souffrants que les membres de la commission lyonnaise , eux qui ne prenaient pas de globules et dont le régime attestait la quiétude et l'inaltérable santé.

Ce douloureux dévoùment de Jal etPerrussel, ce baptême d'un long martyre , devraient tout sanctifier, aux yeux de tous les hommes; mais

V^Ilopatbe impitoyable aimera mieux ici n*élre plus un homme , que de se laisser fléchir , et c'est sur une situation si poignante qu'il a la force de déverser Taniertume et le dédain vl II craint même de nommer MM. Jal , Duplnt et Perrussel. Jîïon , leur compatriote , l'historien lyonnais du choléra de Marseille , ne les a pas nommés : cherchez.

Nous les nommerons du moins, nous, dont la voix est faible « mais dont jamais systématiques préventions ne fermèrent le cœur.

Nous les nommerons avec reconnaissance et admiration^ nous qui avons suivi de nos vœux et de notre correspondance leur long supplice , nous qui connaissons leurs succès , comme une' partie de Marseille les connaît déjà.

Oui , les succès de Thomœopathie ont été nombreux et très remarquables contre le choléra de Marseille; MM, Duplat, Jal et Perrussel sont parvenus à soigner près de cent quarante cholériques , avec de très beaux résultats. M. Perrussel a déjà publié un mémoire à cet égard; ses deux confrères s'occupent d'un travail semblable ; nous n'anticiperons pas sur ce qu ils ont à dire , ni sur les autorités irrécusables dont leurs relations seront appuyées. Les feuilles de Marseille ont déjà pris l'initiative à cet égard , et ne dissimulent point les services que l'homœopathie à rendus à leur cité.

5; En attetidant, voyons toujours ce qu'en sait et ce que peut nous en dire rhistorien du choléra: La tâche ne sera pas longue : // n'est pas venu à sa connaissance une seule cure homœopathique du choléra. Nous le croyons bien volontiers , mais nous voudrions savoir si , parmi les nombreuses connaissances deiVPM.» il enest une seule qui lui soit venue sans qu'il ait mis quelque peine à la chercher; à cela il nous repond qu'il a pris en effet beaucoup de peine pour savoir ce que faisaient les homœopathes à Marseille; il en a parlé à nombre de médecins, aucun d'eux n'a rien entendu dire des cures bomœopathiques

du choléra:

Incurable manie des préventions , obstinées toujours à lie demander qu'à Rome ce qu'il faut penser de Genève, ou à ne chercher qu'à Genève ce qu'il faut penser de Rome *!

Ah ! c'est donc des médecins que vous avez interrogés sur les travaux de l'homoeopathie ! Eh bien, vous avez fait un beau chef-d'œuvre! Les travaux de l'homoeopathie n'auront pas pris la peine .de venir à la connaissance de vos mé-

' Déjà en< i852 , M* Monfalcon alléguait , comnie décisif contre rhomœopathie , le jugement du docteur Hacker, l'adversaire le plus déclaré de la nouvelle École. Trois ans de réflexion n'ont donc pas encore suffi pour mettre le critique sur une meilleure voie !

decins plus qn*à la vôtre , et ils n'auront pas fait plus d'efforts que vous pour y arriver; il est donc inutile de tous adresser à eux , vous en savez tout juste ce qu ils en savent.

Vous les interrogez parce qu'ils ont votre confiance, et celle-ci ne peut-être fondée que sur leur adhésion à vos principes j comment dèslors auraient-ils vu un seul de nos traitements, ou écouté ce que le public pouvait en dire • quand vous , chef de service , et futur historien de lepidémie , vous n'avez pas cru pouvoir seulement lire une de nos observations , ni écouter un de nos témoins ? Vos médecins , à vous , ceux que vous consultez , ne sont pas hommes, plus que vous, k en interroger d'autres sans faire Je même choix ^ ne sont pas hommes, plus que vous , à écouter des témoins incompétents ; ils n'auront consulté comme vous , que des méde* cins h. leur convenance qui , de leur côté, n'ont pu faire autre chose , et vous voilà tous ensemble bien avancés ! Vous et toutes vos autorités réunies, quel qu'en soit le nombre , vous avez justement contre nous, non pas la valeur d'un témoin déniant chose qu'il a pu connaître , mais précisément la nullité d'un homme qui ne sait rien, fier de s'être tenu hors de portée de rien savoir.

Vous craignez de nous toucher , de toucher ce qui nous touche; ce que nous faisons , vous ne voulez le savoir ni de nous , ni de ceux qui

nousTont VU faire, et vous croyez être bien forts» en déclarant que nos œuvres ne viennent point à votre connaissance ! Bonnes gens qui voulez faire de nous des parias, et ne voyez pas que 4;*est ^vous qui le devenez à force de vous isoler dans un monde où rhomœopathie s'incorpore tous les jours davantage , en vous refoulant , en vous acculant dans un cercle tous )es jours plus étroit ! Étrange et pourtant très véritable ostracisme auquel vous vous condamnez, avec la simplicité de croire que cest nous que vous mettez en dehors de la chose publique; comme si fermer les yeux, c'était éteindre la lumière !

