‹ Du froid en thérapeutique (volume 2)Chapitre 4 sur 41 · CE QU'ELLE SE GARDERA BIEN DE FAIRE · texte numérisé non relu

CE QU'ELLE SE GARDERA BIEN DE FAIRE

Elle s'en gardera bien! Comment le savez-vous, et qui vous Ta dit? qui vous a donné le privilège de sonder ainsi nos cœurs pour y trouver à votre gré des intentions viles , la crainte du grand jour? Pensez-vous que l'honneur d'ignorer tous nos écrits vous garantisse lé droit de nous prêter une pensée aussi folle et aussi coupable? Oh! oui, sans doute elle se gardera bien d'accepter une comparaison, cette doctrine qui fait partout et sans reLache ses efforts pour obtenir d'être comparée aux autres méthodes, cette doctrine qui, dans tous sescomptes-rendus de ses traitements du. choléra , a toujours le plus grand soin de joindre à ses tableaux ceux des autres écoles, pour la même époque et dans le même pays ? Et a quoi bon s'en garderait-elle? est-ce pour le plaisir de prendre l'air à Marseille que les bomœopathes y exposent leur vie comme vous la vôtre? Illuminés tant qu'il vous plaira, ils n'en sont pas moins là pour tâcher d'a^ithentiquer la valeur d^

leurs traitements. Us ne peavent donc pas vouloir se dérober à vos comparaisons ; et sans cela qu'auraient-ils besoin de se soumettre à votre inspection , à votre contrôle ? qu'ont-ils à faire de vos ambulances? Et puis, quand, par un non-sens inadmissible, les homœopathes de Marseille auraient voulu éviter cette comparaison , dépendait-il d'eux d'y échapper, en recevant de vous un service ? N'est-ce pas vous qui , à la tête de tous les services , étiez , par position, en devoir comme en puissance, de faire et de publier ce travail mieux que personne, que les homœopathes eussent ou n eussent pas voulu s'en garder ?

Ici on en conviendra , la mesure déborde , et ce n'est pas sans effort que nous relevons avec calme une supposition si gratuite, si cruelle, et que nous tâchons d'expliquer encore par les préjugés du savant , par les illusions de l'honnête homme , un procédé pour lequel notre langue ordinaire ne trouve pas de nom.

Désertons au plutôt cette question brûlante; M. Monfalcon devient facétieux , nous allons du moins respirer.

L'historien du choléra de Marseille semble bien avoir peut-être ouï dire quelque part , il ne sait où , que les homœopathes de divers pays ont publié , sur le choléra , des tableaux de traitement dont le résultat est éminemment favorable

à leur doctrine. Il n'a pas la moindre envie ni le moindre besoin de mettre en doute l'existence de ces publications » car il a inventé une manière fort ingénieuse de les expliquer dans l'intérêt de son impartialité; cette manière, la voici :

Dès* que le choléra prend une ville d'assaut, les homœopalhes, soigneusement retranchés à l'écart, se gardent bien » guérisseurs prudents et «'tvisés, d'exposer leurs flacons au soufHe du terrible jouteur qui brise comme verre les machines de nos vieux arsenaux. Cependant , comme ils auront à parler plus tard de leurs remèdes préservatifs . ils se ménagent probablement une lucarne pour jeter leurs globules dans la rue, afin de se faire honneur en temps et lieu de tout ce qu'ils retrouveront en vie; toutes précautions ainsi prises, ils attendent en paix jusqu'à ce que, rassasiés de victimes, le monstre commence à languir: il n'est plus guère à craindre, il va sommeiller, c'est le moment; nos braves sortent peu à peu de leur cachette , et les voilà bientôt couvrant et journaux et murailles des infaillibles promesses de l'homoeopathie , et partout colportant, tête levée, leurs médicaments et leurs prodiges.

Enchantée et reconnaissante , comme de juste , la population se précipite au devant d'eux , et leur confère aussitôt la clientelle immense de tous ceux qui croient avoir le choléra » et qui

ne Tonl pas; de tous ceux qui craignent de mourir, et ne sont presque pas malades. Une telle afïluence est très naturelle, car enfin, ^ceux qui ont jusque-là fait appeler un honiœopathe sans qu'il vint à leur secours, n'en sont pas moins morts que s'il était venu s'en mêler; et qui est-ce qui songera à porter plainte pour eux? Et puis, ne voit-on pas aussi , que les honiœopathes , n'ouvrant la campagne que lorsqu'elle est finie , ont les mains nettes de tout le mal qu'on y a souffert ; on ne saurait leur attribuer la mort de personne; à qui donc la confiance générale peutelle mieux s'adresser?

