COMPOSITE
architrave .
ses <
frise .
corniche .
ENTRE-COLONNES
baie
en arcade .
idem
avec piédestaux.
imposte .
archivolte .
DE LARCHITECTURE. l5^
Ces diverses parties sont elles-mêmes subdivisées en plusieurs autres, par exemple:
La Corniche de l’entablement contient, en général, trois membres distincts ; celui qui commence et porte la première saillie, et que l’on appelle Encorbellement , avec ou sans denticules, modillons ou mutules (autre large modillon); la partie carrée au-dessus appelée Larmier ; enfin, celle qui recouvre le tout et qu’on nomme Cymaise de couronnement. La Frise de l’ordre Dorique est divisée en Triglyphes et en Métopes , l’Architrave a des subdivisions formées par des faces et des moulures. Le Chapiteau a son couronnement qu’on nomme Tailloir , pour les trois premiers ordres, et Abaque pour les deux autres : cette partie est portée sur la moulure à recevoir les oves, et accompagnée de volutes dans les ordres Ionique et Composite ; plus bas est le Gorgerin qui est déjà orné dans l’ordre Dorique, et sur-tout, dans les deux derniers ordres, de trois rangs de feuilles d’acanthe , de persil ou d’olivier , en y comprenant les Caulicoles qui reçoivent les volutes dans l’ordre Corinthien ; puis enfin X Astragale dernière partie du chapiteau, appartenant aussi au fût de la colonne qui, lui-même, dans les quatre derniers ordres, est creusé dans toute sa hauteur, de sillons appelés Cannelures. La base se compose d’un Socle portant plusieurs moulures dont une est répétée deux fois aux deux derniers ordres et est appelée Tore : à ces mêmes ordres ainsi qu’à l’ordre Ionique , les moulures creusées de la base sont appelées Scoties : de plus , tous ces membres partiels sont composés ou accompagnés de moulures carrées et courbées appelées, les unes Filet , les autres Baguette, Quart-de-roncl, Cavet etc.; de ces deux dernières moulures réunies, la première placée en dessus et l’autre en dessous, on a composé une moulure appelée Talon , et Doucine , quand elles sont placées dans l’ordre inverse.
Comme la grâce cl’une colonne dépend beaucoup du galbe de son fût et du passage agréable du diamètre inférieur (que Vignole fixe au tiers de la colonne) au diamètre supérieur, cet auteur présente une
méthode pour en déterminer la courbure, ainsi qu’un moyen pour tracer les volutes du chapiteau Ionique et les abaques des chapiteaux Corinthien et Composite: il propose également des ornements pour chaque membre de moulure, et des attributs pour les frises de chaque ordre.
Tels sont en masse les principaux points du système de Vignole; autant on en pourrait dire des préceptes des autres maîtres qui l’ont précédé ou suivi; préceptes qui, tout satisfaisants qu’ils sont, ne doivent être regardés, nous le répétons, que comme de simples propositions pour l’étude de degrés de caractère et d’harmonie ; et, à cet égard , si le sentiment de la vérité et des milliers d’observations ne nous avertissaient pas qu’il ne peut y avoir de règles absolues, nous n’en voudrions pour preuve que les ouvrages ostensibles et complets des auteurs eux-mêmes; ouvrages où nous reconnaissons généralement qu’ils en ont agi librement avec leurs propres règles; c’est en effet ce que l’on peut voir , entre mille exemples , dans la villa Giulia, où, depuis l’ordre Toscan, que Vignole y a employé, jusqu’aux ornements, tout est inventé ou modifié de manière à satisfaire les convenances, et à offrir surtout, le caractère d’une habitation aimable, d’un lieu charmant et varié, enfin, véritablement une œuvre de Génie.
Mais, pour en revenir à notre sujet principal, comme l'interprétation des systèmes en général n’a pas toujours été ce quelle aurait dû être, il est résulté de l’emploi absolu des Types, et surtout de ceux de notre dernier auteur, une physionomie générale dans tous les édifices, ce qui constitue une Époque qu’il faut voir commencer vers le milieu du 1 6e siècle, et se continuer, quoiqu’avec bien des nuances différentes , jusques et compris le temps de l’établissement de X Académie de France qui, à son tour, a exercé une influence dont nous aurons occasion de parler en présentant quelques-uns des produits spéculatifs de cette utile Institution : nous arrêtant donc à ces premiers temps particuliers, nous présenterons à la réflexion les édifices
DE L’ARCHITECTURE. l5c)
suivants, savoir: a Rome , la Basilique de Saint-Pierre; à Paris , dont nous donnons le Plan, le Portail Saint-Gervais, la Cour de
la Sorbonne et son portique, la Cour principale de l’hôtel des
militaires invalides, le Portail Saint-Sulpice, l’Eglise de Sainte- Geneviève, l’Ecole de Chirurgie, et enfin, le Théâtre Français , aujourd’hui Odéon.
