‹ Du gouvernement civilChapitre 25 sur 32 · C H A P I T R E 'XV II · texte numérisé non relu

C H A P I T R E 'XV II

De la tyrannie.

I. Co MME l'usurpation est l'exercice d'un pouvoir auquel d'autres ont droit, \à tjraritiie est l'exercice d'un pouvoir outre, auquel qtii qUe ce «oit n'a droit assurément, où bienla tjraniiie est Pu- - sage d'un pouvoir dont on est revêtu, mais qu'on exerce , non pour le biea et l'avantage de ceux qui y sont soumis, mais pour son avantage propre et particulier j et celui-là , quelque titr#

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qù^onlui donne, tet quelcfaes* Belles raisons qu'on allègue , est Téritablement tyran * qui propose , oofu les lois , mais sa volonté pour règle, et dont les ordres et les actions ne tendent pas à conserver ce qui appartient en propre à ceux qui sont sous sa doinination , mais à satisfaire^son ambition particulière , sa vengeance , son avarice , oà Quelque autre passion déréglée,

II* Si quelqu'un croit pouvoir doutef de la vérité et de la certitude de ce que j'avance ^ parce que c^ilui qui le propose est un *ujet étim sujet inconnu, et sur Pauiorité duquel on ne voudrait pas s^appujer ,' j'espère que Tautorité, d'un célèbre roi l'engagera à en tomber d'accord. C'est du roi Jacques dont j'entends parler. Voici de quelle manière il s'explique dans le discours qu'il fît an parlement en 1603 ; « Je préfé- » rerai toujours, en faisant de bonnes » lois et des oonstifutions utiles , le » bien public et l'avantage de tout » l'ttat, à mes avantages propres et à » mes intérêts particuliers, persuadé » que je suis que Tayantage et le bien » Je l'état est mon plus grand avan- » tage et ma félicité temporelle , et » que c'est en ce point qu'un roi légi-

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3> lime difFcre entièrement d'im t jran. » En cf6*t , il est certain que le priu- ^ cipal et "^lus grand point de diffé- 3) rencé (ju'iL j a entre tin roi juste et 3> un tyran et tin usurpateur, consiste 3> en ce qu'au lieu qu'un tjran superbe 3> et ambitieux s'imagine que s^on » royaume et son peuple sopt unique- » ment faits pour satisfaire ses désirs » et ses appétits déréglés , un roi ju^te 3) et équitable se ^regarde , au contraire, :» comme établi pour faire en^sorte que » son peuple jouisse tranquillement de » ses biens et de ce cjiii lui appartient » en propre ». Et encore dans le discours que ce sage prince fit au parlement en 1609 , il s^exprima de cette sorte: a Le roi s'oblige lui-même , par ^ un double serment , à obsçvver les 3) loix fondamentales de son royaume* :» L'un est un serment tacite qu'il, fait y> en qualité de roi, et par. la nature ^ 3) de sa dignité,' qui Tengage, et bien » éiroitemvnt, à protéger et Sjon peuple » et les lois du^rojaume. L'autre est 3) un sernient exprès qu'il prête le jour » de son couronnement : de sorte qiie^ » tout roi juste dans un royaume fondé, » est oblige d'observer la pactibn qu'il ' 9 à faite avec son peuple , de confor-

» iper son gouvernement aux lois /et 5> d'agir suivant cette paction que Dieu » fit avec Noé après le déluge. Désor- » maisie temps de semer et le temps de » moissonner , le froid et le chaud, ^5 l'été et l'iiiver , le jour et la nuit ne 5^ cesseront point pendant' que la terrq , 3> demeurera. Un roi donc qui tient les » rênes, du gouveruement dahs un ^> rojau^me formé , cesse d'être roi et 5> devient tyran , dès, qu'il cesse> dans »: son gouvernement , d'agir contre' ^^ les lois ». Et un peu après : « Ainsi » tous rois qui ne sont pas tjrans ou » parjures , seront bien aises de se con» .^> tenir dans les limites de leurs lois: » et ceux qui leur persuadent le coîi- 53 traire sont des vipères et une peste

qu un savant roi, qui . l'esprit droit et de vraies notions des choses , met entre un roi et un tjrauy laquelle consiste en ce que l'un fait des lois, même les bornes de son pouvoir, et considère le bien public comme la fin de son gouvernement : l'autre , au contraire, suit entièrement sa volonté particulière et ses passions déi^glées»

