‹ Du gouvernement civilChapitre 17 sur 32 · C44 ^^ COUVER NIE MB NT · texte numérisé non relu

C44 ^^ COUVER NIE MB NT

personnes particurlières , qu'elles ^ çont d'ordinaiire ibrt ignorantes dàiis leur naisjsance et dans leur enfance; et sî elle» apprenne^nt et savent quelque chose, ce n'est que par leoiioyen des le* gîtres et des monuuiens que d'auffîs ont conservé$ par hasard. Ceux que nous avons du commencemeiit des sociétés politixjueâ^si l'onexceptçcelledes Juifs, dans laquelle Dieu lui -même estinter-^ venu immédiateirient, en accoro^nt k cette nation des laveurs très - partiQu*lières, nous ont conservés des exemples clairs de ces comroencemens de socîé»tés dont j'ai parlé; ou^ du moins ils nou« en font voir des traces manifestes. - VIII. Illautavouerqu'on a un étrange penchant à nier les, choses de fait les plus évidentes, lorsqu'elles ne s'accor»-, dent pas avec les hypothèses qu'on a nne fois embrassées. Oui est-ce aujourd'hui qui ne m'accordera que Rome et Venise ont conimencé par des gens li-^ bres et indépenclans au regard les uns dçs autres , entre lesquels* il n'j avait nulle supériorité, nulle sujétion natu»

relle : que si nous voulons écouter Joseph Ax^osta, il nous dira que dans la - pluS' grande,partie de l'Amérique il ne

se trouva tiul gouvernement. « Il y a

de grandes et fort apparentes conjeq- , tures ; dit'il , que ces gens ( parlant de ceuw du Pérou )'n*oi;it tu durant' longtemps ni rois ni communautés, mais ' qu'ils ont vécu et ^ont allée en Jroupes, dSfRi que foîit* aujourd'hui ceux^ui habitent la Flof id^ , et eoname pratiquent encore les Cheriquanas et îes gens du BrésiJ, et plusieurs autres nations qui . n'ont "pas pèrtàins rois, mais qui^ suivant que l'occasion de la paix bu àe la guerçè -Se présente, choisissent leurs capitaines' selon: leur volonté. >> X. i. » ch. 2^, Si Ton dit que chacun naît sujet àson père ou au cKef de safamilîe ^ tious avons prouvé que la soumission due par un enfant à son père ne détruit point la liberté quvil a toujours de «e joindre à la société politique qu'il ju^o . à propos» Mais, quoi qu'il en soit, il. est évident que ceux dont il vient d'êttç fait mention étaient actuellement libres ;^ et quelque supé]riorité que cer- ' tains politiques ve\ÉiUent aujourd'hui placer dans quelquçë-iA^ns d'entre eux ^ il est constant qu'iU iie la rccpnnaîsSiBnt ni ne se l'attribuent point; mais d'un commun consentejaient ils sont tous^ égaux, jusqu'à ce que par le mtme ccHiseûteme^nt , ils aient établi des gou-, ^ G

verneurs sur eux-mêmes : tellement que toutes leurs sociétés polilicjues ont commencé par une union v,olont;aire, et par un accord mutuel de personnes, qi^ ont agi libroiiient dans le choix qulils ont fait de leurs gouverneiirs, et dt^a forme du gouvernement..

IX. Je ne doute point que ceux qui^ vinrent de Sparte avec Palantç^ et dont Justin fait mention, n'eussent- assuré

au'ils avaient été -des gens libres et inépendans les uns à Tégard des autres, et <|u'ils avaient établi un gouvernement, et s'y étaient srpumis par leur propre consentement. Voilà des exemples que l'histoire nous fournit des personnes libres et dans l'état de nature qni, s'étant assemblées, ont formé des corps et des sociétés ; et même si , parce que Ton ne pourrait produire sur ce sujet aucun exemple , on était en droit d'en tirer un argument ppur prouver que le. gouyernentient n'a point corn-?

mencé ni n'a pu commencer de la mar nière que nous prétendons ,' je crois que les défenseurs de Tempirè paternel feraient beaucQup mieux d'abandonner cette sorte dé preuve , que <i*y insister et de la pousser contre la liberté naturelle ; car quand même ils pouj;raiejat

alléguer un grand nombre d-exemples tirés de l'histoire des gouvernemetns qui auraient commencé par le droit pater- »el , sur lequel ils auraient été fondés, (ouoiqu'après tout un argument ^ employé pour prouver par ce qui a été ce qui devrait être oie droit, ne soit pas d^une grande force) on peut, sans grand danger ^ accorder ce qu'ils avancent. Mais si je puis leur donner un Conseil , ce serait qu'ils feraient mieux de ne pas rechercher trop l'origine de« goùvernemens,pour connaître comment ils ont commencé, def^cto^ de peur qu'ils ne trouvent dans la fondatic^n de la plupart quelque chose qui favorise '^peu leur dessein , et le pouvoir pour lequel ils Combattent. i X. Mais pour conclure ^: puisque de notre côté il pari«[t hiême. très-clairement que 4es hommes sont naturellement libres, et quç les exemples pris de l'histoire montrent xjue les gouverûemens du monde, qui ont commencé en paix, ont^été fpndés de la manière que nous avons dit, et ont été formés par le consentement des peuples, il ne peut plus y avoir lîeu de douter du droit et de la justice de ces sortes de gouvememens , ni de l'opiàion da^s

