‹ Du gouvernement civilChapitre 31 sur 32 · I4 'L\ G OV VER NE M.E N T · texte numérisé non relu

I4 'L\ G OV VER NE M.E N T

. (li'truîsàm la puissance légiîylative éfa-

, Mie par la socicté, et aux décisions de laquelle le peuple acquiesçait et s'atla- 'cliait comme à ses proprés declsiôDS, et coiiinie à ce qyi tenait unis jét len bon ^tat tous les membres du^qorps politîijue , ils rompent ces liens sacrés de la S' ciété , exposent de reehcf le peuple à . rétat de guerre; que si ceux qui, par force, renversent l'autorité législative sont d;^ s rebelles , les législateurs euxrriemes, ainsi qu'il a été montré ^méritent de n'être pas qualifiés auti^ement, dès qu'après avoir été établia pour protéger lé peuplé , pour déiendre et con-

- server ses libertés, ses biens; toutes les choses qui lur appartiennent en propre, ils les envahissent eux-mêmes- et les

\ leur ravissent : s'ètant rais de. la sorte en, état de guerre, avec ceux qui les ..avaient établi^ leurs protecteijrs . et comme les gaj-diens de leur paix, ils sont certainement,, et. plus qu'on ne saurait e^xprimer, rebellantes^ des-rebelles. , ' \ ,

XVIII. Maî<s sî.ceux qui objectent que te que nous avons dit est propre à produire des rebellions , entendent- ^ar-là qu'enseigner aux peuples qu'ils sont absolus du devoir de robéissanae, et qu'il*

peuvent s'opposer a îa violence et aux injustices de leurs princes et> de fleurs înagisti*at8 lorsque ces princes et ces magistrats. font des entreprises iHicites " contre eux, outils s'en prenneat à leurs lîbettéîï, qu'ils leur ravissent ce qui léui: appartient en propre , qu'ils font des cnosescontraires à là confiance qu'an avait prise en leurs personnes , et à la nature de Paùtorité dont on les avait revêtus; si, dis- je, ces messieurs entendent que cette doctrine ne peut que donner occasion à des guerres civiles et àdes brouilleries intestines, qu'elle rie tend qn'à détruire la paix dans le monde, et qiie, par^ conséquent", elle ne doit pas être appronvée et soufferte. Ils peuvent dire , avec autant de sujet et sur le mèmefohdement^ que les lionnêtes gens ne doivent pas s'opposer aux voleurs et aux pirates , parce que cela pourraii donner occasion à desdésordres et^à l'efFusion dû sang. S'il arrive des'^ malheurs et des désastres en ces renconires-, on n'en xfoit point imputer la faute à cjeux qui ne font que défendre leur droit, mais bien à ceux qui envahissent ce qui appartient à leur pro- ' cliain. Si les personnes sages et vertueuses lâcbaiont et accordaient traur

31^ L E GO UV^ B.N E. M E N T

uillenieiitlouU'g choses , pour rambiir e la paix,. à ceux qurvoudraîeut leur faire violence, biêlas ! qaieïlfe smte tic paix il y aurait da^s le &iOi)de? queilf «ôrte^de paix aérait celle-là, qui ean- $içtei*aitiinlqueiiiieptdaiis la^iàlence et à&u$ la rapine., et qu^il neseraitApropoe de mainteoir que peur l'avantage âes 'voleur» et^ de ceux qui «e plai^eat à èpprimer ? Cette pai«, quUl j aurait entre les grifcnd« ejt le«petîtry entre Jôs piiissAfis -et les faibles, serait semblable à celle qti-on pirétendrait j avoir «iire les loups et les agà^aux, lorsque l«s agneaux se laÎ68îeraie«t décbirer'et tlévorer pâisibleinent p^r^les loups : ou, ^ Toîi veut , coesidéVons la caverne de Polypbèmè com-me ujti modèle parfait d'upe paix senyblable.Ge gouvernement, auquel Uljfi^e et $es compagnonB ^ se trouvaient soi^uiis, ét^it le plus agipémbie du monde ; ils xCy avaient aul^^e çbo^e à f^ire qu'à' souffrir avec quibê- ' tude q'u'^n lés dévorât! Et qui dsute qu'Ulyjwe, qui était *^n peispaonage^si prudent , ne prêchât Tobeissance pas^ve et n^exhpvt^t à une soumission Àtièce, en représentant à se^ ootnpa'gnon» ^eetnibien lar paix ej^t importante^t nécetnaîve