Chose conclue , et voilà de merveilleux matériaux pour proclamer les innombrables succès de l'homœopathie contre le choléra ! que si tout cela ne vous parait cependant pas très facile, rappelez-vous , pour dissiper vos scrupules, que la chose se passe à Tischnowitz , à Brunn , h Raab, à Vienne, à Prague, à Bordeaux, etc., villes peuplées, comme on sait, d'ignorants et del)arbares, et où le procédé de nos guérisseurs ne peut manquer d'avoir un assez beau succèis!

Et c'est vous, vénérable Veith , c'est vous Quiu , Mabit , Bakodi , dont on peut parler avec autant d'irréflexion ! C'est au milieu des cités les plus savantes, des populations les plus judicieuses , que sans avoir rien lu , rien vu , sans avoir consulté personne qui ait pu lire, qui

ait p u voir , on a le courage de placer à la fois tant d'ineptie , d*audace et de mensonge !

Notre auteur n entre pas précisément dans tous ces détails, mais il avance de sang froid dos assertions dont ils sont l'inévitable conséquence. Selon lui , l'homoeopathie , radicalement inactive pendant'la progression du fléau , na pas plus d efficacité contre les cas du choléra grave qui se montre encore, quoique toujours plus rarenient, dans l'arrière-saison du mal.

Il s'en suit évidemment que les nombreux tableaux publiés danis toutes les langues , des traitements homœopathiques du choléra (tableatix ou la proportion des pertes , est , en somme totale, jusqu*ici d'environ huit pour cent , celle de l'allopathie étant à peu près, aussi en somme totale, de qviarante-neuf), ne peuvent se rapporter qu*à la fin de Tépidémie , les auteurs de ces tableaux ayant soin d'y négliger , de concert et comme par une omission bien insignifiante en pareil cas , la date précise de leurs traitements; ce qui veut dire que les horaœopathes , par un vil et grossier manège dont le jongleur le plus effronté craindrait l'usage , et dont l'artisan le moins éclairé s'apercevrait à l'instant même , trouvent le moyen de remplir à-bien peu de frais leurs livres d'un nombre étonnant de guérisons. Ce qui veut dire enfiji que tous ces livres, accueillis et répandus chez les homœopathes de tous les

pays , ne peuvent l'être qae par des hommes digues en tout point de cette épouvantable littérature. Grand merci ! A ces douceurs , ajoutez , pour que rien n*y manque , celle-ci : Ce nom-bre prodigieux de guérisons prouve au reste bien peu de chose , pour qui connaît le laisser^

ALLER des HOMOEOPATHES ES MATIÈRE DE CHIFFRES *.

M'' M. croirait-il bien par hasard , qu'il lui suffise de vouloir que l'homœopathie ne soit rien , pour que cela prouve qu'elle ne soit rien ? M' M. croirait-il bien avoir le droit de signaler en masse comme remplis d'absurdes impostures les classiques d'une école , sans l'indispensable obligation de miotiver solidement une allégation

' Ici rendons toute justice à l'auteur. Cette accusation capitale du laisser-aller , en fait de chiffres , n'est pas aussi hasardée que les autres, et s'appuie d'une autorité qui n'est point à dédaigner. Selon lui, il est tel homoeopathe qui se fait fort de compter par cinquantaines de mille les cures de l'homoeopathie , toutes les fois que vingt-cinq mille, par exemple , semhleraient trop peu, et ne feraient pas assez bon efifet. Qu'un homœopathe, lassé de parler raison à des allopathes persiffleurs et tracassiers , comme il en est peut-^tre quelques-uns , finisse par se mettre à l'unisson , en leur décochant cette grotesque fanfaronnade , cela est très possible et très naturel. Mais qoe M** J. B. M. se soit laissé moquer par ceux dont l'homœopathe se sera moqué , voilà qui est fort , et M' J. B. M. n'était pas obligé de s'en vanter.

de cette nature ? Croit-il que nous avoir appelé Esculape et Guérisseur l'autorise à nous mettre en dehors du droit communia nous traiter comme des interdits ou des condamnés?

Médecin , comme lui , comme lui gens d*hon* neur, nous avons ^ tout comme lui, et plusieurs de nous » bien longtemps avant lui, prêté, sur les paroles d'Hippocrate, le serment de la droiture et de la véracité; à toute heure nous payons comme lui nos tributs à la chose publique , où notre rang est égal au sien. La vérité de faits avancés en question médicale se présume toujours dans notre bouche comme dans la sienne , comme dans celle de tous les médecins du monde, ni plus , ni moins. Les faits que nous présentons, c'est à nous à les prouver, si nous voulons les faire adopter, c'est à lui à en démontrer la fausseté, s'il veut les faire rejeter comme faux.

