‹ Du génie de l'architectureChapitre 3 sur 31 · DE » MEME LEVRS -TRAVAUX LES° SIEE S SOL T · texte numérisé non relu

DE » MEME LEVRS -TRAVAUX LES° SIEE S SOL T

ACCESSIBLES SENTIMENT >E » TOYS.

INTRODUCTION

On ne saurait trop le répéter, toutes les conceptions provenant de l’intellect se composent de deux parties distinctes, divisibles, infinies, savoir, X Invention et la Science, et la diversité de nos opinions, sur un même sujet, vient souvent de ce que nous voulons que le côte que nous connaissons le mieux, en soit regarde comme l’aspect unique; l’expérience m’ayant appris que I’Architecture n’avait presque toujours été traitée et jugée ainsi que partiellement, j’ai formé le projet de la présenter dans son ensemble,, en cherchant à la faire connaître, dès son origine et par le moyen des exemples, comme étant essentiellement OEuvre de sentiment, de génie et de goût, fondée sur V utilité morale et -physique ; dirigée d'apres des qualités , des principes naturels, fixes , universellement reconnus ; formée d' éléments simples , composés, variés et raisonnés, et enfin accessible au sentiment commun pour lequel, en dernière analyse, il faut reconnaître que toutes choses sont créées.

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introduction.

En convenant que tout doit concourir, aujourd’hui, à donner une plus ample connaissance de l’Architecture, et contribuer à ses progrès, tant pour la publication de toute espèce de traditions exactes et plus étendues de ses formes, de la stabilité et de l’historique de ses monuments, que par l’avancement de la science en général; il faut dire cependant, que l Art n a jamais ete assez distingue de ses moyens, surtout clans les théories publiées, et que l’abondance où nous nous trouvons, à cet ^ égard, est trop souvent interprété comme le suprême degré où puisse atteindre l’intelligence humaine. Tout est inventé , paraît être un axiome; et, ce serait un grand mal qu’une pareille Erreur s’accréditât! En nous privant du charme que l’invention prête à toutes choses, elle nous ferait infailliblement tomber dans une sorte de Matérialisme qui n’est pas déjà sans commencement et que l’on reconnaît aux prétentions marquées de I’esprit, de la mémoire et de 1’ adresse, à tenir lieu de sentiment, de génie et de goût. C’est donc pour contribuer à arrêter, s’il m’est possible, cette tendance à une dégradation, si l’on peut dire savante, que je voudrais présenter l’Art sous ses véritables traits, mettre chacun à même de le juger, et de prononcer avec connaissance de cause, faire voir combien on peut s’abandonner à son propre sentiment pour le comprendre et s’en rendre , par-là, le Conservateur ; enfin, montrer qu’il ne faut à cet effet, d’autres règles pour se diriger, que cet Instinct , cette Faculté innée qui sait si bien apprécier, sans avoir besoin de commentaires, ce qui est Beau et Bon, que ce Sentiment délicat qui fait, par exemple, que l’on est ému à la vue, au récit d’une Action généreuse ou énergique; au prononcé d’un Discours affectueux ou véhément, à la lecture de toute sorte d’Ouvrages bien pensés, bien écrits, à l’audition de Sons harmonieux, à l’aspect d’un Tableau, d’une Statue, sans être, pour cela, ni Auteur de l’action

INTRODUCTION

vertueuse, ni Orateur, ni Ecrivain , ni Musicien, ni Peintre, ni Sculpteur.

Il faut donc observer que les connaissances humaines ayant grandies, la matière sur l’architecture s’est aussi considérablement augmentée, et qu’alors se sont multipliés les commentaires , les doctrines, les systèmes, les règles, les recueils, les dissertations, moyens immenses d’instruction, utiles d’ailleurs, mais dont la quantité et les assertions ont souvent fait oublier le Principe essentiel de l’existence de T Art , et ont comme enseveli ses facultés morales génératrices. De cet état de choses est résultée la confusion dans les idées, et pour surcroît d’embarras, l’imagination, sans véritable objet, la tradition, simple conservatrice des faits, l’érudition, souvent dédaigneuse des produits nouveaux , les sciences exactes, ne voyant que matière et calcul, l’art du dessin ^fier de représenter positivement les objets , se sont tous, tour-à-tour , emparés du sceptre, et, en se présentant comme l’Art même, ont achevé, par l’effet de leurs contradictions réciproques, de tout embrouiller au point que le Public n’y a plus rien compris et n’ose pas même se prononcer devant ce qui lui cause des sensations.

Comme l’Architecture n’est pas plus un mystère que toute autre chose d’une utilité commune, je vais tâcher, par le moyen des exemples, de la rappeler à son principe naturel, à ce que son Génie s’est toujours proposé d’atteindre même dès l’origine, et c’est ce que l’on sentira dans le plus simple Monument Rustique Consacre, attachant, comme dans les Temples les plus pompeux, de tous les rites, cpd excitent à l’admiration , au respect, au recueillement ; dans î’Asyle du malheur, offrant, comme le palais, des avantages , en commodités , en agréments ; dans I’Habitation privée, présentant une distri-

INTRODUCTION

butioîi convenable et donnant d’agréables aspects ; enfin dans tons les Edifices emportant avec eux le pouvoir de plaire , en satisfaisant à toutes les espèces d’ utilités , d’où est ressorti et ressortira toujours cette définition , que I’Architecture est l’Art d’ intéresser , au moyen

de la Création la plus parfaite des Edifices.

Quoiqu’il soit bien reconnu, par les sensations diverses que l’on éprouve devant les Monuments de caractères, de genres, de styles différents que l’Architecture est un art chargé de s’adresser à l’âme , au goût, à l’esprit, à la vue, je laisserai, cependant, aux exemples le soin d’en convaincre encore mieux; et, sans vouloir prouver autrement mon sujet, je vais y entrer de suite par une Table des Matières sur lesquelles je crois nécessaire de parler.

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