On a déjà compris que c’est parmi des milliers d’autres monuments que nous choisissons nos exemples , à la tête desquels , après Saint-Pierre de Rome , il faudrait placer le monument élevé à Saint- Paul, à Londres; à Paris, l’Eglise des Invalides, le Val-de-Grâce , les Quatre-Nations, les Portiques du Louvre, le Luxembourg, la Place Vendôme, celle de Louis XV, l’École militaire, le Palais-Bourbon, etc; à Versailles, le Château, l’Orangerie, le grand Trianon, etc.; en Italie, ses innombrables dômes, ses églises et ses monuments civils; à Venise, également les monuments sacrés et autres édifices élevés par les Palladio, les Vignole, les Seamozzi, les Sansovino, etc.; à Casserte, le palais du Roi; et, enfin en divers temps, les monuments de la Russie qui, entr’autres, a aussi son Saint-Pierre; en Angleterre les édifices publics et les maisons de campagne où l’on reconnaît en général l’emploi des Types devenus Directeurs pendant cette époque.
Basilique de Saint-Pierre, à Rome. On peut dire de ce Monument qu’il est , par son ensemble couvert et découvert , le plus colossal et le plus extraordinaire qui ait jamais existé. Le temple est précédé d’une vaste place ouverte, dans son milieu, et bordée des deux côtés, par des galeries-circulaires, profondes de quatre rangs de colonnes cl’ordre Dorique, et au centre extérieur desquelles sont des fontaines jaillissantes jetant, ou peut le dire, des fleuves d’eau; dans la même direction , et au milieu de la place, est un obélisque de granit surmonté de la Croix fixée sur un globe; à la suite des deux galeries -circulaires en reprennent deux autres qui sont en ligne droite et fermées; celle de droite conduit au pompeux escalier de la tribune des bénédictions et toutes deux communiquent au péristyle du
Temple dont nous allons parler , après avoir remarque l’ensemble de la place qui est de forme mixte, et qui se lie , par un pavé de pierre et de marbre , avec ce qui l’entoure.
C’est au fond de cet espace, sur un perron en amphithéâtre, qu’est érigée la façade principale du Temple, ornée de colonnes et de pilastres d’ordre Corinthien avec leur entablement ; le tout , surmonté d’un attique, est percé de sept bayes par le bas, et par le haut, d’un pareil nombre éclairant les tribunes. Cette masse sert comme de base à quatre moyens dômes au centre desquels s’élève la fameuse coupole que Michel- Ange a voulu faire égale, en diamètre, à celle du Panthéon. Passant enfin sous le péristyle que l’on pourrait appeler une église, tant à cause de ses dimensions colossales que de ses décorations en peintures et en sculptures, on entre dans le Temple digne, en tout, de pareils préliminaires.
L’intérieur présente en plan, (pl. 4^ ire médaille), la forme d’une Croix -Grecque : il offre à la première vue, un percé principal qui traverse toute la profondeur du monument. La nef du milieu ouverte, de chaque côté , par trois grandes arcades , l’est encore sur des chapelles et arrière-chapelles d’une dimension colossale; ensuite, se reportant au milieu du dôme où s’élève le Maître-Autel, et d’où l’on descend dans le lieu dit la Confession, Simulacre de l’église primitive, on se trouve au centre de la croix ; une de ses branches regarde l’entrée, et les trois autres, terminées en hémicycle, offrent, chacune, une chapelle principale pour point de vue ; le centre du dôme et ces chapelles sont dégagés par une large galerie de circulation.
A la vaste distribution et aux grands aspects que présente cette masse principale, il faut ajouter la vue des autels, tous décorés de figures et d’ornements en sculpture, de riches marquetteries de marbres, de dorures et de peintures : ces dernières, représentant autant de sujets sacrés, exécutés d’après les tableaux des plus grands maîtres, sont impérissables étant faites en mosaïque. D’après cette simple indication , nous ne savons ce qu’en a pu penser le lecteur, s’il n’a pas vu
de l’architecture. 161
l’édifice; mais nous pouvons lui assurer, que la Basilique de Saint- Pierre est une des belles productions du Génie de l’Architecture ; que si le colossal de ses principales parties et de ses détails, n’est pas toujours, au premier abord, favorable à la masse qui est réellement immense, le spectateur, en parcourant l’Edifice, ne tarde pas à juger qu’il est dans un Lieu-d’ Unité extraordinaire et imposant.
Le tableau supérieur de la planche, est la vue perspective extérieure du Monument , y compris la Place qui le précède ; la deuxième médaille offre une vue intérieure , prise à l’entrée de la nef.