• - é' ï t i t. ^ grf

iJlkToûvéhièns qui p0uf raientai*ïîver s'il* etïtrepf eiïâieût de résister k Poly^hïUke^ qiii les avajt etî son pouvoir ?

XrX. hé bi^n publie et l'âvâfïtâge d« la société étant la V'éritable fiti du giotivernemeiit ^ je demande s'il est plus^ expédient qne le peuplie soit e^^posé sansr cessé à la volonté sans bornes de la tyrannie; ou que cwî qtii tiennent lest rênes du gouvernement troùv^ene de l'bppositi(«î et de la rési^t^ncc quand ife abusent excessivement de leur pouv^iv^ e$ ne s^en $ei:verit que pour la^ dJttstrutîtîan^ tton pouiia t:;oriservatiou dtes^choses qui appartiennent en. propre, a» petuple? ' \

\jtx. Qtie personne ne dise qu^ii- petit arrive i^ 'dfe tout cela de terribles niai- ' heurs, dfes qu'il montera dans la têt« diàiide et dianè Vesrprit>/inipéti>eux» de dértaines personnes <te cha^iger le gou^ vernemeut de Pétat ; car ces sortes de gfens peuvent ^ soufever toutes' ïe»^ fois qu'il leur plaira; mai$, pour Por-* dinaire , ce ne se ra^ qu'à leur propw ruin^ et à* leur propice destructiont En efFfet^ jusqu'à ce que 1^ calamité; et Pop*p^^essionsoit deveîîuegénéralte , et que le^^méchàns^ desseins et les entrej)riset illicite*' xie^ cdndiïctcur^ soient deve*

318 I.E GO t^VERHESTB NT^

nus fort visibles et fort palpables ^u plus grand nombre des membres de l'é* tat, /le peuple, qui naturellement est plus disposé à souffrir qu a' résister , ne donnera pas avec facilité dans un soulèvement. Les injustices exercées et l'oppression dont oiruse envers quelques particuliers 'ne lé touchent pas beaucoup : mais s'il est généralement persuadé et convaincu, par. des raisons évidentes, qu'il y a un dessein forraé contre ses libertés, et-que totites les démarches, toutes les actions ,, tt)us les mouvemens de àon prince oii de soa magistral obligent de croire qjie fout tend à Pexécution d'un deisseia si funeste , qui pourra "bJaroer ce peuple d'être dans une telle crojmiice et dans une. telle persuasion? PouVquoi un prince, qu un magistrat, donnè-t-îl lieu i des soùpçonss si bien -fondés, ou plutôt ^ pourquoi persuade-t^il^par toute sa.conduite, des choses de cette nature? Les peuples^ont-îlsàblamerdece qu'ils ont les senlimens des créatures "raisonnables , dç ce qu41s font des réflexions que des créatures, de cet or drç^ doivent faire-, de ee .qu'ils né conçoivent, pas les choses autrement quHls ne trouvent et ne sentent qu'elles sont? Ce^x-làne méritent - ils pas plutôt d'être blâmé*,

qtii fotit dea choses qui donnent lieu à dès méconfentemens fondés ^iir de sj justes raisonîi? J'avoue que l'orgueil, 'ambition çî l'es prit inquiet de cetraihes gejrs ont causé souveuî^le p;rands dé-' sordres dans^les états, et que les factions ont été fatales à des royaumes et à des socitéés pt.li tiques. Mais si ces désordres , sices désastres sontvenus de lalégéreté, de 'esprit turbulent des peuples et du désir de se défaire de l'autoriiélégitime de' leurs cond acteurs, ou s'ils oiit procéxié dé5 eifortîi injustes qu'ont faitis les conducteurs et les princes pour acquérir et ' exercer un^ pouvoit arbîtrairt^ sur leurs , peuples; si l'oppression ou la désobéis- ^sanùe en a été l'origine, c'est ce que je laisse à décider ii l'histoire. Ce c]ue je puis assurer, c'est que quiconque , soit prince ou su/et, envahit les droits de son peuplé ou de son prince , et donne lieu au renversement de la forme d'au gouvernemeijit juste, se rend coupable d'un drsf>lus grands crimes^qiv'on puisse commettre, et est responsable de tous.

