‹ Du glaucomeChapitre 7 sur 18 · CRISTALLIN · texte numérisé non relu

CRISTALLIN

Pour certains chirurgiens, les altérations de la lentille occupent le premier rang parmi les phénomènes du glaucome : M. Mackenzie, entre autres, a bâti toute une théorie sur le rôle que jouent les lésions du cristallin. D'après M. Sichel , celles-ci n'exercent qu'une influence secondaire sur l'aspect de l'œil malade. Le glaucome, nous le verrons, atteint de préférence les sujets au dessus de quarante ans. Or, à cet âge, le cristallin prend fréquemment une teinte jaune ambrée, et alors l'opacité concave et verdâtre du fond de l'œil s'explique par le mélange de la teinte jaune du cristallin et de la nuance particulière de la choroïde, qui devient violacée.

En résumé, d'après les idées adoptées généralement aujourd'hui, le cristallin peut rester intact ou recevoir un contre-coup de la maladie; ce contre-coup se traduit par des altérations de son tissu sous forme' dopacités ; celles -ci j)eu vent aller jusqu'à constituer une véritable cataracte, qui est dite cataracte glaucomateuse. Ces altérations se présentent rarement dès le

début de la maladie, et sont la conséquence de vices dans la nutrition du cristallin, sous l'influence de Taction longtemps continuée de la lésion principale ; on ne les rencontrera donc, en général, que dans les périodes ultimes de cette dernière.

Le cristallin est quelquefois modifié dans son volume : on Ta vu gonflé, hypertrophié. I<e plus généralement, cette altération n'est qu apparente; il y a seulement projection de la lentille en avant. Sous l'influence de Tun ou Taulre de ces mécanismes, surtout du dernier, ou bien des deux combinés, la lentille se rapproche de la cornée; lespace situé entre l'iris et elle diminue ; elle presse sur la face postérieure du diaphragme, dont elle se coiffe parfois complètement. Enfin, nous verrons plus tard que les conditions favorables au refoulement du cristallin vers le plan antérieur de Tœil, sont précisément celles qui ont le plus dinfluence sur l'aplatissement de la cornée : on conçoit alors comment ces deux membranes, sollicitées à se rapprocher, ont pu arriver jusqu'au contact, et comment le cristallin, trouvant une cornée ulcérée ou en voie d'ulcération, a pu passer à travers la pupille et s'échapper par le trajet ouvert dans le tissu de la cornée, au moyen d'un travail ulcératif.

L'opacité cristallinienne, quand elle survient, constitue une véritable cataracte, cataracte glaucomateuse : « Par ce nom, on n'entend point désigner une cataracte verte, mais bien une cataracte molle, très-volu-

mineuse et d'un blanc mal, qui est consécutive de Taffeclion connue sous le nom de glaucome.... Quant à la cataracte même qui est venue s'ajouter à cette désorganisation profonde de Toeil, elle n'offre rien de particulier, à part sa mollesse et son volume. Le plus souvent, elle est d'une couleur blanche, laiteuse, à peu près égale partout; quelquefois elle estgrisâlre, et d'autres fois verdâtre à son centre, quand le noyau a conservé une certaine dureté. Ce serait perdre du temps que d'indiquer les caractères diagnostiques différentiels de cette variété, si improprement nommée glaucomateuse, et de celle que nous avons décrite plus haut sous le nom de verte simple.

» Lacataracle qui accompagne le glaucome n'est pas nécessairement molle : assez souvent je lai vue avec tous les caractères de la cataracte lenticulaire dure. Si j'ai classé ici la cataracte glaucomateuse, c'est que le plus souvent le cristallin se ramollit et se trouble quand le glaucome devient complet.

» La cataracte glaucomateuse n'est point opérable, la désorganisation de la rétine ayant précédé l'opacité lenticulaire V »

« Celte complication (cataracte) ne change rien ni au traitement ni au pronostic de la maladie : elle s'explique facilement, comme la cataracte qu'on ne voit pas rarement survenir après l'amaurose, par la

* Desmarres, tom. III, pag. 97.

profonde atteinte que doit avoir subie la nutrition du cristallin, quand la rétine et la choroïde, et avec elle tout le système vasculaire de Tœil, ont été frappés, pendant un certain temps, de conjjestion, d*inflammation, et finalement de désorganisation. Ces cataractes sont, d'ordinaire, plus ou moins molles et d'une teinte tantôt blanchâtre ou gris blanchâtre (quand leur noyau est de cette couleur ou que leurs couches postérieures sont opaques), tantôt verdâtre (quand leur noyau est jaune et que leurs couches postérieures, restées semi-transparentes, permettent le mélange de la couleur du fond de Tœil avec celle du centre de la lentille ').»

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