Plan de Paris, (pl. 43) La même raison qui nous a fait indiquer I’Egypte , la Grèce et I’Italie, comme des Principaux Sièges de V Art, a fait tourner nos observations vers la France; Paris est le lieu d’où nous tirons nos exemples , et c’est pour cela que nous donnons un Plan de masse de cette capitale; nous y indiquons, indépendamment de la position respective des Monuments que nous faisons ressortir, quelques Grandes Dispositions-ordonnées, ou Percés; tels que : Celui de la Barrière de Neuilly aux Jardin et Palais des Tuileries; perpendiculairement sur cette ligne, celui du Temple de la Magdeleine au Portique du Corps-Législatif ; dans les Champs-Élysées , le Percé correspondant à l’Hôtel des Invalides; devant et derrière ce Monument, les Avenues, entr’autres celle qui répond à l’Ecole Militaire et au nouveau Pont, comprenant la traversée du Champ-de- Mars; puis, le Percé du Palais du Luxembourg à l’Observatoire, et enfin la liaison de ces dispositions avec plusieurs autres parties principales de la ville, comme ses Vieux- Boulevards , son Enceinte, ses Cinquante Portes et ses Boulevards extérieurs .
Nous joignons à ce Plan, un Tableau perspectif de la Cité, la vue prise du Pont-Royal , regardant l’ouest, au-devant duquel nous avons figuré la Seine sous les traits d’une Naïade entourée d’Attributs des Arts et des Sciences, faisant allusion au Génie de l’Architecture en France.
Portail Saint-Gervais , à Paris. Nous ne pouvions choisir, il nous semble, un monument qui démontrât mieux et un Simple Exemple d’ Harmonie , et l’emploi le plus rigoureux du système de Vjgnole; enfin, où l’on sentît mieux que le Génie ne s’est proposé autre chose que de faire une façade à un édifice déjà existant, lequel était de masse étroite pour sa hauteur.
Nous voyons aussi que, peut-être à cause des localités, son Plan ne se compose que d’un mur percé d’une baie principale , et orné de huit colonnes accouplées deux à deux, dont quatre sont isolées et forment un simulacre de Portique, et dont les quatre autres sont adhérentes au mur et présentent, entr’elles et les premières, un espace pour les portes latérales: le tout basé sur un socle saillant, auquel on monte par un perron de quatre marches.
En élévation, la hauteur présente trois divisions principales, décorées selon le système modulé de Vignole. La première, à rez-dechaussée , est décorée de Tordre Dorique composé de sa colonne avec base et chapiteau, puis de l’entablement avec mutules dans sa corniche, et avec triglyphes dans sa frise; la baie du milieu est cintrée avec archivolte et imposte qui règne aussi sur le mur, et les portes latérales sont décorées de chambranles et de frontons circulaires;^ portique simulé est couronné d’un fronton triangulaire, et les groupes de colonnes des deux extrémités se profilent en ressaut sur le mur. Ce premier Ordre est surmonté d’acrotères sur lesquels s’élève, en diminuant de diamètre, l’ordre Ionique également complet, avec archivolte à la baie au-dessus de la porte principale du rez-de-chaussée, imposte régnant sur le mur, et niches ornées répondant aux portes latérales. Sur cette seconde partie sont d’autres acrotères ornés de balustrades au milieu, et portant des groupes de figures aux extrémités ; enfin sur cette base , s’élève , correspondant aux colonnes du milieu, un ordre Corinthien complet, aussi décoré d’imposte et d’archivolte à sa baie, et que termine un fronton circulaire surmonté de la Croix fixée sur un globe.
de l’architecture. i 63
Les colonnes Dorique sont cannelëes au tiers de leur fût, les autres le sont entièrement.
La médaille offre simplement le plan de la façade qui est vue en perspective dans le tableau supérieur (pl. 44)-
Cour de la Sorbonne avec le porche latéral du Temple, à Paris. Nous ne parlerons ni du Monument principal, ni de son caractère généralement remarquable tant dans sa façade du côté de la place publique que dans la structure harmonieuse de son dôme de forme pyramidale; ce que nous chercherons à faire ressortir, c’est le bel Ensemble que présente sa grande Cour. Remarquons donc quelle est en amphithéâtre, et quelle a pour fond principal le côté gauche de l’église, sur lequel se dessine un portique très-articulé et porté sur un perron très-élevé: dans son étendue, de 90 pieds sur i3o environ, elle présente deux parties, la première est carrée, et la deuxième a la forme d’un parallélogramme. On monte de l’une à l’autre par un perron de six marches de toute la largeur de l’espace dont le sol s’élève, en pente douce, jusqu’au pied du premier perron dont nous avons parlé. C’est sur ce dernier, composé de quinze marches, qu’est érigé le beau portique de dix colonnes, d’ordre Corinthien, dont six de front, surmontées de leur entablement complet, couronné d’un fronton triangulaire; au fond de ce portique est la porte du temple qui, comme on se le rappelle, fait le fond du tableau dont les ailes fuyantes des bâtiments d’habitation , forment le cadre. Voyez la planche 45 , composée du Plan de la Cour , puis de la vue perspective des Bâtiments et du Portique.