. III. C'est une erïeur que de croire

que ce désordre et ces défauts qui viennent d'être marqués , né se trouv-ent que dans les monarchies ; les au* très formes de gouvernement n'y^ont pas moins sujettes ; car enfin psfr-tout où les personnes qui sont élevées à la suprême pqissance pour la conduite d'un peuple et pour la conservation de ce cjïii lui appartient en p^-opre, emploient leur pouvoir pour d'autres fins , appauvrissent , foulent , assujettissent à des commandemens arbitraires et irréguliers des 'gens qu'ils sont obligés de traiter d'une toute autre manière 5 là certainement il y a tyrannie , soit qu'un seul homme soit revêtu du pouvoir et agisse de la sorte , soit qu'il y en ait plusieurs. Ainsi l'histoire nous parle de trente tyrans d^4.thènes , aussi-bien que ti'un de Syracuse , et> chacun sait que la domination des déccmvirs de Rom^e ne valait pas mienx et était une véritable tyrannie.

IV. tar-tout les lois cessent où sontv vialécs au préjudice d'autrui, la tyrannie com-mence et a liéu> (^uiconqtie, revêtu d'autorité, excède Je 'pouvoir qui lui a été donné par les lois, et emploie la force qui est en sa disposition a. faire à regard de ses sujets des ohosts

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que les lois ne permettent point , ^st sans doute tin véritable tjran ; et comme il agit alors .sans autorité , on peut s'opposer à lui tout de même qu'à tout, autre qui envahirait de force le droit d'autrui» Il n'y a personne qui ne reconnaisse qu'il e&t' permis 4e s'opposer de la même' manière à des magistrats subordonnés. Si un homme qui a eu commission de ^e saisir de ma personne daus les rues , entre-d^ force dans ma maison et enfonce jma porle , }'ai droit de m^'opposer à lui , comme

~ à un voleur, quoique je reconnaisse qu'il a pouvoir et reçu ordre de m'arrèter dehors. Or je voudrais qu'on m'^R-* ^prit pourquoi on n'en peut pas user demême à l'égard des ;magistrats supérieure et souverains , aussi -bien qu'à, l'égard de ceux qui leur^sont înJtérî^rs ? E^t-il raisonnable que l'aîné d'un^ fat mille , parce qu'il a la plus grande partie de^Jbiens de son père , ait droit par»»là de xavir à ses frères leur portion , ou^ qu'un homnie riche , qui possède tout un pajs,ait droit de se saisir , lorsqu'il lai plaira , de la chai^mîère ou dp jar-

' din de son pauvre prochain ? Bien loîii ^u'un pouvoir et des richesses imi^enses ^t infiniment plus cansidérabies que W

a8o LE GOUVEhKÊ ME N T

pouvoir et les richesses dd la plu^ grande partie des enfant d'Adam puissent servir d'excu&e , et sur-tout de.

fondement légitime pour justifier les rapmes et loppressiou , qui consistent a prt'judicier à autrui sans autorité , au contraire , ils ne font qu'aggraver la cruauté et Pinjustîce ; car enfin , agir sans autorité , au-delà des bornes marquées, n'est pa^ un droit d'un grand plutôt que d'un petit officier , et ne paraît, pas plus excusable dans un roi que dans tiu commissaire de quartier ou dans un sergent : cela est même moins pardonnable dans ceux^quj ont été revêtus d'un grand pouvoir , parce qu'on a pris en eux plus de confiance ^ qu'on- a supposé que l'^avantage de leur éducation , les soins de leurs gouverneurs , les lumières et ITiabileté de^ leurs conseillers , leur donneraient plus d'intelligence et de capacité; ett|u'ayant reçu une beaucoup plus grande part ue n'ont fait le reste de leurs frères , s seraient plus en état de faire du bien. . ,

. y. Q^oi ^ dira-t-on ,^ on peut donc s'opposer aux commandemens et aiîx ordres d'un prince ? On peut lui résister toutes les fois qu'o^ §e croira p::^ltraité

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et qu'on s'imaginera qu'il n'a pas droit de faire ce qu'il fait ? S'il éfait permis d'en u$er de la 5orté , toutes les sociétés seraient bientôt renversées et détruites; et au lieu de voir quelque gx)uvérnement et quelque ordre , on rie verrait qu'anarchie et que confusion.

