C H API T R E V I
De la société polrticjue et civile^
I- D ï E u, ayant fait, Thomme une cer* taine créature , à qui , selon le jugement que ce sage créateur en avait porté luimême , il n'était pas bon d'être seul , il Ta n^isdans l'obligation, la nécessité et la convenance quM lui a inspirée ^veç le désir de ^e joindre en société. La première société a été celle de l'hon^neet de la fernjn^ , et elle a donné lieu à.une autre qui a été entre le père , la mère et les enmn». A ces deux sortes de sociétés, s'en est jointe une troisième avec le temps; savoir, celle des maîtres etd^s serviteurs. Quoique ces trois sortes de sociétés se soient rencontrées ordinairement ensemble dans une même famille , dans laquelle le maître ou^ln maîtresse avait quelque espèce de gouvernement , et le droit de faire des lois propres et particulières à une telle fa», mille. Chacune de ces saciétés-là , ou
toutes ensemble , étweût différentes d»
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ce que nous appelons aujourd'htiî sociétés politiques, ainsi que nous en serons convaincus , si nous considérons les. différentes fins et les différentes obligations de chacune d'elles. ^
II. La société conjugale a été formée par un accord volontaire entre Phonime et la femme; et bien qu'elle consiste particulièrement dans le droit que l'un a sur le corps de l'autre, par rapport à la fin prificipale et la plus nécessaire, qui est de procréer des enfans, elle né laisse pas d'emporter avec soi et d'exiger une complaisance et une assistance nuituelle , et une communauté d'intérêts nécessaire,non-sculement pour engàget les mariés à se secourir et à s'aimer l'un Vautre , mais aussi pour les porter à prendre soin de leurs enfans, qu'ilssont obligés de nourrir et d'élever jusqu'à ce qu'ils soient en état de s'entretenir et de se conduire eux-mêmes,
III. Car la fin de la société entre le mâle et la femelle notant pas simplement de procréer, mais de continuer l'espèce; cette société doit du moins , même après la procréation , aussi longtemps qu'il est nécessaire pour la nourriture et la conservation des procréés,
c'e#t-à-dirc, jusqu'à ce cju'iU soient ca^