Cour principale de l’Hôtel des militaires invalides, à Paris. De même que nous aurions pu présenter en totalité leglise de la Sorbonne; nous pourrions offrir, dans son entier, l’Edifice des militaires invalides, comme formé de types alors dominants, comme indiquant bien le but élevé de sa consécration philantropique et religieuse, et comme offrant une distribution convenable: en effet, toutes ces qualités s’y rencontrent, et cela, sous des formes géométriques les
J 64 Dü GÉNIE
plus belles, les plus colossales et produisant partout de beaux effets d’optique, soit dans les galeries, soit dans les passages de communication si nécessaires dans ces sortes d’édifices. Mais, c’est simplement de la Principale Cour de ce noble établissement que nous allons chercher à esquisser quelques traits. C’est dans cette partie du plan primitif, de Libéral Bruant, que nous aimons à retrouver I’oeuvre de sentiment , de génie et de gout ; de Sentiment, dans cette disposition caractéristique qui commande le respect, dans l’observation des convenances morales et physiques, dictées par l’humanité, qui se manifeste dans les promenoirs couverts , ainsi que dans les communications commodes ; de Génie et de Goût dans cette décoration, simple mais puissante, ou l’on sent que tout est création, jusque dans les profils et autres ornements.
Mais, selon la marche que nous avons toujours tenue, cherchons à donner quelques idées positives de cette Cour. Elle présente, comme on peut le voir , la forme d’un parallélogramme de cent mètres sur soixante, environ: elle est distribuée, à rez-de-chaussée, en une galerie qui l’entoure, et ses quatre points cardinaux sont articulés par quatre avant-corps; l’un est la porte d’entrée principale ; ceux à droite et à gauche desservent les galeries de ces côtés, ainsi que de grands réfectoires , ayant , chacun , leurs pièces et leurs cours de service; le quatrième, orné de colonnes, forme l’entrée du temple. Les quatre angles sont articulés par autant de corps saillants, et dégagent ainsi ces points des galeries. Au-dessus de ce rez-de-chaussée est un autre Etage qui lui est semblable par ses galeries ouvertes, pourtournant la cour, et qui communiquent, du côté de l’entrée, aux salles de l’administration, à droite et à gauche, à des dortoirs, et dans le fond , à la tribune de l’église.
Après avoir reconnu le juste et beau rapport de l’espace de notre Cour avec la hauteur de ses bâtiments, nous voyons chaque Façade se composer d’un socle élevé de terre jusqu’au sol des galeries, et servant de base à des pieds-droits et à des baies en arcades d’une belle
DE LARCHITECTURE.
proportion, ornées de leur imposte et archivolte bien profilées; audessus est un entablement complet qui est le même que celui du portique du Temple, et qui articule, au-dessus de sa corniche, le sol de l’étage supérieur. Sur cette deuxième base est un appui avec balustrades et piédestaux , portant un autre rang d’arcades également ornées, et un autre entablement complet donné par le deuxième ordre du portique du temple; le tout est surmonté, savoir : les quatre Avant-corps des milieux, de frontons triangulaires, et le reste des bâtiments , d’un comble percé de fenêtres en lunettes que le Goût a sues arranger en trophées militaires sculptés, de même qu’il a su dissimuler les angles saillants des avant-corps, aux quatre angles de la cour, en les terminant par de grands ornements figurant des groupes de chevaux qui se jouent parmi des attributs de guerre, caractéristiques et d’un bon style , ainsi que les sculptures formant les bas-reliefs des frontons et les chapiteaux Corinthiens ou Composites des seize colonnes qui décorent le portique du temple.
Telle est en somme, la disposition physique et morale de cette belle cour, à l’usage de respectables militaires invalides, qui répond bien, sous tous les rapports, à la grandeur de la pensée du programme.
La médaille, (pl. 46) donne le plan de cette cour avec ses galeries et des arrachements des bâtiments qui l’entourent ; le tableau supérieur, en présente la vue perspective, prise sous la galerie à droite de l’entrée.
Portail Saint-Sulpice, à Paris. Si jamais monument attire l’attention par sa grande disposition géométrique, et, conséquemment, par ses beaux effets d’optique, c’est bien l’édifice de Servandoni, que Chalgrin a achevé de perfectionner dans les deux tours substituées à celles du premier projet.
