‹ Du génie de l'architectureChapitre 10 sur 31 · DE L’ART CHEZ LES GRECS · texte numérisé non relu

DE L’ART CHEZ LES GRECS

A mesure que nous avancerons, nous verrons des changements notables dans la physionomie des Édifices; les membres architectoniques, primitivement symboliques, se changer, se modifier en des formes géométriques régulières et toujours harmoniques, ornées de l’effigie des plantes naturelles, le plus souvent sans autre but que celui d’embellir : c’est ainsi que se présente déjà l’architecture chez les Grecs , emportant avec elle généralement plus de symétrie, peut-être plus de variété unie à l’élégance et à la fermeté; instruisant moins précisément, que 1 édifice Egyptien; cependant, indiquant presque toujours et ostensiblement, par des sculptures d’un sens sublime et d’un grand goût , le motif de l’érection des monuments.

Tels sont en tout, ou en partie, les édifices que l’on voit dans l’Attique, dans l’ancienne Grèce, cette patrie commune des arts, dont pour nous Athènes est le point principal, et nous offre d’abôrd, dans l’Acropolis : le Parthénon, temple consacré à Minerve, et dont nous donnerons une idée particulière; puis, le Triple Portique d’ERECHTHÈE, (fils de la Terre), de Minerve Poliade , (protectrice de la ville), et de Pandrose (l’une des filles de Cécrops), réunion d édifices historiques variés sous tous les rapports, où les deux portiques d’Erechthée et de Minerve sont de l’ordre appelé Ionique, avec d’amples volutes délicatement ornés et d’autres lignes ondulées aux chapitaux des colonnes , et dont celui de Pandrose est soutenu par six figures cariatides, de quatre de front, et toutes du plus beau caractère.

A l’intérieur du Portique de Minerve, nous voyons la statue de la

Déesse, en hois d'olivier; un Hermès ou statue de Mercure, dédié à Cécrops , et la lampe d’or de Callimaque, brûlant perpétuellement , et placée sous un palmier de bronze , dont les branches , en s’élevant jusqu’au toit du temple, donnent issue à la fumée. Dans le Pandrozium, c’est l’Olivier appelé Pankyphos , (tout tortueux ) , dont les branches, en croissant se courbent vers le sol ; sous cet arbre s’élève l’autel de Jupiter-Herceus; et auprès, l’on voit la source d’eau salée que Neptune fit jaillir de son trident.

Les Propylées, seules entrées de l’Acropolis, construits de marbre blanc , se composent de trois parties distinctes; celle du milieu qui est la principale, est un vestibule ouvert et soutenu par six colonnes de front de l’ordre appelé dorique; ses plafonds sont portés par six autres colonnes , ayant des bases avec socles ; c’est au fond de cet édifice que sont ouvertes cinq portes donnant sous un autre péristyle aussi ouvert et regardant l’intérieur de l’Acropolis ; les deux avant corps qui. forment les ailes du bâtiment principal , sont, en tout , de moindre dimension que celui - ci ; l’un à gauche , présente, un temple consacré à la Victoire Aptère (sans ailes) en souvenir de la victoire remportée par Thésée sur le Minotaure, et dont la nouvelle n’avait pas précédé le héros; l’autre est un péristyle ouvert, monument mémoratif , tout couvert de peintures instructives et relatives à la guerre de Troye; on y voit Ulysse, emportant de Lemnos, l’arc et les flèches d’Hercule; Diomède ravissant le Palladium de Troye; Oreste tuant Egyste, et Pylade combattant les fils de Nauplius qui accouraient au secours du tyran; Polyxène au moment d’être sacrifiée sur le tombeau d’Achille; Ulysse implorant le secours de Nausica ; et encore d’autres traits intéressants. L’ensemble de tout le monument présente l’effet le plus varie , le plus théâtral , augmenté par la disposition générale du sol , qui va s’élevant et s’enfonçant ; auquel on monte d’abord , sur le devant, par un large perron de dix marches, terminées aux deux côtés par deux piédestaux colossaux, portant des statues

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équestres; puis par trois marches bordant les façades, et enfin, dans le fond du vestibule, par cinq autres degrés qui regagnent les cinq portes d’entrée. Près de ce monument, est le petit Temple d’ordre Ionique, dédié à Aglaure, héroïne qui sacrifia généreusement sa vie pour sauver sa patrie; ensuite, le Monument Choragique de Trasylle, formant une grotte creusée dans la roche de l’Acropolis ; il est orné d’une façade élégante que termine une statue assise et d’un beau caractère; enfin, le Théâtre de Bacchus, à la belle disposition en hémicycle; le portique des Euménides; l’Odéon, le Monument Choragique élevé à Lysicrates , dont nous donnerons un exemple.