les niallYe,ur:8, de tout le sang répandu, de toutes les rapines, de tous les désordres qui dèiruisent un gouvernemcnfc çt désolent un pays ; tous ceux qui sont* coupables d'un crime u énorme, d'ùâ . f'.,' -' ^ -' ''. \ O 4 *

» tîoi>Ia'ville de Rome par. fe ftéî* e*"

3» par le feu , et d'aliercnfsuite étafbïfr

»• ailleurs sa denn^eure , et^ à Pèxeiwfple

>v encore de Caligiila , qni déclara: ou-'

» verteïnent et sans fa<;on, qu^ii vou-

» lait qu'il n'j eût plus ni peuple , nr

» sénat; qui avait pris k rés^lutinn de

» faire périr tout ce qu^il y avait de

» personnages illustres^ et vertueux d^

.»,rua et de l'autre ordre , et de se*

>► retirer après cett« belle expéditian et

» Alexandrie , et qui, pour tout dire^se*

yp porta à cet excès de craautè et dé*

^ fureur , que de désirer que !e pieuple-^

»^ romain n eût qu'une tête^ , - f^^i iiu'if

3>^ pût perdre et détruire tbut le jnxiple-

» d'un seul coçlp* (^uand un roi ni 6-

3>- dite et veut entreprendre sérieiîse^

3> mettt des choses de cette nature, it

^> abandonne dès-lors tout le soin de

3> l'état^/ et perd par conç^écjuent le

» droit de dominaiioc qu'il ^v'ait sui*

' »» 'ses suj/ets : tout de irén^ç qn'nrt-

3r maître cesse d'avoir' droît de drmi*

» nation sur son estjlavé dès qu'il l'a-

y> bandx^nne. • ^ .

39 l^'axître cas arrive quand ui> roi se' »- met sous la protection de quel qu'un v - « et remet entre se$ mains le î'^yaunie V indépendant qu'il ay^t- reçu de ses^ '

et r t L. ' ^ .333

^» ancêtres et du peuple^/car biem qu'il * '» ne fai^ae pas cela , peut-être daar» ^ Piotention de préjudicier an peuple ,^ ^» péanmoius parce )quUl jsc défait d« *i> CjC qu'il y a de priaei|)al et de pluB ,» coDsidéyable dans spn iroyaaroe , sa^- ^ voir d'y être souveraia , de n^êtt» » soumis et inférieur qu'à Dieu seuîi^ ' i> et qu'il iaesujettit dç vive force à «/la domination et ?tn pouvoir d'une >^ nation étrangère i ee pauvre peuple ^ ^» dont y était obligé si étroitémeat de -» trnaîntenir et de 'défeti^re la liberté, ^> il perd, en aliénant ainsi «on royau»-' » me^ ce qui lui appartenait artipara»> ■» vaut , et ne éonière et ne comrau-: *> nique nul dr^t pour cela à celui à » qiïi il remet aes états ^ et par ce » moyen il laissé le peuple libre et » . dans le pouvoir de faire ce qu'il » jugera a propos. -Les monumens dit » i'hi«toire d'Épps^se nous fournistrèiit » sur ce, sujet un escmple bienmériio^ *> rable »•

KXI V. Barclay , le^rand défenjseuJT de kl HLonapchie absolue, ee^tcontraiiKt jde reconnaître qu'en ces cas, il est peTmîs de rééiîrter à un roi , et qu'alors; ' %m r4)i oe^se d'être roi; cela signifie , en deujc mots , pour ne pas multiplier Iqg

tf""" - ■. fl»

334 ^E COUVBRNEMENr y

cas, que toutes les lois qu'nn roi agît sans avoir reçu d'autorité pour ce qu*il entreprend , il cesse d être roi , et devient comme un autre homme a qui aucune autorité n'a été conférée, -Je •puis dire que les deux cas que Barclay allègue différent peu de ceux dont j'ai fait mention ci*dessus , et qi|e j'ai dit qui dissolvaient les gouvernemens.