Ce Portail adapté au corps de l’église alors existante, ne s’y lie que dans son plan au moyen de trois entrées, celle principale qui donne dans la nef du milieu, et les deux autres qui en dégagent les
bas-côtës : il offre un péristyle ou galerie ouverte à l’extérieur, ornée de colonnes, et conduisant à deux sanctuaires fermés, qui, parleurs murs de forte épaisseur, soutiennent les angles de la façade ainsi que ses retours, et servent, par là, de bases solides aux autres parties supérieures, entr autres à celles qui s’isolent, au troisième étage, en , forme de tours. La partie ouverte présente cinq entre-colonnements soutenus par huit colonnes isolées, mais accouplées dëux-à-deux sur la profondeur, et entre lesquelles on monte onze marches: ces colonnes répondent , par leurs soffites, aux colonnes du fond du péristyle, et à celles des côtés, qui pourtournent les angles des deux Sanctuaires, et qui sont inhérentes soit aux murs, soit aux massifs.
C’est sur ce plan, au sol de la hauteur de onze marches, que s’élève d’abord le Principal corps de l’édifice divisé, sur la hauteur, en deux parties. La première est décorée d’une ordonnance Dorique mutulaire, et dans le fond du portique, de baies avec arcades, impostes et archivoltes, et d’une plinthe formant encadrement à des bas-reliefs en sculpture; enfin les plafonds du pérystile, distribués par les soffites des colonnes, sont ornés de grands caissons remplis d une rosace dominant au milieu : la seconde partie se compose d’un ordre Ionique, aussi complet, avec piédestaux et entablement ayant des modifions dans sa corniche; cet étage présente aussi une galerie ouverte, et formée, derrière le rang des colonnes, par des pieds droits et arcades qui sont avec archivoltes et impostes , celles - ci figurant des pilastres terminés par la volute du chapiteau Ionique : ce deuxième Ordre général est surmonté d’acrotères avec balustrades, dans la largeur des cinq entre-colonnements du milieu, et sur lesquels s’élèvent les deux Tours répondant aux deux masses qui flanquent la façade; toutes deux présentent un plan carré, percé de quatre baies, et sont ornées d’un ordre Corinthien adhérent aux massifs et couronné, sur les quatre faces, de frontons triangulaires. Enfin, sur un socle de la hauteur des frontons s’élève, mais sur un plan circulaire, un quatrième étage composé
DE LARCHITECTURE. I 67
de huit colonnes isolées (également Corinthiennes), et d’arcades ; ce dernier ordre est surmonté d’une balustrade qui sert d’appui à une plate-forme élevée à pieds du pavé de la place.
Entre les colonnes et répondant aux angles du socle de soubassement, sont quatre piédestaux portant des groupes de sculptures: ces acrotères du dernier ordre, répondant au milieu de l’édifice, sont également surmontés de statues. A la vue du dessin (pl. 47) que nous donnons de notre exemple, qui présente une disposition simple et géométrique, et qui produit de grands effets d’optique, nous voudrions bien que l’on pût se figurer ce qu’il est réellement, c’est-à-dire, aussi imposant par ses formes colossales, que par la grande harmonie qui règne dans toutes ses parties.
Nouvelle Eglise Sainte-Geneviève , à Paris. Voici un autre monument d’effet, mais plus complet que le précédent, comme on le verra. Il offre un Ensemble composé d’un Porche, de quatre Nefs et de leurs Bas-côtés figurant une croix, au centre de laquelle s’élève un Dôme ayant, lui-même, la forme d’un Temple. Tel est, déjà en masse, ce que présente ce Monument dont le péristyle, entouré de sept marches, est supporté par dix-huit colonnes dont six de face et douze en arrière-corps, formant deux entrées latérales, et s’accouplant tant avec quatre colonnes de la façade qu’avec celles qui sont engagées dans les murs. De cette distribution il résulte trois parties distinctes dans les soffites portant deux voûtes sphériques, aux deux côtés, et un grand arc surbaissé, au milieu. Si l’on entre dans le Sanctuaire par la porte principale, on voit une Nef qui s’étend dans toute la profondeur de l’église, et qui est traversée, elle-même, dans son milieu, par une autre Nef formant les bras de la Croix; l’extrémité de chacune d’elles est marquée par une Chapelle Principale. C’est au centre de ces espaces qu’est érigé le Dôme supporté par des massifs que lient ensemble des ares présentant, avec le cercle du dôme, quatre pendentifs. Chaque nef a ses bas-côtés articulés, à leurs extrémités, par des groupes de quatre colonnes portant des arcs don-
bleaux, et le tout supportant quatre voûtes sphëriques. Derrière ces groupes sont des Galeries qui, dans les deux sens, traversent tout le monument , et dont les extrémités répondent à huit portes de dégagement à côté desquelles sont des escaliers de service : ces bas-côtés sont élevés de trois marches sur le sol, ou, pour mieux dire, sur le riche pavé du temple.
