‹ Du glaucomeChapitre 6 sur 18 · SI · texte numérisé non relu

SI

Qu oi qu'il en soit , on rencontrera le plus souvent un iris diminué dans sa surface totale , et , quel que soit le degré de cette diminution, elle s'accompagnera d'un trouble remarquable et constant dans les fonctions de l'organe. Celui-ci, en effet, est immobile et ne se contracte plus sous l'influence des impressions lumineuses. Cette altération est tellement caractérisée, que l'iris malade a perdu ses rapports sympathiques avec celui du côté sain ; on peut provoquer des contractions et des dilatations de la pupille saine , sans entraîner le moindre changement dans la pupille malade. Notons, en passant, que cette observation a été faite sur des sujets qui , pour y voir confusément, trouble, avaient cependant conservé la conscience de l'impression lumi- \)euse sur l'œil malade, et nous serons autorisé à conclure que l'iris est sous l'empire d'une modification quelconque , intrinsèque ou étrangère , s'exerçant indirectement sur lui, et qui l'empêche d'obéir à la double provocation de l'impression lumineuse et de 1$ sympathie. Inutile d'ajouter que ce phénomène ne conserve sa valeur et sa signification que dans les cas où les mouvements du diaphragme ne sont point empêchés par des obstacles tels que les synéchies, dont je parlais il y a un instant.

Position. — Enfin, l'iris, au lieu d'être placé de champ entre le cristallin et la face postérieure de la cornée, et dans une direction perpendiculaire , est re-

poussé vers cette dernière, de telle façon que sa forme rappelle plus ou moins celle d'un entonnoir dont la concavité regarderait en arrière el la convexité en avant (voussure de Tiris). Ce changement dans la direction est naturellement en rapport avec le degré de projection, d'arrière en avant, de la partie du diaphragme la plus rapprochée du centre , puisque les attaches de sa grande circonférence restent fixes: particularité dQnt nous devons conclure que , dans les cas de retrait considérable de la substance, le phénomène pourra être peu appréciable , ou pas du tout. D'un autre côté , s'il est des cas où Tiris est considérablement projeté en avant, jusqu'à la rencontre de sa face antérieure avec la face postérieure de la cornée (que nous savons aplatie ) , d'autres fois , alors même qu'il a subi uvf mouvement de retrait peu considérable , qu'il est peu dilaté , il n'en a pas moins cependant conservé sa direction perpendiculaire ; bizarreries apparentes, dont nous trouverons peut-être plus tard l'explication.

Parmi tous ces symptômes, il en est dont Tappréciation, lorsqu'ils existent, n'offre aucune difficulté. On parviendra toujours à se faire une idée exacte de la direction , du degré de dilatation du diaphragme. Certains autres peuvent être, dans quelques cas, d'une étude un peu plus délicate: et je fais allusion aux modifications que l'iris présent? dans sa texture et dans sa couleur. Ces modifications, déjà de leur nature un peu difficiles quelquefois à reconnaître, peuvent le de-

venir davantage si on les suppose médiocrement dessinées et en rapport avec des lésions un peu prononcées du côté de la cornée et de l'humeur aqueuse. On ne peut apercevoir Tiris qu'à travers ces «dernières, et cet examen pourra devenir embarrassant si le regard doit plonger au-delà d'une cornée profondément atteinte qu d'une humeur aqueuse trouble. Je ne donne pas à cette observation plus de valeur qu'elle n'en mérite ; mais je crois qu'elle a son utilité en vue d'erreurs ou de difficultés possibles.

GHÂMBBE ANTÉRIEURE.

J'ai parlé de sujets chez lesquels il y a voussure de l'iris et aplatissement de la cornée. Ces deux phénomènes , qui marchent ordinairement de concert , se présentent à un degré variable d'intensité, et il en résulte une diminution plus ou moins grande de la capacité de l'espace connu sous le nom de chambre antérieure; diminution qui peut aller jusqu'à une disparition presque complète , quand la face antérieure de l'iris vient s'accoler à la face postérieure de la cornée.

Nous avons rencontré d'autres cas où la cornée est peu aplatie et l'iris peu repoussé en avant, quelquefois même pas du tout. Ici, la chambre antérieure conservera ses dimensions.

Ainsi , selon les sujets, chambre antérieure diminuée ou non modifiée dans ses dimensions , le premier

de ces phénomènes occapant le premier rang , selon Tordre de fréquence.