Î48 LEGOUVERNEMENr

laquelle ont été les hommes à cet égard , et de la pratique qu'ils ont observée dans l'érection des sociétés.

XI. Je ne veux pas nier que, si on pénètre bien avant dans l'histoire :^i^ si l'on remonte aussi haut qu'il est possiblevers Torigine des sociétés , on ne les trouve généralement sous le gouvernernent et l'administration d'un seul homme; je suis même fort disposé à croire que , quand une famille était assez nombreuse pour subsister et se soutenir d'elle-même, et qu'elle çon:lînuait à 'demeurer unie en ellé-mênie , mais séparée -des autres sans se mêler avec elles , dans un^temps où il y avait beaucoup de terres et peu de peupleis , le, gouvernement commençait et résidait ordinairement dans le père ; car lé 1>ère ajant, par fes lois de la nature, e même pouvoir qu'avait»tout autrié bomme, de punir y comme il jugeait à propos , la violation de ces lois, pbu^ vait punir les fautes de ses enfans, lors' mêmç qu?ils étaient hommes faits et hors de minorité ; et il y a apparence qu'ils se soumettaient tous a lui, et consentaient d'être punis tous par ses . ninins çt par son autorité seule , qu'ils . rejoignaient tous à lui dans le besoinj^

contte cplui qui avait fait quelque mc- Hîjiante action, et que par-lâ ils donnaient le pouvoir d'exécuter sa sentence pour punir quelque crime, et l'établissaient efFectivement législateur et gouverrieuf de tous ceux qui demeuraient unis a sa famîfle. C'était sans doute la \ meilleure précaution et le meilleur parti qu'ils pouvaient prendre. L'afiFection paternelle r^ pouvait que prendrç grand soin de ce qui appartenait à chacun , et le mettre en sûreté : et comme dans leur enfance ils étaient accoutumés à obéir à leur père, ils trouvaient iuiallliblement qu'il était plus^ commode, plus" aisé et plus avaîitageux de se soumett^re à lui, qu'il ne le^ur aurait été de se soumettrQ à -quelque ^utre ; et , . s'ils avaient besoin de quelqii'un qui lés , gouvernât , parce que des gens qui vivent ensemble ne peuvent se passer qu'avec peine de quelque gouvernement, qui pouvait le faire mieux que leur père commun, à moin^ que s'a négligence, sa cruauté, ou quelqu'aUtre défaut de l'esprit oii du corps ne l'en rendît incapable? Mais quand le père venait à , . mourir, et que le plus proche héritier qu'il laissait n'était pas capable du goiXvérnemént, faute d'âge, de sagesse , de

l5o LE GOUVERNEMENT

prudence , de courage ou de quelqu'un- ^ tre qualité , ou bien lorsque diverses familles coavenaient de s'unir et de.

continuer à viv^re ensemble dans uae même société, il ne faut point douter qu'alors tous ceux qui composaient ces familles n'usassent pleinement de leur liberté naturelle pour établir sur eux celui qu'ils jiigeaient le. plus capable de les gouverner. Conformément à cela, nous voyons que lè^ peuples de PAméxique ^cjui vivent éloignés des épées des ~ conqnérans et de la domination ambitieuse des deux grands empires ^u Pé^ rou et du Mexique, jouissent de leiir naturelle liberté, quoique, cœteris pa^ films , ils préfèrent d'ordinaire l'héritier du roi défunt. Cependant s'ils viçh- -lient à remarquer en lui quelque faiblesse , quelque défaut considérable , quelque inc^apacitè essentielle, ilsje laissent, et ils établissent, pour leur gouverneur , le plus vaillant et le plus brave d'entre eux. .

