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DE POMPÉIA

Pompéia dont le nom rappelle les pompes et ceremonies observées par Hercule abordant dans l’Italie; Herculanum, dont l’aspect n’est pas moins intéressant, et les diverses Monuments que nous avons déjà remarqués chez différents peuples, nous prouvent que les anciens savaient en quoi l’architecture peut contribuer au bonheur de la société et aux jouissances privées, c’est ce que nous observerons particuliérement à Pompéia, où l’on trouve de grandes marques de l’un et de l’autre avantage.

A bien le considérer , notre exemple n’offre rien d’imposant ni de colossal; au contraire, ses édifices sont généralement d’un petit module; mais, le voyageur est ému par d’autres charmes; il l’est, par un principe d’utilité publique partout en évidence , par une judicieuse disposition de lignes, soit en plan, soit en élévation, d'où résultent des effets d’optique et d’harmonie qui attachent autant que la sculpture qui y est, par-tout, d’un grand goût de dessin et d’exécution; puis enfin par des peintures variées des plus vives couleurs, et appliquées sur les parois des murs des temples, des monuments civils et même des habitations privées. Dans ces dernières par exemple, le terrein a-t-il manqué? on en voit les limites prolongées par des perspectives étudiées, délicates et toujours prononcées de ton; le bas des murs, même de ceux extérieurs, représentent des hayes, des roseaux élégamment enlacés de verdure et de fleurs; autre-part ce sont des sujets héroïques d’une simplicité divine, des réminiscences de symboles d’autres peuples, des scènes ou président les Muses , des exercices gymniques , des instruments à tous usages et jusqu’à de simples aliments journaliers.

Nous allons, à l’aide de quelques exemples, essayer de donner une idée de cette agréable Cité composée de trois parties principales , savoir: Celle, des monuments des souvenirs, qui forme le côté de l’entrée sur la voie d’Herculanum ; Celle du centre ou le lieu des

GRANDES UTILITES PUBLIQUES CIVILES ET RELIGIEUSES; Celle enfin, CON¬ SACREE a l’instruction , et qui forme l’autre extrémité de la ville.

Entrée de Pompéia par la voie d’Herculanum. Notre première remarque sera que le chemin se trouve distribué en trois parties dont celle du milieu est réservée pour les chars , et laisse les deux autres pour les personnes de pied ; il est bordé de chaque côté par des Monuments de souvenirs, qui appellent d’abord l’attention par leurs formes et leurs détails gracieux , et qui affectent ensuite sensiblement, lorsqu’on apprend qu’ils sont érigés en mémoire des principaux défenseurs de la patrie; de Guerriers, de Législateurs, de Magistrats, de Poètes, et enfin de Citoyens Vertueux.

Sur les bords de la voie est également le Triclinium public ou enceinte pour les repas funéraires, décoré de fresques dont les sujets n’ont rien de repoussant: on voit, dans ce lieu, des lits en banquettes, une table de marbre, ainsi qn’un autel pour recevoir les Dieux-Mânes ; plus loin , pour la méditation sont trois exèdres ou sièges stables ; l’un forme grotte et les deux autres en hémicycles sont à découvert et à l’exposition du nord; près de l’un de ces derniers, est un oratoire dédié à une Divinité Champêtre; enfin, comme la loi qui met un terme à la vie, n’a rien de répugnant pour ces peuples philosophes, et, que d’un autre côté, ils aiment à se ressouvenir des personnes illustres; on voit, parmi ces édifices austères , des Ville ou maisons de campagne et des galeries couvertes où l’on trouve des boutiques pour les besoins de la vie. La porte de la ville présente un péristyle profond , de la forme d’un arc de triomphe, percé de trois bayes, selon la distribution du chemin, cest-a-dire, répondant aux deux marges de côté élevées d’un pas sur sa voie du milieu.

Le tableau inférieur de la planche 19, donne le plan de l’entrée de la ville et d’une partie de la voie d’Herculanum. Au-dessus, est la vue de cette voie et des Monuments qui l’accompagnent, et, dans le fond, de la porte de la ville.

Forum ou quartier des grandes utilite's religieuses et civiles. Entrant dans la cité, close par une enceinte d’un beau style, après avoir passé devant plusieurs Iles cohabitations , (nous donnerons quelques détails de l une des principales, la Maison Pansa, ), nous trouvons le forum et ses dépendances, ou deuxième partie de la ville, réunissant le Temple principal et des Édifices publics, tels: qu’une Basilique où se rend la justice; un Dépôt de grains; le Lieu où se conserve la mesure publique; une Salle des monnaies, appelée Chalcida ; une Salle de sûreté ou de police; plusieurs Area secondaires ou enceintes religieuses ; le Tout circonscrivant le grand espace ou forum qui sert alternativement de lieu de réunion poulies grandes assemblées religieuses et civiles, puis de marché public.