Vers le nord, ce sera le temple de Thésée, d’un caractère male, érigé sur un plan parallélogramme, entouré de colonnes d’ordre Dorique, indiquant à l’extérieur et à l’intérieur, par un sculpture en figures et ornements, les travaux du héros, et offrant des détails architectoniques d’une grande finesse ; suivent le temple Dorique dédié à Minerve - Archegesia , ( souveraine conductrice ) ; le principal Stoa^, (portique appelé le P Cécile ), avec sa belle enceinte formant par ses antes, un vaste exèdre, renfermant, dans ses intérieurs, de belles peintures qui retracent de grands faits d’armes, et où nous voyons suspendus aux murs les trophées , les boucliers pris sur l’ennemi.

Près de l’Agora, (marché), on voit la Tour des Vents, dite d’Andronic-Cyrresthès ; elle est construite , toute en marbre blanc y compris sa toiture; son plan est de figure octogone avec deux entrées articulées, chacune, par un portique soutenu de deux colonnes en avant, puis à l’opposite se trouve une tour ronde, également en saillie et renfermant un réservoir; à l’extérieur de ce monument, on juge déjà de sa destination; sur chacun des huit pans sont représentés, dans une belle et puissante sculpture, les vents qui soufflent à Athènes, savoir: Boréas , (vent du nord), froid et impétueux, sous la figure d’un vieillard bien vêtu, regardant le spectateur et tenant dans sa main une conque marine , par allusion au

bruit sourd et fort que ce vent fait entendre ; Cœeias , ( vent du nord-est); il est nébuleux, humide et froid, accompagné de neige, de grêle et de tempêtes; cette figure est également vêtue, et tient un bouclier chargé de grêlons qu’elle semble près de lancer sur la terre; Apéliotes , (vent de l’est), qui amène une pluie douce, favorable à la végétation; sa figure représente un jeune homme à l’air gracieux, et avec la chevelure flottante dans tous les sens tenant dans le pan de son manteau des fruits de toute espèce, un rayon de miel et des épis de blé, etc.; Euros, (vent du sud-est), qui est sombre, étouffant et chargé de beaucoup de pluie; c’est un vieillard d’une figure morose, enveloppé de son manteau ; Notos, (vent du sud), sous la figure d’une jeune homme qui renverse un vase, mais qui semble modérer, par l’une de ses mains, la chute des eaux; Lips, (vent du sud-est), traversant dans sa direction le golfe Saronique, et entrant droit au Pirée; c’est un jeune homme robuste, qui tient dans sa main l’aplustre d’un vaisseau; Zéphyros, (vent d’ouest), au printemps, il est agréable, chaud et favorable à la végétation ; aussi, est-il représenté sous les traits d’un jeune homme, d’une figure douce et aimable, qui paraît glisser légèrement avec un

mouvement gracieux et facile ; cette figure est entièrement nue, n’ayant qu’un manteau flottant dans le pan duquel se trouvent des fleurs; enfin, Sciron, (vent du nord-ouest), le plus sec qui souffle à Athènes; ce vent extrêmement froid en hiver, est en été chaud, impétueux, dévorant, toujours accompagné d’éclairs vifs et fréquents; il est nuisible à la végétation et affecte la santé; aussi l’on remarque un air de langueur dans l’attitude de la figure cpii le représente ; comme celle de Boréas, elle est très-vêtue; elle tient un large vase ou pot- à - feu d’airain quelle répand entièrement devant elle. Ait dessus de ces huit figures caractéristiques, sont tracés autant de cadrans solaires ; le tout couronné par la corniche avec des têtes de lions formant verseaux, et couvert d une toiture en larges dalles avec nervures ou couvre - joints , laquelle toiture se termine par une figure d’airain , mobile, représentant un triton , qui

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tient une baguette avec laquelle il indique le vent qui souffle. A l’intérieur est la Clapsydre (horloge d’eau) qui par un signe extérieur, fait connaître les heures pendant la nuit et généralement en l’absence du soleil.