Il faut pourtant remarquer qu'il a omis ,1e principe d'(<ù cette doctrine découle, et qui est qu'un roi abuse étrangement de la confiance' qu'on avait mise en lui, et de l'autorité qu'on "lui avait remise lorsqu'il ne conserve- pas la •forme de gouvernement <lont on était convenu , et qu'il ne tend pas à la fin du gouverncmenl^même , laquelle n'^st autre que le bien public et la conservation de ce qui appartient, en propre.

Quand ^un roi s''est détrôné lui-même, et s'est mis dans l'état de guerre avec son peuple , qu'est-ce qui peut empêcher le peuple de poursuivre lin homme 3ui û'est point roi , comme il serait en roit de poursuivre tout autre homme' qui se serait mis en ét,at de guerre avec lui?i^ue Parclay et ceux qui^sont.

de son opinion ziou$ satisfassent sur ce poiûtr -

ce ( Aussi îl ine semble qu'on peut re- •^> Mnarquer ici qutî, ce Barclay dit que ^> le^peuple peut- prévenir le mal dont ^> iJ.est menacé avant qu'il soit arrivé. » En quoi il admet la rcsistance quand » Ja tyrannie n'est encore qu'inten- » tîonnelle. Dès qu'un roi médité tel ^> dessein et le poursuit sérieusement, » il .est censé abandonner toute con<i- ? dération et égaM pour le bienpiiblic. 5> De sorte que, selon lui , la simple . » négligence du bian public peut être }> considérée co^mme preuve d'un tel .'♦' dessein , et au moins pour une cause 5> suffisante do résistance ; il eu donne » la raison en disant parce qu'il a ' » voulu trahir ou violenter son peuple ^> dont il, devait soigneusement nîaîn- » tenir la liberté. Ce qu'il ajoute, sous 5^ le pouvoir ou la domination d'une » nation étrangère , ne signifie rien , le .^^ crime consistant dans la perte de >> cette liberté, dont la con^jervatioû . » lui était confiée , et non dans la des- 5> truction des personnes sous la dômîi> nation desquelles il-serait assujétî. » Le droit du peuple est également » envahi et sa liber,té perdue , soit qu'il » devienne esclave de ceux de leur » proprç natioa , ou d'une ètr^^ngère,

331^ M GOV V ÈRNEMENT

*» «et en cela consiste Tin justice, contre

1» laq^ielle steulement il a droit de s«

* soulever ; et l'histoire dé toutes le^

» nations fournit des' preuves que e«tte

a> injustice ne consiste poin"! ^ani$ le

^) changement de nation c5u de per»-

'» sonne dans leur gouverneur , mars

p» d*un changement dans la constitution

1» d'un gouvernement) ». (r).

BilsoxL , évêque. d*Angîef«rre , très*- «rdent pour le pouvoir de la prén>gative des princes , reconnaît , si }fe ne ïtie trompe , dans sonTrctité de la *Soi/mission Chrétieune ^ que les princes peuvent perdre leur antorîté et le droit quHls ont de se faire obéir de leurs sujets. Que s'il était nécessaire d'un grand Bombre de témoignages, et d^autorijés

Îfotir persilader une doctrine si bien ondée , si raisonnable et sri eonvaineantc d-elle-même , je pourrais ren- Vojer mon lecteur à 3racton , à For-

.. (j) GtF 36 lignes;, qui sont dani; là cioqiiième édition ai)glaist de 172B, cKez A. Btttesw;orfh , ont été passées pçir le traducteur , sans qxîe ron puisse voir pour quelle raison , apî^ès avoir traduit piusieursauti*e^ endroit* qm ne seront pas plut que celles-ci du goût •de^ tj^ahs , ou d«8 usurpateurs àes droits . du peuple 5 c'est pourquoi nous les avons re- '^#ni& à leur placé* ' .-

