IRIS
D'après quelques auteurs, Tiris ne présente pas les symptômes d'une inflammation proprement dite. « D'autres fois, on rencontre une iritis avec des hémorrhagies dans le corps vitré V.» Ce qu'il y a de certain, c'est que les altérations subies par le diaphragme n'offrent, pas plus que celles que nous venons de voir, un caractère d'uniformité et de permanence. Cependant, dans la majorité des cas, elles sont si remarquables qu'il est impossible de les méconnaître. Ces modifications portent sur la couleur, la texture, l'étendue, les fonctions et la position du diaphragme.
Couleur. — « L'iris est en général plus pâle, plus terne que d'ordinaire; on croirait qu'il a subi une sorte de macération. Çà et là, en effet, on aperçoit des plaques plombées , isolées les unes des autres, et formées aux dépens de la substance antérieure du diaphragme. C'est surtout vers les attaches de l'iris qu'elles se montrent tout d'abord, et leur apparition est souvent précédée d'une décoloration plus ou moins étendue, qui donne à la membrane une teinte ardoisée ou vineuse ; ces taches et cette coloration se montrent
* De Graefe ; Note préambulatoire sur le caractère du glaucome. (Arch. fur ophth. ira partie, pag. 371 ; 1854.)
quelquefois au momeDt où le malade ne se plaint encore que médiocrement de sa vue. Â mesure que l'affection fait des progrès, Tiris perd davantage ses brillantes couleurs naturelles * . »
D'après M. Siebel « « lorsque le passage de TopbthaU mie veineuse au glaucome est imminent , que tous ses symptômes, notamment la couleur verdâtre du fond de l'œil et son apparente opacité concave, deviennent plus prononcés ; souvent même à une période moins avancée de la maladie, il se manifeste une nouvelle altération morbide que j'ai été le premier à signaler. L'iris, sans signes phlegmasiques , se décolore, prend une teinte pâle ; la coucbe pigmenteuse de sa surface postérieure disparait, et, laissant à nu des parties de la trame iridienne , donne a cette membrane un aspect marbré , marqueté de plaques plus ou moins grandes, d'une couleur gris d'ardoise ou bleuâtre , quelquefois plus blanchâtre ou peu nacrée , rarement jaunâtre et compliquée d'un dépôt flbro-albumineux. Ces plaques, situées d'abord dans le petit cercle, plus tard aussi dans le grand cercle, rarement nombreuses, le deviennent parfois à un tel degré, qu'on ne reconnaît plus la couleur primitive de l'iris ^
D'après Weller % la couleur de Tiris est sans éclat
1 Desmarres, tom. III, pag. 73:2.
^ Sichel; Icon. ophth., pag. 102.
'^ Traité théorique et pratique des maladies des yeux, tom. I, pag. 346.
et semble avoir été diminuée par Teffet du lavage. Ce derm'er auteur et M. Sichel ont noté, en même temps, que les yeux bruns sont plus exposés à la maladie et que, dans ces cas, la couleur foncée de Tiris se change en bleu grisâtre, sale et sans éclat.
Texture, — Ces lésions en indiquent de correspondantes dans le tissu de la membrane. En effet, « Tiris perd sa texture fibrillaire, son tissu s'amincit, la couche pigmenteuse de sa surface postérieure disparaît et laisse à nu des parties de la trame iridienne * . » Les modifications que présentent la couleur et Taspect du diaphragme sont nécessairement dans un rapport intime avec celles que le tissu a subies, et n'en sont que la conséquence. Aussi n*insisterai-je pas davantage ^ur ces dernières, les ayant pour ainsi dire déjà fait connaître. J'ajouterai seulement que, dans certains cas, mais rares, M. BenedicI, d'après M. Sichel, a pu noter à la surface de l'iris quelques vaisseaux, en petit nombre , qui présentaient de véritables varicosités*. Mackenzie', au contraire, considère la présence de ces vaisseaux variqueux comme un symptôme fréquent.
La portion d'iris qui limite le pupille présente des modifications remarquables et que je ne puis oublier.
^ Sichel ; Icon., pag. 102.
^ Sichel; Mémoire sur le glaucome. (Ann. ocuL, tom. V, août 1841.) s Tom. II, pag. 606.
D'après M. Sichel, la marge iridienoe est renversée en avant, et l'uvée, faisant saillie, présenle un bourrelet noirâlre que ce savant praticien compare à un véritable eclropion ' . Weller, qui avait fait la même observation, dit que la matière noire de l'uvée se présente sous forme d'un anneau.
D'après M. Desmarres, « l'uvée a disparu par places, en sorte qo'on aperçoit souvent une petite traînée blancbe assez semblable a une bandelette fibro-albumineuse, et qnela pupille se trouve dessinée en certains endroits par une portion de cercle blanchâtre, laillée aux dépens du diaphragme'. »Mackenzte(pa{;. 606) a vu le boni de la pupille parfois enroulé en arrière vers la chambre postérieure, d'autres fois poussé en avant, l'uvée se présentant sous la forme d'un rebord frangé.
Dans plusieurs cas, la marge indienne est irrégulière, déchiquetée; elle présente quelquefois des synéchies postérieures, qui donnent alors une raison suffisante de son inégalité. M. Siebel dit avoir nolé^ que le contour de l'ouverture de l'iris , au lieu de dessiner un cercle, affecte, chez certains sujets, une forme ovalaire dans le sens vertical, le plus souvent dans le diamètre transversal. En regard de cette disposition, les vaisseaux variqueux que nous avons remarqués sur la surface sous-conjonctivale, seraient
' Sichel ; /oc. cit.
^ Desmarres, tom. III, pag. 732.
3 Sichel, toc. eil.
plas prononcés dans le sens du grand axe de cette ouverture ovalaire : par exemple, dans la direction du diamètre transversal du bulbe, si la pupille est ovalaire transversalement ; et, déplus, on rencontrerait au dedans, « des exsudations albumineuses, des fausses membranes et des amincissements plus fréquents et plus considérables dans les parties latérales de la choroïde. Or, la contraction inflammatoire ou organique de ces régions plus phlogosées du tissu choroïdien, entraîne les portions latérales correspondantes de Tiris en dehors et en dedans, et imprime à la pupille cette forme particulière. Dans les cas contraires, la pupilledevient ovalaire verticalement *. »
Étendue. — A l'état normal, .l'étendue occupée par le diaphragme varie à chaque instant avec la quantité et rintensité des rayons lumineux projetés sur Toeil. Ici, cette variabilité disparait en général, pour faire place à une dilatation plus ou moins prononcée ; par conséquent, sa surface diminue. Cette modification, quelquefois peu accentuée, peut aller jusqu'à faire passer Tiris à letat de simple liseré et le conduire a une véritable atrophie. Ce mouvement de retrait ne s'opère pas également sur tous les points, et de là des variétés que nous avons remarquées en nous occupant de l'ouverture pupillaire.
^ Sichel, loc. cit.