Toutes ces choses , l'auteur les a complètement oubliées, quand il s'est cru le droit de traiter, en question si grave, nos classiques de menteurs, sans en connaître , ou du moins sans en citer, en examiner , en discuter un seul passage , un seul mot. C'est à lui à savoir jusqu'à quel point peut le justifier l'esprit de système dont on voit trop que malheureusement il n'est pas maître.

Traduits ainsi à la barre de la société par un acte dont le docteur M. n'a pas le droit, et qui nous donne à oous-méme le droit de l'y traduire

7^ on sent Inen que nous ne nous mettrons pas en frais de prouver l'injustice de Tauleur, puisque nous sommes au contraire en position d'exiger la preuve de ses allégations.

Nous consentons à lui en laisser tout le temps, et, pour en simplifier Fœuvre , nous lui proposerons de s'essayer sur trois de nos historiens du choléra , à motiver l'accusation qu'il vient de porter contre tous , en masse. Nous ne demanderons à l'étranger qu'un seul témoignage, Paris et Bordeaux nous fourniront les autres. Les données étant ainsi faciles à recueillir, à discuter et à juger, la tâche devient très simple pour l'auteur, et son travail n'en sera que mieux à la portée de tous.

Le docteur Quin , après avoir traité homœopathiquement et avec beaucoup de succès le choléra, à Tischnowitz, pendant la maladie du docteur Gerstel, de Prague , et des deux chirurgiens qui le secondaient dans cette épidémie , fit tous ses efforts pour opposer les mêmes moyens au choléra de Paris , et pour appeler l'attention des médecins français sur cette méthode nouvelle. De cinquante-huit malades auxquels il donna des soins , près des deux tiers n'avaient pas les symptômes d'un vrai choléra, mais chez dix-neuf il était incontestable et quelquefois même dans un très haut degré. Sa pratique fut des plus heureuses, et le docteur Quiu

se hâta de publier à ce sujet une brochure où le praticien habile ne se montre pas moins que i écrivain sage , l'homme excellent et plein de éandeur ^.

Cet opuscule que nul médecin, quelle que soit son école, ne peut lire sans intértlt et sans fruit, unit aux documents tirés de la pratique de Fauteur, un très, bon résumé de tout ce qui avait déjà été fait à cet égard en divers pays. Nous en citerons un passage'où 1 écrivain semble avoir prévu les assertions de Thistorien du choléra de Marseille , sur la manière dont les homœopathes s'arrangent pour guérir beaucoup de cholériques qui ne le sont pas.

« Dans un pays où deux systèmes se trouce vent en présence on pourrait soupçonner Tesa prit de parti de se faire illusion , d'attribuer a à rhomœopathie des succès qui ne lui seraient ce pas dus. Mais voici.un témoignage qui, par son ce caractère vénérable et ses motifs philanthroce piques, doit être d'un grand poids auprès des ce hommes sans préjugés; c'est celui du père ce Veith ^, prédicateur de la cour et de la cathé-

' Du Traitement homœopathique du Choléra^ avec note et appendice , par F, F. Quin, D. M., etc. Paris, BaîUère , i852.

* Le père Veith était docteur ea médecine et antear très estimé avant d'embrasser l'état ecclésiastique. (JSote de Quin.) '

« drale Saint-Éticnne , de Vienne. Ce digne ec-

cc clésiastique , appelé au lit des malades à leur

« dernière heure, était affligé de voir succom-

j « Ler tant de malheureux ; convaincu depuis

ce quelque temps de la vérité de la doctrine hocc méopathique , et secondé par son frère, proce fesseur à l'académie, il soigna tous les malades ii, voisins de la cathédrale. Tel fut le succès de « leur pratique qu'ils ne perdirent que trois rna- « lades siir cent vingt-cinq , et nous ferons re^ €c marquer que Tépiçlémie était alors à Vienne ce à son plus haut degré d*intensité. » p. Sg.

A ce premier effort de Thomoeopathie en France contre le choléra, joignons ceux qui, un peu plus tard, honorèrent la ville de Bordeaux.

Le docteur Mabit, chargé par Tinlendance de la Gironde, de publier à l'usage des hommes de l'art, une instruction sur le choléra, se rendit à Londres, et de là à Paris , pour y étudier l'épidémie.

Dans ce voyage, Mabit entr'autres documents receuillit de nouvelles notions surlhomoeopathie qui avait déjà attiré son attention; mais ni à Londres, ni à Paris, il ne put voir cette doctrine appliquée au traitement du choléra.