VI. Je répopds qu'on ne doit opposer la force qu'à la force injuste et illégitime et à la violence; que quiconque résiste dans quelque autre cas s'attire une juste condamnation , tant de part de Dieu que de la part des hommes , et jqu'îl ne s^ensuit point que toutes les^ fois qu'on s'opposera aux entreprises d'un saùverain , il en doit résulter dçs malhWrè et de la confusion.

VlI.Car, premièrement, comme dans quelques pays là personne du prince est sacrée par les lois , il n'y a jamais à craindre, pour elle aucune plainte nî aucune violence , quelque cnôse qu'il commande ou qu'if fasse, et elle n'est sujette à nulle censure ni a ntille condamnation : on peut s'é'ulement farmer des oppositions contre des actes illégitimes et illicites de quelque officier inférieur, ou de quelque autre qui aura ^té commis par le prince ; on peut, dis-je , en User de ta sorte , et lé prince

20jK LE GOUVERNEMENT

ne doit pas trouver mauvais qu'on le fasse, à moins qu'il n'ait dessein , en êe mettant actuellement en état de guerre avec son peuple, de dissoudre le gouvernement, et ne l'oblige d'avoir recours àcette. défense, qui appartient à tous ceux qui sont dans Tétat de nature. Or, qui est capable de dire ce.

.qui peut en arriver? Un royaume voisin a fourni au monde , il y a^long-temps , un fameux exemple sur ce sujet. Dans tous les autres cas la personne sacréi» du prince est à l'abri de toutes sortes 4'inconvéniens, et tandis qiît^ le gouvérliement subsiste, il n'a k craindre aucune violence, aucun mal ; et certes il ne peut y avoir une constitution et une pratique plus sage , car le mal qiie peut faire un prince, par sa seuje personne et par sa force particulière , ne saurait vraisemblablement arriver souvent ni s'étendre fort loin et renverser les lois, ou opprimerle corps du peuple , à moins qu'nn prince ue fût extrêmement faible ou extrêmement méchant ; et pour ce qui regarde quelques malheurs pariîcu* fiers qui peuvent arriver lorsqu'un prince têtu et fâcheux est monté sur le -trône, ils sont fort réparée et compensés par la paix publique et la sûreté^ du gou-

rernerùent , quand la personne du principal magisti^at est à couvert de tout danger^étant beaucoup p' us avantageux et plus salutaire à tout Je corps que quelqiies particuliers soient quelqueroU en danger de souffrir, que si le clieJt de ^- la république était exposé facilement et sur le moindre sujet.

VIII. En second lieu, le privilège dont nous parlons ne regarde que la personne du Toi, et n'empêche point qu'on nepui«se se plaindre de ceux qui usent d'une forc^ injuste, s'opposera eux et leur résister, quoiqu'ils disent avoir reçu de lui leur commission. En effet , si quelqu'un a reçu ordre du roi. d'arrêter un homme, il ne s'ensuit point qu'il ait droit d'enfoncef la porte de sa maison pour se saisir de lui, ni d'exécuter sa commission dans dé certains jotirs, ni dans de certains lieux, bien que cette exception-là ne soit pas men^ tionnée dans la commission; il suffit . que les lois la fassent pour qu'on soit obligé de s'y conformer exactement, . et rien ne peut excuser ceux qui vont au-delà. des. bornes qu'elles ont mar- ' qiiées. En effet, le roi .tenani des loi$ toute son aqitorité, ne peiiit autoriser aucun acte cjui aoit contraire à ces laiS|