XII. Ainsi , quoiqu'én remontant au^si haut que les monunt^ns de.l'his-.

toîre des nations^ le permettent , l'on trouve que dans le temps que le mond,e se^peupiait , le gouvernement des peuples était entre les .mains, d'un seul^

CI y I L. i5t

cela ne détruit poilrtànt point ce que j'affirme; savoir , que le commenceinent de la société politique dépend du consentement de chiaque particulier , qui^veut bien se joindre avec d'autres pour composer une.sociélé; en sorte que tous ceux qui y entrent, peuvenf établir la forme de gouvernement qu'iK^ jugent à propos. Mais cela ayant don-

. né occasiou à quelques-uns de tomber dans l'erreur , et de s'imaginer que !

par naturelle gouvernement' est monarchique et appartient au père., il ne faut point oublier d'examiner pourquo du commencement les peuples se sonf attachés à cette forme-là de gouvernement. Dans la première institution

. des communautés ^ la préémiçence dés pères peut l'avoir produite, peut avoir été cause que tout lo pouvoir a été remis,entre tés mains d'un seul : cependent il est clair que ce qui obligea, dans la suite, de ^continuer à vivre dans la Ineme forme de gouvernement , ne regardait point l'autorité paternelle, puisque toutes les petites monarchies ^ proche de leur origine , ont été ordinairement , du moins par occasion , électives. XIII. Premièrement donc, dans le

- commencement dee choses, le gouvcr-

iSz t E G OU-VÉRKEMÇ Nt^.

nement des pères ayant accoutumés leurs enXans ^ dès leur bas âge , au gouvernpment d'un seul homme ^ et leur ayant appris que , lorsqu'il était exercé ^ -avec som, d^iligence et affection àj£^gard de ceux qiu y étaient soumis , il suffisait pour protéger et procurer tout le ^bonheur qu'on pouvait espérer raî^sonnablemerit', il ne faut pas s'étonner si les homfties se sont attachés à cette

^ forme de gotivernement, à laquelle ils avaient été accoutumée tous dès leur 'enfance, et qu'ils avaient outre, c^la

> trouvée , par rexpérience , aisée et sûre. On peut ajor.ter à celle ré{]exîon, que la monarchie étant quelque chose de simple , et qui se présentait de soimême à l'esprit des hommes que Texpériènce n'avait pas encore instruits /des diiféj/entes formes possibles du gouvernement, et qui n'avaient aucune idée de l'ambition ou de l'iiisplence des empires, ils n'ont pu se mettre en garde contre les maux de l'autorité su-, prême et les inconvéniens du pouvoir absolu que la monarchie, dans la suc-»

cession des lempè, devait s'attribuer ' et exercer. On trouvera de même moins^ . étrange qu'ils île se soient pas mis en . peine dç penser axix moyens de réprî-^

' civil/ iSg^

mer lès entreprises outrées de ceux a qui ils avaient commis l'autorité, eC^ de balancer lé pouvoir du gouyérne-

' irient, en met4;ant diverses parties de ce pouvoir en différentes mains. Us n'a-

. Valant jÊ^mais senti l'oppression de là domination tjrannîque ; et les mœurs de leur temps, leurs possessions , leur manièrede vivre , qui fournissaient peu^ . de matière àPavarice ou à rambition, ne leur faisaient point, appréhender »

- cette domination , et ne les doligeaienÉ point de "se précautioni^èr contre ell«. Ainsi, il n'e&t pas étonnant qu'ils aient établi cette /orme de gouvernement ,

^qui, comme je Tai dit, non-séuJemenC s'offrait d'abord à l'esprit , mais était . la plus conforme à leur condition et à leur. état présent; car ils avaient bien plus besoin. de défense contre les invasionà et les ' attentats du dehors, que ~ d'un grand nombre de lois , de gouverneurs et d'officiers pour régler le der

- danset punir les criminels , à cause qu'iU n'avaieat alors que peu dé biens propres, et qu'il j en avait peu d'entre' eux qui fissent tort aiix autres; Comme ils s'étaient joints en société volontairement et d'un commun accord, ou

^ fie peut qu« supposer qu'il? avaient de

i54 LK <î ouVetinement

la bienveillance et de l'afFection les utis pour les autres, et qu'il y avait entre eux une .mutuelle confiance. IIj^ crai« gnaierit biien plus ceux qm n'étaient pas de leur corps qu'ils ne se craigna^nt les uns les autres; et, par conséquent, leur principal soin et leur principale attention était de se i^ettre à couvert de la violence du dehors, et il leur était fort naturel d'établir entre eux la.

« forme de" gouvernement qui pouvait le. plus sertir à cette fin, et de choisir lé plus saee et le plus brave* qui les con^duisit dans leitr^ guerres et les menaitavec succès contre leurs ennemis ,' etqui, eh cela principalement, fût leur., gouverneur.