A l’extérieur et en Elévation , le péristyle offre six colonnes de front , d’ordre Corinthien colossal , portant leur entablement qui est à l’instar de celui du Frontispice de Néron, à Rome; de plus, il est couronné d’un fronton triangulaire qui porte, dans son tympan , un sujet sculpté et analogue à la dédicace du temple. Aux deux côtés reparaissent les colonnes disposant les entrées latérales du péristyle ; dans le fond de ce dernier sont les trois portes d’entrée au temple, ornées de leur chambranles et corniches, et par dessus, de bas-reliefs sculptés , avec des guirlandes de fruits. Sur un Plan plus reculé ,
présentant les ailes et le centre de la croix, s’élèvent, au-dessus de la hauteur des frontons, un soubassement de forme carrée, un stylobate circulaire et sa colonnade d’ordre Corinthien , portant un entablement complet et une balustrade; en retraite, continue de s’élever un attique percé de seize baies, une Coupole, en profil d’ove, surmontée d’une lanterne et sa galerie, terminée par une boule et la Croix. Ce Monument, d’une grande hauteur, domine encore la Cité, étant érigé sur un sol déjà très-élevé.
D’après ce simple exposé, le lecteur peut se figurer l’effet de ce deuxieme Temple et de sa colonnade ouverte qui se prononce de toute part; s’il entre dans l’Intérieur, il y remarquera non -seulement la voûte décorée du dôme, mais encore celles qui sont audessus et qui, en général, offrent des appareils très-variés, et d’une belle exécution.
La médaille ( pl. 48) représente le Plan du Temple, comprenant les deux escaliers descendant aux caveaux près desquels ressort aussi le plan de deux tours. Le Tableau supérieur donne la Vue perspective de l’édifice ? prise à une très-grande distance.
DE L’ARCHITECTURE. l6g
Ecole de Chirurgie à Paris. Ce Monument indiquant le type de lepoque, montre encore, quoique dans un espace très-exigu, l’alliance du grand avec l’utile et le commode. Son plan , à rez-dechaussée, présente, sur la voie publique et sur une belle cour grandement dëcorée, une galerie ouverte de neuf entre-colonnements, et distribuée par quarante colonnes accouplées deux à deux sur la profondeur; seize d’entr’elles, adhérentes au mur; six autres également engagées , complètent la principale disposition de la façade comprenant en tout seize colonnes de front. A l’extrémité gauche de la galerie, est le grand escalier qui monte à l’étage supérieur auquel nous reviendrons. Au côté droit on trouve d’abord, une chapelle, une sacristie et un petit escalier de dégagement, à la suite, une chambrehôpital pour les femmes ; en retour, dans l’aile éclairée par sept arcades, est une salle également hôpital pour les hommes, puis une cuisine commune, des latrines et une petite cour; l’entre-colonnement du milieu donne entrée à un escalier secondaire; viennent ensuite, un laboratoire de chimie et ses dépendances, puis, pour les professeurs , un foyer communiquant, dans le corps de bâtiment principal, à un amphithéâtre pour les sages-femmes; à la suite est le logement du clerc, le tout avec entrées particulières derrière l’édifice.
Se dirigeant vers l’axe, toujours par des communications commodes et grandement établies, on entre dans l’Amphithéâtre public pouvant contenir quatorze cents personnes: il se présente sous la forme d’un demi-cercle de soixante-douze pieds de diamètre ; il est disposé en un espace de plein pied et en douze gradins et passages auxquels on monte, du centre, par de petits escaliers pratiqués dans les gradins, et, plus particulièrement, par deux grands escaliers en hémicycles, à double rampe, donnant dans un large passage ou corridor voûté qui se trouve sous les gradins, et conduit au sommet de l’Amphithéâtre d’où les auditeurs se répartissent ensuite dans l’intérieur. A l’extérieur, et regardant la cour, cette dernière et princi-
[ yo DU G É N I E
pale partie est articulée, cTabord par la porte du milieu qui répond aussi au centre de l’intérieur, puis par un portique formé, sur le devant, de six colonnes colossales. Continuant notre marche dans l’intérieur, par la porte correspondant à l’amphithéâtre secondaire, on entre dans l’école-pratique où l’on trouve une salle meublée de tables de marbre, une cour dégageant à l’extérieur, des pièces accessoires, puis un deuxième escalier de service ; de la salle principale on passe à un autre foyer de professeurs et à ses accessoires, répondant à une grande salle pour les actes publics : cette dernière peut contenir douze cents personnes, sa tribune, en hémicycle, à laquelle on communique par la pièce des professeurs, fait, avec son estrade, le milieu et l’ornement capital de cette salle, en correspondance et à l’autre extrémité est la statue du prince. Cette pièce, qui comprend l’aile gauche de l’édifice , est éclairée par six grandes ouvertures en entre-colonnements , et a son entrée publique au pied du grand escalier.