De retour à Bordeaux , il publia l'ouvrage attendu de lui, signala ce qu'il avoit trouvé de mieux dans les traitements divei's dont il avait élé témoin, convint de l'insuffisance de tous.

parla des promesses de l*homœopathie,etinsista particulièrement sur l'importance des précautions higieniques. »

Ces conseils furent sagement adoptes; peutêtre leur doit-on le peu de développement que l'épidémie prit a Bordeaux , quand elle y ré^na du mois d'août au mois d'octobre.

Mais si le mal fut borné dans son extension , il ne le fut pas dans son intensité « puisque sur trois cent quatre-vingt-dix-huit malades , il en enleva trois ceat huit , pendant quatre-vingt-un jours. La pratique alfopftihique de Mabit ne fut pas la plus malheureuse : dans son service de rhôpilal Saint-André , sur vingt-huit malades il n'en perdit que seize, tandis que sur quaranteet-un , dans d'autres services , trente-trois succombèrent.

Cependant le mal reparut deux mois plus tard, mais au dépôt de mendicité seulement, et c'est dans les salles de Mabit que tous les nouveaux malades furent placés.

Ce médecin les traita d'abord, et pendant quelque temps, par les procédés al lopathiqnes, comme précédemment; mais cette fois avec des suites bien plus fâcheuses. Enfin poussé à bout par la violence persévérante du mal , et comme en désespoir de cause , il se décida à essayer les moyens homœopathiques. Le résultat , dès le jour même , en fut on ne peut plus heureux. Sur

trente-et-un malades qui arrivèrent successive*^ ment, vingt-cinq furent promptement guéris; six seulement «uccorabèrent , et non tous du choléra. Trois femmes furent un peu plus tard atteintes de la maladie; traitées allopathiquement dans un autre service , rien ne put les sauver.

Mabit , dans un écrit plein de convenance et de dignité , publia ces faits à Bordeaux , dans une lettre à Hahnemann , où il manifesta l'intention de soumettre désormais au traitement homœopathique d'autres maladies, parmi les plus rebelles aux moyens ordinaires.

Ici Ton voudra bien faire attention que , si Ton nous regarde tous comme intéressés dans la question dès que nous sommes homœopathes, on doit envisager autrement Je docteur Mabit à son début. Il n'était nullement homœopathe quand il essaya Thomoeopathie contre le choléra; il avait même une part très belle dans les succès que l'allopathie semblait avoir eus à Bordeaux , pendant l'épidémie; il n'a pu renoncer à des méthode^ qui lui étaient si familières, et se livrer à une pratique inconnue pour lui , et au moins étrange pour tout ce qui l'entourait, qu*avec une extrême difEculté , et sous Tempire des plus graves circonstances.

Ses observations , recueillies d'heure en heure par ses internes et au grand jour d'un hôpital, dans une cité du premier ordre , avaient des

titres sérieux au moins à rexaitten,.& la discussion, sans parler même des honoraUes et longs antécédents de ce praticien.

Toutes ces raisons n'ont pas sec«i à donner le moindre cours à la lettre de Mabit, parmi les allopathes. Un discours plein de vagues et vides assertions contré l'homoeopathie , lu à la société médicale de Bordeaux, ne dit pas un mot de cette lettre , ne la critique point ^ ne.la discute point , ne la cite pas.

Mabit néanmoins , fort de ses premiers succès* a continué dès-lors à se livrer avec zèle à la nouvelle médecine , et n'a pas tardé à la faire exclusivement régner dans ses salles où elle est toujours en pleine vigueur.

Vous ne demanderez plus, maintenant pour*quoi rhomœbpathie n'a pas eu alors un retentis^sèment immense , car nous croyons déjà avoir répondu à la question. L'homoeopathie a, dès ce jour* marché lentement, mais toujours et toujours mieux, à Bordeaux. Longtemps les allopathes de ces contrées ont paru ignorer qu'elle se propageait autour d'eux, mais il a bien fallu finir par s'en apercevoir : voici ce que nous apprend à ce sujet undes hommes les plus dintingués de l'ancienne école.

ce Quand je vous écrivis naguère- que lanouvelle doctrine germanique se propageait lentement à Bordeaux , j'étais dans le vrai; mais depuis un

mois , quelle différence ! Plusieurs de nos jommités burdigalietines donnent à Tenvi l'exemple d'une confiance absolue dans les règles douces et agréables àa> rhomœopatbie , et des hommes grades ^ studieuôt^ éclairés ^des hommes exempts jusque-là des croyances as^eugles du vulgaire» ne dédaignent pas les secours d'une thérapeutique singulière «etc. )) (Journal de médecine pratique de Bordeaux , mars i835, p. i66).