t84 LE Q O U V E R^N ë M E N T

ni justifier, par sa commission, ceuX ui les violent. La commissioTi ou Poire d'un magistrat qui entréprend alidelà du pouvoir qui lui a été commis^ n^est pas plus considérable que celle d'un particulier ; la seule différence qui Se trouve entre Tune et Pautre , consiste en ce que le magistrat a quelque autorité , a une certaine étendue pour certaines fins, et qu'un particulier n'en a point du tout. Apres tout , ce ji'ést point la corîïjnission 5 inais l'autorité qui donne droit d'agir , et il ne saurait y avoir d'autorité coiître les lois : du rest^y . nonobstant ct?tte résistance' qu'on, petit faire dans le cas proposé, la personne et l'autorité du roi sont toujours toutes • deux en siireté et à couvert, et par ce moyen, ni c^eluî qui gouverne, ni le gouvernement, ne sont exposés Ji quelques dangers.

IX. En troisième lieu , supposons un gouvernement où la personne du principal magistrat né soit p(as sacrée de la manière que nous venons de dire, il ne s'ensuit pas que , quoiqu'on puisse légitimement résister à l'exerciee-illégitinTe du pouvoir de ce magistrat, on doive ^ sur ffe moindre sujet, mettre sa personne en danger et brouiller le gou-»

vernement ; car lorsque la partie offensée |>eut, en appelant aux lois, être rétablie et faire réparer le dommage qu^elle a reçu , il n'y ^ rien ^lors qui puisse^^rvir de prétexte à la forcie, laquelle ou n'a drpit d'employer que quand on est empêché d'appeler aux lois , et rien ne doit être regardé co»mmè ime violence jet une hostilité., que* ce quj ne permet pas nu tel appf L C'est cela précisément jqui met dans l'état de guerre celui tjuî ' .«mpêehe d'appeler aujscJois; et c'est ce xjui rend aussi justes et légitimes leè' actions de ceux qui lui résistent. Un homme, l'épée à la maîn , me demande la jbourse , sur un grand, chemin ,, dans le l^rdps que je n'ai p^ut-:être pas ua 5|ol dans, ma bourse. Je puis sans doute' légitimement tuer un tef homme : je remets entre les main$j d'un autre c^nt livres afin qu'il me les garde tandis que

J'e mets pied à terre; quand eiisuite je jçs lui reàeraande , il re£use de içejet yendre et met l'épée à la niain pour dé^ fendre par la force ce don^ il est eq

E obsession et que je tâche de recouvrer, le préjudice que ce dernier nxe caus^Q jiest cent, fois, ou pjeutrêtre mille fois plus gr^nd que celùi.flu'a en dessein de

î86 LEOOUTTEHNEMENT

voleur que j'aî tué avant qu'il m^eût fait aucun mal réel. Cependant , je puis avec justice tuer Tuu, et je ne saurais' légitimement blesser Paiitre : la raison de cela est palpable , c'est que Pun usant d'une violence qui menace ma vie , je Be puis avoir le temps d'appeler aux lois pour la mettre en sûreté, et quand la vie m'aurait été ôtée, il serart trop tard poùr^ recourir aux. lois, lesquelles ne sauraient me rendre ce qiie j'aurais jpcrdu et ranimer mon cadavre. Ce serait une. perte irréparable que les lois de la nature m'ont donné droit de prévenir, en détruisant celui qui s'est mis avec moi dans un état de guerre , et' culi me menace de destruction. Mais «ans Pautrç cas , ma vie n'étant pas eç danger, je puis appeler aux lois et recevoir satisfaction au sujet de mes cent livres.

'X. En quatrième lieu, si un màgîsi^kt appujait âç son pouvoir des actes lUrcites, et ^nSl se servitude son auto- Hté pour rendre inutîFe le remède per*^ tnis et ordonné par les lois, il ne F^iu* dfïiaTt pourtant point usèi: du droit qu^on a.dre i^ési^terj il ne faudrait poi-nt, dîsl^ç, à l'égard même d'acte!? manifestes 4è tjrannic , uôer d'abord de ce droit

et troubler le- goiivernèmenfc pour des sujets de peu d'importance ; car 91 ce dont il est question ne Regarde que»

âuelques particuliers, bien qu'ils aient roit de se défendre et de tacher de recouvrer par force ce qui , par une force inj uste , leur a été ravi , néanmoins, . le droit qu'ils ont de pratiquer cela ne doit pas facilement les engager dan^ pne contestation dans laquelle ils ne-, pourraient que çérir, étant aussi impossible k une personne, ou à peu de personnes , de troubler et retiverser lé gouvernement lorsque 1© corps du

Ï peuple ne s'y croit pas intéressé , qu'il 'est à un fou et à un homme fiirîeux ^ ou à un homme opipiâtre et mécontent | de renverser un état bieq, affermi ; le peuple esr aussi, peu disposé à suivre les uns que les autres.