• ' " ' ' \ tescue ^

c ï r th. 337

tescue., a Pauteur dp mirror ^ et à d'aiires écrivains qu^on ne peut soupçonner d'ignorer la nature et la forme du gour vernement d'Angleterre , ou d'en être , les ennemis. Mais je-pense que Hooker seul peut suffire à ceux qui suivent sres sentimens Jtouchant la politique ecclésiastique , et qur pourtant, je ne'sais par quelle fatalité , se portent à nier et à rejeter les principes sur lesquels^il l'a fondée. Je ne Veux pas lés accuser d'être des instrumens de certains habiles ouvriers qui avaient formé de terrflbles desseins. Mais je suis sûr que leur politique civile est si nouvelle , si dangereuse et si fatale aux princes et aux peuples , qif on n'aurait osé, dans le»

siècles précédens , la proposer et la soutenir^ c'est pourquoi il faut espérer que ceux qui se trouvent délivrés des , impositions des Egyptiens auront en horreur la mémoire de ces flatteurs , de ces âmes basses et serviles , qui, parce que cela servait à leur fortune et à leur avancement, ne reconnaissaient pour gouvernement légitime que r la tyrannie absolue, et voulaient rendre tout le monde esclave.

XXV. On ne manquera point , saû* doute , de proposer ici cette queitîon

;53S lÊ COUVBRNEMKNT

$1 commune , « Qui jugera si le prince » ou la puiss*ancc législative passe l'é- » tendue de son pouvoir et de son » autorité ? » Des gens mal -intentionné» et séditieux se peuvent glisser parmi le peuple , lui fatre accroire que ceux qui gouvernent , pratiquent des choses pour lesquelles ils n^ont reçu nulle autorité, quoiquMls fassent un Jbon usage de leur prérogative. Je réi«)adsque c'est le peuple* qui doit juger [e cela. En effet , qui est-ce qui pourra mieux juger, si l'on s'acquitte bien d'une commïsb'ion , que celui qui Ta donnée, et qui, par la même autorité, par laquelle il a donné cette commission, peut désap-

Ijrouver ce qu'aura fait la personne qui 'a reçue , et ne se plus servir d'elle ; lorsqu'elle ne se coniorme pas à ce qui lui a été prescrit ? S'il n'j à rien de si raisonnable et de si juste dans les tas particuliers des hommes privés , pourquoi ne sera-t-il pas permis d'en tiser de même à l'égard d'uno chose aussi importante , qu'est le bonheur d'uiz million de personnes , et lorsqu^il s'agît de prévenir les malheurs les^ plus dangereux et les plus épouvantables, des malheurs d'autant plus à craindre , qu'il est presque impossible d'j remédier ^^ ^uand ils sont arrivés ?

C r V I £v 3^gF

XXVT. Du reste ,^ar cefte demande,

aux en j 11 ^^ra? on ne doit point entenre ,, qu'il ne peut y avoir nul juge.

Car, quand il ne s'en trouve aucun sut la terre ^ pour terminer les différends qui sont entre les hommes , il y en a toujours un au ciel. Certainement Dîea seul est juge de droit; mais cela n'empêche pas que chaque homme ne puisse juger pour soi-même , dans le ca* dont il s'agit ici , aussi bien que dans tous les autres , et décider si un autre homme s'est mis dans l'état de guerre avec lui^ et s'il a droit d'apeler au souverain juge^ comme fit Jephté. \

XXVIL S'il s'élève quelque différend entre un prince et quelques-uns" du peuple , sur un point sur lequel les lois ne prescrivent rien, ou qui se trouve douteux , mais où il s'agit de choses d'importance , je 'suis fort porté à croire ue , dans un cas de cette nature , le ifférend doit être décidé par le corps du peuple ; car , dans des causes qui sont remises à l'autorité et à la discrétion ^age du^prince , et dans lesquelles il est dispensé d'agir conjointement avec l'as- n semblée ordinaire des législateurs, si quelques-uns pensent, avoir reçu quelque préjudice considérable , et croient

