‹ Du froid en thérapeutique (volume 2)Chapitre 5 sur 41 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Nous n'avions rien à prouver en faveur de l'homœopathie , et ce n'est pas dans un tel but que nous avons écrit. L'homœopathie ne peut être démontrée que par l'organon, la

matière médicale pure, et le bon-vouloir en expérimentation. Les deux premiers sont dans toutes les langues et partout; quant au troisième , il n est au pouvoir de personne de le donner, nous serions des derniers à y prétendre.

Nous avons écrit dans la nécessité d'expliquer des paroles agressives proférées contre nous par un auteur distingué et d'une belle réputation; paroles qui poui: des oreilles inattentives ou préoccupées, peuvent simuler une attaque sérieuse ' et réelle contre Thomœopathie , notre doctrine , la richesse de notre conscience.

Nous croyons avoir aisément établi que rien au contraire n'est plus inoffensif , plus nul pour des juges impartiaux que cette bruyante persécution. Nous croyons Tavoir établi par cela même que nous y avons retrouvé partout le cachet de la partialité et de la prévention; notre tâche est remplie.

Si toutefois on a eu l'indulgence de nous suivre ju?qu'ici , nous oserons demander la permission detoucher à des considérations moins spéciales, et où l'on trouvera peut-être quelques sujets de méditation plus utiles que n'en pourrait offrir la triste polémique dont nous venons de sortir enfin.

M. Monfalcon nous semble avoir, par une prévention fatale, perdu h Marseille la plus admirable occasion de faire en un jour , pour sa ré-

pntation et pour la science, plus qui! na fait jusqu'ici dans sa belle et laborieuse carrière.

Le bonheur de sa position à Marseille le mettait à même d'y présider, d'y coopérer à des expériences comparatives dont le nombre et la variété ne pouvaient que jeter un jour éclatant et authentique sur la question partout si controycrsée de l'homœopathie. C'est contre le choléra surtout que les méthodes les plus perturbatrices, les plus audacieuses, même les plus cruelles ont pu légitimement s'essayer , à pUis forte raison la méthode la plus inofiensive, celle dont le plus grand tort, aux yeux de ses adversaires, est de n'avoir aucune action.

L'insuccès constaté des homœopathes dans ces épreuves, devenait donc à Marseille, sinon une condamnation définitive , au moins une véritable et accablante présomption contre Thoniœopathie. Cette chance , impossible selon nous , était au moins possible dans une des deux pensées de M^ M. ; elle lui promettait la gloire de ramener à la vérité toute une école puissante, laborieuse , ,et déjà partout établie. Les homœopathes, les allopathes et la société entière, au-, raient vu dans un tel échec , bien autre chose que dans le pamphlet de l'académie.

Au contraire ,-ce dont nous sommes convaincus , un succès positif était-il rontaté par la commission lyonnaise , unie à quelques-uns des

principaux médecins de Marseille , ce seul ëvénement plaçait, à l'instant même, le nom deM'M. parmi les noms les pl^s illustres de la science , et les plus cbers à l'humanité. Quin, le premier, avait eu le courage de traiter homœopatbiqueroent le choléra à Paris ; à Mabit appartient l'insigne honneur de l'avoir combattu en France ^ avec le même succès, mais au grand jour, en présence de ses élèves internes et avec leur concours , dans un grand hôpital de Bordeaux. M' M. parachevant l'œuvre de Quin et de Mabit , du premier pas se plaçait à côté de ces illustres homœopathes , et avant peu devenait un des plus célèbres disciples de Habnemann*

Une préoccupation fatale à fait avorter un si bel avenir , et il ne reste rien de tout cela , rien qu'un mauvais chapitre contre nous , et une brochure qui n'est bonne qu'à le combattre. Ne voilà-t-il pas un temps bien utilement employé de part et d'autre, et la société n'a-t-elle pas là de bien grandes obligations à celui qui en est la cause première ?

Page 1