‹ Du génie de l'architectureChapitre 18 sur 31 · DE L’ART DANS L’INDOUSTAN · texte numérisé non relu

DE L’ART DANS L’INDOUSTAN

C’est encore des monuments de Tlndoustan , mais de ceux érigés en partie sous les Bracmanes connus, que nous voyons sortir ces supports symboliques , généralement sveltes qui caractérisent les édifices du Moyen âge en Europe. En effet , à partir de la pointe de la presqu’île, en deçà du Gange, jusqu’à Sirinagar se présente une longue suite de monuments de ce genre, dont nous ne citerons cependant que les principaux ; tels sont , par exemple :

A Madhoureh, la belle Forteresse contenant, dans son enceinte, une pagode pyramidale sculptée , consacrée au soleil ; une tribune trèsélevée et ouverte, d’où Ton voit, d’un coup d’œii , l’ensemble des cérémonies qui se font dans l’enceinte; le palais et la salle pompeuse où le prince rend la justice; un Tchoultry ou hospice dédié à l’humanité , ayant également une vaste salle traitée à la manière des monuments sacrés , et dont nous donnerons une idée particulière.

A Tanjaour, une autre pagode , également de forme pyramidale, appelée La Grande , elle est en effet remarquable par l’étendue de sa base, par sa hauteur, par sa multiplicité et la richesse des basreliefs et des statues qui en décorent la surface ; elle a environ deux cents pieds d’élévation sur une base égale aux deux tiers de sa hauteur; le sommet se termine en une espèce de dôme ou couronne surmontée d’une boule et d’une pointe de métal ; de nombreuses fenêtres sont distribuées d’espace en espace. Dans la masse et au milieu de l'édifice, est réservée une salle carrée où les Bracmanes pratiquent leurs cérémonies religieuses à la faible lueur d’une lampe suspendue à la voûte. Telle est en général la disposition intérieure des pagodes de Déogor , et à Tanjaour, celle de la plupart des monuments consacrés à la Nature et au Soleil. Les jours de certaines fêtes, nous

voyons à Tanjaour notre pyramide produire, au moyen des lampes placées aux fenêtres, une illumination mystérieusement brillante , et des peuples se rendre en fouie dans ce lieu sacré. Dès la veille, et pendant toute la nuit, nous y entendons retentir le son des flûtes, des hautbois, le bruit des tambours et des coups de feu, mêlés aux accents fervents et religieux de la multitude. Cette pagode est consacrée à Siva, troisième personne de la Trinité indienne, dont la principale attribution est le changement de forme ( la destruction et la réformation ). Elle est représentée sous la figure d’un Boeuf appelé Nandi, ici emblème de la Fécondité et de la Justice divine , comme il l’était chez les Egyptiens sous le nom d’ANOUFi , c’est-à-dire, abondance et fertilité. Notre symbole est placé au - devant du monument sous un reposoir que nous montrerons comme exemple du type svelte et symbolique.

Vient ensuite la Pagode de Tritchinipali , au pied du fameux roc à pic de ce nom , auquel on monte par cinq cents degrés.

De cette pagode nous passons à celle de Chalembrom dont l’enceinte est fermée de murailles, hautes de trente pieds et en ayant sept d’épaisseur à leur sommet, percées de quatre portes pyramidales , dont une de cent cinquante pieds d’élévation est toute couverte , comme on le verra, de sculptures significatives. Cette pagode comprend quatre autres enceintes particulières, dont une au centre renferme, pour les purifications, une grande piscine entourée d une colonnade et de gradins pour y descendre; la seconde, qui est au sud, forme un cloître au milieu duquel sont trois chapelles contiguës , nommées Chabëi , qui ne sont éclairées qu’au moyen de leurs portes et de lampes; la troisième, à l’ouest, forme également un cloître au milieu duquel est un portique ouvert , soutenu par cent colonnes en quinconce qui portent de grandes pierres pour plafonds; le quatrième, attenant à la précédente, est de la forme d’un cloître carré, elle contient le Dara-C liabéi ( oratoire sacré); c’est la principale des trois chapelles placées a l’ouest de Chwin-Ganga, (fleuve de Siva) ; elle renferme une

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source nommée le Fossé de la joie éternelle ; c est une petite piscine également avec cloître auquel on monte par un perron de neuf marches. En face est un portique soutenu cle trente-six colonnes dont l’entre-colonnement est ouvert du double dans le milieu, et au fond duquel est une grande porte d’entrée donnant dans une nef avec portes aux deux côtés. Au centre de ce ponique est une estrade sur laquelle est le Bœuf N andi^ puis , à travers une porte moins large que la première, on aperçoit la statue de Siva. Ce lieu, rempli de sculptures, ne reçoit de lumières que par des lampes très-soigneusement entretenues. En avant est une autre chapelle , fermée de trois côtés, par des murailles, et ouvertes sur la face; on monte par un perron à sa nef et à ses bas côtés présentant, chacun, vingt-sept colonnes.