Et que nous importe, après cela, que séquestrés , claquemurés au milieu de gens qui ne nous connaissent pas et ne veulent pas nous connaître , vous veniez nous étaler le nombre des suffrages que vous aurez recueillis parmi eux contre nous î

Que nous importe qu'en même-temps, et nous, et les témoins, et les documents que nous sommes en droit et seuls en puissance de produire , vous nous récusiez tous comme incompétents ? Quels bons esprits pourront être abusés par des juge* ments frappés ainsi de mort avant même d'être rendus ?

Sans doute qu'à l'égal de toute œuvre de parti,

-ils flatteront quelques jours encore les illusions

de ceux qui les rendent et de tous ceux qui les

auraient rendus comme eux. Il est certain , par exemple , que Tccrit de M' M. ne tardera point à circuler à Tëtranger comme une condamnation positive etsans appel deriiomœopathie en France. A l'étranger ftP M. aura contre nous le crédit qu il accorde lui-même à M. Dalmas contre les homœopathes du nord ; on fera partout sonner bien haut Topinion si péremptoire de l'historien du Choléra de Marseille, écrivain trop estimé, trop connu pour avoir pu se prononcer légèrement en question si grave. On dira tout ce qu'on voudra sans en être plus avancé ; les bons esprits d'Allemagne n'ont-ils pas leurs Monfalcon, pour apprendre d'eux à se défier des noires? Ils^ demanderont donc les pièces, ils liront et, comme nous , ils auront pitié.

Mais revenons en France , et écoutons cette singulière apostrophe^ datée de Lyon : « Ho- « mœopathes , guérissiez-vous à Marseille , dans ce la période ascendante ? Le fait est patent , a vous ne pouvez l'éluder; malades, médecins, (c témoins , sont là , etc. »

MM. Jal et Perrussel n'ont rien à répondfe , ils n'étaient pas à Marseille alors , mais M. Duplatpourrait.vous dire, avec toute l'humilité que lui impose devant vous sa qualité d'hpmœopçithe: <€ Oui , M. le président , je guérissais alors le choléra , et vous n'y étiez point. Malades , médecin , témoins , toutes ces autorités que vous

invoquez , mais que vous ne produisez guère , c'est moi qui les ai invoquées devant vous, en m'offrant à vous les produire , pour être par vous examinées, discutées, passées au tamis. Je vous dis même alors que j'avais eu le rare bonheur de sauver environ dix malades cyanoses; vous fîtes le dégoûté, et ce nombre vous parut mes-^ quin> que voulez-vous, monsieur, je n'en avais pas davantage. Vous sentez h'ienqxxuTi guérisseur dont le nom est inconnu de votre plume, et qui n'est à Marseille que depuis quelques mois, ne sauraity avoir une clientelle étendue comme celle des Robert, des Cauvières, et de tous vos illustres égaux. N'importe, ce denier de la veuve pouvart avoir son prix , et dix cyanoses étaient mieux que rien , en attendant le remède que vous nous promettez sans faute contre le choléra , pour Tan 2854 ou 2835. J'étais alors comme vous au milieu de l'incendie, j'y travaillais de mon mieux et le jour et la nuit, et j'y avais sur vous l'avance d'avoir traversé, toujours à l'œuvre, toute la première campagne et toute la rude saison de la seconde^ C'est à ces titres que j'osais, monsieur le président, vous offrir l'histoire de mes guérisons , en médecin prêt à vous présenter et malades et témoins. Dans la fournaise d'une grande bataille , Napoléon ne dédaignait pas les renseignements que lui apportait un conscrit; vous avez été pour moi bien plus grand que Napo-

lëon , dans une bataille asseï chaude; médecin» malades et témoins que vous me demandez aujourd'hui, aujourd'hui que votre ambulance est fermée et que le choléra n'a plus de victimes à faire , vous les avez alors tous dédaignés . tous, repoussés , sans examen , comme homœopathe ou comme incompétents : Le fait est patent , 'vous ne poussez l* éluder. »

Au reste , il y a peut-être bien un peu de je ne sais quel pédantisme suranné à déclarer incompétent dans ces questions tout ce qui n'est pas allopathe , à décliner si lestement la juridiction du pays en chose pour lui si manifeste et si grave, enquestionde vie et de mort. Le public n'est-il pas , après tout , la réunion de toutes les capacités sociales, l'arbitre suprême de toutes les renommées, celle de M' M. y comprise?

Nous conviendrons sans peine que l'ancieape médecine a bien des choses dont le public, heureusement pour elle et pour lui , ne saurait connaître; ainsi, pour ne parler que du passé, quand nous changions la place de la rate et du foie , quand nous faisions faire, cent tours de passepasse à la pituite et à l'atrabile, le public , ouvrant en vain de grands yeux , n'en était pas moins , en si belles et si utiles matières , d'une incompétence absolue; mais pour savoir si un homme est à table ou s'il est enterré, s'il a été guéri en deux jours ou en huit, permettez-nous

do présumer que le public > c'est-à-dire l'avocat, le législateur, le notaire, le banquier, l'agriculteur . le prêtre, le naturaliste , le négociant, lé publiciste, le philosophe, etc. , peuvent bien, par leur déposition ,. sans avoir Thonneur d être allopathes, faire au moins un commencement de preuves qui vous porte à voir de plus près»

Sans doute , derrière ce public il en est un autre dont Tincompétence en tout ne saurait être méconnue de personne; maïs quelle étrange fatalité vous oblige, vous, si difficiles en fait de compétence, à choisir précisément et à peu près exclusivement pour juge « entre vous et nous , ce public ignorant et léger ? A qui d'autre qu'à lui peuvent s'adresser en effet vos écrivains, quand ils travestissent nos doctrines comme pour les mettre à la portée d'un pareil tribunal, quand ils les combattent par des arguments dont lui seul peut être satisfait?