Mabit a successivement publié d'autres écrits où Ton reconnaît partout l'homme des convenances et des meilleurs procédés , l'allopathe le plus instruit , l'homœopathe le plus modeste et le plus consciencieux*. Tous ces ouvrages seront traduits peut-être en quatre langues étrangères , avant d'arriver à la connaissance de nos détracteurs j et c'est ce que l'on appelle de la critique médicale !

Le docteur Ouvrard , chirurgien en ch^f de l'hôpital d'Angers, a aussi traité homœopathiquement le choléra. Nous trouvons, sous le nom de ce praticien , dans les tableaux résumés par JVIabit , douze cas de oholériques , dont un seul a été malheureux.

A ces trois médecins qui , ayant en France

' Obserratîons sur l'Homoeopathie relatives à la décisioDp ri se par l'académie royale de médecine sur cette no}i\Q\\e AocXvxvke, Bordeaux^ Paris 'y Juillet, i855.

Étude sur le Choléra , par le même , août , i855.

traité le choléra , ont publié l'histoire de leurs traitements, nous joindrons rautorîtéd'un auteur allemand /entre tous ceux que nous pourrions invoquer.

Le docteur Roth , profeisseur à l'université de Munich, reçut du roi de Bavière , en avril i852, l'ordre de parcourir l'Allemagne, la Hongrie et la Bohême pour y recueillir tous les documents relatifs au traitement homœopatique du choléra.

Les résultats de cette investigation oÔiciellc furent éminemment favorables à l'homœopathie, et l'auteur rendit compte à son souverain de celte importante mission, en produisant un ouvrage que nous avons sous les yeux, et dont on nous permettra de citer ce passage : a En publiant les « nombreux services que les homœopathes ont « rendus à Prague, à Vienne et en Hongrie, dans « le traitement du choléra, je dois faire observer ce que les médecins dont je fais mention dans « cet opuscule , me sont non seulement connus « personnellement, mais encore ont droit à la a plus honorable recommandation pour leur a amour de 1î^ vérité, et pour ce sentiment d'honcc neur et de conscience qui leur est propre , et t< leur fait éviter scrupuleusement dans leurs u récits tout ce qui pourrait y ressembler à de tt l'exagération ' ».

' Die homeopathische hellkanst gegen die aslatische Brecba'ahr. Von J. J. Roth y etc. Leipzig^, i855.

Mâiintenant , qu'on nous réponde avec franchise : si des allopathes du rang et de la réputation des médecins que nous venons de citer, avaient écrit pour nous opposer, nous nedisons pas des faits , mais même de pures et simples dénégations, des phrases comme celles de M. Dalmas, par exemple , ou de M^ M., quel parti nos adversaires n'auraient-ils pas voulu tirer de semblables autorités ?

Jamais nous ne songeâmes à procéder de la sorte , et quel que soit notre respect pour le savoir et la probité de MM. Quin ^ Mabit , Ouvrard , Roth , nous ne pensons point que leur renommée, leurs titres et leurs missions, puissent suffire à les faire croire sur parole; mais nous ne pouvons non plus méconnaître dans ces honoraiAes altributs de gr.ives motifs pour faire examiner soigneusement les dépositions de ces écrivains.

Que celui qui ne possède aucune réputation, aucun titre à la confiance, méprise chez les autres de tels avantages , cela se comprend; mais M^ M. est trop riche en ce genre pour déprécier ainsi pareille propriété chez autrui.

Examiner et discuter sérieusement de telles autorités » les démontrer sans valeur, ou du moins motiver solidement de graves présomptions contr'elles, est une entreprise digne de son isavoir et de ses talents. Son esprit de loyauté et 4e justice, bien connu dans tant d'autres cir-

constances, ne se refusera donc certainement point, dans celle-ci, à la tâche qu'il nous a donné le droit de lui proposer.

Mais nous le prévenons bien qu'il ne lui suffira pas de délivrer à ses témoins des breveté de compétence et d'impartialité , pour nous les fan:e accepter comme compétents et impartiaux; nous le prévenons qu'un allopathe déposant contre nous ne peut jamais , dans le débat ^ être plus quun homœopathe déposant pour nous. Nous le prévenons enfin que ce n'est point des académies ni des corporations de Tallopathie que nous reconnaîtrons le jugement, mais bien du public éclairé de toutes les classes, de la société entière, car c'est elle qui , avec le plus haut intérêt h la vérité , jugera toujours la question en dernier ressort , qu'il plaise ou non à nos adversaires de la taxer d'incompétence.

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