Repassant devant l’Aréopage, Tribunal célèbre, qui est en vue de toute la cité, puis devant la porte du Pirée, on voit le Muséum, près duquel est le Monument érigé à Philopappus ; et , de l’autre côté et sur le bord de l’Ilissus , en revenant par le Céramique, nous trouvons le temple de Panops, et celui de Cerès en Agra, que nous donnerons comme exemple; le temple des Muses Ilissiades et celui de Borée; le Stade Panathénaïque, appelé le temple des Petits Mistères et le temple de Diane-Agrotera. Traversant de nouveau l’Ilissus, sur le pont du stade Panathénaïque, et en descendant la rive, en face du temple de Cérès, on voit la fontaine Callirhoë; la porte Diocharis et l’Olympieum d’Athènes; ce dernier monument comprenant sa vaste enceinte fermée par son Peribole (ou mur décoré); c’estau milieu de faire, et sur un beau parvis, qu’est érigé le Temple à Jupiter, majestueux édifice, entouré de cent-vingt colonnes Corinthiennes de plus de six pieds quatre pouces de diamètre, sur soixante pieds de haut, présentant à chacune de ses extrémités son pronaos et son posticum , dix colonnes de front sur quatre de profondeur, un double rang de colonnes pour les galeries latérales; et enfin son immense sanctuaire dégagé par des galeries communiquant à XOpisthodome ou dépôt du trésor public.

Après les autres parties monumentales d’Athènes, telle, entre autres, que la voie des Trépieds, nommée ainsi à cause des monuments de souvenir et des temples qui portent ces sortes de trophées ou prix remportés dans les jeux publics; viennent, le Lycée et les édifices au style Romain, comme l’Aqueduc et la Porte d’Adrien que nous ne faisons que dénommer ainsi que les monuments épars dans l’attique proprement dite , tels que les temples de Jupiter Hymétien , et de Jupiter Panthélique , les

édifices de Mégare et d’Eleusis, l’Académie avec ses temples ses autels, ses monuments de souvenir, ses couverts d’arbres et ses fontaines; le Pirée, et le Temple de Minerve au cap Sunium.

Notre but étant de faire ressortir les seuls monuments de l’Attique, nous passerons sous silence ceux du reste de la Grèce , répandus dans les îles Salamine; dans le Péloponèse, comprenant l’Achaïe, les villes de Corinthe et d<i Sicyone; dans l’Élide, où se trouve Olympie, avec son fameux temple de Jupiter; dans l’Argolide; l’Arcadie; la Messénie; dans la Laconie, où se trouve, sur le promontoire, et en vue de la mer , Epidaure avec son temple et ses bois consacrés à Esculape , et ses colonnes instructives relatant les ordonnances du Dieu ; dans file d’Eubée ; dans les Cyclades, parmi lesquelles est l’île de Délos si renommée par son temple d’Apollon, avec ses élégants portiques d’ordre Dorique, et par le rendez-vous de tant de nations que la religion y amène chaque année, pour y déployer ses pompes et célébrer ses mystères; dans l’île de Crète; dans les îles Sporades ; dans celles de Carpathos et de Rhodes; dans la Doride, où sont les villes d’Halicarnasse et du Gnide; dans la Carie où l’on remarque Magnésie et Milet avec son temple d’Apollon, et dans file de Samos en regard ; dans Ephèse où est le fameux temple de Diane; dans l’Ionie; la Lydie; l’Eolie, et l’île de Lesbos qui est en regard; dans la Mysie; la Cilicie ; dans la Troade, où se trouvent le mont Ida, et les villes d’Alexandrie, de Troye et de Sygée; dans les îles de Ténédos et de Lemnos en regard ; dans la Chersonnèse; dans toute la Thrace; la Macédoine; la Thessalie; laLocride; dans la Phocide où se distingue la ville de Delphes; dans la Boétie, sur les bords du Golfe de Corinthe; dans l’île et la ville de Céphalenie ; dans f Arcanie; dans tout 1 Epire, jusqu’à Salonique, cette ville où fou voit un temple surmonté d’un attique orné de grandes figures en bas - reliefs très - prononcés. Nous passerons également sous silence les monuments colossaux de la Sicile, comme entr’autres le iameux temple de Jupiter à Agrigente, dont les colonnes peuvent

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recevoir un homme dans leurs cannelures; il en sera de même des édifices de la grande colonie Grecque de Possidonia , (Pæstum), ainsi que de ceux des deux autres colonies d’ Herculanum et de Pompéia , (dernière ville dont nous donnerons cependant des exemples en parlant des genres et des styles de l’Attique , mêlés avec ceux de l’Italie ). Revenons maintenant à nos exemples choisis dans FAttique.