Mais rien n’égale l’effet du Temple à l’Est de la piscine: il est élevé sur un tertre de deux cent dix pieds de large sur soixante de long, auquel on arrive par une avenue de colonnes sculptées, et de trente pieds de haut. Ce temple est composé de mille colonnes parfaitement distribuées en quinconces ; seulement, l’entre-colonnement parallèle à l’entrée est double, et celui qui conduit au temple est ouvert de trois espaces. C’est au bout de cette seconde avenue, et vers le milieu en profondeur du tertre , que commence le corps du temple qui se compose d’une grande salle préliminaire, de forme carrée , à quatre issues dont celle du milieu entre dans la Cella formant sanctuaire , et à l’extrémité de laquelle est placé l’autel revêtu de plaques d’or. C’est auprès de cette chapelle appelée Nerta-Chabeï , Chapelle de la Joie , et aussi Ananda-Chabeï , Chapelle de V Eternité , que se trouve' un mât de pavillon , Kodi Kamham , auquel on suspend un drapeau les jours de fête , temps où l’on promène aussi l’idole sous la colonnade décorée de draperies , de guirlandes et de couronnes de fleurs que l’on attache à des cordons fixésaux chapiteaux des colonnes. Après avoir fait, sous cette immense colonnade ainsi ornée, le tour de la chapelle, la procession y entre comme dans un reposoir, et

l’on place, pendantquelqu.es instants, la statue de la Déesse sur l’autel au milieu du sanctuaire. ( Nous donnerons une idée de la principale Pagode de Chalembrom , et des piliers de la porte du Nerta Cliabëi ).

Continuant notre revue rapide , c’est dans le Maissour , nommé à juste titre Lal-Bagh, Jardin de rubis , que nous voyons une immense et majestueux édifice consacré par la piété filiale ; c’est un magnifique Mausolée servant aussi à la sépulture de la dynastie Musulmane. Il est dans une enceinte, sur un tertre, de plus de six pieds de haut, encaissé d’une muraille soigneusement profilée ; il présente une grande cella entourée de portiques, qui domine de beaucoup ces galeries, et se termine par un dôme en forme de globe, orné et richement accompagné d’autres petites coupoles ou globes faisant allusion aux corps célestes. On remarque , au côté gauche du monument et sur le tertre, une galerie ouverte ayant , à ses deux extrémités , deux minarets très-élevés ; et dans l’espace opposé et sur la même aire, des tombes d’un aspect simple. Dans l’enceinte sont d’autres portiques sous lesquels demeurent les religieux auquels est confié le soin de ce Monument , puis des Tchoultry ou hospices ouverts aux voyageurs.

Nous passerons les célèbres Rochers sculptés de Mavalipouram, si connus des navigateurs, comme point de reconnaissance, sous le nom des Sept Pagodes. Nous laisserons également le rocher creusé et sculpté dans une longueur d’environ soixante-douze pieds, où l’on observe entr’au très traits de la mythologie Hindoue, celui qui représente Apollon entouré des Gopia (laitières) les Muses.

A Bangalore , nous remarquons un beau Palais dont chaque façade est en rapport avec un des points cardinaux , et donne entrée à une salle haute ouverte en galerie à l’extrémité, et dont le comble en bois est soutenu par des piliers , de même matière, en forme de vases : des arceaux élégamment découpés en cavet, unissent ses piliers entr eux. Le tout est peint et doré avec beaucoup de soin; sur les parvis, au-devant de chacune de ces façades, est une fontaine jaillis-

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santé. Ce palais est accompagné de jardins distribués en, plate-bandes particulières pour chaque espèce d’arbres ou de plantes ; on y voit briller les plus belles fleurs de l’Inde et quelques-unes de l’Europe ; puis , sous des pommiers croissent aussi les pêches et la vigne.

A Talicot , ce sera la Pagode avec son enceinte et la chapelle du bœuf de Siva , d’environ douze pieds de longueur sur huit et demi de hauteur, et qui, dans les jours de fête, est chargé de guirlandes de fleurs et de riches draperies.