La distribution du premier étage complète ce que requiert le besoin de l’école; arrivé, par le grand escalier, sur la galerie du devant, on trouve la bibliothèque éclairée sur la cour; à la suite, est le cabinet d’anatomie et d’instruments de chirurgie ; en retour , et jusqu’à l’escalier secondaire, est le logement du bibliothécaire, et de l’autre côté de l’escalier, est le logement de l’inspecteur des écoles. Retournant au grand escalier, on voit toute la longueur de l’aile à la suite distribuée, d’abord en une antichambre avec pièce accessoire et un escalier pour le service des combles; puis, en une grande salle pour les assemblées de l’Académie: cette pièce est éclairée par trois croisées répondant au milieu de ce côté de la cour ; viennent ensuite les salles du conseil et des archives; touchant à l’amphithéâtre, le bureau d’administration , le logement du prévôt de l’école -pratique et enfin, l’escalier de service éclairé par une petite cour.
La planche 49 offre , dans la médaille , le plan de cet édifice et
de ses accessoires.
DE LARCHITECTURE. I y I
Sur cette belle disposition, dont nous venons de donner les détails, s’élèvent deux façades décorées, l’une sur la voie publique, l’autre sur la cour : La première se compose d’un socle portant les seize colonnes d’ordre Ionique qui sont simplement avec frise et corniche au-dessus , puis surmontées d’un attique élevé et couronné à la hauteur du grand ordre intérieur, qui est Corinthien, de la corniche de cet ordre. En plan, cette façade est divisée seulement dans la hauteur de son ordre, en cinq parties, savoir : celle du milieu, où les colonnes encadrent la porte ouverte en arcade, et, aux deux côtés, deux murs ornés d’attributs et d’inscriptions; à droite et à gauche, trois entre-colonnements ouverts laissant apercevoir, ainsi que la porte, la galerie et tout l’intérieur de la cour; enfin, les deux extrémités comprenant les trois entre-colonnements dont les colonnes sont engagées, et qui sont percés d’arcades. Dans l’attique,et répondant à la partie du milieu, le mur est orné d’un grand bas-relief sculpté, avec sujets relatifs à la dédicace de l’édifice; le surplus de cet étage, est percé de douze croisées ornées de chambranles.
La même ordonnance de cette façade règne dans l’intérieur de la cour; mais au devant du corps de bâtiment principal, est érigé un portique, d’un ordre Corinthien complet et dominant, couronné d’un fronton triangulaire dans le tympan duquel est un bas-reliet sculpté représentant, allégoriquement, l’Alliance de la Médecine et de la Chirurgie; sous ce péristyle, et répondant aux entre-colonnements, le mur du fond est orné de grandes médailles entourées de guirlandes de lauriers, et représentant les portraits des hommes qui se sont illustrés dans l’Art de guérir.
Par ce simple exposé, l’on conçoit que nous avons pu dire qu’il y avait ici, Alliance de la grandeur avec l' utilité; car, sans compter les convenances si bien observées dans la distribution, présentées sous les formes géométriques les plus belles, donnant conséquemment d’agréables effets d’optique , nous voyons encore la galerie , sur
iy2 DU G ÉN I E
le devant, servir de lieu d’attente pour les élèves, condition exigée par le programme.
Le tableau supérieur de notre planche offre la vue perspective de la cour où bon remarque, entr autres particularités, le grand porche Corinthien articulant l’entrée de l’amphithéâtre.
Nota. Au temps où nous écrivons , ce précieux ensemble a donné lieu à l’Institut de France de proposer, comme thème., aux élèves de l’Académie d’ Architecture , le programme d’une École de Médecine , tout-à-fait complète, c’est-à-dire, placée au centre d’un jardin des plantes, formant aussi promenade publique, et ayant deux amphithéâtres; l’un de botanique, avec des serres adjacentes; l’autre de chimie; de plus un hôpital pour la Clinique; et enfin, tout ce qui, dans notre exemple, est bien pensé, mais n’a pu être traité avec plus d’étendue à cause du manque d’espace.
Theatre Français, aujourd’hui l’Odeon, à Paris. De même que l’édifice précédent , nous présentons celui-ci , non-seulement pour montrer le style de l’époque, mais encore pour faire ressortir un beau plan général et de belles dispositions géométriques , combinés avec les convenances.