. XIV. Ausii voyôn^*nous que les rois

^ des Indiens dans PAmérique, dont lies manières et les coutumes doivent toiij'^^urs'^ire regardées comme un modèle dace qui s'est pratiqué dans le premier âge du monde en Asie et en Europe, pendant que lés^habitans de cette pai*tie de la terre, si éloignée des aulaes, prit été en petit nombre ^ et que ce '^petit non)hre de gens dans un pays si graÈrd, et le. peu d'usage et de coqnaissanc'e de l'argent monnayé , ne les ont pas sôUir-

citês àréteadre kuta possessions et leuçs

terres , oti à contester pour une étendue déserte de pays, n'ont été. guères plus qtië généraux de leur armée. Quoiqifils commandent absolument pendant la guerre , ih n'exercent chez eux , en temps de paix , qu'une autorité fort mince, et n'ont qu'une souveraineté très^modérêe.'Les résolutions , au sujet de la paix ou de la guerre, sont pour . l'ordinaire les résolutions du peuple ou du conseil ;^ du reste ^ la guerre ellemême, qui ne s "accommode gùères de la Dluralité dès généraux , fait tomber ïiaiturellement^le commandement entre 'lés mains des îois seuls. •

.XV. Parnai le peuple d'Israël mômè , le principal emploi des juges- et des premiers rois semtbie n'avQU' consisté qu'à faire la fonction de^ général en temps de guerre,, et à conduire les armées. Cela paraît clairement, nôn-seulement par cette expression si fréquente de l'écriture , sortir et revenir aevant le peuple-, ce qui était se mettre en marché polir la guerre, et revenir ensuite a là tête^des troupes; mais aussi^artiçurièrement par l'histoire dç Jephté- Lès A'mmonites faisant la /gUerre à Israël, lesGalaadites, saisis de craîi|i;^^

pnvo jèreut dçs défjutéa à Jephté , ^li'ill '

i56 LE GOUVERNEMENT

avaient chassé coînine upbatâid de leur famille , et convinrent avec lui cju'il serait leur gouverneur , à condition quHl les secourut contre les Ammonites (i).

« Le peuple Pétablit sur soi pour chef et poui* capitaine » : ce qui était, comme il paraît, la mime.chose qu^ ju^e (2); et Jephté jugea Israël, c''est-à-dire ^ fut ' s6n général pendant six ai^s. De même lorsque Jonathara reproche aux Si^hemites les obligations qu'ils a\^aîent à Gédéon ^ qui avait été leur juga et leur conducteur, il leur dit : « (3) Moh pèrçt a coml^attu pour vous et hasardé sa vie, et vous a délivrés dps mains de Madîan ».• Il ne dit autre chose de lui, ainaî qu'on voit^ sinon qu'il avait agi comme un général d'armée a coutume de faire* Certainement c'est tout ce qui se trouve dans ?on histoire , aussi bien que dans l'histoire du reste des juges. «Abimelec particulièrement est appelé roi ,.quoique tout au 'plus il ne fut que général. Et lorsque les enfans d'Israël, étant las de la; mauvaise conduite des fils de (4) Sa* muel y désirèrent avoir; un roi comme -:

(i) Jug XI, II. * '

(a) jug.xri,7.

t: I V I L. ' \, 1S7 toutes les natrons , qui les jugeât et sorf . tit devant eux etcojiduisit leurs guerres , que Dieu leur accorda ce qu'ils soùhai* - taient avec tant d'ardeur, *^et dit à Samuel (l) : « Je t'enverrai un homme, , et*u Voindras pQur êtrfe capitaine de mon peuple Jsrael, et il délivrera mon peuplcdesm^ins des Eiiilistîns », comme si toute l'occupation ettoutremploi du roi des Israélites ne consistait qu^à cpn^ duire leurs armée§ et à combattra pour leur détense. Aussi , Jorsque Saiil-fut ^sacrp ^ Saniufl , en yerSànt -une phiole d'huile sur lui, Itii déclara que (i) te Seigneur V avait oint sur son, hérita^ ^ pour en èixjè le capitaine: C'est par la , même raison et dans les iliêmes vu^s qu4B cettl^ qûiv apirès que.Saiil e^it été choisi «oleiïmelleinept et salué roi par les tribus à Mispah y étant fâchés qu'il ^fuî; leur, roi , ne firent d'autre objection jque ceUçi-xîi : (3) Comment npus délivre^ Irait cet homme t comme s'ils avaieiit dit iCet hpmflfie n'est pas propre pour être noire, roi, il n'a pas assfe» d'adresse^ -d'habileté j de conduite ^ de capacité pour noujs défcù(ire.^(^and Dieu encore

(r)ÏX,i6. 1

*l58 L.E . GO UVER NEME N t*

résolut de transférer le goiivernemeril et<ie le donner à David ^ Samuel parla à Saiil de cette sorte : « (î) Mais maintenant ton règne ne sera point afFertfii.i» le Seigneur s'est choisi un Jiomm^se- Ion son cœur , et le Seigneur lui a eomxnandé d'être capitaine de soîj peuple »-, comme si toute l'aytorité, royale n'était autre chose que l'autorité de général.

