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DE LARCHITECTURE.
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SUITE DU CARACTÈRE DES TYPES DE L’EPOQUE PRÉCÉDENTE, UNIS AUX PRINCIPES DE L’ACADÉMIE DE FRANCE.
Après avoir cité des Exemples Ostensibles, si nous voulons suivre la source des Causes influentes , nous la trouvons en général dans les travaux de l’Académie de France, c’est-à-dire, dans les œuvres des maîtres qui se sont succédés à la chaire de l’architecture , puis dans les travaux variés, en forme de concours, des élèves de l’institution. Les premiers de ces travaux, et les plus marquants se sont fait connaître déjà par le Cours complet de François Blondel, dont nous avons donné un extrait. Un autre Cours, également complet, a exercé son influence, c’est celui de Jacques-François Blondel, si connu par l’intérêt qu’il portait à son art, sentiment qu’il savait communiquer à ses auditeurs, soit qu’il professât dans ses cours publics stationnaires, soit qu’il donnât ses leçons devant des exemples évidents à la ville ou à la campagne ou il croyait devoir conduire ses disciples. Il faut convenir que si le goût n’avoue pas entièrement les produits de cette époque, qui se reconnaissent à l’observation minutieuse de petites régularités, obtenues quelquefois aux dépens des plus grands effets , on ne peut s’empêcher cependant de remarquer une certaine harmonie et une ampleur suffisante dans les masses des édifices.
Une autre Ère, si l’on peut dire, va commencer, c’est celle du Professorat de Leroy, autre amant de son art: avec lui l’académie prit un nouvel essor, en se fortifiant, et du Genre Romain et du Genre Grec , dont ce maître a su faire revivre le caractère et su donner les premières impressions, en rappelant les principes d’architecture de l’Attique. Mais arrêtée alors dans ses travaux d’étude, par l’effet de la révolution de France, l’académie s’est trouvée sevrée de ses élèves;
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cependant dans cet intervalle, eurent lieu d’autres grands concours publics, où se montrèrent, dans des compositions plus ou moins ingénieuses, des types de tous les genres, jusqu’aux plus bizarres. Mais peu-à-peu, grâce à la persévérance de notre professeur, et à la suppression de quelques entraves d’admission à l’Académie, entr’autres celle de patronage, les études reprirent une nouvelle vigueur qui se fit remarquer surtout dans de beaux travaux de Restaurations d’anciens monuments de Rome. Enfin une dernière nuance reste encore à désigner; c’est celle qu’a imprimée au temps où nous sommes, le dernier Professorat de feu Dufourny qui s’est signalé par une Recherche curieuse du caractère des Types antiques des Grecs et des Romains : sorte d’étude bonne en soi, quand elle a pour but de servir l’art, de donner plus d’idées, et de rappeler au goût et à la simplicité.
Il serait hors des bornes que nous nous sommes prescrites , de citer toutes les productions inspirées, ostensibles et surtout spéculatives , dont les derniers temps nous ont enrichis : les unes sont là avec leur date récente , les autres sont contenues dans des recueils publiés, au moins pour la pensée, et dont nous tirerons les exemples suivants, savoir: tjn beau Palais de Justice, et ses divers tribunaux, par M. Bernard, un Monument pour servir de Trésor Public, par M. Tardieu, des Greniers Publics pour une grande ville, par l’Auteur de ces essais, et enfin, pour donner une idée des Restaurations spéculatives de monuments antiques, nous prendrons pour exemple, Celle du Temple de Yesta , a Rome, par le Même.