^2^ LE G OUVE RN r]WC/E N t

g^iité et la différence qui reste , c^est que celui qui «'oppose* à un « agresseur injuste a cette supériorité et cet avântftge^ ^ur lui , qu'il a? droit , lorsqu^ilvient à avoir le . dessus , de le punir , soit à'Oâuse de lar- ruptnre= de' la^p^tK-' eu à cause deS malheurs qui soBtJpro"^ \ijj©nus de l'état de guerre: Barclay- , â^ans un autre endroit , -s'accord©;mim2X» aviec lui-même v^ raisopnepjùs^'îustiB , lor^u-il nie. quUl soit pewuis ein^sûeUBi ct:s d,e résister à, un roi* II: pose pourtant deux cas ^ dans lesquels un roi peut perdre son droit à la^ ,rpyafttt& Voici comme il parle sur , ce ô»}et'(i)* Quia ergo^ nulline casiis> incident pG^Munfquibus populo ^ese engerentquei^ im regem impotentius jdomiiufiitem artnèp oapere et invadere jure suo sitâquè^ au*thàntaiéliceat? Nulli cette qu^aidiu teac^ manet. Semperenim ex divinisidobsPit^ regem. Honorifioato; et ^ qui potestuitrev s$stitjdeiorcUnationiresis4it : Noivalià^^ igitunin eum populo potèstas est qtuznk si id* coinmittap. propter quod ipso ^jure^ rex esse désinat. Tune enim se ipse^ paincipùtu exuit atque inprivàiisocmS'^ titmt^lib&r: hoc. niodo popiilus^ ptisùperiOT efftciiur^, reverso ad. aumse, jurei.

. i^ij Centra 'monarç'/wnulîl'.c 9 lO»

i^h qmà (inte regsrn inmgu^tUm m imepre^nd habuvL Âl ^siint paucorum gmenmi Qommissm ejmmodi qiMB Jumc^ effmtum parmnU At ego cwn plurUnm mima peAu^irem- duo twiùim kiv^ema ^ duots inquwn , cams, quibus rex/" ipsa^. foQtore^m non regem se facèt etoinni ' hnwre , et d^ùlate pegali aique m sab-^ j ditos potesmte de<stituii f quorum etiam înefuinU Winzem^. Boriun mius et. si mgfi^WJi dÎAperdat-^ qunnadmqdum de NaroneifoHuT , <fmdis nentpe senàÈim J^idumque Bomanum^ atque adeo. arbem ipsmnfermjlamma,^^^^ "

novons sibî sades' q^icerere decréuisset. EtdeCcdigulay * quod'pc^mdenimcia^ se imque.swein^nëque^micipei^ ampliusfore , inque animo habuentriti^ tetrempio uiriusqùei ordUtis eleQtrisstmo quoijuey Meûsc^tàtiuMm commigrcu^ ^ at<" ut. populumi uimicUi inienmeret y uhaijv ei cers^kem aptàvU. TSalia qwtvreocSdir^ quis medimtwc et moUtùr seno^^ emnem' regaaiidi curam et cuUinum'ilUop abjieii ^ ac^proihdè imperiwn Ui sisbdihs attiM'^ fit^ ut domitmsi sewl pro de relicto hà^ biti dvfniniuim . .

tAller çasus esf \, si peso in xdicuj^ts* cUentelam^sé.cantulît,, ac r&gnum quod^ libèrwii. à: nu^orihu^ etpopuio tncuiUuni

