‹ Du gouvernement civilChapitre 3 sur 32 · X . AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X . AVERTISSEMENT

réfuter le chevalier Filmer (i), qui a fait quelques ouvrages en amjlais, où il a prétendu montrer que [es sujets naissent esclaves de leur^ prince ; il fait voir la fausseté de ses raisonne mens, que Ton trouve dans deux livrés anglais, dont Tun est intitulé Patriarcha ^ et Tau ire contient des remarques sur HobbeSy MiltoiiyQXc. Mais comme, (suivant la remarque àe M. Le Clerc à la fin de Textrait du premier Traité de M. Locke ) , dans \e% matières <Fjniportance , ce n'est pas âsse2 de £aire voir qu'un autre se trompe , parce que les lecteurs veulent âpres cela qu'on fasse mieux, et que Ton donne des principes meilleurs qu^ ceux que Ton reprend ; c'est ce qui a obligé l'auteur de composer un second livre , qu'il intitule : :Au Essay^ etc. Vol. iix-8, p. 254. C'est

(i) C^est celui que M. Locke désigne daps

Î)lusieurs endroit par ks lettres imti«tks 0 Ch»».»m Fm

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donc ce dernier qui parut peu de temps après en français à Amsterdam, et qui fut reimpriqrié en anglais en 1694 ^t en 1698. M. Le Clerc ^ qui nous apprend cela dans rëloge'historique de notre auteur^ publié en lyoS, (1) ajoute ce qui suit: '^ Nous en aurons bientôt une 97 édition anglaise beaucoup plus 9f correcte que les précédentes, >> aussi - bien qu^une meilleure 97 version française. M. Locke n'y 97 av-ait pas mis son nom , parce 97 que les principes qu'il y éta- 97 blit sont contraires à ceux que ^7 Ton soutenait communément 97 en Angleterre avant la révo- ^7 lution , et qui allaient à établir M le pouvoir arbitraire, sans avoir 97 égard à aucunes lois. Il ren- 97 verse entièrement cette poli-

(i) Biblioth, Choisie j tom. VI. Cet éloge se trouve aussi àla t$te des Œuvres diverses dô M. LocKjs^ imprimées à Apsterdam eu 173^*

Xijx AVER T.I S S E M Ç N T

»• tique turque, que bien des gens « soutenaient sous des prétextes « de religion , pour flatter ceux " qui , aspiraient à un pouvoir M qui est au-dessus de la .nature »' humaine».

^mimmmim»

AVE RTISSEME NT

sur la cinqi^ième édition.

ERTAiNES circonstances, dont le détail ne servirait ici de rien , ayant fait désirer à quelques rëgens de notre République , que Ton répandit ce traité de M. Locke dans la nation , où Ton n'est pas^ aussi instruit qu'il serait à souhaiter, de la TLcUure du pouvoir souverain , ni des sociétés civiles^ je me suis prêté volontiers à leur- désirs ; parce que j'ai trouvé que le^ gouvernement pouvait tirer de grands avantages de la connaissance que Tes particuliers pourraient y puiser de leurs obligations comme citoyens, et de leurs devoirs comme magistrats.

Ainsi , je n'ai eu en vue que ce que l'auteur dit du gouvernement républicain , qui convient le plus aux sociétés que forment des hommes libres pour mettre à couvert de toutes violences et leurs personnes et leurs propriétés*

Xhr ATERTISSEMENT.

J'ai, pour cet effet, revu sur là cinquième édition anglaise , en grand 8^, faite à Londres en 1728, la traduction dont a parlé M. Zn Clerc; Yy ai fait plusieurs corrections, j'en ai changé quelques expressions louches et qui ne rendaient pas la pensée de Fauteur , et quelques autres qui sentaient le pays du tradiicteur; enfin j'ai ajouté quelques notes , sur-tout dans le commencement, pour rendre Tauteur plus intelligible à des lecteurs qui ne sont pas familiers avec cette sorte de lecture.

J'aurais pu étouffer , pour ainsi dire, le texte sous un amas de notes ou remarques tirées de Cu M BERLA ND , des Lois Na-^ turelles y de B u rlama qv i , principes du Droit Naturel, et de M. Strube de Piermont , du Droit Primitif ; mais j'ai trouvé Locke si précis et en même-temps si clair dans tous les principes qu'il établit et quil démontre, que j'ai

AVERTISSE ME N T. xy

cru que ce serait supposer un defaut d'intelligence dans les lecteurs , qui ne peuvent manquer ^'3 trouver rexcellence de là cons* titution républicaine , telle que celle de notre ëtat, que ses fonda* teurs ont rapproché autant qu'il a été possible de celui des premières sociétés; puisqu'on n'en trouve aucun qui ait moins de défauts et où les habitans jouissent plus pleinement des avantages de la liberté personnelle et de la paisible possession de leurs propriétés, si l'on compare notre constitution avec celles des républiques de Venise j de Gènes , de Pologne, où une fourmilière de citoyens qui se distinguent des autres par le titre de nobles j tiennent ceux-là dans un i^sclavage plus ou moins insupportable, qui est pourtant toujours uiî esclavage ;^au lieu que cbez nous es nooles sont citoyens comme e reste des habitans , «t n'ont )as plus à dire que les magistrats

XVJ AVERTISSEMENT. j

établis par la constitution', ce qui est un heureux reste de la première institution de la société.

C'est ainsi» au rapport de Tacite^ qu'étaient * gouvernés toutes les sociétés^ ou républiques Germa-^ niques, dont celles des Bataves et des Gates, nos ancêtres, faisaiç^nt une partie si considérable.

Fasse le juste ciel que nos descendansjoui$sent,jûsqu'àlatîndes siècles, du rétablissement de cette libre et heureuse constitution , que nous devons à nos aïeux, qui ont secoué le joug de la monarchie, et que, pour cet effet, les citoyens, toujours d'accord avec leurs, magistrats, maintiennent le gouvernement sur le pied où ils Font reçu de ces sages et Vaillant aïeux, qui n'y ont épargné ni leur sang ni leur trésors.

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