A Canji-Pouram , ce seront ses Habitations d’un étage, ses rues larges plantées de lignes de cocotiers encaissés de murs, à hauteur d’appui, peints de lignes blanches et rouges; puis les deux principaux Temples dédiés , l’un à Isouara ou Siva et au Linga , l’autre à Parvati , épouse de ce Dieu, et que l’on appelle encore Lyoni , nom par lequel on entend le Principe sacré de la génération humaine. Le temple d’Isouara est le plus considérable: il se compose de trois enceintes, toutes trois de fortes pierre de taille; l’entrée de chacune est surmontée d’une pyramide, à sept étages , semblables à celles de Tanjaour; elles sont également couvertes de statues et de figures sculptées en bas reliefs; un escalier conduit au sommet de chaque pyramide d’où l’on découvre les tableaux les plus riches, tels que des bois, de larges nappes d’eau, et d’innombrables Kovils , ou pagodes environnées de bosquets délicieux. Après avoir passé la première enceinte , à gauche de la première porte d’entrée, on trouve, sur un plan carré, un édifice à mille colonnes couvertes, pour la plupart, de figures, en bas relief, très-bien exécutées. Un éléphant attelé à un char sert de rampe à l’escalier par lequel on monte à ce Mandapan ou reposoir où se voit, au centre, la statue de Wichnou : cette deuxième personne de la Trinité Indienne quitte, deux fois par an, son temple pour venir visiter Siva ou Isouara. Cette translation mystérieuse , très- significative , se fait processionnellement par le moyen d’immenses chars uniquement destinés à cet usage. Vis-à-vis la salle aux mille colonnes , se trouvent une Vaste Piscine servant aux pu-

rifications , et plusieurs petites pagodes dont une est toute couverte d’inscriptions; les autres sont ornées de bas-reliefs divisés en compartiments et représentant des passages de la mythologie Hindoue.

Parmi ces oeuvres du génie, variées à l’infini, et toutes de destination sacrée, nous distinguons encore, dans le Malabar, une Pagode située presque sur les côtes du Coromandel. C’est une masse de rochers creusés et sculptés, formant une pyramide terminée par un dôme. L’entrée semble défendue par quatre Sinhâ (lions monstrueux dépourvus de crinière), et par un taureau : sept petits édifices, placés à la droite de la porte, couvrent autant de Linga , d’un granit noir et poli, et hauts de deux pieds; les uns sont ronds, les autres taillés à facettes, dans la partie inférieure du monument, il règne un fond uni; large de six pouces, et rempli d’inscriptions.

Viennent ensuite les Excavations d’ELORA, distribuées en plusieurs étages, sur une ligne d’environ deux lieues. Les plus remarquables, pratiquées dans une montagne taillée à pic, se dirigent du sud-ouest au sud-est, dans une étendue d’environ une demi-lieue et sur un plan légèrement circulaire. Le rocher est composé d’un granit rouge extrêmement dur , dans lequel ont été creusés d’innombrables Temples > chapelles, corridors de différentes dimensions, tous trèsornés de figures de ronde-bosse et de bas-reliefs.

ASiringam, on remarque une immense Pagode comprenant sept enceintes qui sont autant de carrés concentriques, jusqu’à l’enceinte sacrée qui environne immédiatement le temple et dont le sanctuaire occupe le centre. Dans ce lieu l’on voit, en sculpture coloriée, la Divinité bleue , (Wichnou) couchée sur le serpent appelé Ananta (sans fin), et Sécha , (durée) ainsi que d’autres personnages du Panthéon Hindou. Tout ce grand ensemble est distribué en portiques formant cloîtres, et en langues ou piscines, en Pagotins ou petits temples et enfin en Tchoultry ou hospices.

Sous la forme d’un parallélogramme , mais moins considérable que la précédente, ce sera la pagode de Djembarrichna , entourée,

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à 1’extérieur, d’une large plate-bande de verdure; en entrant par la porte toujours symbolique, ce lieu saint se compose d’un grand cloître entoure de chapelles consacrées à la Nature qui y est représentée dans ses diverses transformations célestes et terrestres; on voit, dans le milieu du temple, une grande image de V richabha , Dieu des Djaïns, figuré par une belle tête , de couleur bleue , prenant naissance dans un vase de même couleur, et coëffée d’une guirlande de pampres et de fleurs les plus fraîches et les plus variées, laquelle descend jusqu’à la base de l’Attribut. A gauche, est une colonne d’or, surmontée d’une flamme, allusion au feu sacré; au côté opposé, est un religieux au pied d’un V ata , ou figuier de l’Inde, très-abondant en feuilles et en fruits, et venant ombrager un globe richement orné, aux deux côtés duquel est l’effigie du bœuf Nandi, monture de Wichnou; parmi les autres emblèmes, on distingue, Ganecha à la tête d’éléphant; Gômet-Iswar assis sur ses talons, et deux Apsara ou danseurs célestes.