Acropolis. Ce point célèbre met sur la voie de tant de belles choses, que nous avons cru devoir au moins en retracer un plan de masse, et par ce moyen, indiquer la position respective des trois exemples que nous faisons ressortir; puis, donner une idée de leur situation astronomique, nous nous sommes servis des signes ingénieusement dessinés et sculptés de la tour des vents; enfin, dans la vue de rappeler l’esprit du gouvernement d’Athènes, nous joignons à ce plan, deux médailles, présentant : l’une , Minerve guerrière; l’autre la Déesse plantant l’olivier, (pl. 8. )

Parthénon, ( Temple a Minerve ). C’est un symbole d’un sens sublime, que la réunion, figurée sous les plus grands traits, du Courage et du Génie , constituant la Sagesse ! Aussi, le temple qui consacre l’expression d’une pareille pensée est-il situé au sommet d’un promontoire , est-il en marbre blanc !

Son plan qui présente l’unité sous la forme d’un parallélogramme est distribué par quarante-six colonnes dont huit de front, formant de chaque côté, entr’elles et les murs de la Cella , une galerie ouverte, simple, puis à double espace aux deux extrémités, qui offrent ainsi deux portiques: celui qui regarde l’orient, donne entrée au pronaos ainsi qu’au sanctuaire au fond duquel est la statue de la Déesse, et qu’entoure une galerie soutenue par vingt-six colonnes , qui le dégage pour laisser passer librement à l’Opisthodome, puis au portique de l’autre extrémité.

L’élévation se compose des colonnes et de leur entablement d 'ordre Dorique , elles reposent sur un soubassement de trois cours

de gradins, dune grande hauteur et qui leur servent de base; elles ont 5 pieds 9 pouces de diamètre, sur environ 5 diamètres 2/7 de haut , et sont cannelées : elles sont terminées par leurs chapiteaux au tailloir fortement prononcé et soutenu de l’ove ou oeuf, et de filets profilés très-délicatement. Cet ensemble supporte l’entablement qui est divisé dans sa frise, par des montants appelés Trigliphes , formant entr’eux des espaces appelés Métopes ornés de sculpture et qui est décoré dans les plafonds de sa corniche. Cette dernière partie fait corps avec la toiture laquelle est brisé en deux parties, et présente ainsi aux deux extrémités du parallélogramme, des surfaces verticales et triangulaires appelés Tympans , qui sont ornées cl’une sculpture presque de ronde-bosse et encadrés de corniches ; la toiture est formée de larges dalles avec recouvrements ou nervures ornées d’ Antefixes à leurs extrémités.

Telles sont extérieurement les formes mâles et pourtant élégantes des façades de ce monument, qui réunit ainsi la double propriété de se dessiner franchement sur le ciel, à une grande distance, comme de près, et d’offrir sous ses galeries des effets tout à la fois simples et grands.

Quant à ce qu’il renferme de sens moral écrit, on voit dans le fronton du côté du pronaos, la représentation figurée, en une sculpture expressive et d’un grand style, de l’Olympe où Minerve a pris naissance, ce qui indique assez la source élevée du Symbole. L’autre fronton présente la fiction non moins ingénieuse de la lutte qui s’engage entre la Déesse et Neptune, pour donner un nom et des lois à Athènes; Minerve, du fer de sa lance, fait jaillir l’olivier. Dans les métopes sont représentées des scènes terrestres de courage; ce sont les combats des Centaures contre les Lapithes. Sous les galeries autour de la cella, sont retracées les cérémonies des fêtes des Panathénées, c’est-à-dire, V hommage rendu à V ordre parfait , qui s'étend de Venue divine au monde matériel , où se remarque la cérémonie du Pépias , voile brodé , sur lequel sont tracés les travaux des dieux,

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ceux des héros, et, par continuation, les actions des Grecs qui se sont illustres dans l’intervalle d’une fête à l’autre: ce voile est confié secrètement à de jeunes ouvrières Athéniennes , puis ensuite porté processionnellement pour être suspendu dans le temple de la Déesse.

Quelque simples que soient ces dispositions, il est facile de juger combien elles ont dû contribuer à atteindre le but que les anciens se proposaient : présenter religieusement la Vérité. Ici , le génie a encore secondé le législateur, car, nous voyons à l’aide de ce bel ensemble, et par sa situation topographique, tout un peuple déjà frappé par la demeure de la divinité, entrer sous les portiques, réfléchir sur ces beaux bas-reliefs, représentant les cérémonies des fêtes des Panathénées, passer dans le pronaos, et de là, dans la galerie qui laisse apercevoir le lieu sacré, où brillent à la lueur des flambeaux, les traits majestueusement colossaux de la Déesse, que l’intelligence cpii sait animer l’ivoire et l’or, a su rendre sensibles. Nous la voyons, en effet, cette grande image vivante, investie par les soins, du génie de notre art , des nobles travaux qu’elle a inspirés , entourée de ses prêtres ses nremiers sacrificateurs, et d’un peuple d’initiés, qui remplit et traverse les galeries , puis s’écoule avec ordre par les portes et le portique opposés à ceux par où il est entré !