Aussi , loKsque les tribus -qui avaient demeuré attachées. ^ 1^ famille de Saiil après sa mort, et s'étaient oposées de touf leur pouvoir au règne e 'David, allèrent enfinen Hébron pour 'lui faire hommage , éllesi alléguèrent , entre les motifs qui les obligeaient dç se soumettre à lui et de reconnaître son autorité, qu'il était effectivement leur roi du temps même de Saiil, et ^qu'ainisî il n'j avait nulle raison de fie le pas recevoir et considérer CGmiîn^ leur ror, dans le temps et les circonstances du ils -se trouvaiejit (2) : « Ci-detaîit, qiïând Saiil était roi sur nous, tu étais celui .qui menais jBt * rameiiais Israël , et le Seigneur t-a dit: tu paîtras raôh peuple ît'Israel, et seras capitaine d'Israël j^^ XVI. Soit donc qu'une^^famîlle, pat

(i) XIII, 34. ;

(2) a. 5am, y,%

CI V I li. r59

degfés , ait formé une communauté , et que Pautprité paternelle , ayant été continuée et ayant passé dans i'àîné, de sorte que chacun à son tour Payant exf^rcée, chacun aussi s'y était soumis tacitement , sur-tout puisque celte facilité, cette égalité, cette bonté qui se trouvaient dans ceux qui composaient une même famille , empêchait que personne ne pût être offensé , jusqu'à ce que le temps eût confirmé cejtCNautorité et fondé tin^ droit de succession^ s6it que diverses famiHes, ou les àe^^ cendansdê diverses lamilles , que le ha-

'sard , le voisinage ou,les affaires avaient ramassées, se soient par ce mpy-en join-

'^tes en société, le besoin d'un général, dont la conduite et la valeur pût les défendre contre, leurs enn^emis dans la guerre, et 4a grande confiance qu'ins^

-pirait naturellement Tinnocence et là sincérité de ces pauvres mais vertueux temps , teis qu'ont été presque tous ceux iqùi ont donné naissance â^ gouverhémeiîs qui ont été jamais dans le montle, .'ont engagé les premiers instituteurs 'des communautés à remettre générale- .

ment le gouvernement entre les maîril d'un seul. Le bien public, la sûfeté J

le but des communautés obligèrent 4'eu

l6o LE GOUVERN E M E N T

' User de la sorte dans l^nfance, pour , ainsi dire, des socjérés et des état$; et l'on ne peut disconvenir que si. Pou iî'avait pra|ti(|ué cela,- les .nouvelles, l^s

I'euiies sociétés n'auraient pu subsister ong-temps. Sans ces pères sages et*af- .fectiounés/.dont nous avons parlé tant^ de fois; sans les soins de cesgouver- > ïieurs établis , tous les gouvernemens seraient bietitôt fondus et auraient été détruits dans là faiblesse et les inlîr- Jtnités de leur enfance : le prince et le . peuple seraieat péris tous eijsembïe d^ris peu de temps, . . .

, XvII. Le premier âgç^ dii mondç était un âge d'or ; Tàmbition , l'avaritîe, amjr sceleratus habendi^ les vices qui " régnent aujourd'hui n'avaient, pas encore corrompu les cœurs dçs honanies dans ce bel âge , et ne leur^vàient pas donné de fausses idées^ au. suiet du, pouvoif des prmces et des gouverneurs :

comme il y avait beaucoup plus de ^ vertu , les^ouvemeurs v étaient beau- " co.up memeur^, "et le^ sujets mpins vicieux. En pe temp>i-là, lès gouverneur^ ^ , Içs magistrats, d un côté , n'étetidaient > pas leur pouvoir et leurs privilèges pour ^ opprimer le.peuple; ni de l'autre, le

peuple ne se plaiguâit poiutdca pxivi^

ç î V îL. i6r

lèges etdie la conduite des gouverneurs et des magistrats , et ne s'efforçait point " de diminuer ou dç réprimer leur pouvoir; ainsi, il li'y avait ^ntre eux ^nulle contestation au sufet du gouvernement.

^ Mai3 lorsque l'ambition , le lux^t et l'avarice , dans les siècles suivan;^ , ont voulu retenir et accroîtj'^ le pouvoir, sans se mettre en peine de considérer comment et pour quelle fin il avait été commis , et que la flatterie s'y étant mêlée , a appris aux^ princes à avoir des intérêts diétin<its et séparés de ceux du peuple , on a cru qu'il était nécessaire

' «'examiner, avec plus de soin , l'origine et les droits du gouvernement, et da"' tâcier de trouver des moyens de réprimer les excès et de prévenir les abus de ce pouvoir, qu'on avait, pour sou / propre bien , confié à d'autres , et qu^où

. voyait , pourtant n'être e^nployé qu'à faire du «hal à ceux qui Pavaient re-

,^ mis (i). . .

