‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 13 sur 46 · LIVRE · texte numérisé non relu

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» moins riches de l'Europe. » Ce passage trèsprécieux est tire du rapport général des finances qui fut lu au Conseil le 17 juin 171 7, il y a juste 104 ans (i). Ainsi nos. administrateurs ne se bornaient point à soutenir que le travail fait la richesse ; ils disaient encore que , sans le travail, Tabondance de l'or et de l'argent n empêche pas qu un pays ne reste au nombre des moins riches de TEurope j et à qui tenaient-ils ce langage? Au Souverain, pour lequel, du reste, il n'avait rien de nouveau, puisque toute l'Administration était, alors même, et depuis bien longtemps, en possession de ces vérités que l'expérience avait rendues pratiques.

M. ^ Say fait , dans son discours préliminaire , une longue revue des écrivains qui se sont occupés d'économie politique avant Smith. Tous sont traités fort lestement sans en excepter Montesquieu , auquel M. Say reproche ( on ne le croira pas) de ne s'être formé aucune idée de la nature et des sources delà richesse. Enfin apparaît Smitli. Certes , si la supériorité qu'on lui attribue est si grande, le morceau où M. Say le produit en scène saisira vivement les esprits. Lisons :

« En 1 776 , Adam Smith publia son livre

» intitulé Recherches sur la nature et les causes

(1) Le voir à sa date dans le grand ouvrage de Forbonnais sur les finances de France.

» de la richesse des nations. Il démontra que la » richesse était la valeur échangeable des choses ; » qu'on était d'autant plus riche qu'on avait » plus de choses qui eussent de la valeur ; et »> que , comme la valeur pouvait être donnée , » ajoutée à une matière , la richesse pouvait se ». créer , se fixer dans des choses auparavant » dépourvues de valeur , s'y conserver , ,s'accu- » muler, se détruire.

» Cherchant ce qui donne aux choses cette » valeur, Smith trouve que c'est le travail de » l'homme . . . Dès lors , l'argent et For monnayés » ne sont devenus quune portion, et même » qu une petite portion de nos richesses, etc. » (i)

Eh quoi ! Ce sont là les principaux titres de Smith à la reconnaissance de la postérité ! Nous devons à Smith de savoir que , sans le travail de l'homme , il n'y aurait pas de richesse ! C'est Smitli qui nous a révélé que la richesse ne consiste pas dans l'or et l'argent ! Vous tous , fabricants, qui n'avez de profits que parce que le travail crée des valeurs , vous ignoreriez cette première propriété du travail si Smith n'était venu vous l'apprendre ! Sans lui vous ne sauriez pas que les valeurs peuvent s'accumuler , se conserver , se détruire ! Vous ne soupçonneriez pas

(i) 3."*^ édition. Discours préliminaire , p. xliv. — 4."*' édition , idem , p. îivij.

que vous êtes d'autant plus riches que vous possédez plus de choses ajant de la yaleur l Les voilk donc ces découvertes tant prônées ! £t c'est après les avoir proposées à nos respects , que , tran^orté d'admiration» M. 8a j s'écrie : « lorsqu'on Ut Smith comme il mérite d'être lu , » on s'aperçoit qu'il n'y avait pas avant lui d'éco- » ncmiie politique. i»

Je livre aux réflexions de tout lecteur impartial , et cette exagération avec laquelle on signale comme des découvertes récentes dm génie, des vérités qui traînent partout , et cet acharnement à accuser l'Administratioit de a'avoir jamais vu de richesse que dans les métaux précieux , quand il est prouvé que , depuis plus dé deux siècles , toutes ses doctrines ^ comme tous ses efforts , tendent à l'augmentation des produits du travail , parce que tnrgent saxf iê travail n'empécke fos les Étais de resier péfuçres. Les écrivains <jle l'écoie économique ont donc calomnié l'Administratic». Pour se donner de Téclat , pour montrer Timm^irité des seryîices qu'ils v^^iaient rendre , ils ont dit : Vojez quelles ténèbres existaient avant nous. Mais ces ténèbres , ee sont eux qui les ont sup* posées. Elles sooct un jeu de leur e^rit. Ycdà surfont ee que j'ai vouki établir dans ce chapitre ; et j'aurai beaucoup fait si, comme je le pense, un point aussi important est désonnais JiQrs de toute discussion.

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