Voyez, pour l’ensemble du monument, le tableau supérieur de la planche. 9.

Dans le premier médaillon se trouve le plan de l’édifice, et dans le deuxième, sont les détails de l’entablement, et le chapiteau de la colonne du temple, présentés comme exemple, le plus ancien , de Tordre appelé dorique.

Temple de Cérès, sur les bords de Tllissus, près Athènes. Cet exemple démontre qu’il n’est pas toujours nécessaire qu’un édifice soit d’une grande étendue pour prouver le génie , la grâce et l’harmonie; car celui-ci est sur un petit module, et sa composition est on ne peut pas plus simple. Son plan, de forme parallélogramme, est

distribué en une cella, avec deux portiques à ses extrémités; l’un formant porche d’entrée, et profond de plus de deux entre-colonnements, l’autre profond d’un simple entre-colonnement , et tous deux dans leur face, divisés par quatre colonnes . assises sur un soubassement de trois marches en gradins , qui entourent l’édifice. Au fond du sanctuaire est placée la statue de la Déesse, regardant le côté de l entrée.

En élévation, on voit les mêmes gradins, profilés d’une large plate-bande; celle de la marche supérieure sert de socle-continu aux bases des colonnes, lesquelles sont d’ordre Ionique, cannelées, et terminées par le chapiteau de ce mode , que l’on reconnaît à ses deux volutes ; le tout surmonté d’une haute architrave; d’une frise ornée d’un sujet sculpté, représentant les cérémonies et les sacrifices offerts à la divinité, et couronné d’une simple corniche. Aux deux extrémités , ou faces principales , est un fronton orné dans son tympan. A travers l’entre-colonnement du milieu de la façade, on aperçoit les traits de la Déesse, Symbole du génie de V agriculture, et des récompenses offertes au travail.

Que l’on considère l’ensemble ou les détails de cette charmante production on ne peut s’empêcher d’y remarquer cette simplicité , cette fermeté , unies à la finesse , en un mot , cette grâce qui sera toujours sentie, et jamais définie.

La première médaille (pl. io.) donne le plan du monument: le tableau au-dessus est la vue perspective de la façade du côté de l’entrée.

Le deuxième médaillon offre le chapiteau et la base détaillés d’une colonne de l’édifice , comme étant un des plus anciens exemples de Tordre ionique.

Monument choragique, de Lysierates à Athènes. On n’a pas besoin de demander à qui ce petit édifice est consacré : ce trépied porté comme en triomphe et basé sur une toiture couverte de lauriers sculptés ; le bas-relief figuré de la frise ; d’autres trépieds également retracés, et en général une architecture élégante d’ordre Corinthien ;

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tout annonce qu’il a ëtë formé en l'honneur de nourrissons et de partisans des Muses; et l’inscription de l’architrave vient particulariser le fait, on y lit: «Lysicrates de Cicyne, fils de Lysittiides,

« AVAIT FAIT LA DEPENSE DU CHOEUR. La TRIBU AcAMANTIDE AVAIT « REMPORTE LE PRIX PAR LE CHOEUR D ES JEUNES GENS. Thf'oN ETAIT LE « JOUEUR DE FLUTE. LySIADES , ATHENIEN, ETAIT LE POETE ! EvAENETES,

« l’archonte. »

Entre les qualitës qui lui sont communes avec les autres monuments, celui-ci, malgré sa dëlicatesse, non-seulement, prësente l’aspect de la stabilité , mais en réalise encore le fait, puisque l’on suppute aujourd’hui qu’il a traversé près de vingt-deux siècles.

Il est construit en marbre blanc ; ses colonnes d’un seul bloc, ont environ 9 diamètres 1/2 de hauteur et recouvrent les joints des panneaux ou nus , autour desquels elles sont groupées.

Pour nous renfermer autant que possible dans le format que nous avons adopté, et afin d’obtenir un peu plus de développement dans les détails, nous avons séparé du soubassement , la partie supérieure et délicate du monument (pl. 10.)

Au-dessous, la première médaille présente en entier le plan et l’élévation du monument considérés géométralement.

La deuxième médaille retrace en détail, le chapiteau et la base d’une des colonnes, comme un des plus anciens exemples de Tordre

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