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DES CARACTÈRES USITÉS COMME BASE DE CLASSIFICATIONS

De l’ensemble des travaux entrepris par les différents auteurs sur le genre Rosa, on peut déduire que toutes les classifications peuvent se rapporter à deux types.

Ou bien on a considéré tous les organes de végétation et de floraison suivant la nécessité du moment (fleur ou fruit) ; ou bien les caractères distinctifs ont été tirés d’un seul organe.

D.C.,Thory, Lindley,Trattinick, Seringe, Deséglise se sont servis de tous les caractères en leur pouvoir ; Rau s’est appuyé au contraire sur la présence ou l’absence des glandes foliaires; Walroth, Reichenbach sur les sépales ; Dumortier sur l’état du nectaire. Nous examinerons ce qu’il peut y avoir de bon dans chacun de ces travaux, et auparavant il nous faut jeter un rapide coup d'œil sur les organes de la Rose.

Les organes de la végétation à considérer sont lä souche, les tiges à leurs divers états, les aiguillons, les feuilles, les stipules, les bractées : on ne saurait tirer de caractères de premier ordre de la véwétation de la souche qui peut être rampante ou cespiteuse : car certaines espèces naturellement cespiteuses donnent des pousses souterraines par la culture ou par la taille ; on à pu remarquer ce fait

chez des R. Rubiginosa et Tomentosa servant de support à des variétés cultivées.

Quelquefois cependant ce caractère peut jusqu'à un certain point influer sur le facies des hybrides auxquelles ont concouru les Pimpinellifoliæ et les Sabiniæ, plantes essentiellement sociales, comme l’a justement fait remarquer Crépin.

La direction des tiges stériles et leur forme doit être étudiée et se maintient avec beaucoup de fixité dans un même groupe. C’est ainsi que les Va/losæ se disüngueront facilement des Tomentosæ à leurs tiges stériles droites, non flexueuses ni arquées au sommet ; il en est de même des Wicranthæ et des Rubiginosæ veræ : quelquefois ces particularités peuvent se reproduire dans la tige florifère et dans les rameaux foliacés. Mais il faut des conditions normales pour que ces caractères importants puissent se maintenir. Certaines espèces naturellement droites (Rubiginosæ, Coronatæ) prennent une courbure marquée dans leurs tiges stériles par la culture, l’ombrage des bois, etc.; d’autres, au contraire, naturellement arquées, peuvent se redresser par nanisme dans un sol stérile : le fait est facile à vérifier dans les formes de la section Wicranthæ.

Les rameaux florifères varient beaucoup suivant la place qu’ils occupent sur la tige : la première année, 1ls sont faibles, puis peu à peu ils deviennent plus robustes et donnent des aiguillons plus larges, des fruits plus volumineux. Quelquefois des ra-

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meaux foliacés deviennent par anomalie florifères : leurs aiguillons rappellent ceux des tiges; les feuilles, celles des rameaux stériles et de plus l’inflorescence est habituellement exagérée. Dans les espèces réunies par Crépin dans sa section des Microcarpæ (Rosa anserinæfolia, beggeriana, etc.), ce fait anomale est très fréquent et peut servir jusqu’à un certain point à la description des formes de ce groupe.

Dans quelques cas (Rosa sericea) il se développe le long des tiges et des branches, presque toujours, à l’aisselle des feuilles un bourgeon qui donne naïissance à une ou deux feuilles, entourées d’écailles à leur base : à l’aisselle de ces feuilles se produit une fleur ou bien un rudiment de bourgeon qui développera une rosette de feuilles. Entre la fleur ainsi formée et une des premières feuilles (la supérieure ou l'unique suivant le cas) prend naissance un bourgeon qui dans le cours du même été donne naissance à une rosette de feuilles et prolonge l’axe florifère, mais avec une extrême lenteur (quelques millimètres au plus): la fleur paraît donc terminale, mais rejetée sur le côté par le développement du bourgeon axillaire.

Il est très rare que cette remarquable particularité se rencontre dans les Pimpinellifoliæ.

Dans le groupe américain des Carolinæ, une espèce le Rosa foliolosa (Nutt.) possède un caractère qui ne se retrouve dans aucune autre espèce connue : les tiges naissent au sommet de la souche ou de ses

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ramifications, pressées les unes contre les autres; elles sont courtes, restent simples, et fleurissent dès la première année : il s’en suit que cette plante ne possède que des feuilles caulinaires, jamais de feuilles ramusculaires.

Un caractère très important peut être tiré des aiguillons, soit de leur forme, soit de leur nombre ou bien encore de l'impression basilaire qu’ils laissent en tombant. Dans un grand nombre de classifications, les aiguillons ont servi de point de départ (Woods, Lindley, Godet, Grenier, etc.): ils peuvent en effet être droits, subulés, arqués, crochus, grêles ou robustes; quelquefois même ils sont terminés par une glande et portent le nom de sotes glanduleuses, sétules : la section des Gallicanes est basée principalement sur la présence de ces deux variétés d’aiguillons. Quand ils sont tous uniformes ils peuvent être subulés (Pimpinellifoliæ, etc.) ou bien crochus (Caninæ, etc.) — Mais avant de conclure à une détermination d’après ces données, il faut bien s’assurer de l’état de la végétation de l'individu que l’on étudie, voir si l’on a affaire à une tige fertile, à un rameau folifère, à un turion, car dans ces différents cas la forme des aiguillons peut varier.

Un autre caractère a été tiré de leur position sur la tige par rapport aux feuilles : dans le grand groupe des Cinnamomeæ (Diacanthæ) ils sont géminés, stipulaires (Aculeï infrastipulares).

La forme laissée par leur chute a été utilisée par

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Dumortier pour subdiviser son sous-genre C’ynorhodon en Spiniferes (empreinte -ovale arrondie) et hamiferes (empreinte allongée). Il faut aussi tenir grand compte de la remarque suivante qui se présente souvent à l'observation dans les différentes sections : elle est surtout patente dans les Cinnamomeæ et permet d'expliquer la création de deux espèces quand par le fait il n'y en a qu’une seule :

Les tiges qui s'élèvent directement de la souche sont généralement chargées dans les Cinnamomeæ (R. Ballica et Lucida) d’aiguillons sétacés plus ou moins robustes ; à la base des fleurs s’en trouvent deux autres géminées. Si les tiges restent courtes, les aiguillons subsistent même vers l'extrémité supérieure de la tige; ils disparaissent tous ou en parte si elles s’allongent. Si la tige donne directement naissance la deuxième année à des ramuscules florifères, ils sont chargés des mêmes aiguillons dans les entrenœuds inférieurs et moyens. Il arrive de cette manière que le nombre des aiguillons peut varier d’un pied à un autre. Si les ramuscules naissent sur des ramifications de deuxième ordre, ils sont réduits aux seuls deux aiguillons géminés et peuvent paraître inermes. L’armature est donc sous la dépendance du degré de végétation, sous l'influence du développement. « Plus les axes s’éloignent de la souche, de la tige, moins ils sont aiguillonnés. »

Il ne faut pas non plus oublier que les aiguillons peuvent disparaître avec l’âge : nous avons pu suivre;

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