Il est encore dans ces contrées bien d’autres monuments religieux, surtout de forme pyramidale, tous décorés symboliquement et d’un grand effet, mais nous passons outre, pour en venir aux trois exemples que nous avons choisis, savoir: le Reposoir devant la grande Pagode de Tanjaour; la principale Pagode de Chalembrom, avec les piliers de la porte du Nerta-Chabeï; enfin, la Grande Salle du Tehoultry de Madhoureh.

Reposoir devant la grande pagode de Tanjaour. Son plan, en continuité de sol et dans la direction de la porte de la Pagode, est fort simple; il se compose de seize piliers formant deux bas côtés et une nef au milieu de laquelle est placée l’Idole: le tout est érigé sur un tertre encaissé de riches soubassements, et qui s’élève sur une première plate-forme décorée de groupes de sculptures et plantée d’arbres aux quatre angles. On descend du sol supérieur, par un perron régnant dans toute la largeur de l’intervalle entre la Pagode et le Reposoir, et du deuxième tertre au soi de l’enceinte,

par quatre perrons places aux quatre extrémités. Les seize piliers supportent une toiture générale en plate-forme; les piliers intérieurs auxquels sont adhérents des renforts en encorbellement , supportent le plafond de la nef, plus élevé et plus étendu que les plafonds des bas-côtés.

Mais il ne s’agit point ici des dispositions matérielles de ces supports; c’est leur richesse, leur caractère, leur expression, si nous pouvons le dire, qu’il faut admirer. Comme ils appartiennent bien au Symbole, par les attributs dont ils sont chargés! que ce Symbole lui-même est bien placé pour être vu de l’enceinte, et d’une manière encore plus magique si l’on se suppose de l’autre côté, ou même dans la salle de la Pagode!

De ce lieu, qui ne reçoit de lumière que par ses grandes portes d’entrée, l’on voit alors le simulacre colossal du bœuf, orné les jours de fête, de Guirlandes, de couronnes de fleurs très-artistement tressées , puis , accompagné du mât et de son pavillon , de groupes de sculptures allégoriques et d’arbres placés aux angles du soubassement. Supposons encore que ce soit la nuit ; nous voyons l’Edifice éclairé par une grande quantité de lampes suspendues aux corniches, à quoi nous joignons l’effet général de la grande Pagode, également éclairée, et de laquelle sortent les sons modulés de divers instruments. Nous ne rappellerons pas ici, les cérémonies pompeuses que ces peuples pratiquent devant le bœuf qui est pour eux, comme nous l’avons dit, une allusion à la fécondité et a la justice divine , nous ferons seulement remarquer que le génie a fait parler la matière sous deux formes différentes, le type à l’aspect stable et le type svelte.

La première médaille (pl. 28) offre le Plan du reposoir et de ses soubassements qui se rattachent à la grande Pagode. Le tableau supérieur est la Vue perspective du reposoir où l’on remarque le bœuf, d un seul bloc de porphyre, de treize pieds de haut sur seize de long et dont le poids est évalué deux cents milliers. Ce qui ajoute

encore au merveilleux, c’est que la carrière d’oii ce bloc a été tire, est à plus de trente lieues de Tanjaour.

La deuxième médaille est la vue générale de la Pagode, regardant l’entrée et l’enceinte qui lui est adhérente.

Grande Pagode de Chalembrom , et details de la porte de l’Ananda-Nepcta-Chabeï. Cette Pagode fait partie principale du vaste ensemble dont on a pu se former une idée générale, dans ce que nous avons dit plus haut; elle est, comme toutes les pyramides, monument Héliaque , et de plus, consacrée à la Nature; aussi peuton dire déjà, d’après sa structure, que le Génie l’a créée de la forme qui exprime le mieux la durée et la stabilité.

Son plan présente un parallélogramme percé d’une grande baye formant passage sous lequel est l’entrée de l’escalier montant aux sept étages qui sont articulés, au dehors, sur les deux faces principales , par sept ouvertures.