Par le chemin que nous avons tenu, nous sommes justement dans la direction d’une galerie ouverte qui forme un des grands côtés de la place et que soutiennent cinquante colonnes d’une seule file.

Descendantdans le parvis, et dans la ligne du milieu, nous voyons, en tête de l’espace, s’élever le Temple consacré à Jupiter; cet édifict a pour base un soubassement de dix - sept marches , d’un effeî théâtral et divisé en deux plans ; celui du bas est avec perron aux deux côtés et flanqué de deux piédestaux surmontés de groupes de sculptures ; le milieu forme un stylobate sur lequel pose un autel ; au-dessus est le perron, de toute la largeur de l’édifice, avec piédestaux et figures également aux angles: à ce dernier point d’élévation, on est arrivé au sol d’un beau péristyle, de six colonnes de face sur quatre entre-colonnements de profondeur, sous lequel est la grande porte de la Cella, qui laisse apercevoir, l’intérieur du sanctuaire, son pavé en mosaïque, ses deux galeries latérales d’ordre Ionique , puis la statue du Dieu et les cinq cellules voûtées du fond.

La façade de ce temple est d’ordre Corinthien surmonté de son entablement orné dans la frise, et d’un fronton avec groupes de sculptures au-dessus; à ses deux côtés, sont deux arcs de triomphe, de proportion à le laisser dominer.

En rentrant dans notre longue galerie, et en la parcourant, nous voyons quelle donne entrée, d’abord , par huit bayes, au dépôt de blés et à différents passages; puis, par cinq ouvertures, à l’enceinte du Temple de Vénus (c’est dans une de ces dernières bayes que l’on garde la Mesure- Etalon. ) Cette enceinte secondaire est entourée d’une galerie soutenue des quatre côtés par quarante - huit colonnes , et au milieu et sur un soubassement élevé de dix-neuf marches, est érigé le Temple qui se compose simplement d’une cella soutenue, aux quatre angles, par quatre pilastres; la grande porte laisse apercevoir la statue de la Déesse, et l’autel est placé au bas du perron ; ce lieu dégage , par deux ouvertures , sur une voie publique qui vient s’arrêter à la grande galerie, et n’empêche pas d’aller à couvert trouver la Basilique. Cet autre bel édifice, précédé d’un espace découvert , présente , d’abord ; une galerie distribuée par vingt-huit colonnes , d’ordre Ionique, pourtournant une grande nef à l’extrémité de laquelle est placée la statue de Thémis; puis dans le fond, la chambre du tribunal; celle-ci forme loge ornée, sur la nef, avec de petites colonnes, et est éclairée, à l’extérieur, par cinq bayes. Les deux escaliers, à côté de cette salle, montent aux tribunes qui offrent un double étage régnant sur les deux galeries, et qui, également soutenu par des colonnes isolées , forme promenoirs ouverts sur la grande salle. L’édifice dégage sur les voies publiques, savoir: à droite, sur celle de notre temple déjà cité, et à gauche, et parallèlement à la précédente, sur une autre voie oii sont des entrées à des habitations particulières dont la distribution présente deux exemples de la variété de la Maison Grecque : celles-ci, ont une vue très-étendue, le sol, sur lequel elles sont situées , étant presqu’à pic.

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A la suite de ces habitations, et se rapprochant du milieu du Forum, on trouve les bâtiments de service du gouvernement, la salle de sûreté et la salle des monnaies, etc. , puis une voie publique à l’entrée de laquelle est une fontaine. Toute la partie droite de cette voie est formée par la galerie ouverte qui borde la place et en compose le troisième côté ; celui-ci est isolé de manière à ne pas intercepter la lumière aux bâtiments riverains, et à laisser libre le passage des chars; il en est de même du quatrième côté qui est distribué par une autre longue colonnade également ouverte, d’abord : sur des bâtiments publics avec exèdres ; puis, sur un autre oratoire ayant son vestibule, son SaceMum ou petit oratoire et son enceinte, au milieu de laquelle est érigé l’autel; ensuite, sur une seconde enceinte, également religieuse; enfin, sur des cases ou boutiques au milieu desquelles est un Sacellium.

Le Forum, ainsi circonscrit de bâtiments, présente un parallélogramme d’environ cent trente mètres sur trente-six, orné d’un parvis, d’une ordonnance régulière, sur lequel sont érigés : un arc à Janus, placé dans l’axe et en regard du temple; six piédestaux dont deux grands, accompagnant l’arc, portent des chars de triomphe ; attelés de quatre chevaux ; puis douze autres , répartis sur la surface du parvis, et portant des statues pédestres et équestres, en marbre ou en bronze.