Palais de Justice. Le programme , dicté par l’Académie, va déjà indiquer la distribution de notre exemple. Elle propose un Palais de Justice pour une capitale. « On demande une Cour principale et « plusieurs autres accessoires ; une grande Salle Publique ; une Cha- « pelle; le Parquet des huissiers servant d’antichambre; la Grande « Chambre avec Tribunaux; plusieurs Pièces contiguës, telles que « Parquet des gens du Roi , Greffe et Tribunal des conseillers la
« Buvette, la Chambre pour la Tournelle-criminelle, les Requêtes du « palais et les Enquêtes ; plus une Cour des Aides, laquelle sera com- « posée d’une Grande Chambre, de deux Autres moins considérables , « d’une Chapelle, d’un Parquet des huissiers, et de plusieurs pièces « contiguës , telles que le Parquet des gens du Roi, les Greffes, la Bu- « vette ; enfin, pour d’autres Juridictions, les Requêtes de l’hôtel, « les Eaux et Forêts, la Table de marbre , la Chambre delà Maçon- « nerie , la Chancellerie, le Bailliage du palais et les Trésoreries de « France; chacune de ses Juridictions ne demande qu’une Salle « d’audience et des Cabinets. Toutes les Cours et Juridictions se « communiqueront par des Galeries; il faut, en outre, une Prison- « criminelle pour deux cents prisonniers, avec cachots, et le loge- « ment du concierge : le tout sur un terrain de ioo toises sur i4o. »
On retrouve bien toutes ces propositions dans le plan de notre Palais ; elles y sont bien accusées à raison de leur importance : d’abord une grande Cour, entourée de portiques, répond à tous les autres points de circulation; des Tribunaux, dont deux plus importants, occupent la deuxième ligne évidente ; les autres répondent aussi à des points milieux également marquants , ainsi que les tribunaux criminels qui sont près des prisons; dans la ligne d’axe de l’édifice, est une vaste salle représentant bien le Sanctuaire du Temple de la Justice , et servant de lieu de réunion. Enfin toutes ces principales parties sont accompagnées de salles précédentes, de chambres, de cabinets, de galeries de communication et de dégagement, éclairés, à l’extérieur, en partie sur des cours secondaires , et en partie sur la grande cour.
A cette distribution commode, il faut ajouter que l’édifice se présente sous les formes géométriques les plus grandes et les plus capables de produire de beaux effets d’optique, et qu’il a en sus de tous ces avantages, celui d’être un Monument que l’on sent consacré à la Justice , dès le Portique d’entrée d’ordre Corinthien , qui précède une cour ou parvis entouré de galeries, et donnant l’entrée au grand vestibule à travers les entre-colonnements duquel on aperçoit
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le Grand et mystérieux Sanctuaire, ses colonnes d’ordre Ionique, ses voûtes ornées et, dans le fond, son hémicycle, au centre duquel sont l’autel de la Divinité et la figure de la Justice.
Telle est la grande pensée dont nous avons cherché à faire ressortir quelques traits, en offrant, dans la planche 5o, le Plan de l’Edifice, et une vue perspective intérieure, prise sous le péristyle du Sanctuaire.
Trésor Public. Ainsi que dans le précédent projet, le programme va indiquer ici la distribution du Plan de l’Edifice que l’Académie propose : « Cet Edifice, destiné à contenir le Trésor d’un grand cc royaume, à l’instar de AErarium-Publicum des Romains, sera « composé : d’un Lieu pour y déposer toutes les espèces du revenu « public , avec des Corps-de-Garde suffisants pour veiller à la sûreté « de ce dépôt; puis, d’un Local composé de Portiques, Vestibules, « Salles et autres Pièces contiguës, conduisant à une Vaste Salle, « pour l’assemblée générale. Il y aura quatre divisions, destinées aux « détails relatifs aux quatre départements principaux de dépenses; cc tels que, la Guerre , la Marine , les Finances et V Intérieur. Chaque cc département sera composé de Vestibules, d’une Salle précédente, cc d’une Salle d’Assembîée et de plusieurs Bureaux : on destinera « un Lieu pour la Comptabilité : FEdifice sera d’un seul Etage, et ce à l’abri du feu. Le terrain aura 80 toises dans sa plus grande dicc mension. »
Après avoir reconnu l’entrée principale de l’édifice projeté, qui est marquée par un péristyle de dix colonnes de front, élevées sur un soubassement auquel on monte par un large perron; nous voyons, pour ainsi dire de ce point, toute la distribution générale : d’abord un Vestibule répondant à toutes les galeries de circulation dont l’édifice est enveloppé, et traversant une Grande Salle qui précède la Salle d’Assemblée, suivie, elle-même, du Trésor, déjà riche de sa forme; puis les quatre Divisions destinées aux quatre Départements de la Guerre, de la Marine, des Finances et de l’Intérieur; et enfin , les
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Corps-de-Garde demandes. Le tout est présente sous une forme générale, simple et d’une belle disposition géométrique, qui produit de beaux aspects et des effets piquants de lumière , qui proviennent surtout des quatre cours intérieures qui éclairent une partie du local. Une autre condition, que nous voyons encore éminemment remplie, c’est la facilité de la surveillance d’un pareil dépôt; en outre, cet Edifice est susceptible d’être renfermé dans une enceinte, même nécessaire pour les accessoires indispensables.
La partie inférieure de la planche 5i offre le plan de l’Edifice, et au-dessus on remarque, en élévation, que le portique est d’ordre Dorique; application convenable, il nous semble, au caractère de ce monument.