Ce n'est guère dans des ouvrages sérieux et savants, ni devant des médecins que nos adversaires prennent la peine de nous attaquer , c'est ordinairement dans des feuilletons, et toujours dans le style des feuilletoDs les plus insignifiants que se produisent toutes les rodomontades auxquelles notre école est en butte.

Même quand on fait semblant de les adresser à des médecins, il est bien aisé de voir qu'elles ne peuvent réellement être écoutées que par des

gens entièrement étrangers à toute espèce d e-

tude et de raison.

Est-ce devant des médecins, par exemple,

qa'on oserait faire un crime h l'homœopathie de sa germanique origine, puisque à leurs yeux , loin d'être un tort, ce ne serait qu'un préjugé bien favorable pour elle? Ne savent-ils pas tous quelle race revendique les Bôerhaave , les Stahl , lesHoSmann, les Stoll, les Frank, les Hildenbrand, les Huffeland , etc« et, depuis longtemps , sans interruption, les trois quarts de nos princes?

Ce n'est pas non pins devant des médecins qu'on dirait que Thomoeopathie est une science nouvelle, innée , jaillîe im beau jour du cerveau de Hahnemann , etc. D'abord , pour eux , cela ne prouverait rien contre elle ; et puis , qui ne sait pas que cinquante ans de travaux ont amené et graduellement développé la doctrine de Habnemann , comme le démontrent les publications successives de ce grand homme ?

Et devant les médecins de quelle école oserait-on s écrier : les agents de Thomoeopathie sont sans action sur l'organisme, puisqu'ils échappent aux réactifs de la chimie ' ? Quand les réactifs auront trouvé ce qui distingue l'ovule

» Et combien de réactifs chimiques n'agissent que portés h un deaxîème degré de dilution par raddition d'une immense quantité de liquide ? (Brera.)

féconde de celui qui ne Test pas , et quand vous aurez prouvé que le principe de la peste et du choléra n existe point , par cela même que vos réactifs ne les ont pas trouvés, l'argument pourra s'examiner; jusque-là le chimiste qui aurait la fatuité de s'aventurer dans le laboratoire de la vie , avec ses agents, pour y constater Taction des nôtres, ne mériterait que Vunanime^ risée des médecins , et de tout ce que le public renferme de judicieux et d'éclairé.

Choisissez un public à votre gré pour le ré* galer de telles friandises et de bien d'autres inutiles à rappeler, mais ne soyez pas trop dédaigneux pour le nôtre, car à lui le pouvoir et le droit de vous en punir <.

' Au milieu de ces pasquinades jetées dans les rues, on trouve pourtant une proposition digne de l'auditoire le plus honorable et telle qu'Hippocrate lui-même ne la desavouerait pas. Un hoi|ime d'un vrai mérite , malgré ses efforts pour en faire quelquefois douter , s'exprime ainsi sur le fameux jugement de Facadémié de mddecine , dans un des petits écrits auxquels nous venons de faire allusion., ce La discussion qui a ea ce lieu, sur ce sujet 9 dans la séance de l'académie , 4 ce été étroite , mesquine , sans élévation, et, il faut le ce dire , elle a montré dans ceux qui y ont pris part la ce plus déplorable ignorance du sujet. >3

Rien de plus judicieux et de plus vrai , mais comment ne pas s'émerveiller de voir en même temps l'auteur du feuilleton nous dire qu'une décision rendue

Poursuivons et reconnaissons pourtant que l'historien du choléra n'a pas laissé de faire des recherches sur nos travaux en dehors du cercle des médecins de son choix : il est même allé jusqu'à ne pas négliger les on dit qui . nous concern^ent. On a parlé très souyent des prodiges de ïhjomœopatlùe y nous assuret-il, (il est vrai que c'est de Toulon qu'il nous conte cela, quand c'est à Marseille que nos ho* mœopathes sont avec lui) , mais dès qiCil est question de constater les faits ^ dès quon interroge des hommes compétents , des médecins impartiaux 9 le men^ei lieux disparait. Très bien, seulement l'auteur aurait pu nous appren* dre au moins si c'est lui qui a fait les interrogations, et surtout si c'est lui qui a délivré les certificats de compétence et d'impartialité.

Que penserait au reste W M. d'un livre sérieux où il trouverait ces mots : ce On dit mer- €c veilles du facium de M' M. contre Thomoeo- « pathie, mais on peut-être sûr, d'après des

avec une si déplorable ignorance , est un véritable échec pour l'homœopatbie ? Gomment ne pas s'énîerveiller quand il nous dît plus bas : Contre MAI. Jal et Duplat , qui ont traité le choléra de Marseille et qui nous disent ce qu'ils ont fait , ce qu'ils ont vu , je me décide pour racadémie qui n*est pas sortie de Paris et qui n'entend rîen à la question. (Voyez le Courrier de Lyon , du 22 HQUt et les numéros suivants.)