Nous ne saurions nous dispenser de faire observer que cet ensemble, indépendamment de l’impression morale qu’il produit, est encore remarquable par la variété de ses dispositions locales, par ses grandes parties et ses accessoires toujours remplis de goût, ainsi que par ses divers plans, vus à travers les colonnades, les uns ombrés par la galerie, les autres éclairés par suite de leur isolement, ou par les échos de lumières venant des enceintes secondaires et présentant des effets d’optique très-multipliés, puis, en-dessus des colonnades, par la vue des Monuments qui reparaissent alors selon leur variété, leur importance et leur caractère. C’est bien, on le sent, dans cet

ordre particulier cpie le goût a heureusement allie la symétrie au pittoresque naturel et aimable.

Voyez (pl. 19) , le plan du Forum et d’une partie des édifices qui l’entourent; puis, au-dessus, la vue perspective du Grand Temple de Jupiter, en tête du parvis.

Quartier de l’instruction. En poursuivant notre chemin dans cette ville gracieuse , nous sommes arrivés à une partie non moins intéressante, celle qui est destinée à V instruction. Elle se compose du Grand et du Petit Théâtres, de l’Ecole publique, du Quartier des soldats ou promenoir, et du Lieu de réunion des philosophes, le tout groupé avec d’autres petits temples et habitations qui en dé¬

pendent.

Pour donner une idée juste de la topographie de cette troisième partie, nous dirons que le groupe d’édifices dont nous venons de parler est sur le penchant d’une colline, coupée à pic, et qui forme déjà le côté droit du Grand Théâtre ainsi que de son promenoir: le sommet de cette première limite est tracé par un mur, en ligne droite, auquel est adossée une galerie ouverte, en dehors, à l’exposition du sud, et soutenue par un rang de soixante colonnes; ce couvert vient aboutir à un élégant portique, d’ordre Ionique, formé de huit colonnes, au pied d’une desquelles est un cype jetant de l’eau. Ce portique double et regardant la galerie, communique à un autre promenoir également d’une grande longueur. C’est dans cet espace, formant triangle, qu’est érigé un Temple d’ordre Dorique, de même caractère que le Parthénon, et basé sur un soubassement de trois gradins avec perron, au devant, pour y monter facilement. En face , 011 voit le victimaire et deux autels près desquels est un de cespetits Temples ronds ou Autels couverts que les anciens érigeaient sur les endroits frappés de la foudre.

Notre première galerie de limite donne entrée à quatre lieux différents, savoir: aux Ecoles; dans les Corridors couverts du théâtre; à l’Escalier dégageant du haut en bas jusqu'au sol de la scène; enfin

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à un autre Escalier descendant trente-quatre marches derrière le Proscenium.

Les Ecoles sont précédées d’nn passage donnant dans 1 Area où se réunissent les philosophes. Au milieu de cette aire, on voit un puits, et adossé au mur, une petite estrade stable. Le local de 1 école, auquel on descend par trois marches , présente un espace dont trois côtés sont entourés d’un portique continu, soutenu par dix-neuf colonnes : sous le portique d’entrée, sont trois salles dont une est un exèdre attenant au portique; en retour et sur le parvis, est une tribune avec ses dégrés pour y monter; à côté est un autel; (ces divers accessoires sont également stables) au côté opposé est une autre entrée sur la voie du portique onique.

En descendant cette voie, nous entrons dans une autre enceinte entourée de portiques sur ses quatre côtés. Au milieu de Faire s’élève un Edifice ou loge très-décorée et dédiée à la nature sous le nom d’Isis; on monte, par un perron de six marches, au péristyle, de quatre colonnes de front sur deux entre-colonnements de profondeur, formant, en sus et de chaque côté un arrière corps; la Cella, trèsouverte sur cette entrée, et dans le fond de laquelle est un petit réduit, dégage de côté, par une porte, sur un autre perron. Les dépendances sont: un grand salon éclairé, par cinq bayes, sur la galerie du fond; sur le côté, une Pièce de dépôt des instruments de sacrifices , laquelle communique avec les locaux précédemment décrits; et, dans l’angle opposé à l’entrée, X OEdiculum ou petit édifice qui couvre et enveloppe le Puits sacré auquel on descend par un escalier. De ce même côté, la galerie donne entrée au logement du gardien de l’enceinte; il se compose d une chambre, d’une salle de bains et d’une cuisine auxquelles on monte par un petit escalier dégageant dans le passage qui , de la rue, conduit au grand théâtre.

Par continuation et détournant l’angle de la voie, la première porte est l’entrée de la petite enceinte du temple d’Esculape; d’abord, on y trouve son portique de trois entre-colonnements , puis , au

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