La môme contingence s*offrira à nous, si nous examinons les particularités présentées par le liquide contenu dans la chambre antérieure. Ce liquide est d*abord plus ou moins abondant, et sa quantité varie avec les dimensions de la chambre. Quand la cornée est maintenue dans sa forme primitive, la raison en est dans une hype rsécrétion de l'humeur aqueuse ; tandis que, au contraire, si la chambre accuse une tendance à diminuer et même à disparaître, nous noterons concurremment une diminution progressive dans la quantité d'humeur aqueuse.

«Il importe toutefois de remarquer ici que Teffacernent de la chambre an'.érieure peut ne pas exister, si , sous une influence que nous apprécierons plus loin, il s'est produit dans ce milieu de Toeil une hypersécrétion de liquide'.» «Mais si Tiritis domine dans celte irido-choroïdite séreuse , la chambre antérieure peut conserver son volume et se remplir d'une sérosité trouble ^»

Celle-ci (Thumeur aqueuse) présente, en outre, des modifications dans son aspect et dans sa nature. Au lieu d'être claire, limpide, transparente, elle devient

^ Follin; Leçons sur Tapplication de rophthalmoscope au diagnostic des maladies de l'œil, pag. 102.

' Itnd., pag. 109.

quelquefois plus ou moins trouble. Sans parler des cas où la chambre est ie siège de véritables hémorrhagies, ce trouble de l'humeur aqueuse tient, soit à une lésion de sécrétion , soit à la présence de particules étrangères. Ce dernier phénomène sera surtout évident si l'altération est le symptôme d'une modification en plus dans la sécrétion. Alors la chambre et son liquide font Toffice d'une barrière plus ou moins opaque opposée aux regards qui voudraient constater Tétat des parties situées derrière.

CHAMP PUPILLAIRË.

J'ai parlé des diamètres et des formes de l'ouverture pupillaire ; il me reste à étudier l'aspect de l'espace circonscrit par cette ouverture. Cet aspect varie singulièrement avec les sujets et les périodes de la maladie.

Dans le principe, la pupille a ordinairement conservé la couleur franchement noire qu'elle présente à l'état normal. D'autres fois cette couleur se trouve modifiée. Bien que le premier fait puisse surprendre , lorsqu'on se reporte à la signification étymologique du mot qui désigne la maladie (glaucome) , sa réalité n'en est pas moins établie sur des données incontestables. 11 peut y avoir glaucome sans modification dans la coloration du champ pupillaire. Cela n'est pas reconnu cependant par l'unanimité des auteurs ; il en est en-

core qui n'admettent l'existence du glaueome qu'à partir du moment où cette altération se dessine. Pour M. Sichel , le champ pupillaire présente une opacité vert de mer, vert de bouteille, avec un certain mélange de jaune. Ce vert est tantôt très-pur, tantôt un peu sale, comme mêlé de gris. L'opacilé peut être faible dans le principe ; mais, plus tard, elle occupe tout Je fond de l'œil , et paraît assez uniforme , un peu plus foncée cependant à son centre et se perdant insensiblement vers la circonférence; de plus, elle est située profondément et paraît dessiner une forme concave.

PourM.Maçkenzie, cette opacité accuse, avec quelques modifications dans les nuances, une situation plus rapprochée de Tiris ; contradiction naturelle , puisque Tun de ces auteurs la rapporte à la choroïde, Tautre au cristallin.

Les recherches sur Texi stence et les variétés de Topacité verte n'ont pas manqué. Considérée comme le signe essentiel de la maladie, la coloration glaucomaleuse a exercé la sagacité des chirurgiens. Je montrerai plus tard combien cette étude a perdu de son importance et de sa signification ; je me contente actuellement de signaler l'absence possible de cette coloration et de constater, en outre, qu'au lieu de présenter un type uniforme et caractéristique, elle est susceptible de revêtir une foule de nuances. Un fait certain , c'est que , dans des cas assez nombreux , surtout les chroniques, le champ pupillaire examiné

à l'œil nu a perdu son aspect noirâtre normal ; et de plus, si on Tétudie avec rophthalmoscope, on ne réussit pas à l'éclairer comme auparavant. Ce résultat est lié en majeure partie à des altérations du corps vitré, et j'en chercherai les conditions quand je m'occuperai de ce dernier.

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