Greniers publics. L’académie demande des greniers publics pour une grande ville et dit : «Cet Edifice, isolé et situé sur le bord d’une « rivière sera disposé de manière à ce que l’accès en soit facile pour « l’arrivage des grains parterre, et que les bateaux puissent décharger « commodément ceux qui arriveraient par eau ; en sus des Greniers, « pour serrer les diverses especes de grains , il y aura des Logements « pour les administrateurs et autres employés ; il y aura , en outre , « pour la sûreté de l’établissement, des Corps-de-Garde de pom- « piers. (Le terrain n’excèdera pas i5o toises dans sa plus grande « dimension.) »
On pourra reconnaître dans le Plan de notre édifice (pl. 52) qu’il se compose d’abord: d’une Enceinte de i5o toises en un carré donné et formant bâtiments simples avec passage couvert et ouvert sur l’intérieur; ces corps de bâtiments sont éclairés à l’extérieur, et sont percés, chacun , de cinq grandes baies, et dégageant sur les passages ou galeries. Ils sont disposés pour les Logements des administrateurs et des employés au service journalier; puis, pour des Magasins et des Corps-de-Garde de pompiers, etc. C’est au dedans de ce carré et isolés , que sont établis les Greniers destinés à serrer les diverses sortes de grains; ces Greniers sont aussi de figure géométrique, de surface
carrée, se communiquant à couvert par le moyen de quatre autres corps de bâtiments, de moindre ëpaissseur, dans lesquels sont pratiques de grands passages répondant aux quatre points cardinaux, et des quinconces de piliers. Entre ceux-ci, et des deux cotes des grands passages , sont de grands escaliers montant, en ligne droite, au premier étage qui est distribué de la même manière que le rez-dechaussée; cet Edifice est très-aéré de toute part, tant par l’effet de son isolement de l’enceinte, que par celui d’une vaste Cour, circonscrite par les bâtiments, dont une Fontaine, pour le service intérieur, occupe le centre.
En élévation toutes les ouvertures à rez-de-chaussée sont cintrées, et les grands espaces voûtés. Les ouvertures du premier étage sont avec linteaux droits et également voûtés dans les grandes parties de l’édifice.
Nous n’avons pas besoin de montrer que les convenances principales , au moins, y sont observées sous des formes géométriques, propres, comme dans les exemples précédents, à produire des effets d’optique, et ayant un caractère qui abonde dans le sujet ; soit qu’on le considère de ses entrées de l’enceinte, sous les grands passages au milieu de la grande cour, soit qu’on le regarde, seulement à l’Etage supérieur, par ses grands escaliers.
A cause de l’espace donné et du parti que nous avons pris d 'isoler notre Edifice , nous nous sommes trouvé un peu serré de toute part, mais nous avons préféré donner aux Greniers toute la sûreté et la commodité qu’ils réclamaient. Nous les avons donc placés dans une enceinte et par là , en les éloignant de toute habitation , nous les avons encore mis à portée d’être surveillés, puis garantis des accidents extérieurs. De cette disposition , il est résulté un surcroît de commodités, c’est d’avoir pu laisser libres et ouverts, tous les espaces susceptibles d’être des passages qui deviennent autant d 'apports abrités , et où les arrivages de grains peuvent, de nuit comme de jour, attendre en sûreté leur emmagasinement.
Le logement des administrateurs a peut-être souffert de cette disposition, cependant nous offrons au moins quatre parties de bâtiments dégageant sur des galeries, et qui ne laissent pas que de présenter, chacune , une surface assez grande , dans laquelle on peut bien encore s’établir; c’était d’ailleurs des Greniers publics qu’il s’agissait, et cela sur un terrain donné.
La première médaille offre une partie de la façade extérieure; la deuxième est une vue perspective intérieure, prise sous un des quatre grands passages.
Nota. Un désir que semblait exprimer aussi le programme, était l’arrivage, par eau , des grains dans les greniers. Nous y avons aussi pensé; mais, outre que notre disposition s’y refusait, nous avons été arrêté par la crainte d’apporter de l’humidité et même des eaux stagnantes dans nos greniers; nous avons préféré une grève en pente douce, pour les déchargements; cependant, là ou les localités pourr raient offrir des eaux de chasse , des courants d’air, nous concevons que la commodité pourrait encore y gagner, et l’édifice augmenter également d’effet,
Temple de Vesta à Rome. Restauration spéculative : comme il faut accorder que les Études suivies des artistes, et particulièrement des artistes Français sur les monuments Grecs ou Romains, ont servi
à rappeler entièrement les genres et les styles de ces anciens, et ont, de plus, entretenu la pureté du langage architectonique, nous croyons devoir, avant tout, citer les noms et les travaux de quelques auteurs qui nous ont précédés et suivis, et prévenir sur ce que l’on doit entendre par Restaurations en général.