«( gens compétents , des honiœopathes impar- <c tiaut, qu'on n'y retrouve ni ]a logique, ni Ci le talent, ni peut-être méraB la loyauté de ({ l'auteur. »

Ces commérages en l'air, non toujours sans grâce dans les feuilletons de nos adversaires , ne retomberaient-ils pas d'aplomb sur l'inconsidéré qui les aurait émis dans un travail médité ? Certes M^ M. ne serait pas homme h se tenir pour défait par de telles armes : nous sommes entièrement du même avis , et nous ai* mons h le lui prouver par le soin que nous mettons à fonder ici tous nos jugements non sur des ondit^ mais sur des textes tirés de cefactum lui-même , où l'auteur les a si libéralement prodigués comme pour notre usage.

Voici pourtant enfin du positif, de l'inattaquable; enfin l'historien va»se montrer : il s'est mis consciencieusement en quête au sujet des faits qui nous concernent; il a découvert, il a constaté que les homœopathes de Marseille ont osé aborder le choléra , et quils ont traité deux cholériques^ morts tous les deux.

Sa perspicacité se réveille, comme on voit, dès qu'il s'agit d'établir nos revers. Nos revers sont pourtant bien plus nombreux, sur cent quarante traitements environ. LedocteurDuplatseul a dû voir succomber plus de deux cyanoses avant d'en sauver dix; preuve que, même pour s'assurer

de nos pertes, Fauteur ne pousse pas ses Investigations fort loin. Est-ce répugnance extrême à s'approcher de ce qui nous approche , on crainte de rencontrer nos succès à force de chercher nos défaites ? Nous présumons .ce que pourront en penser'Ies juges impartiaux et compétents.

Mais quand encore il nous aurait vu luimême guérir des cholériques « il n'en croirait rien. Savez-vous ce qu'il lui faut pour que nous méritions d'être cru ? Un retentissement im^ mense. Deux faits bien décidés auraient eu un retentissement immense <, dit-il.

Entendons-nous : si vous voulez dire deux guérisons constatées au thentiquement par la commission lyonnaise jointe à MM. Cauvières , Robert, etc. , il est certain que ces guérisons auraient eu le plus grand et le plus salutaire éclat; et voilà précisément pourquoi nous avons tant désiré une de vos ambulances.

Mais si décidé veut dire véritable , nous ne saurions admettre la proposition, puisqu'elle est contraire à ce qui arrive tous les jours. Expliquons-nous :

,N'y a-t-il donc point de milieu entre des guérisons qui ne sont rien , et des guérisons qui entraînent sur-le-champ même tous les suffrages , et commandent l'acclamation universelle?

La doctrine physiologique avait guéri des gastro-entérites sans nombre, souvent par les

mains habiles de M. Moafalcon lui-môme ; ces guërisons avaient des voix puissantes pour les proclamer jour et nuit , et par un temps calme et pourtant des gastro-entériles, sans nombre succombaient encore sous Finfluence du camphre , du china, des vins généreux^ dans les chaumières, dans les hôpitaux et au sein des familles les plus éclairées et les pkis opulentes. Que répondait IVP M. à ceux qui lui disaient alors tous les jours : si vos sangsues avaient décidément guéri deux de ces terribles typhus, comment ne seraient-elles pas partout employées? Il -leur disait sans doute ce que nous lui disons nous-mêmes : les guérisons les plus décidées ne le seront jamais pour celui qui est bien décidé à en détourner la tête.

En la détournant un peu moins , à Marseille , il aurait certainement trouvé quelque chose de plus que les on dit de Toulon. Les registres du bureau de M. Perrussel lui auraient montré neuf cas de choléra; MM. Jal et Duplat l'auraient mis sur la voie de consulter des documents , d'interroger des témoins sur d'autres traitements ; il aurait vu ce qui sera bientôt attesté dans les publications de ces messieurs : que l'homœopathie, à Marseille , comme ailleurs , s'avance lentement, mais qu'elle s'avance toujours et ne recule jamais : il y aurait vu que le choléra y a été , comme partout où il passe , un des puissants

propagateurs dé rhomœopatliie », peut-être aussi alors aurait-il compris que les choses qui vont le mieux vont encore bien lentement, au travers des inconséquences et des tristes passions des bommes.

A ce sujet , le docteur M. qui donne de si justes éloges à M. Chervin , voudrait - il nous dire combien d'obstacles a dû franchir , combien de périls a bravé son ami , dans un but bien moins capable que Thomœopathie , de les faire naître ou de les rencontrer? Voudrait-il nous dire aussi ce que ses allopathes, ses médecins . impartiaux et convpétents , ont su faire jusqu'à ce jour, des prodigieux labeurs de Chervin? Patience ! nous répondra- t-il , et c'est aussi ce que nous lui disons pour notre compte.