330 tE GOUVERNEMENT

accepit^ alienœ ditionimaitcipavit: Nam tUnc quamvis' Jbrte îion eâ mente id agit popttio plane ut incommodet : tamen quia quod prcëcipuumest regiœ idigiiitatis , amisit , ut siimmus scilicet in regnù jseçundum deum sit , et solo deoiiifenor^ atque popnlum etiam totum ignçrrantem vel învitum cujas libertatern sartam ^t tectafn conservare debuit ^ in alterius ^entis ditionem et potestatem dedidit ; tuic velut quaàain regiii ab aUenaiioiie efficit^' ut nec quod ipsdn regno im-perium habuit retilieat ^ nec in eujn.cui collatum voluit ^ j urit quicquam transférai ^ atque ita eà facto diberum jqrn et su œ potes tatis populurn rélinquit ^ cufus rei exeinplum unmn annales Scotici sup^

p^ditant*\ . . ^ ^

yy <^noi donc, ne peut-il se trouver » aucun cas dansjequel le peuple ait » droit de se soulever ,:,de prendre les » armes cjpntre saà . roi et de le dé- » trôner lorsqu'il exerce .une dronina- » tion violente /et Jyrannique? Certai- » nement il ine saurait y en avoir auy\. cun^, tandis qu'un roi demeure roi, » La parole divme nous^ensçigne assez 5) cette^ vérité , quand elle dit : .Hotiore » le roi. .Celui qui résiste à la.puis- . }) sance, résiste à Fordoiuiaïice de Diea.

c X ri L. ^ 331

yy Le peuple donc ne saurait avoir nul » pouvoir sur son roi , à moins qiie ce » souverain ne pratiquât des^^ choses qui » lui -fissent perdre le droit et la qua* » Htéderpi; car alors il se dépouille 7) lui-même de sa dignité el de ses ». privilèges ^et devient un homnie 5> privé ; et par le même moyen le » peuple Jui. devient sufJérieur ; le » droit et Pautorité qu'il avait pen- » dant l'interrègne , avant le couronu n ment de son prince , étant retournés » à lui. Mais véritablement il n'arrive » guères. qu'un prince fasse des choses ^>f ^e cette nature , et que par consé* » quênt lui et le peuple en viennent » à ce point dont il est question* Quand' jt' je médite attentivement sur cette ma- » père , je ne conçpîs que deux cas » où un roi cesse d'être roi et se dé- » pouîlle de toute la dignité royale et .» de toiit le pouvoir qu'il avait sur ^) ses sujets. Winzerus fait mention )> de ces deux sortes de cas. L^un arr ^^rive lorsqu'un prince a dessein et )> s'efforce de renverser le gouverne - » ment , à rexeiîTple de Néron > qui • » avait résolu de perdre le sénat ^t le » "peupTe romain^, et de réduire eU » cendres et dans la dernière désola-

gr^^t LE GOÛr^R îfÊMKNT

» tîott la ville ile Rome paï-, Je féï* çt

"» pao" le feu', et d'aller eitsum établir

» ailleurs 8a deiï^eupe, etfà Péxeïtfple

» encore de Cali^ila , qtti d'écla-ra ou-

5> verteïnent et sans fa<jon, qu^il irou-

» lait qu'il n^j eût plus ni peuple , nt

3» sénat; qui a'^ait pris fe yé^elution de

» fdîrç périr tout ce qu'il y avait de

» personnages illustres' et vertuétix d&

.a>',I'nn. et de l'autre ordre , jet de ser

>► retirer après cette belle expédition à*

» Alexandrie ,et qui,pour tout dire, se

» porta à cet^ excès de cruauté et d&

» ruréur y que de "désirer que te peuple:

»^ romain n eût qu'une têt«^ , ; fin <{u'iF

3>î piit perdre, et détruire fbut le peuple-

>ï d'un seul co^ip* Quand un roi mc-

3^ dite et veut entr^ j3rendre sérieuse^

» ment des choses de cette nature , il-

jx abandonné dès-lors tout 1^ soin de

33 l'état^,' et perd par conKécpient le

^ droit de dominalioij qu'il avblt sut*

'.>3'se^ suj/ets : tout de rv.tniç qu'uft

3r maître cesse d'avoir' droit de drnii-

» nation sur son esclave dès qu'il l'a-

^ bandiînne. ♦ ^ ^ ^

35 !>' autre cas arrive quandub- roi se

3»' m<tsous la protection de quelqu'un',

- 3» et remet entre ses mains le royaume

» indépendant qu'il avMt- reçu de se8-

y> âii^êtres et du peuple ;/car bien qu'il -

» ne fai5se pas cela , p«ut-êtPe dai»

