‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 22 sur 46 · Elle a consacré une partie de ses importations · texte numérisé non relu

Elle a consacré une partie de ses importations

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Sinnuelles de métaux à Tachât des marchandises de rinde , dont elle favorise la consommation en Europe, au grand détriment de l'industrie d« tous les peuples y et cependant sans danger pour la sienne, parce qu*en même temps que T Angleterre approvisionne TEurope de tissus de Tlnde , elle les prohibe dans son propre marché;

4.^ Elle a, dans toutes les guerres continentales dont Tissue pouvait être utile à l'agrandissèment de son commerce, servi, par d'énormes secours en argent, les puissances en faveur desquelles il lui importait que la balance pût pencher.

Voilà pourquoi VAngleterre a toujours accaparé Targent des mines; voilà ce qu'elle a toujours fait de cet argent. Si elle est aujourd'hui le pays de l'Europe qui en possède le moins, il faut en chercher la cause dans des bouleversements politiques dont les conséquences ont failli lui être fatales , conséquences auxtjuelles elle n'aurait point échappé sans sa position insulaire. Menacée de la manière la plus terrible dans son existence comme nation , n'ayant de moyens de salut que dans de derniers subsides qui devaient lui coûter sa monnaie de métal , elle en a fait le sacrifice. C'est l'événement le plus mémorable de l'histoire financière des peuples anciens et modernes; mais ce sacrifice, l'Angleterre était le seul pays qui pût le faire. Nous • en verrons la raison ailleurs.

DE L'ARGENT. i65

En attendant , que les écrivains nous disent ce que rAngleterre serait aujourd'hui, si, depuis la découverte de F Amérique, elle n'avait pas eu constaniment la meilleure part de l'argent qu'ont annuellement produit les mines. Il s'agit ici de fidts accomplis. Nulle hypothèse n'est à créer ; « il n'y a que de l'histoire à faire.

Je me crois autorisé à conclure :

I.® Que 9 sans la découverte de l'Amérique, qui a donné à chaque pays les moyens d'augmenter la circulation intérieure des produits de son travail et , par suite , de multiplier ces mêmes produits, l'industrie aurait été considérablement ralentie dans sa marche ;

2.^ Que l'Angleterre doit la prépondérance dont elle jouit en Europe , au soin qu'elle a pris d'attirer constamment à elle la plus grande partie possible de l'argent de l'Amérique ;

3.^ Que l'augmentation de la quantité d'argent dans un pays, n'entraîne pas nécessairement la baisse de sa valeur, effet qui n'a eu lieu qu'une fois, mais pour l'universalité du globe , et par suite d'un événement trop extraordinaire , pour qu'il puisse servir de base à aucun raisonnenient.

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