Au reste , nous le remercions sincèrement de nous avoir cité son héroïque ami , à propos d'ho* mœopathie et de choléra. Ce n est pas Chervin

' C'est ainsi qu'à Oi^nge l'homœopathie vient de faire de notables progrès dans l'opinion publique , k roecasion du cîioléra, et par le zèle éclairé de M. Dugat-Estublier.

S'y la nouvelle École s'applaudit de l'acquisition de cet honorable praticien , elle doit presque autant s'ap-> plaudir des antagonistes que cette circonstance lui a révélés dans les gazettes orangistes ; on y peut voir , enlr'autres belles choses y comme qu-oi les homœopathes ne croient pas h Tanatomie..

qui se croise les bras quand on lui offre des do* Cïimcnts à recueillir. Le nom de Chervin est beau partout, mais plus encore dans certains livres où il est à lui seul une biea éloquente et bien sévère leçon.

Revenons : Quand de nombreux babitants d'une grande ville, de tous les rangs et surtout des classes les plus éclairées, sont chaque jour plus favorables à l'homœopathie,^»^ signifie^ en pa* reil cas , la voioc du peuple , ne manquez-vous pas de nous répéter avec assurance ?

Mais si , grâce au zèle de quelques jeunes homœopatbes , un traitement salutaire s'insinue comme un malfaiteur dans une grande ville dévastée par lé choléra , si , malgré Tétrangeté peu rassurante de ses procédés, malgré la défaveur impitoyable dont le poursuit la faculté et ses nombreux auxiliaires, il parvient à pénétrer de loin en loin dans quelques familles obscures, dispersées et sans voix , s'il réussit à sauver cent ou même deux cents malades dans cet hôpital bouleversé , tumultueux et sans bornes, vous voulez absolument un retentissement. immense pour croire à ces guérison^ !

Vous voulez enfin qu'une population incompétente , si elle nous accueille en temps de loisir et de paix, soit d'une entière compétence pour attester notre nullité , dès que , au milieu des plus effroyables perturbations physiques et morales ,

elle ne nous porte pas en triomphe ! Et c'est. Dieu nous pardonne , parce qu'elle n a pas fait une émeute pour nous à Marseille que vous déniez les services que nous lui avons* rendus ! Hommes passionnés ! comment au contraire ne reconnaissez-vous point que n'en avoir pas été lapidés , au milieu des circonstances terribles où , réduits à leurs seuls globules, les homœopathes ont eu le courage de s'enfoncer dans ces masses redoutables , c'est presque une démonstration complète des succès de l'homœopathie ! Niez , si vous le voulez , les obscures bénédictions que nos amis ont emportées de Marseille, mais vous ne pouvez nier leur vie '.

L'historien est sans doute très loin de ces réflexions , lorsqu'il nous demande pourquoi le congrès homœopathique n'est point allé dans une ville cholérisée.

Eh ! qu'y faire , bon Dieu , à en juger par l'accueil que vous y avez ménagé à nos amis î Ne vouliez- vous point, par hasard , que ce fût Hahnemann qui vînt en personne solliciter vos

■ Le docteur M onfalcon qui attachait de l'importance à répéter sur une grande échelle les épreuves tentées par injection dans les veines , s'en est abstenu par des considérations relatives à, l'exaltation morale du pays (page 66). S'il a reculé devant de semblables motifs, lui que tout protégeait, comment ne comprend-îl pas mieux les diflîcultés et les pénis de notre position ?

dédains ! Trois homœopathes vous semblent donc déjà une proie bien mesquine , il vous faut tout un congrès! Congrès malavisé en effet, 'puisqu'il perd une occasion si belle de se faire interdire tous les hôpitaux, et tympaniser par M. Monfalcon ! Congrès mal avisé trois fois , puisque, s'il avait succombé dans un de ces moments d'effervescence dont Paris même a donné un triste exemple , il aurait eu l'honneur d'inspirer cette touchante oraison funèbre à l'historien du choléra de Marseille. «Un tel jour, on a eu à déplorer la perte de quarante à cinquante homœopathes, victimes d'une population malheureusement égarée, et peut-être, non sans quelques raisons, indignée des étranges secours que ces inconnus lui présentaient dans sa détresse. Il est d'aulant plus à regretter qu'on ne les ait pas retirés vivants des flots , que l'influence du bain froid aurait pu leur être d'un grand secours, en rendant à leur sen-sorium commune ce qui lui manquait. Espérons du moins que ce triste exemple ne sera pas entièrement sans fruit, et qu'il ramènera à des idées saines ces Esculapes, ces guérisseurs, ces rêveurs, dont, etc. «Grand merci pour le congrès! Un tel honneur ne l'a pas tenté j ne comptez pas sur nos congrès pour vos menus plaisirs !

Si le congrès était venu à Marseille , il y aurait moins fait, et il y aurait probablement plus souffert que nos trois amis. Qserait-on bien ré-

pondre que par son éclat il n'eût pas attiré sur ]ui des préventions envenimées, des allégations imprévoyantes auxquelles le petit nombre et la modeste situation de ces jeunes médecins les ont dérobés , tout en leur permettant d'entrer inaperças comme leurs globules dans les anfractuosités de la foule , et de s y élargir , de s'y assurer insensiblement la voie par de vrais maïs humbles succès qui n'allaient pas à la connais* sance de M. Monfalcon ?