L’édifice, considéré verticalement, se compose d’un soubassement commençant par une moulure en quart de rond renversé; puis, d’un corps perpendiculaire orné de pilastres surmontés de moulures en retraite les unes sur les autres jusqu’à un dernier corps droit également orné de pilastres couronnés de deux moulures en retraite, lesquelles font partie d’une courbe gracieuse qui va s’élevant en forme de calice de fleur , renversé et tronqué à son sommet, et présente ainsi une plate-forme entourée d’une couronne symbolique ornée de fleurons et de bandes de cuivre doré. Chaque étage se divise en deux parties qui présentent, horisontalement et alternativement, un rang de bas-reliefs, en terre cuite, représentant des figures expressives qui se dessinent sur un enduit de ciment blanc appelé Tchena, puis, des cours de briques apparentes, offrant de petites niches, en forme de coquilles élégamment encadrées, pour recevoir des lampes. Enfin, le soubassement, également orné , est construit de belles pierres. Nous n’avons plus qu’à engager le lecteur à se supposer véritablement devant la Pagode de Chalembrom , c’est-

à-dire, aux pieds d’un Monument chargé désignés de gratitude et d’instruction, et élevé à plus de cent cinquante pieds vers le ciel, alors il devra se faire une idée de ce que nous nous abstenons de peindre ici.

Le tableau supérieur présente l’élévation du Monument et une partie des murs de l’enceinte ( pl. 29).

Dans la partie inférieure est le plan de l’édifice. Nous y avons joint le dessin des pilastres, et celui d’un arrachement de la chaîne en pierre, d’un travail merveilleux, qui unit ces piliers, lesquels font partie de la porte du monument des mille colonnes, ou Nerta- Ananda- Chabei , (chapelle de la félicité et de l’éternité).

Comme on le voit dant tous les monuments sacrés de ces peuples sensibles, le physique est subordonné au moral , et la pierre est chargée, avant tout, d’exprimer une idée: il en est de même dans l’édifice suivant.

Tchoultry, ( hospice ) à Madoureh. Ce monument est consacré à la Philantropie, comme l’exprime, entr’autres choses , une Salle immense que soutiennent cent vingt-quatre piliers , caractéristiquementdécoréset distribués sur trois rangs, formant une grande nef et deux galeries adjacentes de moindre largeur. Ces piliers sont de granit gris, de vingt pieds de haut, d’un seul bloc jusqu’au chapiteau, et soigneusement sculptés. L’on y remarque divers traits de l’histoire sacrée des Hindous, des anecdotes relatives à Tremal-Naïk fondateur de cet hospice, et des devises morales. Le plafond, composé aussi de bloc de granit, est orné dans son milieu, d’un zodiaque sculpté.

Comme la construction d’une pareille machine tient aussi du merveilleux, nous nous plaisons, d’après ce qui nous est parvenu, à rapporter les moyens dont on s’est servi pour l’ériger, entr’autres, pour placer les blocs de granit formant le plafond et ayant, chacun, plus de quarante pieds d’un pilier à l’autre. On creusa d’abord les trous pour recevoir les piliers, jusqu’à ce que l’on

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eut atteint le sable; quand on ne le trouvait qu’à une plus grande profondeur que celle déterminée, on rapportait du sable ou du gravier que Ton battait fortement, jusqu’au degré de densité de terrain naturel, ou jusqu’à la représentation du poids que cette nouvelle terre devait porter, ces piliers, qui n’étaient que dégrossis, ainsi placés, étaient de tous côtés, entourés de terre formant des plans inclinés sur lesquels, entre ces supports, on poussait les pierres d’encorbellement et de plafond jusqu’à leur destination. Les plafonds une fois fixés et revêtus, au-dessus, d’un lit de briques liées avec du Tchena, l’on déblayait, au fur à mesure, les terres qui servaient ainsi d’échafaud pour terminer l’ouvrage.

(PI. 3o.) Le tableau supérieur offre la vue perspective intérieure de la grande salle. Dans la partie inférieure, on voit le plan de cette même salle et des galeries qui l’accompagnent. A gauche est le détail d’un pilier symbolique, consacré à la Trinité Indienne. A droite est le Zodiaque de Verdah-Pettah à quelque distance de Madoureh , et que l’on regarde comme le plus complet dans ce genre. L’on y voit, au milieu , le Symbole du Dieu de l’univers et deux crochets auxquels on suspend le trône de V Idole ; ensuite, le Pot d’eau , le Poisson , le Bélier , le Taureau, les Gémeaux, l’Ecrevisse, le Lion , la Vierge, la Balance , le Scorpion, V Arc et le Capricorne.

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