Dans les premiers noms, nous voyons particulièrement celui de Palladio : c’est lui qui, en nous donnant l’exemple, a commencé le travail, et rétabli, surtout en plan, beaucoup de monuments Romains dont il a publié les dessins. Dans la deuxième Ère de l’Académie, nous voyons cette sorte d’exercices reprendre une nouvelle vigueur, en traitant les édifices d’une manière encore plus complète,
et en les envisageant sous le plus de rapports possibles. C’est ainsi que l’on a vu paraître la Villa-Adriana , par M. Gondoin; la Villa- Sachetti, par M. Peyre jeune; les Thermes de Dioclétien et de Caracalla, par MM. Peyre aîné et Moreau; les Thermes de Domitien, par M. Raymond; le Cirque de Caracalla et le Colisée, par M. Paris; le Panthéon, par M. Desseine; le Temple de Mars-le-Vengeur , par M. Combes; le Temple et l’Amphithéâtre de Pola, en 1 strie , par M. Dufourny; le Théâtre de la Villa- Adriana , par M. Bernard; le Tombeau de Sainte-Constance et le Théâtre de Marcellus, par M. Vaudoyer; une seconde Restauration du Panthéon, par M. Hubert; le Temple d'Antonin et de Faustine, par M. Moreau; la Colonne-Trajane, par M. Percier; le Forum-Romanum, par M. Fontaine ; les Aqueducs de la Villa-Appia , par M. Bonnard ; les Temples de Poestum, par M. Delagardette; le Temple de Minerve , à Assise, et une deuxième Restauration des Thermes de Dioclétien, par M. Famin; le Temple de Vesta, a Rome , par l’Auteur de cet essai; le Temple de la Pudicité Patricienne, par M. Dubut; le Tombeau de Métellus et l’Arc de Bénévent, par M. Granjean; le Forum de Nerva et une deuxième Restauration du Temple de Mars-le- Vengeur , par M. Gasse ; une seconde Restauration du Temple d’Antonin et de Faustine, par M. Ménager; les trois Temples sous V église de San-Nicolo-in-Carcere ; l’Arc de Titus et le Temple de Vesta, a Tivoli, par M. Guennepin; le Portique d’Octavie et la Villa Praenestina , a P alestrine , par M. Huyot; l’Arc de Septime-Sévère, par M. Dédéban; une troisième Restauration du Panthéon, par M. Achille Leclerc; le Temple de la Paix, et une troisième Restauration du Temple de Mars-le-Vengeur, par M. Gauthier; une deuxième Restauration de la Colonne Trajane, par M. Chatillon; une deuxième Restauration du Temple de Vesta, a Rome , par M. Landon; le Temple de Jupiter-Stator et une deuxième Restauration du Forum-Romanum, aujourd’hui le Campo-V aceino , par M. Caristie; le Temple de Sérapis,# Pouzzoles , et une deuxième
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Restauration cîu Temple de Pola, en Istrie, par M. Garnaud; une deuxième Restauration du Cirque de Caracalla, par M. Destouches; tous travaux qui ont e'té successivement exposes aux regards du public et que les amateurs du beau ont vus avec intérêt.
Soit que ces sortes de productions exigent ou provoquent des réflexions sur l’histoire ancienne, soit qu’elles représentent les Edifices, autant que peuvent le permettre la connaissance des usages passés, les localités variées à l’infini, les changements, et quelquefois même les réédifications presqu’entières qu’ont motivés les ravages du temps ou les bouleversements politiques, toujours est-il vrai que l’Etude approfondie des Monuments antiques, quelle qu’elle soit, a cela d’avantageux, qu elle donne le plus d’idées possibles de Génie et de Goût, en rappelant sans cesse l’art à sa simplicité, sous les rapports d’invention , de beau style et de construction.
C’est donc du Temple de Vesta que nous nous sommes proposé de faire la restauration. Pour cela , nous nous sommes assurés d’abord de ses fragments qui se composent, sur un plan circulaire, de dixneuf colonnes ( il manque la vingtième); d’une partie de la Cella, percée de sa porte et de deux fenêtres. Pour savoir s’il n’existait pas d’autres restes, nous avons fait fouiller, et, en persévérant, nous avons trouvé une première marche servant de socle général aux colonnes, puis une très-petite portion du massif portant le soubassement profilé pour recevoir huit autres marches, et une autre petite portion de pavé antique (d’environ 3s centimètres ou i pied d’épaisseur), composé d’une espèce de ciment, et formant rigole autour du soubassement du Temple ; avec cela quelques fragments de moulures ornées, que nous avons reconnues pour être du même style que les parties cpii sont encore sur pied.