Quand les allopathes auront reconnu qu'il y a des hommes pleins de lumières et d'honneur parmi nos maîtres , quand ils parleront de notre chef immortel , au moins avec le respect profond que doivent toutes les écoles à sou front octo* génaire , sillonné , mais non courbé par tant de labeurs, à la sainteté de ses convictions , à la bonté , à la noble indépendance , à la grandeur de son caractère, à ces beaux attributs, enunmot, qu'on révère partout et chez les Grecs et chez les Barbares , quand les gens mal élevés de vos académies ne pourront plus , sans un rappel à l'ordre sévère , salir de fange le nom d'une École qui possède lesStapf, les Yeith,les Bigel^les Bakodi, \es Schweikert, les Gross, lesMollin, les Quin, les Pétroz, les Léon-Simon, les Carrauit, les Dufrêne , etc. , alors , mais seulement alors , nous dirons à ceux que nous appelons nos modèles et que vous nommez nos patriarches : ne craignez

plus de vous avancer; quelques égards vous attendent, quelques facilités vous seront accordées; on aurait honte de vous offrir un sépulcre pour y exercer votre art; il n'est même point impossible que vous obteniez six lits, de l'ambulance de quelque bachelier, peu fâché au fond d'être débarrassé d'autant.

. Jusqu'alors nos patriarches feront bien de rester chez eux ; ils n'y servent pas trop mal lesintérêts de Ja science, à ce qu'il paraît; ils y resteront malgré vos défis , à moins de vouloir justifier une bonne fois ces titres d'insensés et de rêveurs , que vous trouvez si doux à leur donner. Nous ne finironspas cet article sans rappeler que plusieurs homœopathes, des sociétés de Lyon et de Paris , ont , dans le temps , sollicité avec instance une mission ministérielle et les attributions indispensables pour opposer authentiquement rhomœopathie au choléra de Marseille. Par des motifs que nous ne pouvonsimputer au ministère, M. Jal a pu seul obtenir une telle mission qui , a raison des dispositions locales , n a pu lui servir à rien. M. Perrussel, de son côté, se décida à aller dans le Midi sans autre titre que son dévoûment; il y alla résigné à ne pouvoir peut-être pas mêmey traiter un seul malade, mais voulant à tout prix courir toutes les chances de ce voyage. L événement Ta heureureusement trompé, il a traité douze malades , il en a sauvé neuf dont plusieurs étaiet^t

dans des cas très graves. Si la ville , dont il a d'ailleurs les lettres les plus honorables, n'a pas cru devoir entrer dans les frais de son voyage • CQQinie elle l'a fait avec munificence pour les membres de la commission, il en est dédommage avec usure: il a lutté contre le choléra, il en a triomphé , et plusieurs enfants de Marseille aimeront à s'en souvenir.

Il est probable qu'à Lyon, si le fléau s"y fût présenté, rhomœopathie aurait eu le bonheur d'y pouvoir être plus utile qu'à Marseille. M. Martin , notre maire, avait eu la bonté de promettre à la société homœopathique lyonnaise une ambulance, et M. le docteur Terme , président de l'administration des hospices , voulait bien nous faire espérer une des salles de. l'Hôtel-Dien. De telles assurances étaient d'autant plus précieuses pour nous , que Lyon a le rare avantage de compter parmi les célébritésde 1 école régnante, bien des hommes qui , aussi consciencieux que savants , ne se seraient point éloignés de nos traitements , et que nous aurions de grand cœur choisis pour témoins et pour juges. Espérons avec confiance que le fléau , continuant à s'éloigner , ne nous mettra point dans le cas d'utiliser contre lui ces nobles dispositions de nos administrateurs et de nos honorables confrères, mais n'en déposons pas moins ici rhommage d'une respectueuse gratitude pour eux.

. 5. En suivant jusqu'ici le docteur M. lorsqu'il s'occupe ou doit s'occuper de la pratique des bomœopathcs , nous n'avons pu nous dissimuler les préventions doat il se nourrit à cet égarij comme à Tëgard de leurs personnes , lui qu'ils n'ont jamais offensé et avec qui plusieurs de ceux qui le connaissent ont depuis longtemps d'honorables rapports.

Voyons si nous retrouverons plus d'équité dans sa manière d*apprécier et d'utiliser nos livres. Sur nos livires ce savant est plus à l'abri de toute influence fâcheuse; avec eux il est plus précisément chez lui ; s'il les juge , s'il les condamne , ce sera du moins pour bonnes ou plausibles raisons , ce sera sur documents contradictoires valables et nombreux , car nous le connaissons tous pour un critique judicieux et très exercé.

Hélas ! n'y comptons pas davantage ; ce médecin qui sait déjà tant de choses sur nous , qui connaît la valeur exacte des homœopathes , qui peut avtîc tant de précision nous dire ce que nous guérissons et ce que nous ne guérissons pas.... eh bien ! il est encore plus fort que tout cela dans la connaissance de nos livres : cet homme d'une érudition rare et qui possède toutes les langues , ne cite , ne combat , ne paraît avoir vu aucun de nos auteurs ; tout ce qu'il a lu des homœopaihcs , c'est l'adresse en grosses

lettres d'un de no5s confrères qwi la lui a donnée dans la rue * .