" (i) Dansée commencemetit^ lorsque 'quelque sorte de gouvernement fut formé,' il peut être ^arrivé qu'on ait fait autre chose ^ que de remettre tout à la sagesse et à la dis-, crétion de cei^x qui étaient choisis pour gouverneurs. Mais ensuite , par l'expérience , les hpqimes oiat reconnu que ce gouvernement, auqiiel ils se trouvaientsouinisj était sujet à

:t62 LR GOU VER,N E MENT

XVIII. Ainsi , nous voyous combien îl est probable que les hommes, qu étaient naturellement libres , et qui di leur propre consentement se sont èaiimis au . gouvernement de leurs pères ou se sont joints ensemble pour faire de diverses familles^ un seul et mêrai . corps , ont remis le gouvernement entre les.mains d'un seul , sans limiter , pai des conditions expresses , ou régter son pouvoir , qu'ils croient être assez en sûreté et devoir conserver assez sa jus- tice et sa droiture dans la probité et dans la prudence de celui qui avait été élu. Il ne Leur était jamais monté daas - l'esprit que la monarchie fût, jure divmo, de droit divin; on n'avait jamais entendu parler de rien de seinblablc avant que ce grand mystère eût été révélé par la théologie des derniers siècles. Ils ne regardaient point non plus • le pouvoir paternel comme un droit k

teuteS sortes d'inconvénîens , et que ce qu'ails * avaient établi pour remédier à leurs maux ne faisait que les augmenter , et ont dit quç, vivre selon /a volonté d'un seul homme y c'est la cause et la source de toutes les misères» X C'est pourquoi ils ont fait deç lois dans lés-

auelles chacun pût contempler et lire son eyoir 5 et connaître les peines que méritent ceux qui les violent. Poocker , Ecl. I. §. lo.

c I r IL. ^ 163

la domination , ou comme le fondement de tous les gouvernemeais. Il suffit donc d'être convaiticu que les lumières que

'l'histoire nous peut fournir sur ce point, nous autorisent à coia^lure que tous les commencemens paisibles des gouvejl^. " neuiens ont eu pour cause le consentemetit des peuples : je dis le« commencemens paisibles, parce que j'aurai oc- ^casioh , dans un^ autre endroit^ de parler des conquêtes que quelques-uns es*timent être des causes du commeipice-*

- ment-des gouvememèns.

XIX. L'autre objection que je trouvé être'faite contre le commencement de»

sociétés politiques , tel que je Pai représenté , est cclle-cr: « Que tous les hom- . mes étant nés sous quelque gouvernement, il est impossiole qu'aucun d'eux ait jamais été libre 3 ait jamais eii la liber-' té dé «e joindre à d'autres pour en commencer un nouveau, ou qu'il ait jamais pu ériger un légitime gouvernement ».

Si ce raisonn4^méntestjuate , jederaande comment sont devenues légitimes les monarchies dans le monde ? (car si quelqu'un pfeut me montrer un homme , daiis quelque siècle , qui ait été en liberté de commencer uiïe monarchie légitime , je lui en montrerai dix autres qui, dans le

ï64 , LE GOUVERNEMENT

ïnême temps, auront eu la liberté et le pouvoir de s'uhîr, et de commencer uu nouveau gouvernement sous la forme ro jale , ou sous <juelqu*autre forme".

N'est-ce pas utie démonstration évidente ••^ue si quelcju'un , né sous la* domination d'un autre, a été assez libre pour avoir droit de conimander aux autres dans^un empire nouveau et distinct, tous ceux qui sont nés sous la don^ination d'atttrui peuvent avoir été aussi libres , et être devenus , par la même voie , les gouverneurs ou^es sujets d'un gou^ vernement^distinct et séparé? et ainsi,

font ommes y a q^'un seul légitime prince et un seul gouvernement juste dans le monde.

Qu'ils aient la boiité denous marquer et indiquer simplement quel il est; je ne doute point que tout le monde ne sojt d'abord disposé à lui /faire hommage, à s'y soumettre, et à lui obéir. - -

XX. Quoique cette réponse , qm fait voir que l'objection jette ceux quija proposant dans les mêmess difficultés , où ils vieulent jeter les autres, puisse «ufBre , je. tâcher ai néanmoins de mettre

Clfic<)re mieux dans toiit son jour la faiblesse de rargument des adversaires.

ce Tous leà hommes ^ , disent-ils ^ sont^ nés sous un gouvernement, et par cette raison , ils ne &6nt point dans la liberté d'en instituer aucun nouveau; Chacun naît sujet de son père où de son prince^ et par conséquent, chactm est dans uine perpétuelle obligation de sujétion et de fidélité, » Il est clair que jamais les honinies n'ont considéré dette sujétion naturelle dans laquelle ils sont nés, à l'égard de leurs pères ou à l'égard de leurs princes , comme quelque chose qui les obligeât, sans leur propre consentement, "k se soumettre à eux ou à leurs^héritiers.

