DE L’ART CHEZ LES INDOUS
C’est dans llndoustan, dans les montagnes d’Elora, sur les côtes du Coromandel , que nous aimons à retrouver les premières œuvres du génie, ainsi que les traces primitives du type à l'aspect stable , lequel nous voyons comme naître au sein de la terre, et, semblable à une plante, se former également au-dessus ; nous y reconnaissons , surtout , ce sentiment religieux qui suggéra au génie la pensée de creuser des montagnes pour en former des lieux saints, et de changer des masses de rochers en des figures significatives pour les sens. Nous le répétons, nous ne nous arrêterons , ni à ce que ces objets peuvent représenter, ni à l’industrie nécessaire pour faire obéir le granit d’une manière aussi merveilleuse; nous ne considérerons que l’œuvre en elle-même , et l impression que ces grandes et naïves inventions ont du produire tant sur l’âme , la vue et l’esprit des peuples pour qui elles ont été faites, que sur les étrangers qui les ont admirées, et, enfin, sur les voyageurs qui admirent encore, après tant de siècles: les temples et les palais consacrés, à Brama, à Wichnou et à Siva , (la trinité indienne), sous le nom de Kailaiça ; à Indra, (gouverneur des cieux); à Diagana-N athâ , ( Cérès); à Parasoua-Rcima , (Bacchus); à Sita , (Déesse des mariages); le Dienoussa , (Place nuptiale); le Dourmar-Leyna , (Lieu consacré à la mort); le lieu des cendres de Ravana; celui des Deça-civantara; (les dix descentes ou incarnations) de TVichnou , (Dieu sauveur); puis, les rochers sculptés de Mavalipouram , ou les sept pagodes, etc.
Mais, pour ne pas nous éloigner de la brièveté que nous nous sommes proposée, nous nous arrêterons, seulement pour la connaissance du genre, au Palais d’Indra, appelé aussi le palais du ciel , et consacré au maître des nuages et de la voûte éthérée. 3.
Palais d’Indra. A la simple inspection du plan et des autres aspects de cet édifice, l’on juge facilement de sa disposition convenablement mystérieuse, et des effets d’optique que le tout doit produire. D’abord, une grotte ou lieu préparatoire en précédé l’entrée; la porte qui ferme l’enceinte est gardée par des lions; l’espace intérieur et découvert contient, dans son aire et au milieu, une pagode ou chapelle de forme pyramidale, caractéristiquement décorée, et tenant à couvert l’autel du Dieu ; à droite, est l’effigie d’un éléphant, monture symbolique d’Indra ; à gauche, l’on remarque une colonne, également emblématique, surmontée de deux figures assises ; de ce même côté, est la grotte ou temple secondaire dédié à Wichnou qui, sous le nom d ' Adinathci^ y est représenté dans le fond du sanctuaire: après d’autres petites chapelles renfoncées , et dans la ligne du milieu, est creusé le temple principal, lequel est précédé d’un portique à double étage, et double aussi en profondeur, présentant à rez-de-chaussée, un péristyle, un portique, une nef avec des enfoncements aux deux côtés, et un autre portique dans le fond, puis un espace, et enfin , la résidence ou sanctuaire du Dieu terminant cette conception toute religieuse que complètent encore de nombreuses sculptures ayant trait au sujet.
Voyez pour le plan la première médaille, (pl. 2.)
La deuxième médaille représente l’entrée et une partie de l’enceinte du monument; le tout entouré de la montagne dans laquelle il a été formé et sculpté.
Le cadre principal, au-dessus, donne une idée de l’intérieur de l’édifice vu sous le péristyle du temple, en le regardant du côté de l’entrée. Nous faisons lire, au bas de cet exemple, le titre de consécration de l’édifice, titre quNn général, nous déduirons du but que nous sentirons que le génie s’est proposé d’atteindre.
Ici , c’est LE GÉNIE DE l’aRCHITECTUPÆ AU DIEU DU FIRMAMENT.