> Cette circonstance est rappelée avec une intention de personnalité' qui suffirait à déprécier le meilleur ouvi'age : elle ne peut heureusement faire aucun tort au chapitre que nous examinons , pas plus qu'au docteur Duplat lui-même.

Une épidémie est le champ de bataille du médecin , c'est pour lui une époque de sacrifices , de dévoûment et rien de plus : l'allopathe qui n'a contre le choléra que des consolations à donner, n'en doit pas moins avoir, dans ces temps de malheur, son nom en grandes lettres et un réverbère devant sa porte. L'homœopathe doit faire plus: convaincu dé pouvoir sauver des hommes, il doit multiplier ses adresses, les semer avec profusion, et se présenter courageusement \ partout où la chose est possible , partout où il a espoir fondé de voir accepter ses services. Attendre en paix dans son fauteuil que nos adversaires prennent le soin d'indiquer sa demeure à qui en aura besoin, serait pour Thomoeopathe un moyen sûr de rester oisif et ignoré au lieu de payer sa dette à la société.

L'auteur parait blessé de la publication de nos livresannonces. Les livres-annonces de M. Monfalcon multipliés sur tous les sujets ne nous ont jamais blessé , nous, car nous aimons toujours à profiter de ses travaux. Quant aux nôtres , s'ils le blessent , s'il trouve bon d'ignorer l'homœopathie et de la ^ voir ignorée des autres , nous en sommes fâché pour lui , mais nous sommes forcé d'écrire par un besoin encore plus grand que celui de l'obliger , par le besoin de propager de toutes nos forces des doctrines éminemment utiles aux hommes ) et qui ne seraient point encore sorties de

Situation vraiment heureuse pour un adversaire aussi décidé de Thomoeopathie ! Maître ainsi de lui prêter un langage qu elle ne connaît point, et de ne lui tenir aucun compte de ce qu elle dit partout , il peut la presser , la pousser aussi vite , aussi loin qu'il voudra , sans que jamais document exact et précis ne vienne l'importuner, le ralentir ou le détourner en rien dans ses argumentations triomphales.

Telle est Tinexpugnable assiette du docteur M.

Les homœopathes se vantent , dit-il , de faire des prodiges ; ce n'est certes pas dans les écrits de Hahnemann qu'on a jamais pu trouver prétention pareille ; ni Hahnemann , le philosophe le plus positif et le plus sévère qui ait peut-être existé , ni aucun de ses disciples , ne se sont jamais vantés de faire des prodiges ; M. Monfalcon n'a donc pas lu leurs écrits, L'homœopathe ne fait pas d'autres prodiges que l'allopathe.

Gœthen, si la crainte d'offenser les yeux de nos adversaires avait toujours empêché d'écrire pour elles.

Au reste, on sait que les gazettes xte s'ouvriront pour nous que quand nous n'aurons plus besoin d'elles; on sait comment les compagnies savantes reçoivent les écrits que nous leur présentons avec déférence 9 qu'on nous permette donc , au moins ^ ce qu'on appelle nos livres-annonces , unique moyen qui nous reste de publier les travaux de notre école , ou qu'on obtienne une loi de la presse exprès contre nous.

quand celui-ci obtient un effet de ses remèdes. Une loi de l'organisme, loi aussi vieille que les êtres organisés , a été mieux connue par Hahnemanu que par les âges qui l'ont devancé ; et d'après celte loi \ il guérit une affection en y appliquant un agent thérapeutique , comme vous faites dormir un homme avec votre opium, comme vous le purgez avec votre jalap.

Vous savez bien que tout est prodige pour l'ignorant; niais que , dans le cours ordinaire des choses , tout est naturel et simple pour l'homme éclairé. Les cures horxiœopathiques peuveut être pour vous des prodiges , comme le fut pour nos aines l'action du kina, du vaccin, de la rhubarbe5 pour votre compte , nommez-les donc à votre gré des prodiges, cela veut seulement dire que vous n'entendez rien à l'homoeopathie, fait incontesté , mais ne dites pas qu'elle se vante de faire des prodiges , elle n'y a jamais songé , elle n'en parle jamais.

Ce n'est point sans raison , toutefois que l'auteur veut ainsi faire de nous des Thaumaturges^ puisque au moyen de cette supposition il se trouve de suite en droit de nons demander des miracles , et comme notre profession n'est pas d'en faire, il dira sérieusement : l'homœopathie, ou , par son autre nom ,' la science des miracles n'est rien , puisque les homœopathcs m'ont refusé de s'essayer à pareille œuvre.

Telle est exactement sa conduite et sa logique î\ l'égard de nos' amis de Marseille. Les mourants qu'il les somme de guérir , sont presque des morts qu'il leur donne à ressusciter ; et comrne ces médecins n'ont pas voulu se mêler de faire des résurrections , ni accepter une ambulance dont roffre seule est une moquerie , il les lient pour défaits ^ battus , anéantis , et , par une extension libérale , toute leur doctrine , toute leur école avec eux ; petite extension qui pour nous ne vaut pas la peine d'être relevée en si riche moisson.