XXI. Il n^y à pas. d'ans Thtstoire , soit sacrée, soit profane, de plûs'fréquens exemples que ceux^de gens qui se sont retirés de l'obéissance et de la jurisdictien soiis laquelle ils étaient hés^ et de la famille ou de la communauté dans laquelle ils avaient pris naissance et avaient été ndurxîs , et qui ont établi de nouveaux gouvernemens^ en d'autres endroits : d'est ce qui a produit un si grand /nombre de petites sociétés au commencement des siècles ^ lesquelles

§G répandireat peu-à-peu eu différeué

lieux , et se multiplièrent autant que l'occasion sW présenta et qu'il se trouva de place pour les contenir^ -jusqu'à ce que. les plus fortes engloutirent Iç^ plus ijaibles ; et qu'ensui.tc .les plu5 grands empires étant tombés dans la décadence^ et ajantité, pour ainsi dire, mis en pièces , se sont partagés en dfverses petites dominations ; or, toute$ ces choses sont de puissans témoigrfages contre la souveraineté paternelle, et prouvent clairement' que ce n'a point été un droit naturel du père passé à ses héritiers , qui a fondé les gouverneroejis dans le commçncement du monde^ puisqu'il est impossible, sur ce fon.dement-là, qu'il j ait eu tant dç petits royaumes , et qu'il rie devrait s'y être trouvé qu'une seule monarchie universelle,, s'il est vrai que les hommes ij'aient pas eu la liberté, de se séparer de leurs familles et de leur gouvernement, quel qu'irait été , et d'ériger différentes communautés et d'autres gouvernemens y tels qu'ils jugeàietit à pro-i

XXli- Telle a été la pratique du lïlonde depuis son commencement ju«t qu!à ce jour ; et 4ii)ourd'hui , ceux qtiî

ipnt nés $ous un gouvernexnezit établi

'et ancien ont autant de droit et de li-î berté qu'on en a jamais eu et (ju'ils pourraient avoir s'ils étaient nés dans un dé-, sert don~t les habitans jae reconnaîtraient nulles lois et ne vivraient f ous aucuns réglemens. J'affirme ceci , parce que ceux qui veulent nous persuader que ceux qui sont nés sous un gouuer^ nement y sont Haturellement sujets , et liront plus de droit et de prétention à la liberté dé l'état de nature^ ne produisent

- d'autre raison , sil'on excepte celle qu'ils tirent du pouvoir paternel , à laquelle nou^ avons déjà répondu , ne produisent^ dis je, d'autre raison que celle-ci; sa« voir, que nos pères ayant reuoncé\à leur liberté naturelle ^ et s'étant soumît à un gouvernement, se sont rais et ont ^ mis leurs descendans dans l'obligation d'être perpétuellement sujets à ce gou-« Vjsrncmerit - là. J'avoiie qu'un homme ' est obligé d^exécuter et accomplir les promesses qu'il a faites pour soi, et de se oonduire conformément au^c engagcïnehs dans lesquels il est eniré; mais il ne* peut , par aucune convexition , Eec ses enfans ou sa postérité ; c^v un fils^ lorsqu'il est majeur, étant aussi libfeJ

3ue son père ait jamais été, aucun acte u père ne pout plus ravir au fils la li-9

î6B LE C^ ou V ÉRN EMENT

berté qu'aucun acte d'aucunautre homme peut faire. Un père peut^ à la vérité, attacher certaines condiHons«aux

- terres dont* il jouit en qualité de sujet d'une communauté , et obliger son fils à être membre de cett^ communautjé , s^il veut jouir, comme lui, des possessions de ses pères; la raison de cela est que les biens qu'un père possède étant

- ses biens propres, il en peut disposer comme il lui plait.

XXIH. Or 'Cela a donné occasion de tomber généralerpenV dans l'erreur sur cette matière; car les communautés ne permettant point qu'aucunes de leurs terres soient démembrées , dt voulant qu'elles ne soient toutes possédées que par ceux qui. sont de la communauté, un fils ne peut d'ordinaire jouir des possessions de son père que sous les mêmes conditions sous lesquelles son père en a joui , c'est-à-dire , qu'en dtîvenant mfembre de la même société, et se sou-' mettant par conséquent au gouverne^ ment qui y «st établi, tout d^ même que tout SLVbtre sujet de cette sociétéfè.. 'Ainsi ^ le consentement d'hommes, libr.i s , nés dans une société , lequel seul e^t capable de les ea^ faire membres^

étant aonni sépâxéme&t f9,x chacun à ^ ^ sou

C t V î Li i6gf

»on tour', selon quMl vient en âge, et non par une multitude de personnes assemblées; le peuple n'j prend^point garde , et pensant ou que cetje' sorte de consentement ne se donne point , on que ce^consentement n'est point né-' cessaire , il conclut que tous soni naturellement sujets , en tant'^qu'hommes.