-^ riqtention de préjudicier an peuple ,

» qéânmoius parce )quUl isc défait de

• ^> ce qa'il y a cîe prineipal et de plu»

» considérable daa8 sfxn iroyaaroe , «à»»

^ îçroir d'y êtr^ .souveraia , de n^êtw

» «oumis et iûfériexir qu'à Di-ea seul^l,

i et qu'il assujettit dç vive force à

^/la domination et ^u pouvoir dViie

>^ nation étrangère k ee pauvre peuple^

» dofït il était obligé si étroîténieat de

^> Hiaintenir et de •défen^r'^ jo' liberté^

^> il perd , en aliénant aicisi son ro jau

» me, ee qui lui appartenait alapara

•M vaut , et ne éonière et ne comrau-:

» nique nul droit ç^our cela à celui à

» qui il remet ses états ^ et par ce

» moyen il laisse le peuple libre et

' «dans le pouvoir de faite ce qu'il

» iiigeraâ propos. -Les inonurnens d©

» l'histoire d'É^ppase nous fournisurt^nt

» sur oe, sujet un eseniple bien méino»^

» rable »•

XXIV. Barclay , IW^rand défenseur de la inonâFchie absolue, e«tcônlraiwC de Jrecon naître qu'en ces cas, il est peifmis de rét^)rler à un roi , et qu'alora ~ jin coi ce^se é?étre roi; cela signifie , en 4qujil mots , pour ne pas multiplier kjg

hlÔ lE GOUVERNEMENT

c|ue le prince agit d une manière contraire à leur avantage, et va au-dc^là de l'étendue de son pouvoir . qui est plus propre à en juger ,que le corps du peuple , qui , du commencement , lui a conféré l'autorité dont il est revêtu , *et qui, par conséquent , sait quelles bornes il a mises au pouvoir de celui entre les mains duquel il a remis les rênes du gouvernement ? Que si un prince , ou tout autre qui aura l'administration du gouvernement de Pétat , refuse ce moyen de terminer les différends , alors il ne reste qu'à appeler au ciel. La violence qui est exercée entre des personnes qui n'ont nul juge souverain , et établi sur la terre ,. ou celle qui ne permet point qu'on appelle sur la terre a aucun jnge , étant propremeiTTun état de guerre ; le seul parti qu'il j a à prendre en, cette rencontre , c'est d'appeler au ciel , et la partie offensée peut juger pour elle-même , lorsqu'elle croit- qu'il est à propos d'appeler au

ciel.

XXVIII. Donc,poutcQnclure,le pouvoir que chaque particulier remet à la société , dans laquelle il entre , ne peut jamais retourner aux particuliers pefidant que la société subsiste , mais réside

■ W. ».tli

toujours 5ans la communaylé ; parce que , sans cela , il ne saurait y avoir de communauté ni d'état , eé qui pourtant serait tout-à-fait contraire à la convention originaire. C'est pourquoi , quand le peuple a placé le pouvoir législatif dans une assemblée , et a arrêté que ce pouvoir continuerait à être exercé par l'assemblée et par ses successeurs , auxquels elle aurait soin elle-même de pourvoir, le pouvoir législatif ne peut jamais retourner au peuple , pendant que le" gouvernement subsiste : parce qu'ayant établi une puissance législative, pour toujours , il lui a remis tout le pouvoir politique ; et ainsi il ne peut point le reprendre. Mais s'ii^ prescrit certaines limites à la durée de la puissance législative , et a voulu que le pouvoir suprême résidât dans une seitle personne, ou dansime assemblée ,pour im certain temps seulement ; ou bien , si ceux quivsont constitués en autorité, ont, par leur mauvaise conduite , perdu leur droit et leur pouvoir, quand les conducteurs ont perdu ainsi leur pouvoir et leur droit , ou que le temps déterminé est fini ; le pouvoir suprême retourne à la société , et le peuple a droit d'agir en qualité de souverain ,

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