Outre la connaissance que nous avions de ces Données matérielles, du caractère, du style des murailles, des profils et autres ornements, nous avons consulté Palladio et interrogé l’histoire ; celle-ci , dans ses écrivains, n’offre rien de précis sur la destination du Monument.
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Fabricius dit qu’il était dédié à Vesta; Volateranus dit qu’il le fut à Hercule ; Albertinus à Diane, et un autre à l’Aurore. Nous avons suivi l’opinion commune; nous y avons aussi été déterminé par un passage d’Horace qui, dans une de ses odes, indique la topographie et le nom de ce Temple. A l’égard de la pensée métaphysique et de la destination de l’édifice , Ovide dit qu’il fut fait de forme ronde , pour représenter la Terre; qu’il fut environné de colonnes, et qu’il était couvert d’airain de Syracuse; que c’était dans ce Temple que se conservait le feu sacré, non dans une lampe , mais alimenté sur l’autel avec du bois.
Inspiré par tous ces renseignements, nous nous sommes fait V Architecte du Temple de Testa, au moins pour le rétablissement de la pensée. Quant à sa disposition générale, nous l’avons placé dans une enceinte , pour plusieurs raisons ; d’abord l’austérité du sujet et le sexe des prêtres, la disposition ouverte du Temple, enfin, la conséquence que l’on peut tirer de l’espèce de pavé dont il était entouré, et qu’on ne retrouve que dans les cours des anciens.
Sur cette aire, que nous faisons également circulaire, nous avons pu rétablir huit marches de la même hauteur que celle existante, qui fait le socle général des colonnes et le pavé de la galerie qui pourtourne la Cella. Dans l’intérieur de cette dernière , dont le sol est élevé de la hauteur d’environ deux marches au-dessus de celui de la galerie, nous avons replacé d’abord, au fond du sanctuaire, le piédestal du Symbole, puis, au-devant de ce piédestal, et au centre du Temple, l’Autel consacré et entouré de banquettes pour le service des prêtresses; enfin, nous avons séparé du parvis, par les murs de l’enceinte, les Bosquets sacrés.
En élévation, sur le soubassement des neuf marches, s’élèvent des colonnes sveltes, d’environ dix diamètres deux tiers de hauteur. Nous avons cherché à leur donner un entablement qui, par ses ornements caractéristiques, répondît à leur délicatesse et à celle de la partie de couronnement trouvée dans les fouilles. Il en a été de même
pour le corps de la Cella, où nous avons continué la finesse des chambranles, et surtout le gracieux des bossages dont les coupes articulent les petites et grandes pierres qui forment la construction de cette partie de l’édifice. A l’instar de Palladio, nous faisons reparaître la Cella par-dessus la colonnade, et nous la couronnons d’une voûte recouverte d’airain sculpté en feuilles de laurier, et surmontée d’une pomme de pin. Les murs de l’enceinte, que nous formons en brique ( sorte de construction très-antique ) sont , à l’intérieur , décorés de niches que nous supposons recevoir les statues des Grandes- Prêtresses. Dans l’intérieur de la Cella, nous supposons également un bas - relief qui la pourtourne , et qui , représentant les hommages rendus à la Déesse , porte des inscriptions où nous faisons entrer le nom de Numa, comme fondateur de ce culte. Enfin, au fond du sanctuaire , on voit l’effigie emblématique du Principe Vivifiant et Régénérateur, sous les traits de Vesta , que les anciens ont représentée sous la figure d’une belle femme tenant un flambeau, entr’autres attributs.
Le tableau supérieur de la planche 54, donne la vue perspective extérieure du Temple, et celle d’une partie de l’intérieur de l’enceinte, au-dessus de laquelle se voit le haut des arbres des bosquets sacrés.
Aux côtés du plan, tracé dans le tableau inférieur, sont présentés les divers Fragments qui ont servi à cette Restauration , comme le Plan et l’Elévation du Temple, dans son état actuel; les Murs, Bases et Corniches de la Cella ; la Base et le Chapiteau des colonnes , d’ordre Corinthien avec tailloirs terminés en angles aigus; enfin, le Fragment de couronnement , trouvé dans les fouilles.
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