‹ Du Genre RosaChapitre 13 sur 28 · SOS AVR · texte numérisé non relu

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Indieæ (Crépin).

Ce groupe formé par Crépin, comprend un certain nombre de variétés horticoles connues sous les noms de rosiers du Bengale, roses thé, etc. L'origine de ces espèces est des plus embrouillées; elles sont originaires de l'Asie, mais depuis de longues années déjà cultivées dans les jardins, ce qui a dû contribuer à déformer leurs caractères spécifiques. La section peut être ainsi caractérisée : styles plus ou moins saillants, stipules toutes étroites. Le mode d’inflorence marque la place de cette section auprès des Synstylæ.

Dans le Prodomus les Indicæ sont comprises parmi les Chinenses en compagnie des Banksiana, des Bracteata, des R. Microphylla. Le R. Indica, L. y est indiqué avec plusieurs variétés dont les principales sont R. Noisettiana (Rosier noisette), Ternauxiana (Rose Ternaux); R. Fragrans (Rose Thé); Semperflorens (R. Bengale); Acuminata (R. Miss Lawrence). L'auteur se demande si le Fragrans ne serait pas une espèce spéciale : c'est pour les rhodologues modernes le vrai À. Indica.

Trattinick a placé ces diverses formes dans sa quatrième section des Smilhiana ainsi caractérisée : « Semperflorentes, foliola acuminata, suprema ternata, fructus ovati, rubri, glabri. »

Il ressort des travaux de Lindley et de son inspec-: tion de l’herbier de L. que le À. Indica, L. ne serait

pas un Bengale, mais une autre plante rangée autrefois dans les Banksiæ, mais qui doit prendre place dans les Synstylæ, le R. Microcarpa (Lind.) : Linné se rapportait à la figure donnée par Péfiver (tab. 38 fig MA

Le nom de Linné devrait être abandonné.

Voici d’après Lindley la diagnose des trois espèces de cette section :

Rosa Indica : foliolis ellipticis, acuminatis, glabris, crenato serratis, surbus glaucis; ovariis 40-50.

Rosa Semperflorens : foliis ovato lanceolatis, crenato serratis, ovariis 15, petalis integris. x

Rosa Laiwrenceana : Nana, foliolis ovatis, acutis, arguté serratis, petalis acuminatis, ovariis 7-8.

Nous voyons que Lindley appuie surtout les différences spécifiques sur le nombre des achaines inclus dans l’urcéole, caractère des plus variables et que la

végétation modifie fréquemment.

Le Bon Jardinier classe ces trois espèces dans

deux sections différentes : les Roses Thé, les Roses Bengaleavecle R. Lawrenceana pour intermédiaire. Les Rosiers Thé (2. fragrans) ont généralement les folioles pâles, plus allongées que dans les autres types ; les fleurs sont de couleur peu foncée, habituellement jaunâtres, blanchâtres, rarement rouges, répandant une légère odeur de Thé, ordinairement solitaires à l'extrémité des rameaux. Dans les Rosiers de Bengale (A. Semperflorens), les feuilles ont des folioles plus foncées, plus élargies:

les fleurs sont plus souvent paniculées, peu odorantes, de couleur plus foncée. Le Rosa Lawrenceana se distingue par son port : ce serait une forme naine du groupe des Zndicæ.

D'après MM. Naudin et Decaisne, la Rose Thé serait

la souche d’où proviendrait le Rosa Semperflorens : Loiseleur-Delongschamps considère au contraire la Rose Thé comme issue du Rosier de Bengale. Il est bien possible qu'il n’y ait dans cette section que des formes obtenues par culture d’un même type spécifique.

La Rosa Indica par son hybridation avec le R. Moschala a fourni la série des Noiseltes et des Rosiers Ternaux ; avec le Rosa Damascena, les Rosiers dits de Bourbon, les Rosiers de Bourbon sont des arbustes généralement plus vigoureux que les précédents, les rameaux. sont plus courts et généralement plus gros, uniflores — les épines sont courtes, fortes, élargies à la base, courbées au sommet et éloignées l’une de l’autre — les folioles sont d’une couleur vertsombre-luisant, ovales, arrondies et dentées, au nombre de 3, 5, 7. — Le tube du calice est arrondi, renflé.

Les formes de cette nombreuse série ne se distinœuent pas toujours facilement des Rosiers Thé : la forme des épines, les feuilles plus larges dans la erande majorité des cas, perdent quelquefois ces caractères de distinction. C’est ainsi que certaines espèces horticoles sont rangées par les uns dans les

Rosiers de Bourbon, par les autres dans les Rosiers Thé et presque avec autant de raison dans les deux cas. L'histoire de cette rose de l’île Bourbon, a été assez controversée :elle a été obtenue de graines envoyées de l’Ile Bourbon par Bréon en 1819. Semées à Neuilly par Jacques, elles donnèrent naissance à une plante qui de premier abord parut différente des Roses de Bengale : Thory l’a décrite dans Redouté sous le nom de À. Canina v. Borbonica.