Nous ignorons ce. que* les on dit ^ une des sources où puise M. Montfalcon , lai ont appris sur les promesses de notre école relativement au choléra ; mais puisque nous avons des livres mêmes français , et en bon nombre et partout , comment l'auteitr ne va-t-il pas d«ins nos cl^ssiques , s'assurer de nos promesses , avant de nous sommer de les remplir?

Dans l'ouvrage de Quin qui a traité le choléra à Paris , dans ceux de Mabit qui l'a traité à Bordeaux, dans les écrits de Des Guidi, deRapou, sur le choléra , ]*homœopathie est toujours présentée comme toute puissante pour prévenir le mal, et comme ayant, pour l'arrêter et le guérir à ses différentes phases, une très grande supériorité sur ^allopathie ; mais toujours ces écrivains déclarent que cette supériorité relative va

décroissant par degrés , à mesure que le mal est plus précipité « plus intense , plus ancien , jusqu a ces formes terribles qui sont la limite extrême , le terme fatal où toutes les méthodes viennent se réunir dans une égale impuissance.

C'est donc pour avoir complètement oublié de consulter nos auteurs , même les plus ré^ pandus en France » que M^ M. nous propose ses cholériques choisis » et vient ensuite s'en vanter comme s'il n'y avait rien eu de mieux à faire.

Ne soyons toutefois pas trop exigeants à son égard , au sujet de notre littérature ; décidément il parait que Thomoeopathie lui porte malheur , puisque non content de négliger ici nos écrivains » il va jusqu'à méconnaître et oublier

ce qu'il écrit lui-même.

En, vain pense-t-il , en vain nous dit-il qu'il s'agissait à Marseille de déterminer positivement le degré d'action des deux méthodes, il ne songe plus à tout cela quand il s'obstine à justifier son offre aux homœopathes.

Il ne veut pas voir que les réduire à traiter exclusivement des cas de choléra graves, c'est d'avance, et sans aucun genre d'intérêt, dépouiller leur expérience de la majeure partie de ses avantages , et la cendre aussi incapable que possible de servir à déterminer positivement le degré de puissance des méthodes rivales. Quelle idée a-t-il de vouloir vérifier et constater l'exis-

tence d'une doctrine nouvelle (le grand intérêt d*actualité ) , en ne l'essayant qu'aux dernières limites probables de toute puissance médicale ? Le fer aimanté devra-t-il donc soulever une enclume pour prouver la réalité du magnétisme? Le degré d'action d'une méthode se cherche dans une foule d'éléments que ne saurait guère donner à lui seul le traitement des cas les plus graves de la plus grave des maladies. Les prodromes du choléra , le choléra lui-même , dans les degrés nombreux qui précèdent les cas extrêmes , guériront-ils plus vite , plus solidement et à moins de frais par rhomœopathie ? Laisserat-elle dégénérer le choléra ordinaire en choléra grave moins souvent que l'allopathie? Les préservatifs dont le personnel d'une ambulanee homœopathique doit faire usage , montrerontils , au bout du compte, plus de chances de sécurité que les soins prophylactiques usuels mis en^ œuvre par les employés des autres salles? Toutes ces questions implicitement données par l'auteur dès qu'il parle de déterminer positivement le degré de puissance des méthodes concurrentes , toutes ces questions sortent absolument de sa pensée, quand il en vient à nous composer une ambulance à sa guise.

Sa distraction va plus loin; il ne veut absolument pas comprendre qu'il soit possible d'éprouver les forces d'une méthode dans l'arrière

maison d'une épidémie , à moins qu'on ne réduise celte méthode au traitement des cas les plus formidables. Il ne veut pas voir que cette épreuve est très facile , au contraire , à toutes les époques de l'épidémie , par la comparaison de plusieurs services confiés simultanément à des méthodes différentes avec le soin d'éloigner ou de neutraliser au mieux les chances d'inégalité qui peuvent exister d'ailleurs pour ces différents services, a II est évident, nous dit-il , qu il n'aurait 'a pas fallu choisir la saison de la décroissance « du choléra pour le temps des épreuves, puisce qu'alors les méthodes de tr^iitement les plus <t diverses comptaient des succès dans une pro- « portion â peu près égale, w

0, M' M...! quel est celui de vos élèves à qui vous pardonneriez une telle inadvertance? L'épreuve n'est pas faisable., à votre avis, dans le temps même , où de votre aveu , elle se fait pour vos différentes méthodes et établit entr'elles une égalité de résultatsl Elle est faisable pour vos méthodes qui guérissent toutes à peu près seize malades sur vingt; et vous ne concevez pas qu'une autre méthode puisse perdre , à la même époque, ou plus ou moins, ou autant de malades, et qu'ainsi la comparaison , en la bornant même au nombre seul des succès , est éminemment , facile et féconde! L'idée de celte comparaison entre services simultanés est pourtant si naturelle, disons

même si obligée, que Tauteury arrive, enfin»

pour ainsi dire, malgré lui : mieux eût valu , toutefois , n y jamais arriver que d'en faire Tusage qu'il en fait.

Ecoulez : pour que l'expérience fût valable dans l'arrière-saison du mal, i| faudrait, dit- il,, que rhomœopatbie tînt compte du résultat des autres méthodes employées en même-temps,

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