XXIV. Il est manifeste que les gouvernjemens eux-mêmes conçoivent et considèrent la chose autrement. Ils ne

f)ré tendent point avoir de pouvoir sur e fils, parce *qu*ils en ont sur le père ; et ils ne regardent point iès enfans^ comme leurs sujets , sur ce fondement que leurs pères le sont. Si un sujet d'An- ;leierre' a en France un enfant d'une ^emhie anglaise ^ de qui sera sujet cet enfant? Non du roi d'Angleterre ; car auparavant il faut qu'il obtienne la permission d'avoir part à ce privilège : non du roi de France; car alors son père a la liberté de Peinporter en un autre pajs, et de! 'élever comme il lui plaît. Et qui, je vous prie, a jamais été regardé comme un traître ou un déserteur, pour avoir pris naissance jdans un pajs , de parens qui y étaient étrarigeVs, et avoir^vécu dans un autre? Il est donc clair , par ht pratique des gou«

lyo LE GOUVERNEMENT

vernemeiis nimics , aussi bien que pa?

les loix de la droite raison , qu'un enfant ne naît sujet d'aucun pays ni d'au- , cun gouvernement. Il demeure sous la tutelle et l'autorité de son père jusquçg à ^ce qu'il soit "parvenu à Tâge de discrétion : alors il est hommie libre ; ilest dans la liberté de choisir le gouf vernement sous lequel il trolivé bon de vivre, et de s'unir au corps politique qui lui plait le plus. En effet, si le fils d'un Anglais , né en -France , est dans cette liberté-la, .et peut en user de la ;8orte , il est évident que de ce que son père est sujet de ce royaume , il' ne s'ensuit point qu'il «oit obligé de Pêtre, Si Ife père même a des engagemf ns à cet égard, ce n'est point à cause die quelque traité qu'aient fait ses a'ncêtres. Pourquoi donc 'Bon fils,, par la même, raison , n'aura-t-il pas la même liberté :que lui, quand même il serait eîT^udl- :qu'autre heu que ce fût ; puisque le-poU- .voir qu*uH père a naturellement sur son .^nlant est le riiême par-tout , en. quelque Jieu qu'il naisse ^ et que les liens des ;. obligations naturelles nesout porût 4*§rn- ;fennésdan^ les ; limites positives d<?s loyaumes et des communautés?

/ XXV. Ghàcivi étant naturellement

Jiibre, , âînsi'flu'il a été montré, et rien n'étant capable de le mettre sous la sujétion d'aucun autre pouvoir sur la ,terre , que son propre consentement , £1 faut considérer en quoi consiste cette déclaration suffisante du consentement d'un homme , pour le rendre sujet aux - Jois. de quelque gouvernement. On distingue communément entre un con* Bentemcnt exprès et un consentement tacite , et cette distinction fait à notre ^ujet. Personne ne doutera , je pense , que le, consentement exprès de quel- ' qu'un qui entre dans une société, ne le -rende parlait membre de celte société- 4à , "fet sujet du gouvernement auquel il s*est soumis. La difficulté est de sa- ,voir ce qui doit être regardé (^omme un consentenîent tacite, et jusqu'où il oblige et lie , c'est-à-dire , jusqu'où quel*qu'un péiit être censé avoir consenti •et s'être soumis à un gouvernemenf , quoiqu'il n'ait i%as proféré une seule

Earole sur ce sujet. Je dis que tout omme qui a quelque possession , qui jouit de quelque terre et de quelque •fcieci qui est de la domination d'un goii- . vernement, donne par-là son consentement-tacite , et est obligé d'ooéir aux "lois de ce gouveruement , tant^ qu!il

tj% LB GOUVERNEMENT

jouit des biens qui y sont renfernufs, autant que puisse l'être aucyn de ceux qui s'j trouvent soumis. Si ce qu'il pî^ssècle est une terre qui lui ap^rtienne, et à ses héritiers , ou une maison où il n'hait à loger qu'une sema^ine , ou s'il voyage simplement et. librement dans les grands chemins; en un mot, s'il est sur le territoire d'un gouvernement , il doit être regardé comme ayant donné son consentement tacite , et comme s'étant Sioumis aux lois de ce gouvernemVnt-là. ,

XXVI. Pour comprendre eticore mieux ceci , il est à propos de considérer ane quelqu^m . du commence*tn^ent , lorsqu'il s^est incorporé à quelque Communauté j a en même-temps , par cet acte, annexé et soumis à cette communauté le§. possessions qu'il a on qu'il ^pourra acquérir, pourvu qu'elles n'appartiennent point déjà à quelque ^utre gouvernement. En effet , ce serait ^ne contradiction manifeste que de dire qu'un homijip entre dans une Société pour la sûreté et l'établissement de ses piens propres ; et de supposer au raênre temps , que ses t)iens , que ses terres , dont la propriété est réglée et établie

par les lois de la société ^ soiexit ei^xo^

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