Bréon, faisait observer qu'il avait recueilli ses graines sur un Rosier croissant au voisinage des R. Indica et bifera (Damascena) quisont fréquemment cultivés à Bourbon pour la clôture des haies. Dans de semblables conditions il y a bien des chances acquises à l’idée d’une hybridation entre les deux espèces citées. Loiseleur (La Rose, 1844, p. 159) ne veut voir dans le Rosier Bourbon qu’une modification remarquable du Rosier de Bengale; il propose méme de réunir en une seule espèce toutes les plantes de ce groupe.

Avec le À. Alpina, la Rose thé donne naissance à quelques hybrides cultivés dans nos jardins : le Rosier de Boursaull aurait cette origine ainsi que le Rosa Lheritieranea (Thory):la premièreespète a recu également de Thory le nom de Rosa Reclinata.Trattinick, fait suivre la description de ces formes de la remarque suivante : « Cum species tot hybridas natu- «rales suscepimus, cognoscere et promulgare oportet « etiam artificiales quæ ulterius perdurant et propa-

«gantur, neque ut varietates ad ullam aliam possunt « reduci », excellente remarque qui ne saurait mieux trouver son application que dans l'étude de ce genre où les phénomènes d’hybridation se produisent si fréquemment. |

Le Rosier de Bengale a fourni à la culture une plante plutôt remarquable par sa bizarrerie que par sa beauté : c’est la Rose Verte (Rosa Semperflorens v. viridiflora) dans laquelle les organes floraux se sont transformés en feuilles vertes.

Dans nos jardins, les Roses de ce groupe se présentent habituellement à fleurs semi-pleines, très rarement pleines; on cultive quelquefois le type du R. de Bengale à fleurs simples. Dans le midi une autre forme est l’objet d’un commerce important dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes : d’après des renseignements certains, elle sert à remplacer la Rose de Provins dont la production se restreint de plus en plus, pour les besoins de la pharmacie : il y aurait l'avantage de la quantité, les Rosiers de cette section étant remontants (7. Cramoisi supérieur). La Rose dite Safrano, que l’on rencontre fréquemment à Paris chez les fleuristes est une variété du Rosa Indica dont la culture se fait en grand dans le midi de la France.

Ces espèces sontoriginaires, selon toute probabilité, de l’Inde et de la Chine ; au Japon, on les cultive de longue date, mais elles y ont probablement été importées : une forme à fleurs doubles n’a encore été

rencontrée que dans les jardins de ce pays, c’est le Rosa Sieboldi (Crépin). On a signalé à Tanger le Rosa Semperflorens- à fleurs simples, mais peut-on affirmer sa spontanéité ? F

La date de leur introduction en Europe, n’est pas très éloignée : Les Rosiers Thé l’auraient été en Angleterre en 1810; les Rosiers de Bengale, en Angleterre en 1789, en France vers 1800; le À. Miss Lawrence, en Angleterre en 1810.

Bracteatæ (Lindley).

Ce groupe essentiellement asiatique ne comprend que deux espèces autonomes : les Rosa Bracteata et Involucrata, et deux autres hybrides, le Rosa Hardyi et le Rosa Lyellu.

La section est ainsi définie par Lindley : « Rami fructus que tomento persistente vestiti ». Ainsi constituée, elle est des plus naturelles, mais pas suffisamment déterminée. D’autres caractères que :la pubescence sont nécessaires, on peut les trouver dans les aiguillons régulièrement géminés sous les stipules, les stipules profondément laciniées, les bractées laciniées, les pédoncules floraux très courts, le nombre considérable des étamines et surtout la présence des bractées fortement développées qui semblent entourer la fleur : de plus il y a une véritable articulation entre le pédoncule floral et le réceptacle.

Des deux espèces que renferme cette section (genre

Ernestella de M. Germain de Saint-Pierre), l’une habite la Chine (Rosa Bracteala, Wendland); l’autre est spéciale au Népaul et paraît habiter les pâturages humides (À. Involucrata, Roxb.):dans les deux plantes les fleurs sont blanches, souvent doubles dans les jardins, mais s’ouvrant difficilement en entier sous les climats du Nord. Le vestiture’des feuilles les distingue de prime abord : elles sont glabres inférieurement dans le À. Bracteata, velues dans le R. Involucrala; qui a les aiguillons crochus très robustes, tandis qu'ils sont droits, la pointe plus ou moins relevée dans le premier.

Le Rosa Lyellir (Lindley) rapporté à cette section semble d’après ses caractères devoir être attribué à l’hybridation du À. Involucrata par le R. Moschata, avec lequel on peut assez facilement le confondre, sauf les styles qui ne sont point en colonne saillante.

Avec le Hulthemia berberifolia, le Rosa involucrata donne naissance au curieux et rare Rosa Hardyi : plante que nous avons pu étudier à loisir dans les cultures du Muséum : c’est un arbrisseau bas, délicat, à tiges grêles, aiguillons droits et sétacés ; feuilles glauques rappelant celles de l’hullemia, mais divisées plus ou moins ; fleurs jaunes simples, marquées d’une tache pourpre à l’onglet : cette singulière plante a été obtenue dans les jardins du Luxembourg par hybridation naturelle. Pirolle qui en a

parlé un des premiers, proposait le nom de À. Har--

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