Ce monument, situé dans le faubourg Saint-Germain, est annoncé déjà par une rue d’une certaine importance , et précédé d’une place en tête de laquelle est la principale entrée qui est articulée, en plan, par un péristyle élevé, de huit colonnes de front et d’un entre-colonnement de profondeur. Sous ce péristyle sont cinq ouvertures en arcades, dont celles des extrémités, conduisent à une galerie pourtournant l’édifice, ouverte, sur les voies publiques, par trente-neuf baies également en arcades, et voûtée en autant de voûtes-d’arêtes en pierre. Les trois autres, au milieu du péristyle, donnent entrée au vestibule de l’intérieur , de forme carrée , soutenu et décoré par huit colonnes : l’entre-colonnement du milieu et celui qui le croise, sont plus larges que les quatre autres. Le premier donne trois
DE L’ARCHITECTURE. iy3
entrées au passage ou corridor qui pourtourne la salle; l’autre se poursuit de droite et de gauche jusqu’à l’étage supérieur, et comprend ainsi un large escalier d’un grand effet : les bas-côtés forment galeries ou passages de dégagement à la galerie extérieure ; la distribution totale de ce vestibule correspond à celle de l’étage supérieur. Alors on voit l’arrivée des grands escaliers à de larges palliers, et dans la direction déportés donnant sur des terrasses; les quatre bascôtés sont ouverts sur cet intérieur par le moyen de colonnes qui supportent les plafonds, et ils conduisent ainsi à une grande salle de forme octogone et très-décorée (le Foyer ), soutenue également par huit colonnes, couverte d’une coupole et éclairée, sur le péristyle, dans l’axe de l’édifice. De ce point, ouvert de toute part, non-seulement on voit le beau chemin que l’on a tenu, mais encore l’étageattique formant tribune ouverte sur le foyer, et qui est un autre passage ingénieux, communiquant des Loges à la grande terrasse qui couvre le péristyle.
Nous reportant au rez-de-chaussée et tenant encore la ligne du
milieu, nous entrons dans le principal corridor de service, aux
deux extrémités duquel sont deux escaliers circulaires, montant de fond et ayant leur entrée ordonnée sur la galerie de ceinture extérieure. Traversant la profondeur des loges de cet étage et nous dirigeant au centre de la Salle, nous la voyons, en plan au Parterre , prendre la forme d’une Lyre , puis à sa corniche et à sa voûte, celle d’un cercle parfait; le tout supporté par dix montants ou pilastres : elle est ouverte, du côté du Théâtre, de la largeur d’environ trente-six pieds, dans la profondeur de l’espace appelé Avant- Scène.
En élévation l’intérieur de cette salle présente des Loges appelées Baignoires , élevées de quelques marches au-dessus du point le plus haut du sol du parterre qui va en descendant du côté du théâtre; cet étage de loges est couvert par le rang de places , appelé Première galerie, laquelle est dominée, de la hauteur de son balcon, par l’Étage appelé les Premières loges , qui répondent de plein-pied au
\rj\ DU GÉNIE
Foyer public. Ensuite viennent et la Seconde Galerie et les Secondes Loges , puis les Troisièmes qui forment au milieu, dans la largeur de cinq entre-pilastres, l’Amphithéâtre appelé Paradis; le tout compris dans la hauteur de l’ordonnance. Au-dessus de la corniche et des acrotères, sont des ouvertures cintrées venant pénétrer dans la voûte générale en répondant aux entre-pilastres. Cet étage est appelé Loges du cintre. Enfin, cette salle, qui peut contenir environ deux mille personnes, est décorée d’ornements arabesques dans sa voûte, de modifions à sa corniche, de chapiteaux Ioniques à ses pilastres, et de draperies et de guirlandes au devant des appuis des loges.
Quant aux dispositions et dimensions positives de l’Édifice , nous voyons en plan, le Théâtre avoir environ soixante-douze pieds de large sur trente pieds de profondeur ( non compris l’avant-scène ni la surface qui couvre trois arcades de la galerie du rez-de-chaussée. Deux escaliers de dégagement descendent sur la galerie extérieure. Les deux escaliers publics montant dans toute la hauteur de l’édifice, desservent , indépendamment des loges , les trois étages au-dessus de la galerie de ceinture, consistant en un premier étage, un étageattique, et un dernier étage pratiqué dans les combles : le tout distribué en chambres pour les acteurs, en salles d’administration et en pièces accessoires de service.
Voyez (pl. 5o) le plan présenté à rez-de-chaussée, et la vue perspective de la façade principale avec son péristyle prononcé en avant, lequel est d’ordre Dorique avec denticules dans sa corniche et surmonté d’une balustrade.
Nota. Cet édifice a subi plusieurs changements extérieurs, d’abord dans le haut de la façade, puis derrière, sur la profondeur d’une galerie , par l’augmentation du bâtiment dans toute la hauteur. Enfin , la décoration intérieure est entièrement changée ; et à ce sujet, une particularité remarquable, c’est que le théâtre peut actuellement, en cas d’incendie, être séparé de la salle par le moyen dune toile métallique qui se meut à volonté. Du reste, sa bonne disposition l’a déjà deux fois garanti d’une ruine totale.
PI /z.
LE- C EN1E -DE • LARCH1TEC TVRE -A- APÏERRE- C HEF- DE -LEGLISE-CATHOLIQVE*