PRÉPARATION DES AUMENTS ET BOISSONS
La préparation des aliments demande aussi un soin particulier. La viande ne doit être ni trop faite ni trop cuite , parce qu'alors , dans le premier cas elle devient nuisible , et qu'elle perd dans le second sa qualité nutritive et se digère moins bien. Mais les légumes secs surtout doivent être bien cuits , et préalablement lavés ou macérés dans l'eau fraîche de source ou de rivière. Les plantes crues , comme la laitue, la chicorée blanche, la mâche, et auires espèces de salades douces, ne peuvent être permises que lorsque la digestion en est facile ; encore doivent-elles être toujours assaisonnées avec très peu de vinaigre , sans poivre , ail ou herbes fortes. On évitera les fritures , surtout dans les irri-
lalions de la gorge ei de restomac. Il faut soigneusemeûi recommander que les mels soient très peu apprêtés , quMls ne contiennent aucune substance de haut goût et quMls soient, autant que possible, préparés dans des vases de terre; car les métaux, tels que l'argent, le cuivre et le fer, peuvent donner aux aliments quelques principes nuisibles et souvent même dangereux, surtout s^ils y restent longtemps après leur préparation : aussi , dans le cas où il ne serait pas possible de se servir d'autres instruments , faut -il qu'on n^y laisse pas séjourner les mets et qu^on les entretienne dans la plus grande propreté possible. Les mêmes précautions doivent être observées pour les boissons , soit à l'égard des substances dont on les compose , qui doivent toujours être simples, sans aromates, sans acides ni aucune substance active quelconque , soit pour les vases dans lesquels on les prépare*
RÈGLES GÉNÉRAI.ES REI^ATIVES A £'USAGE DES AI^I- MENTS , DES BOISSONS ET I^'EMPIiOI D|5S RCIUËDES.
Il sera bon que les repas du malade soient, autant que possible , composés en même temps d'alioients animaux ei végétaux, excepté dans les affections aiguës, où l'on doit s'en tenir aux fécules , ainsi que dans certains états de maladies caractérisées par une sorte de répugnance ou une aversion décidée pour la viande. Une sage modération est toujours nécessaire; car, si Texcès est nuisible dans l'état de santé , il l'est à plus forte raison dans l'état de maladie.
Les convalescents , surtout de maladies fébriles , feront bien , pour éviter les rechutes, de manger peu à la fois et plus souvent ; du reste , les personnes raisonnables suivront en cela leur besoin.. Il ne faut cependant pas
satisfaire ces appétits déréglés , dits faim canine , car il en résulterait certainement des accidents [)lus ou moins graves.
Quant à la consistance et au temps des repas, il est de règle que Ton fasse, de sept à neuf heures, un déjeûner modéré 5 et du dîner, d'une 4ieure à trois, le repas principal. Le soir, il ne faut pas manger beaucoup, ni trop près du moment de se coucher ; mais , en général , une heure ou deux auparavant.
Dans les maladies aiguës oîi quelques aliments peuvent être permis , le malade boira, en mangeant, de Teau panée ou sucrée , la décoction de quelques graminées , du bouillon pur ou coupé , du sirop de framboises sans aromates , où, 9uivant les indications, quelque autre boisson que le médecin aura jugée convenable. Dans les affections chroniques , de la bière blanche , de la bière ordinaire de bonne qualité, coupée avec la moitié d'eau, et même du vin étendu au moins des quatre cinquièmes d'eau, excepté toutefois les deux ou trois premiers jours qui suivront l'adniinistration de certains remèdes ; mais dans celles de ces maladies où l'abstinence est rarement indispensable , les malades devront néanmoins observer strictement le régime et s'interdire l'usage de toute substance que le médecin aurait cru devoir tolérer, le jour où ils prendront le remède, dont la durée d'action est toujours longue.
La diète que Thomoeopathie prescrit est fondée sur la connaissance des lois immuabies de la constitution humaine et de leurs rapports avec les influences étrangères : elle a pour objet Téloignement strict de tout ce qui peut nuire à son action normale. Elle exige donc la connaissance de tout ce qui peut avoir sur l'organisme quelque influence morale ou physique , et nolammcnt des substances médicamenteuses et alimentaires.
On s'absliendra de prendre le remèdele jour où Ton se sera livré à des travaux manuels irop pénibles , ou à de trop fortes contentions d'esprit, et, en général, toutes les fois que le système nerveux aura été vivement aJETeclé par des causes soit physiques , soit morales. Si Ton prévoit devoir se trouver dans de telles conditions, on fera très bien d'ajourner le remède.
Quelques remèdes se donnent le soir; alors , deux heures après, il est bon de donner aux malades un bouillon de viande bien dégraissé et cuit sans légume. Dans certaines maladies aiguës , on administre le remède , lorsque le besoin l'exige, à quelque époque de la journée que ce soit. Il faut , autant que possible , avoir l'estomac vide d'aliments et de boisson , et ne boire , au plus tôt , qu'une heure après avoir pris le remède. Ce n'est qu'au moins deux heures après qu'on pourra prendre quelque aliment.