;Xl. Maissilepr,océdéinjustedapriEieé jou du magistrat s'est étendu jusqu'ati plus grand nombre des membres de la société et a atta(jué le corps du peuple , oii. $î l'injustice et l'oppression n'est tambée qmb sur peu de personne^ , mai^ à l'égard de certaines choses qui sont de^ la dernièro conséquence , en sorte ^ue tou$ soient persuadé^ en leur cob9c^eâc^ que lta»r4 lok , leurs bient^ Uua

288 LE gou.verneme.nt ^.

libertés , leuvs vies sont eu danger , et peut-être niême leur religion, je ne sau- Xài$ dire que ces sortes de gens ne doivent pas résister à unç force si illicite dont on use contré eux C'est un inconvénient , je Inavoué , qui regarde tous les gouverneiTiens danî5 lesquels les conducteurs sont devenusgénéralenient suspects à leur peuple , et il ne saurait y avoir d'état plus dangereux pour ceux Cjui tiennent les rênes du gouvernement, mais où' ils soient: moins^à plaindre, parce qu'itleur était facile d'éviter un tel état; car. il est impossible qu'un prince pu un magistrat , s'il n'a en vue que le bien d!é son peuple, et la conservation de ses sujets et de leurs lois, ne le fasse connaître i et sentir^ tout de meine qu'il est impossible qu-un père de famille ne fasse remarquer à ses enfans , p^i' «a conduite , qu'il les aime et prend spixi d'eux.

/ ; XII. Si tout le iTBonde observe que les prétextes qu'on allègue pour justifier une conduite sont entièrement opposés aux actions et aux démarches de ceux qui les. allèguent, qu'on emploie toutce^que l'adresse, l'artifice et la subtilité ont de plus fort pour éluder les lois , qu'on 3e sert du crédit et de l'avan*

tage de la pi^érogative (i) d'une manière contraire a la fin pour laquelle, elle a élc accordée , qu'on chpisii des ministres et des jmagistraJ^ siïhordonnés, qui sont propres à conduire lés choses à lin

f)oînt funeste et infiniment nuisible, à a nation, et qu'ils sont en faveur plus ou moins, à proportion des soins qu'ils prennent et du zMe qu'ils ténuugnent a l'égard de cette fin que le prince se r propose , que dcjà'le^ pouvoir arbitraire a produit des eflfets très fâcheux, qu'oo^ favorîse\sous main une reiii^ion que les lois proscrivent, qu'on est tout prêt à l'introduire et a l'établir solemne'lement par-tout , que ceu\ qui travaillent à cela sont appuyés autant (ju'il est s possible^ qu'on exalte. cette religion et qu'on a prop.^se comme la meilleure, qu'une longue suite d'aclions jnpntrent que toutes les délibérations du con3eil tenclent-là, qui e^t -ce alors qui peut s'empêcher d'être co-û vaincu en sa conscience que la nation est çx osée à de grands périls, et cju'on doit penser lout de bon à sa siiieté et à son salut? Ea celte occasion, on est aussi bien londé que le seraient des gens qui, se troii-

(i) On a e xpliqué c -df»vant Ch. XIII. $. 2* ce qu'où eateud par prérogative^

vaut dan» un vaisseau , croiraient que le capitaine a dessein de les mener à Alger , parce qu'ils remarqueraient qu'il ^ en tiendrait toujours la route , quoique les vents contjaues , le besoip que son Taiss^an aurait .d'être radoubé, Je dé- . faut d'hommes ^t la disette de provisions le contraignissent souvent de chan* ger de route pour quelque temps , et que dès que les vents, Teau et les autres choses le lui permettraient, il reprendrait sa première route et ferait voile vers cette malheureuse terre 011 j*ègne l'esclavage.

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